Helsel Gladius Advanced, le test

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Les drones sous-marins font une timide percée dans le grand public. Le premier était le PowerRay, de Powervision (voir le test ici). Voici un nouveau modèle, qui affiche un look sans doute un peu moins sexy que son concurrent, plus « Cousteau » et très « Yellow submarine » ! Pourtant il s’adresse au plus grand nombre, évitant soigneusement l’appellation ROV (Remote Operated Vehicle) qui associée aux robots sous-marins complexes à mettre en œuvre.  Je suis allé le promener dans les étangs de la région parisienne. Il s’agit d’un test redoutable, puisque la visibilité y est quasi nulle, que les herbiers les colonisent, et qu’on ne voudrait pas y tremper un doigt de pied… Que vaut le Gladius une fois sous l’eau ? Réponse dans cette chronique. Notez que l’appareil nous a été prêté par la société Helsel. Comme d’habitude, dites-nous si vous pensez que la pratique a influencé notre jugement.

Une vidéo

Tour du propriétaire

Le Gladius est un appareil plutôt plat, avec une épaisseur de 11,4 cm. Ses dimensions sont raisonnables, avec 43,2 cm de longueur et 27 de largeur. On note 2 hélices à l’arrière, à la verticale, et 2 hélices à l’avant, placées à l’horizontale. L’appareil est donc doté de 4 moteurs. Est-ce que cela lui permet de bouger dans toutes les directions ? Nous allons le voir une fois mis à l’eau. A l’avant se trouvent des LED et, on ne peut pas la louper, une caméra. C’est un modèle 1/2.3’’ f/2,8 avec un FOV de 95° qui filme en 4K (3840 x 2160 pixels) en 30 images par seconde, ou en FullHD (1920 x 1080 pixels) en 30, 60 et même 120 images par seconde ! Côté photo, il propose une définition unique de 4000 x 3000 pixels, mais stocke les images en Jpeg (avec compression) et DNG (sans compression). Ou les deux formats à la fois si vous le désirez.

Suite du tour

A l’arrière se trouve un connecteur protégé par un bouchon : c’est la prise qui permet d’assurer la recharge de l’appareil. En effet, le Gladius est équipé d’une batterie de 6100 mAh. Sur les côtés, on aperçoit des évents : ils laissent passer l’eau, mais c’est prévu ainsi, le Gladius est bien waterproof. L’eau joue sans doute le rôle d’isolant thermique pour éviter la surchauffe à l’intérieur de la machine. On note une excroissance sous l’appareil. Il s’agit d’un lest amovible. On en trouve un libellé FreshWater pour évoluer en eau douce, et un SeaWater pour plonger en mer. Le lest est maintenu par deux vis. Le poids de l’ensemble ? Le Gladius Advanced s’affiche à 3083 grammes sur la balance (avec le lest d’eau douce).

Le câble, indispensable

Sur le dos de l’appareil, on trouve un connecteur : c’est celui sur lequel sera branché le câble de liaison vidéo. En effet, l’eau est un piège pour les ondes radio, qui s’y diffusent très mal. La seule solution qui fonctionne correctement, c’est l’usage d’un câble. Un fil à la patte, donc, mais dont on ne peut pas se passer. Le câble en question est livré sur un enrouleur. Ce n’est pas un simple accessoire : cet enrouleur est en fait une bouée qui cache une base wifi assurant la liaison vidéo avec un smartphone. Sur la bouée, on trouve un connecteur avec un cache étanche pour la recharge de la batterie – une 3500 mAh, un bouton d’allumage, et deux connecteurs pour brancher des antennes. Plus une manivelle amovible. Cette bouée flotte malgré ses 2960 grammes !

Comment ça fonctionne ?

Pour mettre le Gladius en route, il faut le brancher avec le câble, en veillant bien à serrer la prise pour assurer l’étanchéité, visser les deux antennes sur la bouée, appuyer sur le bouton d’allumage. La bouée allume des LED, le Gladius bippe à plusieurs reprises, un son caractéristique de l’initialisation des ESC, les LED à l’avant s’allument brièvement. Ensuite, il faut s’armer d’un smartphone iOS ou Android et de l’application IF.Dive. Avant de la lancer, il faut connecter le wifi du smartphone sur le point d’accès créé par l’enrouleur. Ou plutôt les points d’accès, puisqu’il propose une version en 2,4 GHz et une autre en 5 GHz. Si votre smartphone est compatible, préférez le 5 GHz, qui offre une meilleure bande passante. La portée n’est pas importante, puisque sauf cas spécial, vous vous trouverez juste à côté de la bouée wifi.

