Yuneec Typhoon H3, le test

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La caméra de Leica

C’est la pièce maîtresse du Typhoon H3, sur laquelle reposent toutes les attentes. Yuneec a choisi un partenariat avec Leica – pour mémoire DJI a opté de son côté pour Hasselblad, une autre légende de la photographie. La caméra Leica Ion L1 du Typhoon H3 est un bloc assez imposant solidaire d’une nacelle mécanique de stabilisation, qui peut être déclipsée du drone. Sur la caméra est indiqué Elmarit–D 1:2.8/23 ASPH. On est donc en présence d’une caméra avec une lentille asphérique (qui garantit la compacité) avec une focale de 23 mm. Elmarit est le nom utilisé par Leica pour les lentilles avec une ouverture maximale f/2.8. Elmarit-D est une nouvelle nomenclature, le D signifiant très probablement Drone.

A l’intérieur ?

Derrière cette lentille se trouve un capteur CMOS 1 pouce de 20 mégapixels. La température de fonctionnement de l’ensemble est garantie par Yuneec entre 10° et 40°. La caméra est maintenue en place par une cale. De toutes celles qui équipent des caméras volantes, c’est sans doute celle qui s’ôte et surtout se remet en place le plus facilement, sans besoin d’avoir passé du temps dans une grande école. Deux courtes antennes 2,4 GHz sont placées à la base des pieds, elles servent à la liaison radio. Une autre, de type champignon (donc polarisée) est fixée sous la caméra, elle est destinée à la liaison vidéo.

Avant de décoller ?

Il faut charger les batteries du Typhoon H3. Yuneec fournit un socle-chargeur pour une batterie, avec une alimentation secteur. Et, c’est plutôt agréable, un adaptateur allume-cigares pour la recharge en voiture ! Il faut aussi recharger la radiocommande, via un câble USB-microUSB à brancher sur le connecteur USB du chargeur de batterie. Attention, la charge complète est assez longue. Il est possible de brancher la radiocommande sur une Powerbank pendant l’utilisation, mais il faut savoir que la consommation en activité est supérieure à la recharge… Vous pouvez connecter la radiocommande à un point d’accès wifi. Elle interroge automatiquement le site de Yuneec et prévient si une mise à jour est disponible. Si vous l’acceptez, elle lance le téléchargement et effectue la mise à jour. Efficace. A noter que la liaison wifi est protégée par un mot de passe, que vous pouvez modifier.

Question de réglementation

Puisque le Typhoon H3 dépasse le seuil de masse de 800 grammes, en ordre de vol, il est soumis à plusieurs requis pour être utilisé en France. Il faut que son pilote ait suivi la formation en ligne sur FoxAlphaTango, réussi le questionnaire en ligne et qu’il soit en mesure de produire l’extrait du registre des télépilotes en cas de contrôle. Il lui faut aussi avoir enregistré l’appareil sur AlphaTango et apposé une étiquette avec son numéro d’enregistrement. Un autre requis de la réglementation est le signalement électronique à distance. Mais cette disposition, bien que promulguée, n’est pas applicable pour le moment. Yuneec sera-t-il en mesure d’ajouter le signalement électronique à distance en wifi par une mise à jour du firmware ? C’est une inconnue… partagée avec tous les autres constructeurs de drones !

Mise en route

La radiocommande est opérationnelle en 1 minute environ. Pour allumer le Typhoon H3, il faut une pression longue sur le bouton on/off jusqu’à entendre un bip. Dès que l’acquisition des satellites est terminée – elle est plutôt rapide -, l’appareil est prêt à décoller. Vous avez le choix entre le décollage automatique en faisant glisser une icône à l’écran, ou manuel avec une pression longue sur le bouton rouge de la radiocommande. Dans le premier cas, le Typhoon H3 décolle et se positionne à environ 2 mètres de hauteur. Dans le second cas, c’est à vous de pousser les gaz. Le train d’atterrissage ne se relève pas automatiquement, vous devez actionner l’interrupteur de la radiocommande.

