Les drones avec haut-parleur pour les forces de l’ordre, ça fonctionne ?

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Les drones qui intiment aux passants de rentrer chez eux et d’y rester, vous les avez vus aux informations ces jours-ci, en action dans plusieurs villes françaises comme à Nice, sur l’île de Ré, en Lorraine, bientôt dans Paris et à Valence. Vous saviez déjà qu’ils avaient été utilisés à Madrid et en Chine (voir ici).

Ca fonctionne vraiment ?

Un drone, ça fait du bruit. Est-ce qu’on entend vraiment le message ? L’appareil le plus fréquemment utilisé est le Mavic 2 Enterprise Dual de DJI, qui dispose d’un accessoire haut-parleur (livré dans la boite). Il permet de diffuser la voix, via le smartphone du pilote, ou d’enregistrer plusieurs messages que l’on peut diffuser une fois l’appareil en l’air, avec une petite latence de 1 à 3 secondes. Lors de mes tests (voir ici), la fonction était opérationnelle, sauf quand le volume était poussé à fond. La portée ? Une dizaine de mètres environ pour être vraiment audible.

Gadget ou outil intéressant ?

Les forces de l’ordre que j’ai pu interroger m’ont affirmé que le système était plutôt efficace. La simple présence d’un drone en l’air suffit à elle seule à faire passer un message, par son look intimidant et son bruit. Le message enregistré et diffusé depuis les airs ajoute à la dramaturgie pour achever de convaincre. Evidemment, le système a ses limites. Il n’est pas du tout convaincant pour qui n’a aucune intention de respecter la loi. Mais cela dit, la vue de la caméra du drone et le suivi des personnes sur quelques mètres suffisent, selon les forces de l’ordre, à déranger les contrevenants, même les rebelles.

Big brother vous crie-t-il dessus ?

Des drones équipés de caméras sont souvent perçus comme de graves atteintes à la vie privée sur le domaine public. Pourtant ces caméras ne sont pas utilisées à des fins de fichage, mais pour faire comprendre l’intérêt d’un confinement puisque c’est, pour le moment, la seule arme dont nous disposons pour réduire la menace sanitaire. Est-ce qu’un gros haut-parleur au sol pourrait produire le même effet ? Selon les personnes que j’ai interrogées, il dépasserait facilement le volume sonore du drone, mais il aurait beaucoup moins d’impact.

Les solutions haut-parleur ?

Il y a le Mavic 2 Enterprise Dual de DJI, bien sûr. Mais il existe aussi le Saga de GDU (voir ici), ou encore des accessoires comme ce kit de AirEvenPro à installer à bord d’une machine (voir ici), un Yuneec H520 par exemple. Vous le connaissez peut-être déjà, je vous en avais parlé fin… 2018 ! (voir ici).

Le Mavic 2 Enterprise Dual avec son haut-parleur

C’était lors de la prise en mains de l’appareil, dans les premières séquences de la vidéo…

14 COMMENTAIRES

  1. La video de celui-la elle tourne en boucle, c’est un peu ridicule, ça fait vraiment “On a acheté ce truc on sait pas quoi en faire alors on va le faire voler un peu”. Une voiture qui patrouille avec un haut-parleur serait 100 fois plus efficace. Ou juste aller voir ces gens qui sont probablement à moins de 50m et leur dire de rentrer chez eux. Au passage, on attend toujours nos pizzas livrés en drone, depuis 2012. Commence à faire faim.

  2. @ Olivier C. : A Paris, je suis bien placé pour le constater quand j’emmène le chien aux toilettes sur l’espace public, il y a encore beaucoup, beaucoup de monde qui joggue ou se balade tranquillou billou à 5 avec les gosses, et à plusieurs reprises dans la journée.
    Je te leur collerais bien un drone à 20 cm, sans protections d’hélices, avec des hélices carbone et un pilote approximatif. Pas besoin de haut-parleur à bord. Tout ça sera mieux qu’un haut-parleur au sol.
    Je plaisante, évidemment, je suis contre la violence, la faim et les guerres dans le monde.

