DJI Phantom 4 Pro et Pro+, le test

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Ce multirotor constitue le fleuron de la gamme Phantom en ce début 2017. Pourquoi cette précision ? Parce que le renouvellement de la gamme est rapide, très rapide (voir ici). La machine que j’ai testée est le Phantom 4 Pro+. C’est un Phantom 4 Pro dont la radiocommande a été agrémentée d’un écran intégré. Pas engoncé dans le carénage comme pour les radiocommandes du Typhoon H de Yuneec, des machines de Hubsan, mais fixé sur un support non amovible et doté d’une charnière. C’est la seule différence ? Oui. Notez que le Phantom 4 Pro+ nous a été prêté par la boutique Studiosport. Comme d’habitude, dites nous si vous pensez que l pratique a influencé notre jugement. Ce test est un peu long. Je plaide coupable. Pour ma défense, je suis persuadé qu’il est important d’en savoir le maximum sur un tel produit avant de faire chauffer la carte de crédit. Si vous n’avez pas envie de tout lire, passez directement à la conclusion, sur cette page.

P4, P4P, P4P+ ?

Le look du Phantom 4 Pro est inchangé par rapport à celui du Phantom 4. Et même à l’intégralité de la gamme Phantom pour qui n’est pas familier avec ces appareils. On ne change pas un design qui s’est vendu comme des petits pains. Comment reconnaitre le Phantom 4 Pro du Phantom 4 ? Il est doté de deux caméras à l’avant sur le haut du train d’atterrissage, mais aussi de deux autres à l’arrière. Plus deux capteurs à droite et à gauche de la coque. Comment différencier le Phantom 4 Pro du Phantom 4 Pro+ ? Seule la radiocommande et son écran, ou l’absence d’écran, permettent de statuer. Ce test a été réalisé avec le Phantom 4 Pro+, celui avec écran intégré dans la radio, mais les descriptifs et les arguments avancés sont les mêmes que pour le Phantom 4 Pro.

Tour du propriétaire

L’appareil mesure 35 cm de diagonale de moteur à moteur. Quel est l’encombrement réel ? 28,5 cm de côté et 15 cm de hauteur, mesurés sans les hélices. Le poids ? 878 grammes sans batterie ni hélices. Il faut donc ajouter 462 grammes pour la batterie 5870 mAh, et 46 grammes pour les 4 hélices. Soit un poids en ordre de vol de 1,386 kilo. Puisqu’on en parle, les hélices sont des modèles de 24 cm (9,45 pouces) auto serrantes ou autobloquantes. Pour les mettre en place, il suffit de les place sur l’axe du moteur et de pousser vers le bas, puis de faire un petit mouvement dans le sens inverse de la rotation pour les verrouiller.

Facile !

La manipulation ne prend pas plus d’une demi-seconde ! Elle ne requiert aucun outil, ni pour installer l’hélice, ni pour la retirer. Impossible de se tromper de sens quand on les installe : non seulement un code couleur noir ou blanc indique quelle hélice placer, mais un détrompeur évite de faire une erreur. Le système a encore été simplifié par rapport au Phantom 4, tout en conservant la compatibilité des hélices (modèle DJI 9450S). DJI ne communique pas sur les caractéristiques de ses moteurs. Nous allons le voir dans le test, il n’y a pas de quoi s’en plaindre et vouloir les remplacer. Ne cherchez pas les ESC qui régulent les moteurs, ils sont cachés à l’intérieur de la coque blanche immaculée, faite de matériaux composites.

La batterie

Il s’agit d’un modèle propriétaire, une Lipo 4S 15,2V de 5870 mAh. Elle est garantie pour un fonctionnement entre -10° et 40°. La donnée semble souvent futile, mais la température est descendue à -5° lors de nos tests ! Une pression sur son bouton permet de visualiser l’état de la charge avec l’aide de 4 diodes. Pour allumer le Phantom 4 Pro+, il faut une pression courte sur ce bouton, suivi d’une pression longue. Un bon moyen d’éviter que l’appareil ne s’allume tout seul. Pour la recharger, DJI livre un chargeur secteur. Il permet aussi de recharger la batterie de la radiocommande, simultanément. Notez que la prise de charge de la batterie est démunie de détrompeur : elle se branche indifféremment dans un sens ou dans l’autre.

Les capteurs

A l‘intérieur du Phantom 4 Pro, il y a un récepteur GPS et son antenne, ainsi qu’un récepteur Glonass qui permet de capter les signaux en provenance des satellites russes. La combinaison des deux permet d’obtenir une position correcte très rapidement, généralement en moins d’une minute. Elle permet aussi un positionnement plus précis. L’appareil dispose aussi d‘une boussole électronique (compass en anglais), doublée pour assurer une redondance des données. L’IMU, c‘est-à-dire les capteurs classiques de type gyroscope, accéléromètre, est également doublée. Ca sert à quoi ? A faire face à des interférences en comparant les données des deux capteurs pour vérifier qu’elles sont correctes. Un baromètre altimétrique complète la dotation classique.

