Fraunhofer : étude de l’impact d’une collision avec un drone

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Quel serait le résultat d’une collision entre un drone et un avion ? La question est régulièrement posée, à la lumière de chaque signalement d’un appareil trop proche d’un avion de ligne. Elle a été médiatisée à l’occasion du récent reportage de la BBC (voir ici). Que les « airprox » soient réelles ou pas, peu importe, puisqu’une collision est possible, que que ce n’est pas un incident sans conséquences. Ce qu’il importe de savoir, c’est justement de déterminer ces conséquences. Pour des raisons évidentes de sécurité et de coût, aucun test en situation réelle n’a été conduit. Les études existantes sont donc des simulations, réelles ou informatiques. Peu importe que les incidents non avérés soient largement majoritaires : une collision entre un drone et un avion est possible, il est donc indispensable d’en connaître les conséquences.

Plus que les oiseaux

L’institut Fraunhofer a publié le premier volet d’une étude intitulée « Assessing the danger of drone strike », en français « Evaluer le danger d’une collision avec un drone ». Pour mémoire, on doit à cet institut la norme de compression MP3. L’introduction de l’étude se base sur un incident survenu au Canada en 2017 (voir ici)… au sujet duquel les résultats n’ont toujours pas été publiés. Elle indique que l’étude des collisions avec des oiseaux est indispensable, mais qu’il faut désormais acquérir des données concernant les impacts avec des drones. « D’un point de vue mécanique », explique le Dr. Sebastian Schopferer, scientifique chez Fraunhofer, « les drones se comportent de manière différente des oiseaux et pèsent beaucoup plus lourd. Il n’est donc pas certain qu’un avion testé avec succès contre les impacts avec des oiseaux puissent aussi survivre à une collision avec un drone ». Une évidence ? Oui…

Les tests de l’étude

Fragments de batteries après le choc avec une plaque en aluminium.

Les premiers tests d’impact qui ont été menés avec des batteries et des moteurs « confirment le danger », selon le communiqué de l’étude. Les scientifiques ont accéléré deux composants avec l’aide d’air comprimé pour qu’ils atteignent des vitesses entre 115 et 255 m/s (415 à 920 km/h) au moment de l’impact avec des plaques d’aluminium de 8 mm d’épaisseur. La collision a été filmée avec une caméra à haute vitesse.

Le résultat ?

Les scientifiques ont noté une «déformation et une indentation importantes des plaques, et la batterie et le moteur du drone ont été complètement détruits ». Ces observations ne permettent pas de conclure grand-chose, mais l’équipe de Fraunhofer assure que les mesures permettront de déterminer les forces au moment de l’impact et d’étudier les dommages avec les différents matériaux des aéronefs. Ces mesures pourront être incorporées dans des simulations pour les rendre plus exactes.

Et la suite ?

A la lumière de ces explications, on pourrait supposer que Fraunhofer se tourne vers une étude qui sera principalement une simulation, avec une physique alimentée par des tests parcellaires de composants. Mais les scientifiques allemands ont bien compris qu’un drone était un assemblage complexe de pièces, qui ne se comportent évidemment pas comme des composants isolés. Le communiqué indique que « les chercheurs prévoient de construire un nouveau type de banc d’essai pour étudier l’impact de drones complets d’un poids maximal de trois kilogrammes et volant à des vitesses de 150 m/s. Les tests seront réalisés avec divers drones comprenant des modèles amateurs et semi-professionnels ».

Ce qu’il faut en retenir ?

Cette étude n’en est encore qu’à ses débuts. Les premiers tests n’ont pas été décrits avec suffisamment de précisions pour qu’il soit possible d’en tirer des conclusions. Il faudra attendre des rapports plus détaillés et surtout de nouveaux essais plus réalistes…

Source : Fraunhofer Institute
Crédits photos : Fraunhofer Institute et dronefly.com

3 COMMENTAIRES

  1. La pollution liée au trafic aérien tuera encore longtemps plus de personnes que les drones ne feront tomber d’avion du ciel.👎
    Que des tests et des mesures sérieuses soient faites est une bonne chose et permettra probablement aussi de désamorcer de fausses rumeurs 👍

  2. Et heureusement. C’est en partie grâce à la réglementation mise en place qu’il n’y a pas eu (pour l’instant) de morts suite à une collision drone/aéronef habité. Même si tout le monde ne la respecte pas, elle permet tout de même de réduire considérablement la probabilité d’un accident. Et ça tombe bien, car c’est bel et bien l’objectif fixé 🙂

  3. Comme le dit Fred1 très justement …… les cas de rapprochements sont rarissimes et je me suis largement fait “plus peur” (en avion) en croisant des paramoteurs en des lieux inattendus que des drones :)) :)) ….

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