DJI Avata : le test complet

24
11674
Crédit photo : Jean-François Mestre

Dans la gamme des appareils de DJI, il y a désormais l’Avata. C’est un appareil qui se pilote en FPV, autrement dit en immersion, avec un casque. Dans le petit monde des drones, c’est un cinewhoop : un appareil de petite taille pour passer presque partout, caréné pour limiter sa dangerosité et capable de filmer en HD. Or il existe déjà des dizaines de cinewhoop sur le marché…

Alors, qu’apporte l’Avata ? 

Pour faire simple, il est aux cinewhoop ce que le DJI FPV est aux racers. Ca veut dire quoi ? Qu’il profite de capteurs pour une assistance au pilotage telle qu’un débutant peut le prendre en mains en quelques minutes. Mais il peut être piloté en mode manuel pour des évolutions plus complexes. Il bénéficie d’outils de sécurité pour voler l’esprit tranquille. Enfin il profite d’un retour vidéo numérique HD très impressionnant…

Et si on plonge dans les détails ?

C’est ce que je vous propose avec ce test. Il est long, mais il y a tellement de choses à dire. Et mieux vaut en savoir le plus si vous envisagez l’achat, parce qu’il n’est pas donné, cet Avata ! Notez que l’appareil m’a été prêté par DJI. Comme d’habitude, dites-moi si vous pensez que la pratique a influencé mon jugement. Sachez aussi que j’ai expérimenté plusieurs firmwares successifs pendant mes tests, qui se sont achevés avant que je dispose d’une version définitive. 

La vidéo

Si YouTube peine à vous laisser regarder la vidéo en 4K/60, vous pouvez la télécharger directement ici pour vous affranchir de la compression excessive et d’un éventuel débit Internet trop lent.

Le contenu de la boite ?

Le pack que j’ai testé comprend tout ce qu’il faut pour voler, sans besoin d’achats supplémentaires. Il y a le drone, ses hélices, une batterie et son chargeur, le contrôleur de mouvements, le casque Googles 2 et sa batterie. La caméra de l’Avata est protégée par une pièce en plastique. Sur la plupart des précédents modèles, elle est difficile à installer. Mais sur l’Avata, elle est particulièrement simple à clipser. Un peu trop peut-être : lors de mes déplacements, elle s’est parfois détachée toute seule.

Le look ?

On ne s’y trompe pas au premier regard : c’est bien un cinewhoop, avec ses protections d’hélices. La partie centrale est une armature… presque vide, au look paramilitaire. Presque vide ? A l’avant se trouve la caméra stabilisée sur un seul axe, installée dans une nacelle montée sur une support isolé des vibrations par des amortisseurs en caoutchouc. Juste derrière la caméra est logée une antenne GPS avec le logo DJI. Il y a de l’espace dans la partie avant, sans doute pour assurer une  circulation de l’air. La batterie remplit toute la partie arrière de la structure. La diagonale de moteur à moteur est de 12 cm. La taille totale est de 18 x 18 x 8 cm. 

La propulsion ?

Les moteurs sont des brushless placés à l’envers, en mode Push. Leurs caractéristiques ne sont pas décrites par DJI. Les hélices sont des modèles de 2,9 pouces à 5 pales. Pour faire la différence entre les deux types d’hélices à monter, et savoir sur quels moteurs les placer, DJI propose un code couleur (noir et orange). Les hélices sont fixées avec 2 vis, avec des ergots de sécurisation, et tournent dans le sens « props in ». Elles sont destinées à rester toujours montées, même pendant le transport. Leur pas n’est pas documenté par DJI. La protections d’hélices sont à mi-chemin entre les simples protections et les ducts qui canalisent le flux d’air. Elles ne se déforment pas avec les chocs, et sont manifestement solides en cas de choc. Elles comprennent 4 ergots qui servent de pieds au drone. Certains d’entre eux contiennent des antennes (mais on ne les voit pas).

L’électronique ?

Elle est entièrement cachée sous la structure et protégée par du plastique. Pas de soudures apparentes, pas de fils qui trainent, pas d’antennes qui pendouillent (il y en a pourtant 4 en tout, 2 en émission et 2 en réception), tout est propre et net ! On est loin des cinewhoop à construire soi-même, qui laissent entrevoir leurs entrailles. Ce qui est apparent ? Il n’y a quel le connecteur de la batterie à l’arrière, le capteur ToF et les deux caméras verticales ! L’Avata dispose d’un accès à la trappe pour une carte mémoire microSD et un connecteur USB-C. Pour y accéder, il faut retirer un cache derrière l’hélice arrière gauche. 

Et ce cache n’est pas une réussite ! 

Il est difficile à décrocher : il est maintenu par une languette fine, juste en face de l’hélice. Il faut tourner un peu l’hélice, tirer le cache. Insérer et retirer une carte mémoire n’est pas facile du tout. J’ai fini par utiliser une pince à épiler coudée sur le terrain pour éviter de m’énerver – une carte microSD qui tombe dans l’herbe est pénible à retrouver. Même difficulté pour brancher un câble USB-C : il touche l’hélice, il faut faire preuve de patience et tourner l’hélice pour ne pas risquer de la voiler.  La languette qui la retient finira, tôt ou tard, par lâcher. Si le cache est absent pendant le vol, l’hélice juste en face ne manquera pas d’envoyer de la poussière, de l’herbe, des gravillons, etc. à l’intérieur du connecteur USB-C et de la trappe microSD. Bref, cette trappe est très pénible à l’usage, d’autant qu’il faut impérativement y accéder pour retirer et remettre la carte microSD et accéder au connecteur USB-C, qui sont les deux moyens pour récupérer les images HD !  

La batterie ?

Elle est logée dans un bloc en plastique, spécifique à l’Avata, dotée d’un connecteur monté sur une languette en caoutchouc, sur le même principe que celle du DJI FPV. Mais ce n’est pas la même que celle du DJI FPV, évidemment. Ce connecteur ressemble beaucoup à un XT30, pourtant il est incompatible avec les batteries XT30 car agrémenté d’un double connecteur supplémentaire, sans doute destiné à accéder à des données supplémentaires comme le nombre de cycles, le numéro de série, etc. Egalement dans l’esprit du DJI FPV, la batterie dispose de ses propres composants pour gérer l’équilibrage des cellules – ce n’est pas le chargeur qui s’en occupe. La batterie est une 4S de 2420 mAh, avec des cellules qui chargent à 4,25V au lieu des 4,20V de LiPo et 4,35V des LiHV. 

Quel est le type de batterie ?

La fiche technique que j’avais à ma disposition indiquait la mention Li-ion. L’étiquette de la batterie indique Lithium-Ion-Polymer. La chimie, semble-t-il, est du LiNiMnCoC2, autrement dit du Li-NMC. Ne m’en demandez pas plus, je n’ai pas été suffisamment attentif en cours de chimie…

La batterie, suite ?

La batterie est équipée de 4 LED pour connaitre l’état de la charge et d’un bouton qui sert de testeur (avec une pression) et de bouton on/off pour l’Avata (pression courte puis pression longue). Comme sur le DJI FPV, la batterie se glisse dans le rack à l’arrière jusqu’à ce qu’elle soit verrouillée. Il faut ensuite brancher le connecteur en le poussant à fond. Il reste bien en place, même en cas de chocs. Cela dit, il m’est arrivé, comme sur le DJI FPV, de ne pas le pousser suffisamment. L’erreur est sanctionnée par un message à l’écran à l’allumage. Pour retirer la batterie, il suffit de débrancher le connecteur et de la tirer par ses deux ergots orange. Simple et efficace, bien plus que des Velcro qui s’usent dans la durée comme sur les cinewhoop classiques.

Le chargeur ?

Il est réduit à son plus strict minimum : c’est un composant qui prend en entrée une alimentation en USB-C, et en sortie la prise propriétaire de la batterie. Il n’y a pas de chargeur livré. C’est à vous de vous en procurer un, de préférence de 30W au moins pour assurer une charge rapide. L’avantage ? Vous pouvez charger les batteries avec un chargeur secteur USB, une Powerbank, etc. La durée de charge, avec une batterie totalement déchargée, est de 1h15 environ en 30W. Avec une alimentation plus faible, le temps de charge est bien plus long ! Il y a une LED sur le chargeur, jaune quand il est alimenté, verte pulsante pendant la charge, verte fixe quand la batterie est chargée.

Le poids ?

L’Avata avec ses hélices mais sans batterie pèse 251 grammes. La batterie pèse 162 grammes. Soit un poids en ordre de vol de 413 grammes. Voilà qui permet d’aborder le sujet de la réglementation… Notons tout d’abord qu’il est dépourvu de marquage CE avec indication de classe.

La réglementation européenne ?