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28 COMMENTAIRES

  1. Pour répondre à ta question, je pense que si il n’y a pas de capteur d’obstacle vers le haut, c’est que techniquement c’est impossible à cause des helices qui sont un obstacle !
    En tout cas, super article, mais pour l’instant je garde mon P3 Advanced qui fait bien le boulot !

  2. Article complet comme d’habitude , petit bémol quant à la DDS . Il faut la faire dès que l’on quitte la zone du précédent vol d’une cinquantaine de kilomètres . C’est la calibration de l’imu maintenant qui doit être faite uniquement lorsque DJO Go le demande . ( Et non chaque nouveau firmware etc .. comme auparavant )

  3. Test très complet.

    Juste qq petites remarques, que ce soit en h264 ou h265, le débit reste le même (100Mbps en 4K par exemple) donc pas forcement besoin d’une carte SD plus rapide. C’est juste qu’a débit égal, la qualité sera meilleur sur le h265. Après, avoir la machine qui suit pour le montage, c’est une autre histoire :(.

    Perso, dans les gros – pour le moment, il y a cette histoire d’horizon qui drift des qu’on va sur le coté et des problèmes de sautes d’images en 4k60fps. De quoi foutre en l’air pas mal de plans 🙁 en attendant enfin un firmware pour avoir un gimbal stable.

    Sinon pour la photo, tip top 🙂

  4. Bonjour,
    sur mon P4pro reçu il y a moins de 2 semaines la Rc n’est pas équipée d’une prise hdmi, lecteur micro sd , je crois que cette configuration est réservé au P4pro+

  5. De très loin, le meilleur test du web pour cette caméra volante! En effet, plutôt qu’une description/vérification de la fiche technique, il répond à toutes les questions d’utilisateurs cible de ce genre d’appareil!
    Pour la partie photo/vidéo, je pense que vous devriez vous rapprocher de passionnés ou d’autres sites référence : vous pourriez établir un protocole de test simple et rapide : colorimétrie (selon mire, sous lumière 3000°K, 4500°K et 5500°K), gestion des contrastes et de la luminosité (sur image animée, c’est réalisable en 30 secondes), validation des IL gérables. Ainsi, on aurait une base comparable pour voir comment les matériels réagissent lors d’un passage de l’ombre à la lumière, en contre jour (matin, journée, soir) leurs performances en basse lumière, etc. Mais je chipote…
    Vraiment bravo et merci beaucoup!

  6. très complet ce test, merci Fred. 😉
    c’est presque trop facile de faire des images avec ce genre de machine, c’est le but, libérer le pilote
    de certaines contraintes pour lui permettre de se focaliser sur l’image.

    mon Q500 est devenus un dinosaure obsolète .lol!
    mais je le garde quand même!!

  7. Merci Fred, tu as dû y passer du temps sur ce test. Tous les détails que tu donnes vont sûrement aider les passionnés de prises de vue à se décider. Je crois que je vais d’autant plus apprécier le test du Mavic Pro, que je me payerai le jour où son prix aura baissé un peu.

  8. Bonjour, déjà merci pour ce super test, vous n’avez pas précisé le retour vidéo live. Il s’agit pour vous de 720p comme le phantom 4 ou bien un 1080 ? merci.

  9. @ yannick : Je suis tout à fait d’accord concernant le débit. Mais j’ai constaté que l’enregistrement ne fonctionnait pas correctement en h.265 avec des cartes lentes (en fait la plupart des SanDisk dont je dispose). Je n’ai pas d’explication. Est-ce que ça pourrait être parce que le processeur est plus chargé et n’a pas de temps à consacrer à attendre que les E/S de la micrOSD répondent ?

  10. @ Sebastien : Sur l’écran du P4Pro+, je ne peux pas trop dire, puisqu’il est de définition supérieure, et que je ne suis pas certain que je verrais la différence entre du 720p et du 1080p avec cette taille. La sortie en HDMI donne du 720p, du moins c’est ce que disent mon téléviseur et un moniteur…

  11. @ Fred : Merci pour la réponse je vais donc me tourner vers le Mavic qui lui est en 1080 une vraie évolution je viens d’un p3 surtout en fpv avec un casque virtuelle et flylitchi 😉

  12. Quel test, super travail.
    Vraiment dommage que la fonction “terrain follow” ne fonctionne pas en descente, car très pratique pour beaucoup de séquences.
    D’ailleurs, ces fonctions se cumulent elles? Par exemple “active Track” en même temps que “terrain follow”?