Le train d’atterrissage ?

Il assure une stabilité très correcte de l’appareil au sol, même s’il n’est pas sur une surface plane. Il est suffisamment solide pour qu’il soit possible de tenir le Typhoon H3 par l’un des pieds. Une fois en vol, il faut lever le train manuellement, nous l’avons vu. Il faut aussi le baisser si vous atterrissez manuellement. Si vous ne le faites pas, le Typhoon H3 se pose… sur sa caméra ! Dans le cas d’un atterrissage automatique avec l’icône à l’écran, en revanche, l’appareil déploie le train tout seul. Même comportement en cas de retour automatique au point de départ, le train est baissé automatiquement.

Les sensations en vol ?

L’impression, aux commandes de l’appareil, est très positive, exactement la même qu’avec le Typhoon H+. On s’attend à un bruit important puisqu’il y a 6 hélices. Pourtant le Typhoon H3 est particulièrement silencieux ! Avec la molette arrière-droite, on règle la nervosité de l’appareil. Sur Lo Speed, l’appareil réagit avec des mouvements lents, parfaits pour éviter les évolutions trop brusques. Ou pour rassurer les pilotes débutants. Sur Hi Speed, l’engin répond de manière beaucoup plus brusque, à tel point qu’il se cabre fort quand on relâche les joysticks. L’appareil maintient un stationnaire avec très peu d’oscillations, et un bruit assez sourd – c’est plutôt agréable quand on désirez voler sans déranger tout le monde, personnes et animaux. J’ai effectué la plupart de mes vols avec une météo difficile, le vent soufflait fort et par rafales. Le Typhoon H3 se maintient particulièrement bien, allant jusqu’à se cabrer à plus de 45° lors de fortes bourrasques. Lorsqu’il se bat contre le vent, il est beaucoup plus bruyant.

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6 COMMENTAIRES

  1. Merci beaucoup Fred pour ce test très complet …. comme d’hab !
    A mon avis, et pour être totalement honnête, il ne faut pas occulter 3 (très) gros points noirs de cette marque lors de la décision d’achat :

    1°) Il vous faut savoir que Yuneec Europe refuse d’appliquer la garantie légale de 2 ans (prévue à l’échelle Européenne et dont aucun fournisseur vendant dans l’UE ne peut s’exonérer), au mieux il vous proposeront 6 mois et si jamais ils constatent que votre machine est déjà rentré 1 ou 2 fois en SAV pour des pannes “indépendantes” de l’exploitant, ils vous enverront balader sans aucun scrupule (j’ai, bien entendu, vécu le truc).

    2°) Toute la partie logicielle est trop “buguée” pour pouvoir en faire le moindre usage professionnel ….. et je suis loin d’être le seul à le dire … consultez les forums spécialisés et vous verrez, c’est surprenant.

    3°) Et enfin, le seul point sur lequel l’utilisateur peut agir (au pire), c’est la médiocre qualité RX/TX qui provoque des pertes de liaisons incessantes, pour y pallier le montage d’une antenne directive fonctionne bien mais …… ça coute encore des sous en plus !

  2. Bonjour à tous , possédant 3 Typhoon H et un Tornado H920 ; je connais bien le modèle !
    Il faut vérifier-impérativement – la fixation des moteurs sur les bras en carbone : c ‘est du “vite fait” chez Yuneec : sur le même modèle , trois fois , des moteurs se sont désaccouplés en plein vol : le problème vient des rivets qui sont trop courts : remède , coller à la super – glue les moteurs !, heureusement le “Failsafe” est là pour récupérer l ‘ aéronef et le poser , vite ….
    La S16 est un modèle de praticité et de fiabilité : inusable et formidable

  3. La nouvelle interface Flightmode a l’air plus simple et beaucoup plus intuitive que les premières versions,
    cette caméra est un vrais atout avec le peu de bruit que font les moteurs + helices.