L’Avata est sous la barre des 500 grammes, il évolue donc, en catégorie Ouverte et jusqu’au 31 décembre 2023, en sous-catégorie A1 « limitée ». La réglementation européenne lui interdit de survoler des personnes, avec une tolérance si ce survol est involontaire et rapidement stoppé. Il est autorisé à survoler des zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives. Pour l’utiliser, parce qu’il dispose d’une caméra, il faut s’enregistrer en tant qu’exploitant UAS sur AlphaTango et apposer le numéro d’exploitant UAS sur l’Avata. Il faut aussi suivre la formation théorique et passer l’examen de validation en ligne. La hauteur de vol doit être gérée de telle sorte que l’appareil reste toujours à moins de 120 mètres de la surface de la Terre. Pour pratiquer les vols en immersion, la réglementation impose qu’un observateur se tienne à côté du pilote. Son rôle consiste à s’assurer que l’appareil reste toujours en vue directe, il doit donner pour cela ses instructions au pilote. Et après le 1er janvier 2024 ? Il passera en sous-catégorie A3 : il devra voler à distance des personnes, à au moins 150 mètres des zones résidentielles, commerciales, industrielles et récréatives.

Et la réglementation française ?

Il faut aussi se conformer aux requis spécifiques à la réglementation en France : pas de vols au-dessus de l’espace public en agglomération, il faut rester hors des zones aériennes interdites aux drones, et voler uniquement de jour. Puisqu’il pèse moins de 800 grammes, il n’y a pas besoin d’enregistrer l’Avata sur AlphaTango ni apposer un numéro d’enregistrement (à ne pas confondre avec le numéro d’exploitant UAS). Il est à noter, c’est important, que les réglementations européenne et française ne s’appliquent pas pour les vols pratiqués en intérieurs clos ! Indoor, vous faites ce que vous voulez…

Les capteurs ?

L’Avata ne fait pas dans la surenchère, sans doute dans le but de rester léger. Il s’appuie sur un positionnement par satellite fonctionnant avec le GPS américain, Beidou chinois et Galileo européen. Le Glonass russe semble avoir été mis de côté sur les derniers drones de DJI. La vitesse d’acquisition de la position est rapide, avec d’excellents résultats même en environnements difficiles (canyoning naturel et urbain, intérieur, sous-bois). Il dispose d’un capteur ToF pour mesurer la hauteur par rapport au sol, et de deux caméras verticales qui permettent de figer l’appareil en place et de gérer ses déplacements. Ils fonctionnent jusqu’à une hauteur de 20 mètres selon DJI. Pas de capteurs à l’avant, ni à l’arrière, ni vers le haut, ni sur les côtés. A noter que l’Avata ne dispose pas non plus de LED d’éclairage verticale, à la différence du DJI FPV.

La caméra ?

Elle repose sur un capteur 1/1,7’’ CMOS 48 mégapixels pour une optique f/2.8 à focale fixe, 12,6 mm en équivalent 35 mm, pour un FOV de 155°, avec un ratio 16:9 ou 4:3. En photo, elle shoote en 12 mégapixels soit 4000 x 3000 (4:3), et 4000 x 2250 (16:9). Elle est stabilisée mécaniquement et pilotable sur un axe, celui du pitch (l’inclinaison). Le reste de la stabilisation est réalisé de manière logicielle, nous le verrons plus loin. Cette caméra affiche des caractéristiques très proches de celles de la Action 2 de DJI !

Le casque DJI Goggles 2 ?

No comment!

L’Avata est compatible avec deux casques, le DJI Googles V2, celui qui était livré avec le DJI FPV, et avec le tout nouveau DJI Goggles 2. Les noms sont proches, un peu trop d’ailleurs, il y aura forcément confusion. Notez que je n’ai pas testé l’Avata avec les Goggles V2 : le firmware n’était pas prêt pour assurer la compatibilité. C’est donc exclusivement avec les Googles 2 que j’ai conduit mes tests… Le casque Goggles 2 est plus petit (en hauteur, environ 8 cm) et plus léger que le Goggles V2 avec 397 grammes sur la balance. Le strap tour de tête est un bandeau unique, plus besoin de se harnacher avec un triple bandeau.

Plus compact ?

Il n’y a que 2 antennes (visibles) pliables de 40° environ – ce qui permet de les laisser en place pour le transport. Elles sont tout de même amovibles, il suffit de les tirer pour qu’elles sortent de leur logement. Elles sont branchées avec un connecteur (que je n’ai pas identifié, semblable au MMCX mais un peu plus gros), ce qui laisse présager la future disponibilité d’antennes alternatives, possiblement plus efficaces, réalisées par des fabricants tierces-parties. L’écran est un modèle OLED, à forte luminosité, et d’une définition de 1920 x 1080 pixels. Ce sont les lunettes FPV les plus impressionnantes que j’ai eu l’opportunité de chausser ! Forte luminosité ? Oui, à tel point que je n’ai jamais eu besoin de pousser le réglage de luminosité à fond, même avec un usage en plein soleil. Grand, l’écran ? Oui, on a l’impression d’être assis au deuxième rang d’un cinéma. 

Deux détails intéressants ?

Tout d’abord l’écran s’éteint automatiquement quand vous retirez le visage, grâce à un capteur présent à l’intérieur. Cela permet de réduire la consommation et donc l’autonomie, et d’augmenter la durée de vie. Ensuite DJI fournit un cache qui vient protéger les lentilles pendant le transport et le stockage. Pratique pour éviter de « brûler » l’écran par une exposition en plein soleil, et de réduire l’accumulation de poussière. Ce cache se fixe simplement en le poussant au contact des lentilles.

Les réglages des lentilles

Le casque DJI Goggles 2 propose deux réglages mécaniques : il y a l’espace interpupillaire (l’écartement entre les yeux et donc les lentilles) et la dioptrie. Le premier s’effectue en faisant glisser deux molettes vers la droite ou la gauche, chacun de manière indépendante, de 55 à 72 mm. Et ça fonctionne ? Oui, et c’est nécessaire, parce que la taille de l’écran ne permet pas de s’affranchir d’un réglage préalable. A vrai dire, avec la mousse livrée d’origine, je n’ai jamais obtenu un réglage parfait, il manque toujours un petit bout d’écran. Par ailleurs, le casque a tendance à glisser sur mon nez, vers le bas, avec pour résultat de masque la partie basse de l’écran – là où sont affichées les données de télémétrie. 

Cela dit…

En rehaussant le casque plus haut sur le nez, la vision est parfaite. Mais toutes les morphologies sont différentes. La solution, en tous cas pour mon visage, va sans doute consister à attendre que des accessoiristes proposent des mousses alternatives de formes différentes. Retirer et remettre la mousse est facile : elle est accrochée avec une plaque en plastique munie de petits ergots. Pour le second réglage, la dioptrie, il faut tourner les molettes, là aussi de manière indépendante, de -5.0 à +2.0…

Salvateur !

Cela m’a permis d’obtenir une image parfaitement nette alors que je suis, en raison de mon âge avancé, devenu hypermétrope et incapable d’utiliser le casque Goggles V2 sans lentilles de correction. Excellente nouvelle ! Si la correction est insuffisante et inadaptée, DJI livre deux lentilles supplémentaires qui viennent se poser sur celles du casque. A vous de faire réaliser des verres auprès d’un spécialiste, selon la correction dont vous avez besoin, et de les insérer dans les lentilles… A noter qu’avec ces lentilles, vous ne pouvez plus utiliser le cache de protection des lentilles.

L’alimentation du casque ?

DJI a repris le principe de la petite batterie à charger en USB-C, avec un câble qui se termine par un connecteur DC. Ce câble mesure 72 cm, avec une partie centrale en torsade. Théoriquement, cela permet de l’allonger, mais en pratique ce n’est pas très rassurant puisque la prise du côté du casque n’est pas sécurisée. Elle tient mieux que celle du casque Goggles V2, mais ce n’est pas suffisant pour être serein. De l’autre côté, la prise USB-C est munie d’un ergot qui vient s’insérer dans la batterie, elle-même désormais dotée d’une encoche : le câble est sécurisé de ce côté. Une fois encore, les accessoiristes vont pouvoir proposer des montages alternatifs.

Précisions sur l’alimentation

La prise DC des Goggles 2 n’est compatible avec celle des Goggles V2 (le diamètre est inférieur). La batterie du Goggles V2 est en revanche compatible avec le câble du Goggles 2 avec ergot USB-C. Mais cet ergot risque, sur la durée, par finir de casser. Ce n’est pas catastrophique : l’alimentation fonctionnera toujours, il y aura simplement une sécurité en moins. Les accessoiristes pourront apporter des solutions plus efficaces. A noter que le bandeau serre-tête ne permet pas de fixer la batterie (qui serait sans doute trop lourde, avec ses 119,5 grammes).

Le pavé tactile ?

Sur le côté droit du casque se trouve un pavé tactile destiné à gérer les réglages du casque. Un point en relief indique le centre du pavé. Le fonctionnement est plutôt simple : toucher avec le doigt valide, glisser le doigts bouge le curseur, et toucher avec deux doigts revient en arrière. Une pression longue avec deux doigts verrouille (et déverrouille) le pavé. Depuis l’écran d’accueil, on accède aux réglages principaux en faisant glisser le doigt vers la droite. Les réglages de la caméra sont obtenus en faisant glisser vers le haut. L’enregistrement, le headtracking, le boost HDR et la luminosité sont accessibles en faisant glisser vers le bas.

C’est efficace ?

