DJI FPV, le FPV pour tous ?

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Les rumeurs ont couru bon train pendant toute l’année 2020 au sujet d’un racer chez DJI. Il faut dire que le constructeur chinois a réussi une belle entrée dans le monde des racers avec son Digital FPV System, qui assure un retour vidéo numérique et un système de contrôle radio. Il capitalise aussi sur une expérience de 15 ans dans l’univers des caméras volantes. Le DJI FPV, c’est « tout simplement » le mariage des deux mondes, celui des amateurs de belles images ultra stabilisées et celui des passionnés de vols engagés et dynamiques. « DJI redéfinit l’utilisation des drones depuis l’origine de l’entreprise en 2006. Alors que nous fêtons nos 15 ans cette année, nous honorons ce patrimoine d’innovation en redéfinissant le vol de drone avec le DJI FPV », a déclaré Ferdinand Wolf, directeur créatif de DJI Europe. Ce pilote hors pair, passionné de belles images (voir ici) et de racers, a contribué à l’élaboration du DJI FPV.

Le challenge ?

C’est évidemment de réussir à séduire les deux univers, et le pari est complexe : il est difficile de mettre un drone sans aucune stabilisation dans les mains d’un pilote habitué à être assisté dans ses vols, et d’imposer à un as des joysticks un drone qui ne lui offre pas toute sa liberté. Le choix de DJI, c’est un appareil avec une motorisation puissante, une électronique qui repose sur de multiples capteurs, des modes de vols destinés à satisfaire tout le monde, une caméra à bord capable de stabiliser les images filmées en 4K à 60 images par seconde, et un retour vidéo numérique amélioré.

Les fonctions ?

La caméra 4K profite d’une nacelle stabilisée sur un axe et de la stabilisation numérique RockSteady déjà utilisée sur la caméra sportive Osmo Action de DJI. Elle ajoute une correction de la courbure des images, un mode ralenti en 1080p, un débit jusqu’à 120 Mbps et de quoi filmer en D-Cinelike pour faciliter la correction colorimétrique en post-production. Pour piloter, le mode Normal permet des vols doux avec une assistance de tous les instants, y compris face à des obstacles, jusqu’à une vitesse de 50 km/h. Le mode Sport autorise à pousser l’appareil pour obtenir de belles sensations jusqu’à 100 km/h.

Satisfaire les pilotes expérimentés !

Le mode Manuel désactive l’assistance au pilotage pour des vols plus sportifs, qui nécessitent de l’expérience. La vitesse peut alors atteindre 140 km/h, selon DJI. La liaison radio pour le retour vidéo et les commandes s’appuie sur l’usage de fréquences en 5,8 GHz et 2,4 GHz avec la technologie OcuSync 3. Les points forts du retour vidéo ? L’image est numérique, en 810p, elle profite d’une latence réduite qui permet de piloter de manière engagée, et assure une portée théorique de 6 km en Europe, et 10 km aux Etats-Unis.

Les outils ?

La radiocommande est un modèle petit format facile à transporter. Elle offre une fonction de retour automatique au point de départ avec atterrissage automatique, et une fonction de frein inédite sur les racers. Le joystick de gaz peut être modifié rapidement pour un usage en mode Manuel. DJI propose aussi, mais c’est en option, le Motion Controller. C’est une radiocommande basée sur les mouvements de la main. Non seulement elle permet de piloter avec une seule main, mais sa promesse est de proposer une expérience de pilotage à tous, y compris ceux qui n’ont jamais piloté un drone. Pour faciliter la prise en main, le constructeur propose le simulateur de vol DJI Virtual Flight pour iOS et Android. L’appliction DJI Fly permet de profiter du retour vidéo sur un smartphone.

Le prix ?

Le DJI FPV Combo avec le drone, sa batterie et un chargeur, la radiocommande, le casque V2 et sa batterie, les câbles, est proposé à 1349 € (taxes comprises). Il est disponible chez Studiosport et dans les DJI Stores de Paris et Lyon. Le kit DJI FPV Fly More ajoute 2 batteries supplémentaires et une station de recharge pour 3 batteries, pour 279 €. Le Motion Controller est un accessoire proposé à 149 €. Tout comme les protections d’hélices, positionnées à 25 €. Il est possible de souscrire à l’assurance DJI Care Refresh sur 1 an (199 €) ou 2 ans (329 €) pour un remplacement à prix léger du DJI FPV en cas de coup dur.