    @Tige, merci pour l’info, je contrôlerais ça plus souvent.
    personnellement, je suis content d’avoir un H480 , c’est un régal a piloter.
    @Fred, les capteurs sont utile surtout lorsqu’on vole dans des zones étroites , c’est vrais qu’il a tendance a ce figer mais en prenant l’habitude et en faisant de petites corrections pendant le vol on arrive a passer dans du “très étroit”, c’est la seule utilité du RealSense a mon avis.
    au fait en mode sport il faut régler la position de la caméra avec le switch qui sert pour le tilt a 3 positions
    afin d’éviter de voir trop les bras moteurs.

    merci pour ce test.

  4. Merci Fred pour ce test ,mon avis n’est peut-être pas impartial, étant revendeur/réparateur spécialisé Yuneec.
    Cela fait 4 ans que je pratique les machines de Yuneec,elles ne sont peut-être pas parfaites mais niveau fiabilité
    je ne m’en plains pas,les principales points forts de ces machines à mes yeux sont:

    -1) des hexacoptères 6 moteurs,très bonne tenue au vent ,failsafe 5 moteurs.
    -2)pas de connection aux réseaux pour pouvoir voler (mise à jour intenpestive le jour du vol)
    -3)la radio en un seul block,pas besoin d’un appareil tierce spécifique (portable, tablette spécifique) pour voler
    -4)les batteries ne sont pas intelligentes et peuvent être remplacées par de vulgaire li po avec adaptation…
    -5)caméra amovible sur tout les models,surtout pour le H520 dédié au professionnel
    -6)Yuneec ne sort pas un drone dans la même série tous les ans,donc pas d’obsolescence programmée…

  5. @Laurent
    1) Jamais aucun soucis de garantie, même après 6 mois, drone changé, caméra changée
    2) Donnes tes sources sur les bugs, jamais aucun plantage sur mes ST10, ST16+ et ST24
    3) Tu voles à 1000m en tant que pro? A la distance max légale je n’ai jamais eu de déconnexion.

    Un commentaire à charge pour casser du Yuneec, on peut faire pareil avec DJI ou une autre marque.

  6. @ Ghost : ta dernière petite phrase est de trop ….. c’est dommage !
    Casses qui tu veux si ça te fait plaisir (DJI, Parrot, 3DR, etc …) aucun n’est exempt de défauts c’est sûr (et je n’ai jamais prétendu le contraire) ……. pour exemple (juste cela car j’ai un dossier de 10 pages et j’en ai déjà parlé sur ce site) :

    SAV Dji : retour machine (plus de 24 mois) suite à un chute (erreur humaine 100%) ….. machine remplacée pour un coût modique au regard de sa valeur réelle (j’en demandais pas tant mais bon ….), pour info cela s’est produit à plusieurs reprises avec eux.

    SAV Parrot : une aile qui chute suite à une rupture alim de la carte contrôleur ……. prise en charge totale et sous 15 jours (l’aile avait 18 mois) …. sans discuter !

    SAV Yuneec : retour du H520 (14 mois) pour la 3eme panne d’interface (impossible redémarrer la ST même avec l’astuce habituelle) et pour des problèmes récurrents de perte de liaison (à 300 m seulement) …. la machine perd toute liaison mais continue sa mission programmée …. rassurant !
    Réponse du SAV : machine et ST non prise en garantie car âgée de plus de 6 mois …… et dorénavant nous ne garantissons plus au delà de 6 mois …….. voila, débrouilles toi avec ça !

    Alors quand je me plains de la marque ainsi c’est pas par pur plaisir, c’est pour éviter à d’autres de tomber dans le même piège, j’en ai rien à foutre qu’il y ait marqué Yunnec, DJI ou Parrot …etc … sur le capot, moi je suis un pro, quand je bosse avec ma machine sur le terrain faut qu’elle fonctionne …. c’est tout, est quand j’ai une merde il me faut un SAV sérieux et honnête.

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