Avec les pavés tactiles, il faut un peu de temps pour maitriser les gestes et naviguer dans les menus sans fausses manipulations. Celui du casque Goggles 2 n’échappe pas à la règle : les premiers pas sont hésitants. Mais on s’y habitue assez vite, une fois que les doigts se posent instinctivement au bon endroit. J’ai tout de même démarré et stoppé des enregistrements à plusieurs reprises parce que j’ai mal géré le retour en arrière avec deux doigts. A l’usage, ça fonctionne… mais je reste persuadé que des boutons mécaniques sont plus efficaces. A noter que le pavé tactile est désactivé lorsque l’écran est éteint.

Compatibilité casque DJI Goggles V2 ?

L’Avata est compatible avec le casque DJI Goggles V2, celui vendu avec le DJI FPV. Il faut pour cela le mettre à jour avec une version récente de son firmware. Pendant mes tests, ce firmware n’était pas disponible, je n’ai donc pas pu utiliser le casque Googles V2 avec l’Avata… Il permet selon la fiche technique des enregistrements jusqu’à 120 fps en 2,7K et 1080p – il faudra le vérifier avec le firmware définitif.

La radiocommande ?

Comme pour le DJI FPV, ce sont plutôt « les » radiocommandes. Car l’Avata est compatible avec les deux manettes du DJI FPV, la « Radiocommande 2 DJI FPV » et le « Contrôleur de mouvements DJI » (aussi appelé Motion Controller). L’Avata que j’ai testé était livré avec un contrôleur de mouvements DJI, mais j’ai pu sans aucun souci utiliser la radiocommande 2 DJI FPV que j’utilise avec le DJI FPV. Le bon point ? Vous pouvez passer d’une radiocommande à l’autre sans besoin de les réappairer, elles sont immédiatement prises en charge. Si vous utilisez ces radiocommandes avec un DJI FPV puis un Avata et vice-versa, en revanche, il faut les réappairer à chaque changement d’appareil.

Mise en route

L’Avata et les Goggles 2 doivent être activés avec un compte chez DJI via l’application DJI Fly sur smartphone ou via le logiciel DJI Assistant 2 (Consumer Drones Series). La bonne pratique consiste à mettre sous tension la radiocommande ou le contrôleur de mouvements, le casque, puis l’Avata en dernier. A l’allumage, le drone produit un petit bruit discret, sans rapport avec le monumental (et finalement casse-pieds) groaaaarrr du DJI FPV. L’appairage est automatique, mais si pour une raison ou une autre vous devez le refaire, il suffit, appareils allumés, d’une pression longue sur le bouton on/off des radiocommandes, sur le bouton de la batterie du drone. Plus besoin d’une pointe fine pour le casque : il y a bouton d’appairage sur les Googles 2, à l’intérieur juste en-dessous du capteur de visage. Il ne faut que quelques secondes pour que les 3 composants soient reliés.

Le retour vidéo ?

L’image en 1080p avec un FOV de 51° est impressionnante de netteté et de détails – de quoi oublier définitivement le retour vidéo analogique façon magnétoscope des années 80. Les 1920 x 1080 pixels du casque Goggles 2 offrent un réel confort par rapport aux 1440 x 810 pixels du casque Goggles V2. Tant que l’appareil n’est pas armé, le débit est faible, autour de 1 à 2 Mbps. Mais dès que les moteurs démarrent, il grimpe, pas toujours à la même valeur. Moteurs non armés, il est aussi possible de démarrer l’enregistrement vidéo, auquel cas là-aussi le bitrate augmente aussi, et là encore pas toujours à la même valeur. Mais en vol, il passe à 50 Mbps. Je n’ai pas d’outil efficace pour mesurer la latence, que DJI assure être de 30 millisecondes. Cela semble plausible : je n’ai perçu aucune latence dans les commandes par rapport à ce que je voyais à l’écran. A noter que l’image n’est pas stabilisée : vous percevez pleinement les secousses de l’Avata en vol (à la différence d’une Disco par exemple). C’est un bon point : cela permet de surveiller le comportement de l’appareil, surtout s’il y a du vent.

La télémétrie ?

Les informations affichées à l’écran sont précieuses : elles permettent de connaitre l’état de la batterie, de la liaison radio, de la liaison vidéo, du nombre de GPS, de la vitesse, etc. Certaines informations sont moins pertinentes, comme la durée de vol estimée, qui varie beaucoup (trop) selon la manière dont vous pilotez. Une information, en revanche, est primordiale et à surveiller en continu : le débit du retour vidéo en Mbps. Il est à 50 Mbps quand tout va bien, puis descend lorsque la liaison vidéo faiblit. Lorsqu’il passe sous la barre est 10 Mbps, le retour vidéo devient flou, saccadé, et finit par lâcher lorsque la valeur passe sous les 2 Mbps. Le surveiller est un excellent outil pour éviter de perdre la liaison

Les canaux radio ?

Par défaut, les réglages radio sont sur Auto, et vous n’avez pas à vous en préoccuper. Je n’ai pas eu l’occasion de voler à deux simultanément, ni avec l’Avata ni avec le DJI FPV ni avec un drone en DJI Digital FPV System ni en analogique. Je ne sais donc pas s’il y a des interférences et des limitations. Mais il est possible de passer les réglages en Manuel. Dans ce cas, l’interface permet de choisir la largeur de la bande passante, avec un réglage par défaut de 40 MHz qui n’autorise qu’un seul canal de diffusion. A noter que les Googles 2 semblent disposer d’une matrice LED sur le côté gauche pour afficher les canaux, comme les Googles V2. Mais elle ne s’est jamais allumée sur les Googles 2…

Les canaux radio, suite ?

Je suppose qu’en 40 MHz de largeur de bande passante, il est impossible de voler à deux Avata simultanément. En choisissant une largeur de 20 ou 10 MHz, ce sont 3 canaux qui sont disponibles, ce qui offre en théorie la possibilité de voler à 3 simultanément. A noter que la transmission vidéo s’effectue en 5,8 GHz, sans possibilité de changer le réglage en 2,4 GHz. La radiocommande et l’Avata, eux, conversent en 2,4 GHz (sans doute en plus du 5,8 GHz) sans qu’il soit possible de modifier le réglage. L’Avata propose le Focus Mode (appelé en français mode de mise au point). Pour mémoire, parce qu’il existait déjà sur le DJI FPV, il permet d’obtenir une image nette au centre de l’écran et les bords flous lorsque la liaison se dégrade, plutôt que de dégrader l’intégralité de l’écran.

L’icône H…

C’est un pas franchi par le DJI FPV en direction de la réalité augmentée, qui est repris par l’Avata. Si le drone capte les signaux GPS de manière suffisante pour calculer sa position, l’écran affiche un « H » à l’écran. Il montre la position du point de décollage en surimpression de l’image, de manière assez précise. Si ce point n’est pas visible à l’écran, la lettre H passe sur le côté pour vous indiquer la bonne direction. Ce « H » semble un détail mineur, mais il permet de revenir à son point de départ même quand on se perd ! C’est parfait sur un spot inconnu et mal maitrisé, c’est aussi très efficace en forêt ! Parmi les outils de sécurité, on note aussi la possibilité de faire sonner les ESC et de visionner les dernières secondes du vol. 

Le mode Affichage amélioré

C’est une nouvelle fonction intéressante : le casque DJI Goggles 2 propose un mode Affichage amélioré. Il permet d’obtenir une sorte de HDR pour mieux distinguer les détails lorsqu’il y a de fortes différences de luminosité. Il n’est pas adapté à toutes les situations – mais j’ai vite pris le parti de le laisser activé en continu. A noter qu’il n’affecte que le retour vidéo, pas l’enregistrement des images en HD. 

L’enregistrement du retour vidéo

C’est une nouveauté par rapport au DJI FPV : vous pouvez choisir d’enregistrer (ou pas) les informations de télémétrie qui sont affichées sur le retour vidéo. C’est bien pratique pour debriefer un vol, vérifier où la liaison vidéo faiblit. Au final, ce retour vidéo 1080p/60fps est très impressionnant !

Décollage avec le contrôleur de mouvements

Le principe est exactement le même qu’avec le DJI FPV : une double pression sur le bouton d’armement démarre les moteurs, une pression longue fait décoller l’appareil qui se place automatiquement en stationnaire, à environ 1,5 mètre du sol. Ensuite, il attend vos ordres. Avec le contrôleur de mouvements, le drone suit vos gestes droite-gauche, et la caméra suit vos mouvements haut-bas. Un cercle s’affiche à l’écran : il montre la direction que doit prendre l’Avata lorsque vous appuyez sur la gâchette. Plus vous appuyez fort, plus il avance vite dans cette direction. Pour se poser, il suffit d’une pression longue sur le bouton d’armement.

Tellement facile !

C’est la force de ce contrôleur de mouvements : il permet de prendre l’Avata en mains sans jamais avoir piloté quoi que ce soit, pas même une voiture radiocommandée. Pas de notion de mode 2, mode 1, pas besoin de s’entrainer au maniement de joysticks. Rien de tout ça, il permet à tous de voler au bout de 30 secondes d’initiation. Le risque ? C’est que le pilote soit trop vite en confiance et se lance prématurément dans des vols engagés avec le mode Sport.

L’évitement des obstacles

En l’absence de capteurs, l’Avata ne détecte ni les obstacles devant, ni derrière, ni sur les côtés, ni vers le haut. Il est en revanche capable de détecter la hauteur par rapport au sol et s’efforce de se maintenir à une vingtaine de centimètres pour éviter le crash.

