Air Style : vols au-dessus de l’Arc de Triomphe !

5
1623

Le sommet de l’Arc de Triomphe, à 50 mètres au-dessus des pavés parisiens, a accueilli un mini concert de DJ Snake. Un événement musical… très visuel !

Depuis les airs

Pour filmer le set du DJ français qui a collaboré avec Lady Gaga, deux drones ont survolé Paris. Des vols très encadrés pour respecter la réglementation ! J’ai interrogé Alexis Olas de Air Style, qui a coordonné la prestation live, pour en savoir plus…

La vidéo de DJ Snake

Cliquez ici si vous ne la voyez pas. Les images live commencent à 6’45.

Frédéric Botton : Alexis Olas, vous êtes opérateur de drones professionnel. Vous pouvez présenter votre structure ?
Alexis Olas : Je représente Air Style, une société spécialisée dans les prises de vues aériennes par drone. Nous travaillons beaucoup à notre compte et en sous-traitance pour d’autres sociétés de drones. Les clients sont la télévision, le cinéma et les films institutionnels.

FB : Vous avez réalisé de superbes images d’une prestation musicale sur le toit de l’Arc de Triomphe à Paris. Pouvez-vous nous parler de cet événement ?
AO : C’était un set musical du talentueux DJ Snake dans un site incroyable, l’Arc de Triomphe, place Charles de Gaulle à Paris. Le show était destiné aux réseaux sociaux et a duré une quinzaine de minutes. Nous avons réalisé les prises de vues en live. Pas les images de Paris ni la première partie qui ont été tournées quelques temps auparavant par d’autres personnes.

FB : Qui était le commanditaire de cette vidéo ?
AO : C’était la société de production Miala.

FB : C’était du direct ?
AO : Un semi direct. Nous avons tourné en conditions du direct, mais les images ont été diffusées en léger différé.

FB : Un vol à Paris, au-dessus d’un monument emblématique de la France, de nuit, avec la circulation à proximité, des personnes… Mais comment avez-vous fait ? Combien de temps a-t-il fallu pour obtenir les autorisations ?
AO : La préparation de la mission a été un long chemin semé d’embûches et riche en rebondissements. Les contraintes étaient multiples, mais la bonne volonté et l’engagement de tous ont été la clef de la validation, que ce soit du côté technique, artistique et même des autorités. Nous avons dû déployer une armée d’agents de sécurité et réaliser la prestation en différé pour limiter le risque d’afflux de fans qui auraient pu vouloir accéder au centre du rond-point.

FB : Il y avait des people et des politiques présents sur cet événement ?
AO : Quelques-uns oui, comme Anne Hidalgo, mais en fait relativement peu de monde sur le toit de l’Arc de Triomphe pour des raisons de sécurité et d’exclusivité.

FB : Est-ce que ça ajoute au stress du vol, ou vous n’y pensez pas vraiment en décollant ?
AO : Pas vraiment puisque toutes les conditions de sécurité nécessaires sont scrupuleusement respectées.

FB : Comment se calcule la distance de sécurité à respecter ?
AO : Tout est bien expliqué dans le guide édité par la DGAC, c’est un bon document de référence. La distance à respecter dans le cas d’un vol en agglomération, scénario S3, est fonction de la vitesse de l’appareil et de sa hauteur. Le centre du rond-point était bouclé pour cela. Nous étions sous haute surveillance, les forces de l’ordre étaient largement déployées.

FB : Vous étiez deux en vol ?
AO : Oui, nous avions deux machines en simultané depuis deux zones d’envol différentes.

FB : Où se trouvaient les zones d’envol ?
AO : Une se situait sur l’Arc de Triomphe et l’autre en bas, au coin de deux avenues.

FB : Qui est le second pilote ? Fait-il partie de votre structure ou est-ce une prestation pour l’occasion ?
AO : Le second pilote est Bertrand Debeuret de AIRbuzz , nous sommes partenaires dans de nombreuses missions. [NDLR nous avions parlé de AIRbuzz ici]

FB : Chaque pilote est aussi cadreur ? Ce n’est pas une gymnastique difficile ?
AO : A mes yeux, c’est une compétence nécessaire dans le drone de prise de vues aujourd’hui. Ce n’est pas difficile, mais c’est du travail. Il faut se donner du temps pour le maîtriser, comme tout métier. Il faut aussi passer suffisamment de temps pour apprendre à piloter sereinement en toutes situations afin de se libérer du stress du pilotage et cadrer en sécurité.