La fiche technique est dispo ici, sur le site de DJI.

Vous voulez en savoir beaucoup plus au sujet du DJI FPV et vérifier la pertinence (ou pas) du discours marketing ? Le test est d’ores et déjà dispo, à lire ici

1000 mercis à Kosem du Forum des drones !

D’autres photos

21 COMMENTAIRES

  1. Ho merci 🙂 (même si tu n’a pas de réponse :p)
    J’ai des vista qui prennent la poussière en attendant de convertir mes drones mdr.

  2. Bah ? Il existe encore Kosem ?
    Il n’avait pas fermé le superbe site de soutien suite à une brouille (?) avec DJI ? Finalement cela s’est arrangé ? Ou il a changé d’avis (puisqu’il reçoit toujours en avance de phase du matos de DJI) ?
    Impatient de connaitre l’histoire et d’avoir des news…

  3. pétard je ne comprends pas les constructeurs de drones. ce drone de 800 grammes a 6kms a 140 kmh en fpv c’était réalisable avant mais la législation du moment ne correspond pas a ce drone. mais en cas de choc a cette vitesse sur une personne ou un chien cela doit être violent.

  4. heureusement que les anciens dont je fais parti, se sont éclatés depuis 9 ans sans interdit dans le domaine, c’est l’adrénaline a perdu au profit de la frustration.

  5. Moi j’espere qu’ils sortiront une version standalone de la cam pour remplacer vista ou air unit avec la 4K la stab et le mode flat color.
    Et qu’ils debrideront ce fichu OSD …

  6. Si DJI fabriquait des cannes à pêche, elles seraient incroyables… Bardés de capteurs subaquatiques, les hameçons intelligents iraient débusquer les poissons, ne leur laissant aucune chance ; le moulinet brushless s’enroulerait tout seul, et l’épuisette robotisée à 6 degrés de liberté achèverait le travail en toute autonomie. Il suffirait d’installer une canne à pêche DJI au bord de la rivière pour que le panier se remplisse de poissons. Youtube regorgerait de vidéos de pêches miraculeuses…

    Cette innovation permettrait ainsi à des gens qui n’ont jamais pêché, et qui n’ont ni le temps ni l’envie, ni les capacités pour apprendre patiemment cet art, de vider les lieux de pêche en quelques mois. A tel point que les autorités seraient amenées à légiférer, pour restreindre les droits des pêcheurs, ces “dangereux individus mettant en péril la biodiversité avec leurs jouets coûteux”. Les anciens pêcheurs auraient beau râler contre les nouveaux venus, le grand public et le législateur n’en aurait cure, mettant dans le même sac les passionnés qui ont inventé le hobby et les imbéciles qui le détruisent…

  7. Perso, le problème numéro 1 est le prix. Ça va quand même limiter pas mal la vente pour le *grand public*. Je vois mal un ado russir à motiver ces parents avec un budget pareil …Je serai curieux de voir les marges de dji sur ce genre de produit. Ça doit être énorme !

  8. @ Jean : C’est sûr, la marge par rapport au coût des composants doit être sympa pour DJI.
    Mais leur R&D consomme sans doute pas mal de $$. Ne serait-ce que l’incrustation du H du point de décollage, c’est un truc dont je rêvais depuis longtemps et qui n’a jamais été proposé (sauf par Parrot à l’époque de l’AR.Drone, pas assez mature et à l’évidence trop tôt). Une partie de la marge va je l’espère servir à réaliser la suite de mes rêves, comme l’incrustation d’un environnement virtuel dans l’image.
    Ou, j’adorerais ça, une indication en réalité augmentée de la position des autres DJI FPV en vol avec le nom, la vitesse, etc.
    Bon, s’ils pouvaient aussi proposer des FPV Air Unit V2 OcuSync 3 fissa, ça m’irait 🙂

  9. Est-ce que le drone peut être piloté par un télépilote observateur externe à celui qui est en FPV comme la règlementation l’exige, via une deuxième télécommande ?