Ca fonctionne ?

Oui si le sol est bien plane, ce qui vous permet même de voler rapidement à ras du sol, un peu comme sur un coussin d’air. Mais s’il y a un obstacle, ni le terrain remonte trop vite, l’évitement n’opérera pas à temps pour éviter un contact rude avec le sol. C’est un défaut ? J’ai pour habitude de considérer les outils d’évitement des obstacles comme des aides pour paresseux. Je veux dire par là que déléguer la sécurité à des capteurs encourage le fait d’être inattentif pendant les vols. De toutes manières, l’Avata est prévu pour des vols à proximité d’obstacles, il est donc nécessaire de pouvoir s’en approcher au plus près. Donc non, c’est pas un défaut. Si vous désirez absolument une assistance par rapport aux obstacles, l’Avata n’est pas fait pour vous.

Les sensations en vol ? (avec le contrôleur de mouvements) 

Elles sont assez proches de celle du DJI FPV, avec les protections d’hélices qui ajoutent à la sensation de sécurité. Les lignes parfaitement droites sont difficiles à tenir parce que le drone suit exactement les ordres du contrôleur de mouvements, même les plus légers – et il n’y a pas de réglage de sensibilité. En revanche, le vol avec le pointeur en cercle est un bonheur pour évoluer en présence d’obstacle, notamment au travers de la végétation. Mon plaisir, avec l’Avata, consiste à voler en forêt, même dense, avec le contrôleur de mouvements. Une sorte d’exploration à des endroits où l’humain ne peut pas passer. La précision est tout simplement remarquable !

Les limites du contrôleur de mouvements ?

Sachez que le contrôleur de mouvements permet uniquement d’avancer. Pour reculer, il faut vous arrêter, pivoter à 180° et repartir dans l’autre sens. Pas moyen non plus de pratiquer des translations vers la droite et la gauche. Voilà qui interdit, par exemple, de tourner autour d’un arbre en le pointant, de suivre un véhicule sur le côté… Pour cela, pas le choix, il faut utiliser la radiocommande ! Notez que si vous posez le contrôleur de mouvements pendant le vol, l’Avata détecte une inclinaison et se met à tourner en toupie, en stationnaire.

Décollage avec la radiocommande

Si vous utilisez la radiocommande à sa sortie de la boite, le joystick des gaz revient au neutre (au centre), automatiquement. C’est parfait pour les vols en modes N(ormal) et S(port), puisque la gestion des gaz est semblable à celle d’un Mavic. Si vous voulez piloter en mode Manuel, sans stabilisation, il faut au préalable désactiver le retour au neutre. Pour cela, il faut retirer un cache à l’arrière de la radiocommande et tourner les vis. Sympa, parce que l’Avata se transforme en racer en mode Acro. Mais la gestion de la hauteur, en modes N et S, est dans ce cas plus difficile puisque c’est à vous de bien doser la commandes des gaz sous peine de monter ou descendre si les gaz ne sont pas exactement au neutre.

Les sensations en vol ? (avec la radiocommande)

Elles sont très proches de celles du DJI FPV, avec des réactions assez proches à l’accélération, et des réglages identiques. La radiocommande permet de réaliser de belles lignes droites. Ce mode de vol s’apparente beaucoup à celui d’un Mavic, avec la fonction FPV en sus. Les pilotes de racers, en modes N et S, en revanche, vont s’ennuyer ferme. A noter qu’il n’y a pas de réglages proposés pour les modes N et S. Peut-on voler en Acro ? Oui, c’est le mode Manuel.

En mode Manuel…

Pour mémoire, le mode Manuel désactive la stabilisation du drone. Partiellement, en interdisant les prises d’angles si l’option Limite d’attitude est activée. Ou totalement en désactivant cette option ! C’est à vous de piloter, et à la différence des modes N et S, si vous ne faites rien, l’appareil ne reste pas en stationnaire, il part se crasher. Pour armer les moteurs, il y a plusieurs méthodes, la plus simple étant une double tape de la touche Start/Stop. Il faut ensuite pousser les gaz de manière assez franche. L’appareil, malgré l’absence d’assistance au pilotage, est plutôt stable et réagit de manière assez saine aux commandes. Il n’y a pas de réglages de P I D façon Betaflight, juste de quoi modifier la souplesse et la réactivité des commandes : expo, taux max et centrage de la sensibilité. Et encore, ces réglages ne sont proposés que pour les vols en Manuel !

Atterrir

L’atterrissage en mode Manuel nécessite de ne pas louper la double tape de la touche Start/Stop au moment où vous touchez le sol, sous peine de rebondir bêtement. Mais vous pouvez changer la méthode d’armement / désarmement dans les réglages. Pour ma part, j’ai choisi la solution de facilité que j’utilise déjà avec le DJI FPV : j’ai laissé la méthode de désarmement d’origine. Pour me poser, je m’approche de la zone d’atterrissage en mode Manuel, puis je passe en mode N ou S et je laisse l’appareil se poser automatiquement en poussant le joystick des gaz à 0. A noter que l’inclinaison de la caméra peut être modifiée en mode Manuel, un choix à effectuer en fonction de l’agressivité de vos vols…

Les sensations en vol ? (en mode Manuel)

L’Avata en mode Manuel permet d’approcher les sensations d’un drone de type racer sous Betaflight (ou des firmware concurrents) , avec une grande liberté dans les mouvements. L’Avata est-il prévu pour les vols freestyle ? Non ! Il est tout de même capable de passer des figures simples, mais il n’est vraiment pas taillé pour les vols démonstratifs. Le mode Manuel permet de monter assez vite et de donner des gaz pour se rétablir après une figure ou un plongeon. Mais l’Avata n’est pas aussi puissant que le DJI FPV, qu’un cinewhoop 6S, qu’un Racewhoop, etc. Il faut donc anticiper un peu cette remise des gaz lors d’un dive sous peine de finir au sol. J’ai noté des vibrations sur une forte remise des gaz, mais pas de mouvements parasites comme le propwash, ni de yaw washout sur des virages serrés.

Le bruit ?

C’est un héritage du DJI FPV, c’est aussi classique des cinewhoop et plus globalement des appareils avec des ducts (des structures qui canalisent le flux d’air des hélices) : l’Avata est bruyant. Très bruyant, même, et vos vols ne passent pas inaperçus. Ni chez les humains, ni chez les animaux. Ce bruit est strident pendant tout le vol, et encore plus lorsque vous pilotez de manière agressive. C’est l’un des défauts majeurs de l’appareil !

La stabilité en vol

Les habitués des racers avec des réglages aux petits oignons seront déçus, comme ils l’ont été avec le DJI FPV : en extérieur, l’Avata se dandine. Moins que son prédécesseur, les mouvements parasites s’apparentent plus à une sorte de tremblote. Mais ça gigote, à tel point qu’une caméra GoPro Hero 6 que j’ai montée sur l’Avata n’a pas stabilisé correctement les images, ni avec la stabilisation intégrée, ni en post-prod avec Reelsteady et Gyroflow. Notez bien que ce vibrations parasites n’affectent pas le comportement de l’appareil en vol. Mais pour ceux qui aiment les machines bien réglées, il ne donne pas satisfaction.

C’est grave, docteur ? 

Pas vraiment, parce que l’Avata effectue un gros travail de stabilisation sur les images filmées à bord… En intérieur, la tremblote parasite disparait totalement. J’ai expérimenté à plusieurs reprises un message « alerte vent fort » suivi d’un freinage brusque et un vol stationnaire, accompagnés d’un passage du mode Manuel au mode Normal. Cela m’est par exemple arrivé en sortant d’une forêt par la canopée : l’Avata n’a pas apprécié d’affronter le vent une fois passé au-dessus des arbres, pourtant pas si fort que ça…

Vitesses en mode N, S et M ?

La vitesse de pointe est conforme à celle annoncée par DJI dans sa fiche technique. En pratique, elle est très influencée par la force du vent. En mode N, l’Avata monte à environ 28 km/h. En mode S, il grimpe à 50 km/h. Enfin, en mode M (uniquement avec la radiocommande), il passe à 97 km/h. Avec le contrôleur de vol, lâcher la gâchette freine le drone quasi-instantanément. S’il vole un peu vite, il freine d’un coup sec en se cabrant beaucoup. Impressionnant ! Et encore plus en freinant en mode Manuel. Comme sur le DJI FPV, le passage des modes N ou S à M(anuel) quand on est en vol requiert d’aligner des croix à l’écran. Une sécurité pour ne pas que les débutants se retrouvent en mode Manuel malgré eux, sans doute, mais un peu casse-pieds à réaliser quand on est en l’air.

Et le mode Tortue ?

Egalement présent sur le DJI FPV, inspiré des Turtle Mode et Flip Over After Crash des racers, le mode Tortue permet de retourner l’Avata s’il finit sur le dos. La fonction est accessible depuis les réglages des Goggles 2, et peut aussi être programmée sur un bouton de la radiocommande. Ce mode profite des protections d’hélices, il est donc plus efficace que sur le DJI FPV. Non seulement il m’a évité quelques marches un peu pénibles, mais il m’a aussi permis de récupérer l’appareil coincé dans un arbre ! Un regret ? La fonction n’est opérationnelle que lorsque l’appareil est sur le dos. Dommage, parce que si elle fonctionnait à plat ou sur la tranche, elle pourrait être salutaire pour dégager l’Avata d’un arbre, quelque soit sa position.