  3. Comme @Olivier C , j’ attends ma livraison de masques sanitaires en drone par Amazon !
    Une fois de plus , nos élus s ‘ amusent avec l ‘ argent du contribuable ; et ils détournent la règlementation à leur avantage :
    – le survol de personnes est interdit ,
    -comme le vol en ville d’ ailleurs …..
    bon vols à tous ( en intérieur )

  4. Mettons à profit toutes ces idées bon sang ! Certes, la finalité sera utile ou pas mais qui peut le plus peut le moins.
    Civisme, solidarité et respect du confinement. Le reste fera l’objet d’un sacré debrief . Et esperons que celà fasse avancer les choses et revoir notre économie et notre système de santé.
    Mon plus humble et immense respect à toutes celles et ceux qui sont sur le terrain pour que le pays puisse tourner en ces temps virulents.
    Bon simu et tinywoop chez vous. Prenez soin de vous et de vos proches.

  5. Vraiment étonnant comme même dans des périodes difficiles comme en ce moment, des gens ont encore assez de venin pour cracher sur des initiatives comme celles la, jugées efficaces par ceux qui les mettent en oeuvre, sans rien proposer…
    Les règlements de compte des pseudo experts en tout promettent d’être saignants quand cette crise s’éloignera!
    Y Zaurai du, y Zaurai pas du, yakafaukon , yzonka 😂

  6. @Tige : la réglementation permet d’évoluer en dérogation aux règles établies par les arrêtés du 17/12/2015 dés lors qu’il s’agit de ce genre de mission …… (je sais ça fait râler … moi le 1er ! mais c’est comme ça).

    @Michel49 … bien d’accord avec toi …. mais tu as vu qui sont ces “pilotes” ….. pas de soucis pour eux !!!

  7. Si les drones sont utilisés par des télépilotes gendarmes , policiers , douaniers ce genre de missions sont normalement autorisées (surveillances en agglos sans autorisation préf , survols de tiers personnes etc ) , puisque ce sont les seuls en France à avoir le droit d’avoir une activité professionnelle avec des drones sans passer par la case AP ( activités particulières ) . Ce qui comme on sait les AP c’est : télépilote professionnel donc attesté ou certifié , MAP , licence d’exploitant en règle (valable 24 mois ) etc … Mais surtout faire une demande en préf pour faire un vol en zone peuplée ( zone peuplée = agglomération etc ) .Donc comme on a vu certains télépilotes professionnels privés , faire ce genre de missions au début du confinement ( Nice et une autre ville je crois ) … ????? Je me demande comment ils ont obtenus les demandes de vols en S3 auprès de la préf du lieu de vol en si peu de temps ? Etant donné que la limite basse de la demande est de 5 jours …. Après s’ils travaillaient par délégation officielle de la préfecture pour les forces de police et gendarmerie cela le fait . Mais autrement je vois pas . Sachant aussi que sous AP le survol direct de personnes tiers est interdit . Et en agglo on voit au dernière moment si on est au dessus de tiers ou pas , surtout si on n’a pas de zones d’exclusions … Limitation qui ne concerne pas les forces de police et gendarmerie qui eux ne sont pas sous AP. Après je dis ça , je dis rien car je sais aussi qu’il est difficile de vivre du métier de télépilote professionnel donc… 🙂 .

  8. Pour amener une précision à ce que dit Geoffroy :

    A la base, nous pouvons distinguer 2 grandes familles dans les télépilotes pros :
    1°) les militaires (et tout ce qui est Gendarmerie of course).
    2°) …… tout le reste :))) y compris Police, Douane, Pompiers (sauf ceux de Paris et Marseille qui sont militaires), personnels de l’état (quels qu’ils soient : Préf, DDT, etc ….) …. globalement tous les civils.

    A partir de là, c’est très simple :
    Les 1er sont exemptés de toute obligations réglementaires (Arrêté du 17/12) et volent avec leurs propres formations, leur propre manex, etc …. donc potentiellement avec un régime leur permettant d’intervenir à peu prés partout, n’importe quand.

    Les seconds, sont au “régime général classique”, c’est à dire, détention de l’attestation de formation pratique, du brevet théorique, établissement d’un MAP, etc …. (et ils ne peuvent y déroger).
    Ce qui peut leur poser pas mal de soucis quand il faut partir sur une mission urgente, en S3 (ou S2) …… la seule solution pour eux (et qui est largement utilisée) c’est d’évoluer dans le cadre d’opérations dirigées par le Préfet ou avec son consentement clair et précis……. je peux vous dire que les SDIS sont particulièrement vigilant avec ce point (il leur est déjà arrivé de désagréables mésaventures) et ne dérogent pas aux règles sans être couverts.
    En revanche pour les fameux vols en S3 au “pied levé” dont tu parles … effectivement je suis de ton avis et je me pose les mêmes questions.