La radiocommande

Vous pouvez piloter avec votre smartphone, à l’aide de joysticks virtuels. Mais comme avec un multirotor volant, le contrôle n’est ni agréable ni précis. Helsel fournit une radiocommande, qui ressemble beaucoup à une manette de type Gamevice : les joysticks et les boutons se trouvent sur les côtés, le smartphone est pris en étau au milieu. Le look de cette radiocommande est un peu cheap, un peu gamer aussi, mais elle est efficace. La liaison entre le smartphone et la manette est établie en Bluetooth. Je n’ai pas noté de latence particulière – de toutes manière la notion de latence sous l’eau est moins critique qu’en l’air.

>>>> La suite de cette chronique se trouve ici <<<<

14 COMMENTAIRES

  1. Ouaich!! une bouteille de Volvic!!

    Il a l’air sympathique tout de meme, sur un site avec une meilleur visibilité, sur la côte, entre 0 et -5 mètres il doit y avoir moyen de ramener de très belles images.

  2. Bonjour

    Je constate que les constructeur ignorent que les écrans et moniteurs sont au format 16/9 depuis 20 ans !!!
    La résolution des photos 4000X3000 est donc MERDIQUE !!!!!

  3. @ Ced: J’ai tenté le récif, le corail et Nemo, mais près de Paris, j’ai trouvé que des bouteilles et des canettes vides, avec quelques pneus, de poissons gavés d’arsenic et de glyphosates 😀

  4. ça donne enfin envie !!

    Par contre, quid des S1/S2/S3/S4 et de la limite des 800gr ?
    Si je nage au dessus d’un plongeur, c’est considéré comment ?

    @Fred : blague à part, si tu veux venir le tester aux étangs de Cergy, fais moi signe 😉

  5. Viens le tester chez nous, on a des tortues, des baleines et des dauphins! Et on pourra comparer avec le trident voire avec des machines plus grosses. #Mayotte #lagon #barriereDeCorail

  6. Sympa, un bel engin…Mais 2000 Euros…Curieux de savoir combien ils vont en vendre et la taille du marché loisir.

  7. Intéressant . Peut-être possible pour inspection de berges ou d’ouvrages fluviaux ….????
    La longueur du câble ? 10 à 30 mètres ? Donc la profondeur de plongée maxi avec ce type de drone ? Moteur suffisamment puissant pour résister à un petit courant fluvial ou à utiliser exclusivement en eau plus ou moins stagnante ?

  8. @ Geoffroy : Le câble fait 100 mètres, la profondeur de plongée théorique aussi.
    Les moteurs sont capables de tenir un débit de petite rivière (la Marne près de Vaires sur Marne), mais dans ce cas, il est difficile de se maintenir sur une cible.

  9. Ok Fred. Tes articles sont toujours intéressants et réponses ok 🙂 . La batterie semble être externe , c’est à dire le câble vidéo / télémétrie fait aussi alimentation en énergie. Donc l’autonomie doit être assez importante car pas de limitation de poids de batterie comme sur un drone aérien ? !

  10. @ Geoffroy : Thxxx 🙂
    Il y a 2 batteries, l’une dans le Gladius, il faut donc le recharger, l’autre dans la bouée wifi, il faut la recharger aussi. Il y a 2 chargeurs secteur livrés avec l’appareil.
    Donc pas d’alimentation dans le câble, mais l’autonomie reste assez impressionnante, au point que je ne suis pas allé au bout lors de mes plongées…

  11. J’ai été sur le site du constructeur , il donne 3h30 d’autonomie ce qui est assez impressionnant . Cela dit, pourquoi avoir fait un système avec 2 batteries dont une dans le drone ??? Il aurait été plus simple de faire juste un système avec alimentation électrique par la bouée wifi , puisqu’on est contraint techniquement d’avoir un câblage. … Dommage , dans ce cas, on aurait même pu imaginer brancher une alimentation par courant domestique ( avec transformateur intégré) ou même un transformateur thermique à brancher directement sur la bouée wifi , ce qui aurait donné une autonomie , disons, illimitée…. Bon mais avec plus de 3h 00 ( si c’est réel et même estimé à 30 minutes près ) c’est quand même large pour faire des prises de vues.

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