La solidité ?

Je n’avais qu’un seul exemplaire de l’Avata lors de mes essais, je ne l’ai donc pas trop malmené. Mais évidemment, je l’ai crashé en tentant des vols en présence d’obstacles, et en l’absence de lumière. Les hélices ont montré des signes de fatigue mais elles sont toujours restées opérationnelles. La structure principale est marquée par des rayures, mais elle n’a pas cassé. Les protections d’hélices ont encaissé des chocs assez durs, mais sans signes d’usure ou de fatigue. Elles sont particulièrement efficaces lorsque vous touchez un obstacle pendant le vol : il est fort probable que l’Avata se rétablisse et continue son chemin ! Comme la caméra n’est animée que sur un axe, elle semble peu fragile. Toutes proportions gardées, évidemment, puisque l’appareil ne résistera pas à un gros crash. A noter que la structure supérieure et les protections d’hélices sont vendues pour opérer une réparation soi-même.

Est-ce que l’Avata chauffe ?

Non, il ne chauffe pas particulièrement. Et pourtant je l’ai utilisé de manière intensive pendant les fortes chaleurs de l’été 2022. En revanche, avec une caméra GoPro installée sur le dos de la batterie, les moteurs avant chauffent beaucoup plus – ils n’apprécient pas, à l’évidence, le surpoids. 

Les limites de l’assistance au pilotage

Les caméras verticales assurent le maintien de position lorsque le GPS n’est pas disponible. C’est le cas en intérieur, par exemple. Elles fonctionnent particulièrement bien, mais il faut être très attentif dans certaines situations. Les caméras sont inopérantes dans le noir, ce qui m’a valu un crash dans un bâtiment en ruines. Elles sont perturbées par des surfaces « miroir » et unies comme de l’eau et certaines dalles marbrées. J’ai par exemple expérimenté de fortes dérives dans un showroom de mobilier ! La solution ? Pour un vol à risque, préférez le mode Manuel avec la radiocommande pour rendre les caméras verticales inopérantes et faire reposer le vol sur votre pilotage uniquement.

Le Failsafe ?

Cette fonction se déclenche en cas de souci, par exemple si vous perdez la liaison radio. Dans ce cas, l’appareil réagit selon ses réglages : vous avez le choix entre le retour automatique au point de départ (RTH), un vol stationnaire en position, et un atterrissage forcé. A vous de veiller à bien choisir avant de décoller. En espace ouvert, c’est le RTH qui est à privilégier. Mais en espace clos ou couvert, en sous-bois par exemple, le RTH est l’assurance d’un crash au moment où l’appareil monte pour rejoindre le point de départ. C’est donc le stationnaire ou l’atterrissage qui est à choisir. Attention au-dessus de l’eau, évitez l’atterrissage forcé ! En fin de batterie, l’Avata déclenche automatiquement un RTH. Si vous volez sous des arbres, appuyez rapidement sur la touche on/off ou sur le bouton de freinage pour interrompre la manoeuvre…

Et ça fonctionne, le Failsafe ?

Oui, le Failsafe se déclenche en cas de perte de liaison, l’appareil revient se poser tranquillement à moins que vous n’en repreniez le contrôle si la liaison est rétablie pendant le retour. C’est une sécurité qui offre un petit supplément de sérénité. Il est possible de déclencher un RTH à la demande, avec une pression longue sur le bouton de freinage. Ca fonctionne bien, c’est très agréable si on perd le sens de l’orientation, si on se sent en difficulté. Mais c’est une fonction que je recommande d’éviter, hors de situations critiques, pour ne pas céder à la facilité. Notez que le RTH est assez précis, avec un retour à moins de 2 mètres du point de départ, parfois quasiment exactement au bon endroit. On est loin de la fonction GPS Rescue de Betaflight, avec son retour approximatif…

AirSense ?

DJI avait promis d’intégrer un récepteur ADS-B dans tous ses appareils de plus de 250 grammes. Promesse tenue avec l’Avata : il dispose de la fonction AirSense. Pour mémoire, c’est un dispositif qui permet de recevoir les informations en provenance d’aéronefs équipés en ADS-B. C’est le cas des avions de ligne, de certains appareils commerciaux et privés. Dommage, la plupart des planeurs, ULM, avions civils légers et appareils militaires ne sont pas équipés.

Le résultat ?

Lorsque l’Avata se trouve proche de la trajectoire d’un appareil équipé en ADS-B, il l’indique sur le retour vidéo avec un message en orange ou en rouge. Cela vous permet d’effectuer une manoeuvre d’évitement pour éviter une collision. La fonction AirSense a correctement détecté des avions et des hélicoptères lors de mes tests. A noter qu’AirSense est un récepteur ADS-B, pas un émetteur : il ne diffuse pas la position du drone aux autres appareils.

Personnalisation des boutons de la radiocommande ?

Vous pouvez associer des fonctions aux boutons C1 (simple, en façade), C2 (3 positions, à l’arrière droit et « Personnalisé » (2 positions, à l’arrière gauche). Il y a par exemple l’alerte sonore de l’ESC, le mode Tortue, l’inclinaison rapide de la nacelle, l’armement des moteurs, le mode Manuel. Mais toutes les combinaisons ne sont pas possibles, à vous de choisir parmi celles disponibles.

Le headtracking ?

C’est une nouvelle fonction proposée par le casque Goggles 2. Lorsque le headtracking est activé, l’Avata suit les mouvements de la tête avec une indication à l’écran avec des barres de visée en surimpression. Si vous levez le nez, vous regardez vers le haut. Baissez la tête, la caméra s’incline vers le bas. Tournez la tête à droite ou à gauche, l’Avata effectue une rotation. La fonction est amusante et devrait séduire les amateurs de jeux vidéo. Mais elle m’a donné l’impression de double emploi avec le contrôleur de mouvements pour regarder autour de moi. Au final, cette fonction headtracking ne m’a pas séduit et je l’ai désactivée. Le headtracking avec la radiocommande fonctionnait sur un firmware de test, mais à terme DJI ne devrait le proposer qu’avec le contrôleur de mouvements.

Les photos

L’Avata n’est pas vraiment prévu pour shooter des photos, bien qu’il en soit capable. Le capteur est donné pour 48 mégapixels, pourtant les clichés sont en 4000 x 3000 (4:3) ou 4000 x 2160 (16:9), soit 12 mégapixels au mieux. Il stocke les images en Jpeg – pas de RAW. Il faut impérativement appuyer sur le bouton de prise de vues pour shooter une photo. C’est dommage, un mode de déclenchement à intervalles réguliers aurait permis de se concentrer sur le pilotage. Mais à vrai dire, ça n’aurait sans doute pas été possible non plus, parce que l’écran se fige un court instant à chaque prise de vue – pas facile pour continuer à piloter ! Les photos, c’est donc en modes N ou S et en stationnaire… Cela dit, le résultat est très correct, d’autant que les réglages permettent de choisir des paramètres manuellement. A noter que les données EXIF des photos contiennent la position GPS et l’altitude.

Les vidéos HD

L’Avata permet de filmer en HD, avec stockage des images stabilisées à bord de l’appareil. Soit sur une carte mémoire microSD (non fournie), soit dans la mémoire intégrée du drone, qui offre 21,1 Go. C’est une belle capacité, qui permet de revenir avec des images même si on a oublié les cartes mémoire ! En simplifiant, 1 minute de vidéo 4K/60 occupe 1 Go de mémoire. La mémoire intégrée permet donc environ 20 minutes d’images… Le débit maximal selon DJI est de 150 Mbps. Lors de mes tests, il a plafonné à 130 Mbps (en 4K/60 et H.264) – ce qui est déjà très bien !

Les réglages ?

Les réglages photo et vidéos sont proposés en direct avec un swipe du pavé tactile vers le haut, ou dans les menus généraux, onglet Caméra. L’Avata filme en 4K à 50 et 60 fps, en 2,7K à 50, 60 et 100 fps, en 1080p à 50, 60 et 100 fps. Les réglages en mode Auto permettent de choisir l’exposition (EV). Si vous êtes plus exigeant, vous pouvez passer en mode Manuel pour choisir vous-même l’ISO, la vitesse d’obturation, la température des couleurs.

Les réglages, suite ?

Vous avez aussi la possibilité de préférer du 4:3 à du 16:9, de choisir l’angle entre Normal, Large et Ultra large. L’Avata offre aussi un mode de couleurs Normal ou D-Cinelike à retravailler en post-production. Enfin les vidéos peuvent être stabilisées. Soit en mode Rocksteady : les mouvements sont adoucis, mais les inclinaisons de type Roll sont maintenues. Soit en mode Horizonsteady : l’image est toujours maintenue à plat. Il est également possible de désactiver la stabilisation des images – cela n’a d’intérêt qu’en voulant absolument utiliser les secousses dans la vidéo.

Profiter de ces réglages ?