  10. @ saby : Pas de double commande, non.
    Mais ce n’est pas un requis de la réglementation, l’observateur n’a pas besoin d’être un pilote, c’est un simple… observateur.
    Voilà ce que dit le réglement 2019/945 : “Aux fins du point 2) b), le pilote à distance peut être assisté par un observateur d’aéronef sans équipage à bord se tenant à ses côtés et qui, par l’observation à l’oeil nu de l’aéronef sans équipage à bord aide le pilote à distance à effectuer le vol en toute sécurité. Une communication claire et efficace doit être établie entre le pilote à distance et l’observateur de l’aéronef sans équipage à bord.

  11. Il est évident que je ne connais pas les détails de la règlementation comme toi, mais j’ai passé la formation en ligne obligatoire sur fox-alphatango.
    La vidéo N°2 de cette page : https://fox-alphatango.aviation-civile.gouv.fr/sequences/8, indique :

    “Le vol en immersion est autorisé si à tout instant une autre personne conserve l’aéronef en vue directe et est en mesure d’intervenir sur le vol”

    Lien direct vers le mp4 diffusé en streaming : https://fox-alphatango.aviation-civile.gouv.fr/medias/ba8541f6a68f84df4f2e67e74c64f00f.mp4

    Sur les images d’illustration, l’observateur a une télécommande dans les mains. Ce qui correspond au passage “… et est en mesure d’intervenir sur le vol”.

    Et puis je note dans le texte que tu cites qu’il ne s’agit pas d’une obligation d’être accompagné par un observateur, mais d’une possibilité “… le pilote à distance peut être assisté par un observateur d’aéronef…”

    Bref, le texte que tu cites me semble en grosse contradiction sur les deux points que je soulève avec la formation que j’ai suivie.

    Ce qui justifie qu’en situation hors FPV, on doive voler à vue, c’est je suppose pour permettre de voir l’environnement entourant le drone. Exemple, voir qu’un avion arrive sur son arrière par sa droite avec une trajectoire qui risque d’aboutir à une collision. Chose qu’on peut difficilement éviter si on a le drone trop loin et les yeux rivés sur un écran. Avec juste une vue de ce que la caméra filme.

    En FPV, voir qu’un avion arrive par l’arrière du drone c’est impossible. D’où la nécessité de déporter cette obligation de voir le drone vers un observateur extérieur. S’il ne peut directement agir sur me drone, la plus value d’avoir l’observateur qui observe est bien amoindrie car il faut qu’il alerte le télépilote et que celui-ci réagisse correctement et rapidement.

  12. @ saby : Cette vidéo est malheureusement datée d’avant la réglementation européenne !
    Elle indique que :
    – il est interdit de survoler des personnes -> c’est désormais possible sous conditions
    – il est interdit de piloter depuis un véhicule en mouvement -> ce n’est plus interdit
    – il n’est pas possible de commercialiser des images aériennes -> c’est désormais possible sous conditions
    La DGAC est au travail sur une formation en ligne qui va remplacer l’actuelle, qui n’est plus à jour (voir ici, dernier paragraphe). Il n’y a pas de date, en attendant l’actuelle est l’assurance de confusions… qui trompent même les forces de l’ordre !

  13. Magnifique !
    Un site géré par une entité gouvernementale qui dispense une formation censée être obligatoire et distribue une attestation, l’ensemble étant obsolète.

    Merci pour la leçon, Fred.

  14. @ saby : 😎
    Le pire est à prévoir, parce que les particularités françaises, comme l’enregistrement du drone et la balise de signalement pour les appareils de plus de 800 grammes, c’est franco-français. Idem pour l’interdiction de “survol de l’espace public en agglomération”. Un allemand, un belge, un italien, qui vient en France avec la formation A1/A3 passée dans son pays, il va lui manquer quelques pans de notre réglementation… Idem sans l’autre sens, par exemple aller voler à proximité des plages en Italie, ça risque de piquer en cas de contrôle, et la formation française n’en dira rien…

  15. C’est intéressant comme drone. Surtout pour ceux qui en ont marre de s’emmerder avec des caméras volantes pour faire de la prise de vue de loisir alors qu’au fond d’eux sommeil un télépilote de racer . 🙂 Mais le prix ! Même pour un racer très très amélioré entre Cinecam et Mavic…

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