FB : Quelles étaient les machines et leur équipement ?
AO : Nous avons utilisé deux drones de chez DJI. Depuis le sol, c’était un Inspire 2 avec une caméra X5S et ses parachutes. Depuis le haut de l’Arc de Triomphe, nous avons utilisé un Phantom 4 Pro.

FB : Quel parachute avez-vous choisi pour l’Inspire 2 ?
AO : Un jeu de double parachute de chez Flying Eye.

FB : Comment était diffusé le flux vidéo à partir des appareils ?
AO : Afin d’être reliée à la régie vidéo, la radiocommande de l’inspire était raccordée à une liaison sans fil depuis la sortie HDMI. Pour le Phantom 4 Pro, nous avons ajouté le module HDMI pour une liaison ciblée directe.

FB : Quelles ont été les difficultés pour réaliser cette prestation ?
AO : Au-delà de la partie administrative, la partie technique nous a fait aussi transpirer, il a fallu placer intelligemment les antennes de tout le monde, caméras, liaisons 4G afin d’obtenir une liaison sans fil solide depuis la commande du bas.

5 COMMENTAIRES

  1. Une bien belle animation commerciale sur et au-dessus d’un monument historique parisien…Visuellement, c’est une réussite totale (Bravo à l’équipe “drone” et aux techniciens de l’image sur le site pour ce travail de haute voltige parfaitement éxécuté…et rémunéré en conséquence j’espère).
    Le stream lui aussi était très pro et les lumières au méga top de la “led” !!! Vraiment, très impressionnant.

    Après, la limite de la “COM” dite contemporaine de ce type…Beaucoup d’argents et d’exploits techniques pour un résultat artistique quasiment nul. On aura bien compris que notre DJ Snake n’est qu’un simple faire valoir au service d’une cause politico socio promotionnelle de la ville de Paris. Après tout, pourquoi pas !

    Mais dommage tout de même qu’autant de belles choses aussi techniques ne soient autant réduites à pas grand chose par le choix d’un artiste et de sa musique pas forcément à la hauteur de ce défi !

    Aucun mépris de ma part envers DJ Snake et sa musique… Il aurait été cependant bien plus judicieux pour sa propre notoriété de mettre un nom plus porteur feat “DJ Snake”. Et ce moment VISUEL aurait été quasi “AMAZING” !!!

    Si on met autant de moyens financiers dans un EVENEMENT musical, autant ne pas galvauder l’aspect artistique qui prime… Mais bon, l’objectif qualitatif musical est dans ce cas de figure pour ma part plutôt raté.

    Mais si l’on considère l’aspect promo”AERIEN”du site en lui-même, là, c’est une réussite totale.

    D’où, au final, l’énorme problème d’interprétation de ce type de “PLACEMENT PRODUIT IMAGE DE MARQUE”…Qui ne s’adresse, en fait, pas du tout au grand public. Mais qui s’apparente plus à une communication d’entreprise à état (et vice versa).

    Qui sait, peut-être un jour, les Daft Punk en concert sur le toit de la tour Eiffel…Allez, on ose encore plus !!!
    Anticipation quand tu nous tiens…En concert sur un drone géant qui tourne autour des monuments de Paris.

    Là, le “KIF” total (non non, je ne fume pas !?)…Enfin, on retiendrait le talent des artistes aussi bien que celui de l’exploit technique.
    Ce qui n’est malheureusement pas le cas de notre exemple d’aujourd’hui…A mon grand regret M’sieur Fred.

  2. @ PLANCHON : 1,2 million de vues pour cette vidéo + 400 000 par le Nouvel Obs en 3 jours. Correct pour un artiste que tu veux cantonner à du featuring et qui ne s’adresse pas à du grand public 😉

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here