Le choix de l’angle est important. Le réglage Ultra large permet d’accentuer l’impression de vitesse à très faible hauteur et en présence d’obstacles, mais elle ralentit les séquences en environnements ouverts. Elle déforme aussi les bords de l’image. Les réglages Large et Normal permettent d’obtenir de belles séquences en environnements dégagés. Et, en modes de pilotage N ou S, d’éviter de voir apparaitre la structure du drone sur les côtés en cas de freinage brusque ou de descente à forte inclinaison. En mode Manuel, la caméra est figée, la structure n’apparait pas à l’écran, même en réglage Ultra large. Le choix du D-Cinelike est primordial pour retravailler efficacement les séquences en post-production. 

Les subtilités des réglages ?

L’Avata n’offre pas le choix du codage vidéo, en tous cas dans les versions du firmware que j’ai utilisées : il enregistre en H.264 (AVC) sur les Goggles 2 et à bord de l’appareil – il n’y a pas de réglages pour du H.265. EDIT : il semble que le codage des vidéos enregistrées à bord de l’Avata soit du H.264 (AVC) lorsqu’il est utilisé avec le casque 2 (le nouveau), et en H.265 (HEVC) avec le casque V2 (l’ancien). La logique m’échappe, mais il doit y avoir une bonne raison… Par ailleurs, si vous filmez en 4K, vous n’avez pas accès au ration 4:3. Si vous filmez en 100 fps, vous n’avez pas accès à l’angle UltraLarge ni à Horizonsteady. 

La qualité des vidéos ?

La stabilisation des images est sans doute l’un des points les plus importants, sachant que l’Avata est en face de cinewhoop équipés de caméras GoPro haut de gamme. Lesquelles profitent d’une stabilisation intégrée avec ou sans ajout de stabilisation en post-production avec la technologie ReelSteady désormais intégrée dans GoPro Player (mais payante). En raison de son adoption par de nombreux pilotes, et tout simplement parce qu’elle donne d’excellents résultats, ReelSteady est considérée un étalon face aux autres outils de stabilisation. La caméra de l’Avata est-elle à la hauteur ?

Deux modes de stabilisation

Je vais être très clair : non, la stabilisation de l’Avata n’est pas aussi performante que celle de chez GoPro. Mais elle a le mérite d’être appliquée en temps réel, sans besoin de post-production ni surcoût. Les bons points ? La stabilisation gomme toutes vibrations parasites de l’Avata, y compris quand il y a du vent. Elle donne particulièrement satisfaction en mode Horizonsteady : l’horizon effectivement toujours à plat, parfait pour des lignes assez longues et douce.
Edit : la mise à jour du 25 août 2022 ajoute le stockage des données gyroscope lorsque l’Avata est en mode Large et stabilisation désactivée. Cela permet de stabiliser les images soi-même, en post-production. Les données sont effectivement présentes et prises en charge par Gyroflow, il faut pour cela utiliser une Nightly Build… J’essaie de vous montrer un bout de vidéo rapidement !

Une question de mode de vol

Si vous pilotez avec le contrôleur de mouvements ou la radiocommande en modes N et surtout S, vous allez expérimenter des mouvements de balancier avec des vols rapides, un peu comme avec le DJI FPV. Si vous pilotez de manière agressive avec Horizonsteady, les images seront peu agréables à regarder. Le meilleur moyen, pour de belles images en extérieur, c’est d’être en mode Manuel pour passer outre la stabilisation de l’appareil qui influence la stabilisation numérique de la caméra. Cela permet d’obtenir des images plus proches de celles issues de ReelSteady.

Couleurs ?

Si vous n’avez pas l’intention de passer du temps avec un logiciel spécialisé dans le montage vidéo, vous filmerez en mode Normal. Il propose des couleurs assez prononcées, sans doute avec une saturation ou une vibrance un peu boostée. Le résultat, c’est que l’herbe verte est très verte, le sable jaune est très jaune, le ciel bleu est très bleu. Bref, les couleurs sont globalement assez flashy et celles qui le sont naturellement le sont encore plus que dans la réalité. Pour le loisir, cette gestion rehaussée des couleurs fait le plus souvent honneur au décor. 

Pour des couleurs « flat » ?

Si vous envisagez un usage professionnel ou si vous êtes un amateur exigeant, filmez en mode D-Cinelike ! Vous obtenez des vidéos avec des couleurs à l’aspect « flat », mais plus d’informations contenues dans les fichiers (je n’ai pas vérifié ce point). Ce mode implique de passer un peu de temps pour appliquer des corrections colorimétriques avec un logiciel comme Premiere Pro, DaVinci Resolve, Final Cut Pro, etc. 

Vidéos en faible luminosité ?

Les séquences filmées avec peu de lumière m’ont très agréablement surpris : même en réglages Auto, les zones noires sont vraiment noires sans bruit parasite, les couleurs sont reproduites de manière convaincante. Le capteur et l’électronique parviennent plutôt bien à gérer les changements brusques de luminosité. C’est une bonne nouvelle pour ceux qui désirent filmer en intérieur avec peu de lumière.

Journaux de vol ?

L’Avata enregistre tous les paramètres de vol et les conserve dans la mémoire interne. Si vous établissez une connexion entre le drone et l’application DJI Fly, vous pouvez récupérer les journaux de vol et les stocker sur les serveurs de DJI. Mais ce n’est pas automatique, vous devez effectuer la synchronisation volontairement.

Mémorisation des données de télémétrie ?

Vous pouvez aussi cocher une option pour enregistrer un fichier contenant les données de vol en complément de la vidéo enregistrée à bord. Il sera stocké sur la carte microSD ou en mémoire interne, selon les réglages, au format .srt (sous-titres). Vous pouvez les visualiser en incrustation des vidéos avec l’application VLC par exemple. Dans la mesure où il contient, outre les paramètres de la caméra, la position GPS, la hauteur relative et l’altitude, il sera possible de réaliser des représentations graphiques du parcours du drone – je ne doute pas que des développeurs s’amuseront à créer des extracteurs de données pour les injecter dans Google Earth ou d’autres outils de visualisation de tracés.

L’autonomie ?

DJI promet une autonomie maximale de 18 minutes… comme d’habitude en faisant preuve d’optimisme. En pratique, avec des vols stationnaires ou plutôt doux, j’ai constaté une durée de vol qui plafonne à 15 minutes. Ce n’est pas si mal pour un cinewhoop. Si vous volez dans un environnement difficile, mieux vaut anticiper et finir le vol avant la limite de 15 minutes. Si vous volez en Manuel et de manière agressive, l’autonomie chute à un peu plus de 7 minutes. Le temps de vol est de 7 minutes environ, aussi, avec une caméra HD de type GoPro montée à bord, et avec des évolutions douces. Edit : Notez, c’est Stéphane Couchoud qui me l’a très justement fait remarquer, que l’appareil perd en ressources en fin de batterie. Ca se ressent pas si vous pilotez avec douceur sur les gaz, mais ça surprend si vous tentez une reprise forte en-dessous de 25 % de batterie…

La portée ?

DJI promet 10 kilomètres en mode FCC, et 2 kilomètres en mode CE – la marque se conforme à la réglementation européenne en matière de communications radio. Là encore, les chiffres réels sont assez différents. En France, et plus globalement dans les pays européens, l’Avata réduit automatiquement sa puissance à 25 mW (c’est le mode CE). Le résultat ? Avec l’appareil que j’avais en test, j’ai plafonné à une distance horizontale, en environnement dégagé, de 600 mètres. Au-delà, bien que la liaison radio reste optimale, la liaison vidéo décroche et finit par se couper. 

C’est décevant ?

Si on considère la portée en application stricte de la réglementation européenne, cette puissance suffit largement puisque l’Avata doit toujours rester en vue directe l’observateur qui doit rester aux côtés du pilote. Mais si on désire aller plus loin (oui, c’est illégal… sauf dans des pays comme l’Islande), les 600 mètres sont vite atteints et on se retrouve frustré de ne pas pouvoir poursuivre la progression. Idem en environnement encombré, dans un bâtiment par exemple, on perd assez vite la liaison vidéo. L’Avata profitera-t-il de bidouilles ou de hacks comme les précédents modèles de DJI ? Allez savoir…
Edit : la bidouille pour booster la liaison radio du DJI FPV fonctionne avec l’Avata ! Je vous en parle plus en détails ici

Limitation de hauteur ?

L’Avata, c’est la pratique chez DJI, limite les vols à une hauteur maximale de 120 mètres par rapport au point de décollage. Dans les réglages, il est possible de pousser cette hauteur jusqu’à 500 mètres. C’est illégal ? Pas forcément, puisque la notion de hauteur en réglementation européenne est différente de la mesure effectuée par DJI – voir ici pour plus d’explications. A noter que vous pouvez vous imposer une hauteur et une distance de vol si vous préférez être prévenu quand vous allez trop loin pour rester honnête.

Les NFZ ?

L’Avata est aussi soumis à des zones de vol restreintes ou interdites, déblocables ou pas, selon l’outil GEO 2.0. La mauvaise nouvelle ? Ces zones ne correspondent pas aux indications des réglementations européenne et française, ce sont des interprétations de DJI. La bonne nouvelle ? Ces zones sont très rares, centrées sur la protection des aéroports, aérodromes, prisons et centrales nucléaires, bâtiments militaires. Le résultat, ce que si GEO vous interdit de décoller, c’est très certainement pour une bonne raison… Vous pouvez consulter les zones interdites GEO dans DJI Fly, ou sur le web, ici.