  9. Désolé Laurent mais relis ton guide des AP ou va sur le site de ministère , la page drone professionnel . 😉 Ou relire l’arrêté de 2018 voir celui de 2015 . Bref. Donc au niveau des administrations d’état, régionales, départementales ou municipales . Elles sont toutes soumises ( si elles utilisent des drones professionnellement et sauf délégation d’une autre administration ) à être déclarées comme « exploitantes de drones auprès de la DGAC . A l’exception ! ….des administrations d’états de sécurité qui sont ?: Gendarmerie, police, douane, sécurité civile dans le cadre d’aéronefs utilisés pour le compte de l’Etat donc… missions de secours, de sauvetage, de douane, de police ou de sécurité civile . Bref leurs missions habituelles. Ces administrations d’états de sécurité ne sont pas soumis à être déclarées comme exploitantes de drones en «activités particulières » donc non soumise à cette réglementation . Pour les télépilotes gendarmes , policiers , douaniers pas de MAP , ni de licence d’exploitant ! Pourquoi car ils ne sont pas sous la réglementation professionnelle dit des activités particulières . Je t’invite aussi à aller sur le site Alpha Tango ou tu trouveras un lien pour télécharger le fichier Excel qui liste les “exploitants” de drones en France. Et …Tu ne trouveras jamais une gendarmerie, un commissariat de police , un service des douanes 😉 . Pour les SDIS ( pompiers ) c’est différents car ils sont sous l’autorité des conseils départementaux donc les conseils départementaux sont des administrations soumises à la demande de licence AP pour avoir le droit d’utiliser des drones professionnellement . Par contre pour les télépilotes travaillant directement pour la sécurité civile ( hors service SDIS ) eux ont le droit , comme les gendarmes , policiers et douaniers de voler professionnellement sans être sous les AP . Ne pas confondre un SDIS géré par une administration départemental et une administration d’état de sécurité Laurent .

  10. Geoffroy :
    Copie du guide des AP (page 10) : 4.2. :
    “a) Cas de certains aéronefs utilisés pour le compte de l’Etat
    Dans le cas d’aéronefs utilisés pour le compte de l’Etat dans le cadre de missions de secours, de sauvetage, de douane, de police ou de sécurité civile, il est possible de s’affranchir de certaines dispositions des arrêtés de 2015, lorsque les circonstances de la mission et les exigences de l’ordre et de la sécurité publics le justifient.
    L’opportunité et l’ampleur de ces écarts sont à l’appréciation du service de l’Etat pour le compte duquel la mission est à réaliser.”

    Il n’est nulle part indiqué “Administration d’état de sécurité” (ainsi que dans les textes du 17/12/15 et suivants).

    Et je te confirme, pour travailler très souvent avec eux, que les administrations type Police, Préfecture, C.G., C.D., etc …. tous les civils en fait, sont bien soumis aux obligations des textes réglementant les pros (que ce soit pour les télépilotes ou les exploitants), en effet pour les gendarmes (et autres militaires) ce ne sont pas du tout les mêmes contraintes.

    Le point de confusion classique (mais que je vois très souvent chez beaucoup de personnes) se situe entre 2 points bien distincts :
    D’une part les obligations auxquelles les exploitants et les télépilotes sont tenus de répondre.
    et d’autre part, les possibilités de dérogation pour opérer dans des conditions “hors cadre” qui sont très étendues pour les administrations sus-citées.

    P.S. : il y a quelques semaines encore, des effectifs “préfecture” se sont vus dans l’obligation de se former aux “normes en vigueur” et de rédiger un MAP (+ se déclarer bien sur) suite à une série de vols effectuées sur des lieux de sinistres (ils ont été controlés par la gendarmerie !!).
    Si tu ne vois pas beaucoup d’administration dans la liste des déclarations, c’est pour 2 raisons :
    1°) Tu peux t’opposer à la parution de l’exploitant dans cette liste (et par principe, de plus en plus d’administration le font).
    2°) Cela ne fait que très peu de temps que ces administrations ont pris conscience de ces obligations et même, pour certaines, se sont vues obligées de se mettre en régle suite à des contrôles.

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