  13. Pour le débit et la carte c’est sûrement une histoire de cache et d’aller retour entre le processeur et la carte mémoire qui s’effectue de façon différente entre le H.265 rapport au H.264 avec des “surcharge” de données en H.265 vs linéaire pour le 264

    Après concernant le protocole de test photo/video vue c’est vraiment pas évidement. Comment comparer un P4 et un Mavic a ouverture fixe Vs le P4P a ouverture réglable ? Faut-il “rabaisser” le P4P a la faible ouverture de ces derniers ? Le P3P a une focale (equiv 24*35) de 20mm, le Mavic 28mm et le P4P de 24mm. Comment gérer cela ? Rapprocher le drone de la mire (les P3, P4, X3 ont un AF réglé sur l’infini) ?
    En plus avec tous les firmwares cela rend l’exercice délicat. Par exemple le P4P avait un mode Log pourri mais DJI a rectifié le tir via le nouveau firmware.
    Rien n’est impossible, je pense que Fred y viendra mais pour l’instant ça reste le test le plus complet que j’ai vu, presse anglophone incluse.

  14. J’ai encore relu le test et reregardé les videos, et je répète encore mes félictations pour un test “terrain”si poussé!!
    Justement Olivier, pour les non photographes, un test sur modèle ou mire serait un gros plus : avoir une notion du champ cadré à 150m (à l’instar des champs à 1000m pour les jumelles) peut donner une bonne idée du potentiel de l’appareil. Sur mes machines, j’ai des équivalents 35 et 50mm pour des détails d’architecture et des équivalent 24mm pour les vues d’ensemble. En tant que photographe, je sais bien que cela n’a rien à voir comme résultat, mais un néophyte n’a pas forcément les mêmes habitudes/visions.
    Les écarts matériels peuvent justement être mis en avant avec ces protocoles : je n’ai eu aucun des deux en main, mais entre un mavic à ouverture fixe et un P4P à ouverture variable, en cas de variations de luminosité, on a de fortes chances d’obtenir de meilleures vidéos avec le P4P qui utilisera son diaphragme mais pas seulement sa vitesse d’obturation ou l’ajustement artificiel de la sensibilité du capteur.
    Pour les tests photo et vidéo, il est parfaitement envisageable de “simuler l’infini”. A partir du moment où on a la focale et la taille du capteur, tout est question de calcul et d’un minimum d’accessoires. Pas besoin non plus de faire un DXO Mark (encore que…), mais au moins une détection des faiblesses, notamment la distorsion en barillet/tonneau qui peut être vraiment archi gênante en prise de vue sur architecture. Mais cela reste de la théorie.
    Bref, entre les promesses de la fiche technique et ce dont le matériel est capable, qu’on soit juste “pilote” ou photographe exigeant, rien ne vaut le jugement sur pièces… Et face à des remontées fiables et de bon niveau, il peut arriver que les constructeurs écoutent et améliorent leur matériel.
    ==>Vous pourriez par exemple prendre contact avec la rédaction de Chasseurs d’Images.

  15. @ jean christophe : J’ai pris mes précautions, c’est une route interdite à la circulation sauf pour les riverains. Le passage dans lequel je suis positionné est privé… et je me suis arrêté à la barrière (fermée).

  16. Ca c’est du test ! :-0
    Petite question : as-tu testé les batterie du Phantom 4 sur le 4 Pro et vice-versa ?
    Merci d’avance,

  17. @ ctrl_alt_suppr : Pas avec ce Phantom 4 Pro+, je n’en ai pas sous la main.
    J’avais eu il y a quelques semaines, pendant quelques jours, un modèle de présérie qui était équipé d’une batterie de Phantom 4. Mais je ne peux pas en tirer de conclusion : les conditions de test (température) n’étaient pas du tout les mêmes. Fort logiquement, la batterie du P4 offre une capacité légèrement inférieure, il faut s’attendre à ce que l’autonomie suive en conséquence. Je suppose que la batterie du P4P+ fonctionne sur le P4, mais comme je n’ai pas essayé, je ne m’avance pas trop.

  18. Hello Fred,

    Beau test.
    IMHO, sur la page 3, point de détail, mais tu mélanges 2 choses :
    “Faut-il toujours réaliser le calibrage de l’IMU avant de décoller ? La fameuse « danse des sioux » comme elle a été appelée sur le DJI Forum francophone. Oui, mais uniquement lorsque vous vous déplacez géographiquement entre deux vols.”

    Cela devrait être :

    Calibrage de l’IMU -> à chaque fois que tu upgrades le firmware
    Calibrage du compas -> « danse des sioux » lorsque vous vous déplacez géographiquement entre deux vols (ou en gros à chaque session de vol, c’est plus sur)

    Les 2 procédures n’ont normalement rien à voir…

  19. les batteries DJI Phantom 4 sont compatibles avec l’ensemble des versions Phantom 4, Phantom 4 Pro et Phantom 4 Pro+

  20. @ Gilbert : En voulant corriger, j’ai mélangé des bouts de phrases. J’ai reformulé tout ça !
    Mais note que le manuel du P4P ne parle plus du tout de déplacement géopgraphique pour le calibrage du compass / boussole : ” Calibrating the Compass – Only calibrate the compass when the DJI GO 4 app or the status indicator prompt you to do so. Observe the following rules when calibrating your compass “.

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