Yuneec Typhoon H3, le test

6
3189

La détection des obstacles

Le Typhoon H3 est doté de capteurs à l’avant en mesure de détecter des obstacles. La fonction est opérationnelle, plutôt efficace pour éviter des branches d’arbre scélérates. Mais elle est aussi très sensible et m’a parfois joué des tours en bloquant l’appareil sur place sans raison apparente. Que s’est–il passé ? Il tombait un petit crachin (normand) susceptible de perturber les capteurs sonar à l’avant de l’appareil. Le Typhoon H3 que j’ai testé était même équipé d’un capteur RealSense d’Intel… que j’ai désactivé. Et j’ai au final ôté toutes les aides à la détection d’obstacles. Pourquoi ? Pour tirer le meilleur cet appareil, laisser reposer la sécurité des vols sur les capteurs de proximité n’est probablement pas le bon pari. Car on en arrive à oublier d’être prudent, à ne pas anticiper les mouvements et on devient paresseux à laisser l’électronique en charge de la sécurité.

Mode Sport

Si vous avez besoin de déplacer rapidement le Typhoon H3 pour filmer une scène d’action, le mode Sport permet de booster les performances. J’ai assez facilement atteint les 20 m/s, soit 72 km/h. Si la caméra est placée à l’horizontale, on voit apparaitre les bras moteurs et les hélices dans le champ de l’image. La solution ? Ralentir… ou filmer en reculant ! Il faut aussi anticiper le freinage quand on est en mode Sport, puisque l’appareil vole vite, avec une inertie due à son poids. Evidemment, la détection d’obstacles est inopérante en mode Sport et la batterie se vide bien plus rapidement.

Le RTL ?

La procédure de retour automatique au point de départ est appelée Return To Land – RTL. Vous pouvez la déclencher en passant l’interrupteur de droite sur Home. Pratique si vous avez perdu l’orientation de l’appareil. Si l’engin se trouve sous la hauteur de retour, il monte jusqu’à 20 mètres et revient. S’il est plus haut que 20 mètres, il reste à cette hauteur et revient. Vous pouvez modifier cette hauteur de retour, jusqu’à 120 mètres. Le retour est rapide, avec une descente automatisée, qui n’oublie pas de sortir le train d’atterrissage et de relever la caméra. A tout moment, vous pouvez reprendre le contrôle en passant l’interrupteur sur la position du milieu, Angle. Le RTL se déclenche aussi en cas de perte de liaison radio, ou lorsque le contrôleur de vol estime que la batterie est vide, suffisamment à temps pour permettre le retour. L’autonomie du Typhoon H3 est de 23 minutes en vol doux. C’est très correct, et évidemment un peu moins que les 25 minutes annoncées par Yuneec.

Les réglages

L’application FlightMode 3.0 est lancée automatiquement à l’allumage de la radiocommande. On peut en sortir avec la touche tactile droite de l’écran. On aboutit dans ce cas à l’écran d’Android, une version 4.4.4 (KitKat datée de 2014) compatible Play Store pour installer des applications. Mais à vrai dire, rares sont les applications récentes encore compatibles avec KitKat. Avant de décoller, il est recommandé de passer en revue les réglages offerts par FlightMode3.0. Le premier menu permet de choisir le mode de RTL. Cela peut être à l’endroit du décollage, ou de manière dynamique à 8 mètres de la position de la radiocommande. 

Limitation de capacités

C’est le terme utilisé (par la réglementation française) pour décrire les outils de contrainte du volume de vol. Par défaut, la hauteur de vol est limitée à 120 mètres. Mais vous pouvez la réduire ou au contraire l’augmenter jusqu’à 500 mètres – en veillant à respecter la réglementation de l’endroit où vous volez. Le logiciel permet l’activation d’un mode Smart sécurisé à une enveloppe de vol réduite et des commandes simplifiées – il ne fonctionne que si la réception GPS est opérationnelle. Il est possible d’activer ou de désactiver les LED. Et les NFZ ? Yuneec semble ne pas en avoir inclus. En tous cas, l’appareil n’a pas refusé d’armer les moteurs à proximité des pistes de Roissy.