Les NFZ, suite ?

Comme le DJI FPV, lorsque l’Avata change de zone, il déclenche un freinage d’urgence et se place en stationnaire. C’est un peu surprenant, surtout quand on vole en mode Manuel. D’autant que le message n’est pas forcément en rapport : j’ai expérimenté un « Pas de mode M, UAV trop loin/haut ». Ce qui est vraiment pénible ? Dans un bâtiment situé dans l’emprise d’un aéroport, l’Avata a capté les GPS… et a refusé de décoller. Comme je n’avais pas d’autorisation à fournir, je n’ai pas pu débloquer la NFZ et l’Avata est resté cloué au sol. Alors que dans ce bâtiment clos, la réglementation ne s’applique pas et rien ne m’interdisait légalement de voler ! C’est une situation assez rare, mais particulièrement frustrante quand elle se produit…

Les données AeroScope

Comme tous les appareils récents de DJI, l’Avata diffuse en continu sa “carte d’identité” et ses données de vol comme la position, la vitesse, la hauteur, le cap, etc. Pour lire ces informations, il faut un système de détection AeroScope de DJI qui est uniquement proposé aux administrations (voir ici). Le but est de permettre aux forces de l’ordre de détecter des vols à proximité de sites sensibles. Vous ne pouvez pas désactiver cette fonction, qui opère de manière transparente, en tâche de fond. Notez qu’elle est propre à DJI, différente du signalement électronique à distance français et de la future identification directe à distance européenne.  

A savoir…

L’Avata n’affiche aucune LED, sauf celles de la batterie à l’arrière. Cela permet de filmer dans un environnement sombre sans être perturbé par des LED clignotantes. Le nom de code pendant le développement du drone n’était pas Avata, mais le nom d’une organisation Jamesbondienne (je vous laisse deviner). Peut-on voler sous la pluie avec l’Avata ? Il n’est jamais recommandé de voler en présence d’humidité, mais les moteurs brushless ne sont pas très sensibles à l’eau, et le reste de l’électronique a été protégé à l’intérieur de l’appareil. J’ai donc volé à de nombreuses reprises sous une bonne pluie, sans souci (mais je ne le recommande pas). Le son à bord de l’Avata n’est pas diffusé sur le retour vidéo, et n’est pas enregistré sur la vidéo HD. Dommage pour ceux qui aiment écouter les douces variations du régime moteur pendant les vols. L’Avata ne propose aucune fonction de vol automatisé, de type ActiveTrack ou QuickShots. Il n’est pas prévu pour ça : c’est vous le pilote !

A savoir, suite…

Peut-on voler à vue, sans allumer et connecter les lunettes d’immersion ? Oui, aussi bien avec la radiocommande 2 DJI FPV qu’avec le contrôleur de mouvements. Si vous allumez en même temps le contrôleur de mouvements et la radiocommande, vous ne pourrez pas piloter avec les deux. L’Avata prend en compte le premier qu’il détecte. Si vous êtes au sol avec le contrôleur allumé, vous allumez la radiocommande, vous éteignez le contrôleur : la radiocommande est prise en compte en quelques secondes. Si vous effectuez la même manipulation en vol, en revanche, la radiocommande n’est pas prise en compte ! Il faut l’éteindre, puis la rallumer. Idem si vous démarrez l’enregistrement vidéo, même sans armer les moteurs : changer de radio nécessite un allumage. Les Googles 2 ne sont pas compatibles avec le FPV Air Unit de DJI et les Vista de Caddx.

Un bug…

EDIT : Si vous pilotez en mode Manuel avec la radiocommande et que vous tournez très dur, il y a un risque de bug. S’il se produit, l’Avata se cabre, puis les moteurs se coupent et c’est la chute. Espérons qu’il soit résolu par une mise à jour future. En attendant, évitez les virages trop secs. 

Sortie vidéo ?

Il n’y a pas de sortie HDMI sur le casque Goggles 2, malheureusement. Mais vous pouvez obtenir une copie d’écran (de qualité légèrement dégradée) sur votre smartphone, avec l’application DJI Fly et l’aide d’un câble USB-C OTG vers un USB-C ou Lightning. Cela permet de diffuser les images d’un vol en live sur les réseaux sociaux, par exemple avec l’aide d’un outil de type comme  Facebook Gaming (voir ici). Le casque offre aussi une fonction Spectateur : le casque du pilote peut diffuser les images vers un second casque. Je n’ai pas pu tester cette fonction, je n’avais qu’un seul casque Goggles 2, et les Goggles V2 en mode Spectateur n’étaient pas compatibles (je ne sais pas si elles le seront).

Entrée vidéo ?

Il existe un mode de réception d’images streamées depuis un smartphone, en wifi, pour regarder une série ou un film par exemple. Mais je n’ai pas réussi à le faire fonctionne sur mon exemplaire de test. Les Goggles 2 permettent aussi de profiter du simulateur de vol DJI Virtual Flight pour s’entrainer (mais là encore ça n’a pas fonctionné avec mon exemplaire de test). Regrettons aussi que DJI Virtual Flight ne soit proposé sur que pour iOS depuis sa sortie, les utilisateurs d’Android restent punis… Edit : DJI Flight (qui a perdu le mot Vrtual) est désormais également disponible pour les smartphones Android (voir ici) !!

Peut-on réaliser de belles images ?

L’Avata est-il en mesure de produire de belles séquences vidéo ? Tout dépend de vos talents conjugués de pilote, de vidéaste, d’étalonneur, de monteur ! Il suffit de visionner la vidéo de Stéphane Couchoud pour comprendre tout le potentiel de l’Avata… Mais si vous envisagez de produire souvent des séquences de type cinewhoop à finalité professionnelle, je ne vous recommande plutôt de vous tourner vers un appareil capable de porter une GoPro récente ou une caméra haut de gamme. L’Avata peut-il tout de même porter l’une de ces caméras ? Oui, mais uniquement si elle profite d’une stabilisation avancée et au prix d’un réduction drastique de l’autonomie et de la maniabilité.
Edit : la compatibilité du logiciel Gyroflow 1.2.0 avec les vidéos de l’Avata permet de nouvelles perspectives pour stabiliser les séquences d’une manière différente de celle de DJI. Je nuance donc mon jugement : l’Avata et Gyroflow forment un duo intéressant pour réaliser de belles images ! Voir ici pour en savoir plus… 

Pour les moustachus du FPV ?

Si vous adorez monter vos propres machines, les optimiser, étudier les logs de Blackbox pour tuner Betaflight ou d’autres firmware, pousser vos machines fort jusqu’au crash, les réparer, recommencer… passez votre chemin ! Vous n’avez probablement pas apprécié le DJI FPV, et vous n’aimerez pas plus l’Avata. Si vous râlez contre la situation de quasi monopole de DJI dans l’univers des drones, idem, l’Avata ne conviendra pas non plus. Préférez une solution en analogique, ou en numérique à base de HDZero de Divimath, ou d’Avatar chez Walksnail. Comme pour le DJI FPV, l’Avata fera immanquablement l’objet de sarcasmes de la part nombreux pilotes FPV sur les réseaux sociaux. C’est prévisible… mais peu importe : ils ne sont pas le coeur de cible.

Pour le pilote loisir – plaisir ?

L’appareil est sans doute bien plus adapté à un usage de loisir, par exemple pour des vols plaisir des environnements confinés. Mon petit bonheur, avec l’Avata, a consisté à partir en « exploration » en forêt, depuis le ras du sol jusqu’en hauteur là où un humain ne peut pas aller. Autant dire que j’ai pris un plaisir monumental pendant ces vols ! Le pilotage avec le contrôleur de mouvement est parfaitement adapté à cet usage qui permet de se faufiler dans des trous de souris entre les branches, les souches, les feuilles… et de revenir avec des images stabilisées de ces vols ! Il m’a suivi pour faire des images dans un bando, et sur des vols doux à mi-hauteur de falaises. L’Avata offre aussi une sensation de sécurité (pourtant toute relative) avec ses outils d’assistance au pilotage et ses protections d’hélices.

Les prix ?

  • L’Avata seul avec une batterie est proposé à 579 €.
  • L’Avata Pro-View Combo avec le contrôleur de mouvements et le casque DJI Google 2 est à 1429 € chez StudioSPORT.
  • L’Avata Fly Smart Combo avec le contrôleur de mouvements et le casque DJI Google V2 est à 1149 € chez StudioSPORT.
  • Le Fly More Kit avec 2 batteries et un hub de charge pour 4 batteries est à 249 €.
  • La batterie seule de l’Avata est à 119 €.
  • Le hub de charge pour 4 batteries est à 59 €.
  • Un jeu d’hélices de rechange est à 9 €.
  • La structure supérieure de rechange est à 19 €.
  • Le jeu de protections d’hélices est à 29 €.
  • Le kit de 3 filtres ND (8, 16 et 32) est à 69 €.

