DJI FPV : filmer avec une GoPro, ou une Insta360 One R avec un effet collatéral inattendu

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Les vidéos shootées avec le DJI FPV (voir le test ici) s’apparentent à celles réalisées avec la caméra Osmo Action de DJI (voir le test ici), leur hardware et leur software sont très semblables. Est-ce suffisant pour revenir de vol avec de belles images souvenir ? Oui, sans aucun doute. La stabilisation RockSteady s’occupe de gommer les mouvements parasites de l’appareil. Mais plus il y a du vent, plus ils sont visibles. Et plus la RockSteady peine à les absorber. Voilà qui peut poser problème pour les vidéastes exigeants ou ceux qui désirent utiliser les images à des fins professionnelles.

La solution ?

C’est celle qui est utilisée dans le petit monde des FPV racers, elle consiste à ajouter une caméra sportive de type GoPro en proitant d’une stabilisation réalisée en post-production avec des outils spécialisés. Dans le cas de GoPro, le principe est de filmer avec une GoPro 6, 8 ou 9 et d’utiliser le logiciel (payant) ReelSteady, acquis par GoPro. A noter que les GoPro Hero5 Session et 7 ne donnent pas de bons résultats avec ReelSteady. Avec les caméras Insta360, pour les modèles One X, One R, One X2, et GO 2, c’est le logiciel Insta360 et son outil FlowState qui s’occupent de la stabilisation en post-production.

La vidéo

Comment fixer la caméra ?

Les premiers supports commencent à apparaître sur des boutiques en ligne, il y a par exemple celui-ci et celui-là, et d’autres seront disponibles bientôt. En attendant, à moins de se lancer soi-même dans la conception de pièces en 3D, c’est le système D qui prévaut. Pour mes essais, j’ai simplement utilisé une pièce en mousse pour amortir les vibrations – c’est celle qui était livrée avec l’Oblivion de TBS. Elle est disponible ici, dans un pack avec une autre mousse. Mais n’importe quel morceau de mousse rigide conviendra aussi. Pour la fixation, j’ai choisi le plus simple : deux élastiques de chaque côté de la caméra qui passent sous les bras. Il faut simplement veiller à ne pas obstruer les caméras à l’avant et à la verticale.

Le résultat ?

Le DJI FPV avec un surpoids d’un peu plus de 100 grammes n’est pas déséquilibré. Il reste parfaitement maniable, accélère fort et atteint ses 140 km/h en mode Manuel. Il y a forcément une incidence sur l’aérodynamisme, mais je ne l’ai pas vraiment perçue en vol. L’autonomie est un peu réduite, en passant sous la barre des 10 minutes en vol rapide sans ressources violentes.

Avec une Gopro ?

Les images filmées avec une GoPro et stabilisées avec ReelSteady assurent des images souples et agréables qui mettent les décors en valeur. Elles sont plus valorisantes que celles de la caméra intégrée dans le DJI FPV. Mais cela reste une question de goût : on peut aussi se lasser de la stabilisation ReelSteady avec son arrière-plan mouvant.

Avec d’autres caméras ?

Oubliez la caméra Inst360 One R 1 pouce, les images sont handicapées par un effet Jello parasite, et la stabilisation FlowState n’y change rien. En revanche, on obtient des séquences très intéressantes avec une Insta360 One R Dual (voir le test ici), qui filme en 360° et permet de choisir l’angle en post-production, associé à la stabilisation FlowState. Et avec une Osmo Action ? L’intérêt est limité, puisque le résultat est semblable à celui produit par la caméra interne du DJI FPV. Sauf si, pour des besoins d’harmonisation des séquences vous désirez filmer en d’autres définitions que le 1080p et le 4K, à des framerates différents de 60 fps.

Les 800 grammes français…

N’oubliez pas que pour voler en France, les appareils pesant plus de 800 grammes sont soumis à l’enregistrement sur AlphaTango et à l’ajout d’une balise de signalement électronique à distance (voir ici). Le DJI FPV y échappe de justesse avec ses 795 grammes en ordre de vol. Mais avec une caméra type Gopro, il flirte avec les 900 grammes ! Il est donc concerné par ce pénible requis.

Question de blindage radio…

Le GPS est situé sous la partie arrière du carénage. Il faut éviter autant que possible de placer la caméra à cet endroit pour ne pas empêcher la réception des signaux. En pratique, je n’ai expérimenté aucun problème de réception GPS avec une GoPro 6. Mais il n’en va pas de même avec une DJI Osmo Action ! Même si la caméra est positionnée assez haut sur le carénage, au-dessus du ventilateur plutôt que l’antenne GPS, l’allumer a un effet immédiat: le DJI FPV perd une bonne partie de ses satellites, jusqu’à passer au rouge. Avec une Insta360 One R Dual, le résultat est encore plus radical : le DJI FPV ne capte plus aucun satellite ! Cela n’empêche pas de voler, mais l’appareil évolue alors en mode N rouge, sans maintien de la position (sauf à basse altitude, avec l’aide des caméras verticales). A l’évidence, le blindage radio de ces deux caméras est quasi inexistant… 

Mais alors…

L’expérience est intéressante : avec une Insta360 One R Dual allumée, le DJI FPV n’indique plus les messages liés aux NFZ ! Est-ce à dire que, pour pénétrer dans une NFZ avec le DJI FPV, il « suffit » d’embarquer une caméra avec un blindage médiocre qui supprime la position GPS ? Oui, à l’évidence, mais je n’ai pas pu me déplacer jusque dans une NFZ pour vérifier. Dans Paris, en tous cas, il n’indique plus le message d’avertissement et laisse directement armer les moteurs…

3 COMMENTAIRES

  1. A-t-il signé son attestation de sortie pour voler à Paris ?
    Donc si on l’emballe dans du papier chocolat, on pourrait voler à sa guise… N’ébruitez pas trop l’affaire sinon IjD va vite corriger son firmware 🚁

  2. @ FPV_67 : Tu penses bien que j’ai essayé, y compris en enveloppant la tête GPS sous le carénage, mais l’alu laisse passer les signaux ! Il n’y a qu’un brouillage radio, à ma connaissance, qui parvienne à aveugler le GPS…

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