Réglages avancés

FlightMode 3.0 permet le calibrage de la boussole électronique (compass), avec des mouvements simples, en suivant ce qui est indiqué à l’écran. Et pour les autres capteurs qui composent l’IMU ? Comme sur le Typhoon H+, il existe un menu caché ! Touchez 5 fois de suite la ligne Compass Calibration pour voir apparaître Gyro calibration et Accelerometer calibration. A priori, il n’y a pas besoin de pratiquer ces réglages. Mais si l’appareil devait se mettre à se comporter bizarrement, le calibrage de l’IMU peut constituer une solution. A noter les très intéressants outils de gestion de l’expo, avec des courbes, ainsi que la sensibilité des commandes. ? Parfait, en y passant un peu de temps, pour obtenir des réglages aux petits oignons et correspondre exactement à ce que l’on attend du Typhoon H3.

Les réglages de la radiocommande ?

Ils permettent de piloter en mode 2 (gaz à gauche) ou en mode 1 (gaz à droite). Il n’y a pas de modes 3 ni 4. Tous les boutons de la radiocommandes sont assignés à des fonctions, sauf le B2, au-dessus du joystick droite. Mais il ne peut remplir que deux fonctions : le passage en mode photo et la gestion de l’exposition. L’écran RC Monitor permet de vérifier que toutes les options de la radiocommande fonctionnent correctement. Autre réglage particulièrement agréable : l’expo de la nacelle. Autrement dit la manière dont répondent les molettes de contrôle de la nacelle. L’onglet wifi permet d’appairer une radiocommande, de connecter la caméra et de modifier les paramètres du wifi, mot de passe y compris. Les derniers réglages concernent le choix des unités et de la langue. Il n’y a pas trop le choix : ce sera l’anglais ou le chinois. Pas de français.

>>>> La suite de cette chronique se trouve ici <<<<

6 COMMENTAIRES

  1. Merci beaucoup Fred pour ce test très complet …. comme d’hab !
    A mon avis, et pour être totalement honnête, il ne faut pas occulter 3 (très) gros points noirs de cette marque lors de la décision d’achat :

    1°) Il vous faut savoir que Yuneec Europe refuse d’appliquer la garantie légale de 2 ans (prévue à l’échelle Européenne et dont aucun fournisseur vendant dans l’UE ne peut s’exonérer), au mieux il vous proposeront 6 mois et si jamais ils constatent que votre machine est déjà rentré 1 ou 2 fois en SAV pour des pannes “indépendantes” de l’exploitant, ils vous enverront balader sans aucun scrupule (j’ai, bien entendu, vécu le truc).

    2°) Toute la partie logicielle est trop “buguée” pour pouvoir en faire le moindre usage professionnel ….. et je suis loin d’être le seul à le dire … consultez les forums spécialisés et vous verrez, c’est surprenant.

    3°) Et enfin, le seul point sur lequel l’utilisateur peut agir (au pire), c’est la médiocre qualité RX/TX qui provoque des pertes de liaisons incessantes, pour y pallier le montage d’une antenne directive fonctionne bien mais …… ça coute encore des sous en plus !

  2. Bonjour à tous , possédant 3 Typhoon H et un Tornado H920 ; je connais bien le modèle !
    Il faut vérifier-impérativement – la fixation des moteurs sur les bras en carbone : c ‘est du “vite fait” chez Yuneec : sur le même modèle , trois fois , des moteurs se sont désaccouplés en plein vol : le problème vient des rivets qui sont trop courts : remède , coller à la super – glue les moteurs !, heureusement le “Failsafe” est là pour récupérer l ‘ aéronef et le poser , vite ….
    La S16 est un modèle de praticité et de fiabilité : inusable et formidable

  3. La nouvelle interface Flightmode a l’air plus simple et beaucoup plus intuitive que les premières versions,
    cette caméra est un vrais atout avec le peu de bruit que font les moteurs + helices.