La bonne nouvelle pour les propriétaires de DJI FPV ? Vous pouvez acheter l’Avata seul pour 579 €, il est compatible avec le casque Goggles V2, la radiocommande 2 DJI FPV et le contrôleur de mouvements. Ce qui est étonnant ? C’est que DJI ne propose pas de pack avec la radiocommande 2 DJI FPV. Est-ce une volonté de séduire les novices en FPV, ou une volonté d’écouler des stocks de contrôleurs de mouvements ? Si vous n’êtes pas encore équipé avec un casque d’immersion, vous pouvez choisir la version avec le casque Goggles 2 pour 1429 €, ou vous contenter du casque Goggles V2 (qui est très bien !) pour 1149 €. Dommage que le prix d’une batterie seule ou même en kit Flymore pique si fort ! D’ailleurs ce kit Fly More est décevant : il inclut un chargeur pour 4 batteries, mais ne propose que 2 batteries. Deux plus celle livrée avec l’Avata, ça en fait 3. Pas 4 ! Ce chargeur, comme les précédents chez DJI, charge les batteries une par une, pas simultanément, et en commençant par celle la moins déchargée.

Faut-il l’acheter ?

Tout dépend de vos besoins. Je ne recommande pas cet appareil pour les professionnels de l’image, il ne bénéficie pas de l’ouverture et des possibilités d’adaptation d’appareils montés sur mesure. Je ne le recommande pas non plus pour les amateurs de FPV racing ou de freestyle, il n’est pas fait pour ça (il aura pour seul intérêt de déchainer leurs critiques). En revanche, si vous aimez les balades en drone, avec un retour vidéo confortable, avec de jolies images à la clé, en minimisant le stress, alors vous allez adorer l’Avata. En ce qui me concerne, je suis pile poil dans la cible : l’Avata m’évite de dégainer le fer à souder, de passer du temps en réglages, il est opérationnel en quelques secondes, il se transporte facilement. Et puis il sait m’accompagner dans des vols en Acro, quand j’en ai envie. Il est cher ? Oui, son prix est supérieur à celui d’un cinewhoop “classique” issu du monde du FPV, même s’il propose des fonctions inédites. 

Les points forts ?

  • La structure solide
  • Le GPS avec le RTH et l’indication visuelle du point de décollage
  • L’autonomie
  • La rapidité de prise en mains et la simplicité de pilotage avec le contrôleur de mouvements
  • La précision du contrôleur de mouvements
  • La sensation de sécurité en vol
  • La possibilité de voler en Acro (Manuel) sans stabilisation
  • La qualité de l’image dans le retour vidéo
  • Les informations de télémétrie dans le retour vidéo
  • La compatibilité avec le casque Goggles V2, le contrôleur de mouvements et la radiocommande 2 du DJI FPV.
  • Le prix quand on est déjà équipé d’un DJI FPV
  • La stabilisation des images pour un usage loisir
  • Le mode D-Cinelike pour la post-production
  • La mémoire interne de 21 Go
  • La recharge de tous les composants via l’USB

Les points faibles ?

  • Le très pénible cache pour accéder à la carte microSD et au connecteur USB-C
  • La portée vidéo en Europe
  • Le bruit en vol
  • La stabilisation des images pour un usage professionnel
  • Le prix quand on s’équipe avec le casque Goggles 2
  • Le coût des batteries
  • L’absence de sortie HDMI sur le casque
  • Le manque de réglages du comportement en vol
  • Les secousses pendant les vols en extérieur
  • L’absence de LED verticale pour la stabilisation en environnement très sombre
  • Les caméras verticales facilement trompées par les surface miroir
  • Le pavé tactile pas toujours très précis
  • Le pack Fly More qui ne contient que 2 batteries
  • L’absence de pack avec la radiocommande 2 DJI FPV
  • La confusion des noms entre DJI Goggles 2 et DJI Goggles V2

Vous pouvez télécharger des séquences brutes issues de l’Avata et du casque Goggles 2 ici, ainsi que des photos Jpeg.

Merci à Jean-François Mestre, à Jean-Marc Favre et le showroom Mobalpa !

D’autres photos

D’autres captures de l’interface

24 COMMENTAIRES

  1. Merci beaucoup pour ce test tres complet

    Petite question : quelles sont les différences entre les goggles 2 et les goggles V2 (celles du DJI FPV) ?

  2. “Les 1920 x 1080 pixels du casque Goggles 2 offrent un réel confort par rapport aux 1440 x 810 pixels du casque Goggles V2”

  3. @ Alexis : Comme l’a dit Orteil, la définition est supérieure sur le Goggles 2. Les couleurs aussi avec des écrans OLED, les dimensions réduites, et il y a des réglages plus complets pour l’écart interpupillaire et la dioptrie.
    Les autres fonctions, il est encore trop tôt pour en parler 😉

  4. Merci beaucoup Fred pour ce test super complet!

    Je suppose qu’on a pas encore l’info mais je demande quand même: sais-tu si les nouvelles Goggles 2 seront compatibles avec les air unit et caddx vista de nos quad freestyle?
    Merci!

  5. Wow, merci Fred!
    Question et ton avis perso pour achat, face à un Mini 2 ou 3, que recommandes-tu (en termes de vol et de qualité d’image pour amateurs)?
    Et en montant un Air Unit ou Vista sur le Mini pour avoir le retour vidéo, point de vue sensation de vol ?

  6. @ Florian : Si tu veux un peu de discrétion pour shooter, oublie l’Avata ! Les Mini 2 ou mieux encore le Mini 3 Pro sont parfaits pour capter des images rapidement et rendre l’endroit à tout le monde. L’Avata est différent, le but est de voler en immersion pour réaliser des séquences dynamiques, pour se faufiler dans des endroits difficiles d’accès.
    Tu ne vas pas gagner grand chose à utiliser un double système de retour vidéo sur un Mini, et peut-être même risquer de perturber les liaison radio. Sauf si tu veux vraiment utiliser un casque de DJI pour piloter.
    Tout dépend vraiment de ce que tu veux faire, dans quel environnement.

  7. Tiens, chez studiosport, ils sont plutôt fan du headtracking! Les goûts, les couleurs…

    Franchement, je l’attendais depuis les 1eres rumeurs d’un fpv mini en décembre dernier et franchement, à la lecture de ton test, je ne sais pas si c’est ce que je recherche ou pas…

    C’est vraiment un produit à tester avant d’acheter, et ça malheureusement c’est compliqué.
    Après, le prix avec casque 2 + rc + flt more, ça fait un billet de 2000e. C’est très cher! Mais on arrive au prix d’un cinewhoop/racewhoop, avec casque batteries rc …
    Alors… je ne sais pas

  8. @ Timothée : Oui, j’en ai discuté avec Mélodie de StudioSPORT, elle aime beaucoup, moi je ne suis pas emballé. L’avantage de cette fonction, c’est qu’elle est présente pour ceux qui aiment ! 🙂

    Pour le test, il y a les boutiques officielles DJI… pour ceux qui sont proches. Pour les autres, c’est plus compliqué…

    Et oui, c’est cher. Mais ne t’y trompe pas, un cinewhoop “classique”, au final, c’est cher aussi, que ce soit construction/adaptation, et en temps passé en réglages. Ce qui diffère vraiment, enfin c’est mon avis, c’est ce qu’on veut obtenir en terme d’images…

  9. Chez dji? Même à Paris ? Je savais pas, cet intéressant.

    C’est ça le problème, avec dji, on est sur un ecosysteme fermé qui fonctionne en toute sécurité mais dont le résultat, en fpv, n’est pas à la hauteur d’un fpv classique + go pro.

    Du coup, je sais pas si le résultat avec cet avata me suffirait. Mais le côté plug&play c’est que du bonheur quand la bidouille, le modélisme, c’est pas ma passion.

  10. @ Timothée : Oui, il y a une mini cage de vol dans la boutique de Paris 🙂

    C’est sûr, il est difficile de savoir si les séquences vont convenir pour une prestation sans essayer… Le mieux, dans ce cas, c’est de trouver une bonne âme pour emprunter le temps de quelques rushs d’essai…

  11. Merci Fred pour ce super exercice d’infos très complet !
    Comme déjà dit à plusieurs reprises, un peu cher… dommage, je pensais changer avec mon Air mais le prix (mais aussi le bruit) m’a suffisamment refroidi :-/

  12. Encore un super test de Monsieur Fred 😍
    Mille mercis pour ces explications techniques et pointus mais mille grrrr pour nos porte monnaie déjà fatigués par toutes les sorties de DJI…
    Un plaisir de te lire, de voir ces belles photos et vidéos, toujours et jamais inégalé sur le web. Du travail de pro comme d’hab. 👍
    Bon j’arrête la lèche 🤣 en plus c’est gratuit mais je suis vraiment fan. Encore merci👏
    PS c’est rouge 🤣🤣🤣

  13. Comme tous les tets publiés ici , c’ est toujours parfait. Un cas d’école. Beaucoup devraient en.prendre de la graine. Clair, pédagogique, fouillé, parfait
    Ceci étant ce drine est laid
    Et trop bruyant
    Un.raté sur cette gamme .de drones, déja fort pourvue d’autres drones excellents, assistance au pilotage en.moins il.est vrai

  14. @ LAMBERT Dominique : Merci 🙂
    Moche, je t’avoue, peu importe, je ne le vois pas quand je vole 🙂 Bruyant, c’est une certitude !
    Mais pour ma part, plus je vole avec l’Avata, plus je l’apprécie !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.