    @Tige, merci pour l’info, je contrôlerais ça plus souvent.
    personnellement, je suis content d’avoir un H480 , c’est un régal a piloter.
    @Fred, les capteurs sont utile surtout lorsqu’on vole dans des zones étroites , c’est vrais qu’il a tendance a ce figer mais en prenant l’habitude et en faisant de petites corrections pendant le vol on arrive a passer dans du “très étroit”, c’est la seule utilité du RealSense a mon avis.
    au fait en mode sport il faut régler la position de la caméra avec le switch qui sert pour le tilt a 3 positions
    afin d’éviter de voir trop les bras moteurs.

    merci pour ce test.

  4. Merci Fred pour ce test ,mon avis n’est peut-être pas impartial, étant revendeur/réparateur spécialisé Yuneec.
    Cela fait 4 ans que je pratique les machines de Yuneec,elles ne sont peut-être pas parfaites mais niveau fiabilité
    je ne m’en plains pas,les principales points forts de ces machines à mes yeux sont:

    -1) des hexacoptères 6 moteurs,très bonne tenue au vent ,failsafe 5 moteurs.
    -2)pas de connection aux réseaux pour pouvoir voler (mise à jour intenpestive le jour du vol)
    -3)la radio en un seul block,pas besoin d’un appareil tierce spécifique (portable, tablette spécifique) pour voler
    -4)les batteries ne sont pas intelligentes et peuvent être remplacées par de vulgaire li po avec adaptation…
    -5)caméra amovible sur tout les models,surtout pour le H520 dédié au professionnel
    -6)Yuneec ne sort pas un drone dans la même série tous les ans,donc pas d’obsolescence programmée…

  5. @Laurent
    1) Jamais aucun soucis de garantie, même après 6 mois, drone changé, caméra changée
    2) Donnes tes sources sur les bugs, jamais aucun plantage sur mes ST10, ST16+ et ST24
    3) Tu voles à 1000m en tant que pro? A la distance max légale je n’ai jamais eu de déconnexion.

    Un commentaire à charge pour casser du Yuneec, on peut faire pareil avec DJI ou une autre marque.

  6. @ Ghost : ta dernière petite phrase est de trop ….. c’est dommage !
    Casses qui tu veux si ça te fait plaisir (DJI, Parrot, 3DR, etc …) aucun n’est exempt de défauts c’est sûr (et je n’ai jamais prétendu le contraire) ……. pour exemple (juste cela car j’ai un dossier de 10 pages et j’en ai déjà parlé sur ce site) :

    SAV Dji : retour machine (plus de 24 mois) suite à un chute (erreur humaine 100%) ….. machine remplacée pour un coût modique au regard de sa valeur réelle (j’en demandais pas tant mais bon ….), pour info cela s’est produit à plusieurs reprises avec eux.

    SAV Parrot : une aile qui chute suite à une rupture alim de la carte contrôleur ……. prise en charge totale et sous 15 jours (l’aile avait 18 mois) …. sans discuter !

    SAV Yuneec : retour du H520 (14 mois) pour la 3eme panne d’interface (impossible redémarrer la ST même avec l’astuce habituelle) et pour des problèmes récurrents de perte de liaison (à 300 m seulement) …. la machine perd toute liaison mais continue sa mission programmée …. rassurant !
    Réponse du SAV : machine et ST non prise en garantie car âgée de plus de 6 mois …… et dorénavant nous ne garantissons plus au delà de 6 mois …….. voila, débrouilles toi avec ça !

    Alors quand je me plains de la marque ainsi c’est pas par pur plaisir, c’est pour éviter à d’autres de tomber dans le même piège, j’en ai rien à foutre qu’il y ait marqué Yunnec, DJI ou Parrot …etc … sur le capot, moi je suis un pro, quand je bosse avec ma machine sur le terrain faut qu’elle fonctionne …. c’est tout, est quand j’ai une merde il me faut un SAV sérieux et honnête.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.