BLS : Plan Séquence (et interview !)

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A gauche, Brice Tholozan,
à droite Benjamin Lavayssière

Benjamin Lavayssière, alias BLS, on le connaît pour ses performances en compétition de FPV racing. Certains ont aussi en tête ses vols en indoor, comme dans la vidéo House FPV Flight. Une humiliation pour tous ceux qui n’arrêtent pas de se prendre les murs à la maison… On a aussi vu des séquences impressionnantes comme la vidéo Basique d’Orelsan ou l’abbaye de la Sauve-Majeure en Gironde. Des plans qui font rêver, mais qui questionnent aussi : comment a-t-il fait ?

Helicomicro : Benjamin, tu es pilote professionnel. Le job en fait rêver plus d’un ! Tu peux nous présenter Full Motion ?
Benjamin Lavayssière : FullMotion est une société fondée en 2010 par deux associés qui sortaient des études de cinéma. C’est à la base une entreprise qui propose à la location des caméras et du matériel vidéo pour le cinéma, la pub, les clips, etc. En 2013, l’un des deux associés, Brice Tholozan, s’est intéressé aux drones. J’ai été salarié dans une autre société à mes débuts dans le métier en 2012 pour finir en 2016 associé avec Brice sur une entreprise annexe à FullMotion qui propose essentiellement du drone et de la caméra en mouvement, voitures, travelling, etc.

HM : Quels sont tes clients ?
BLS : Nos clients sont principalement des productions qui réalisent des clips, des pubs, courts et longs métrages. Nous faisons aussi de la télévision, notamment CapSudOuest, une émission de découverte diffusée sur France3 le dimanche, composée à 70 % d’images aériennes. Je participe à une bonne partie des tournages depuis 2012.

HM : Comment es-tu venu à ce métier ?
BLS : Si j’en suis venu à ce métier c’est en partie grâce à la participation à un concours de création d’entreprise virtuelle en terminale au lycée. C’était en 2011. J’ai présenté un projet de société qui proposait des images aériennes par drone. Le jury a été très surpris par ce projet, il faut dire que les drones n’étaient pas du tout connus du grand public à l’époque. J’ai remporté le prix régional, ce qui m’a apporté des petites prestations dans ma région sans réellement en rechercher. Au lieu de continuer mes études comme prévu, j’ai continué l’aventure que j’avais entamée et depuis l’histoire ne s’est pas arrêtée.

HM : Selon toi, il faut des prédispositions pour être bon pilote ? Ou est-ce que l’entrainement est indispensable ?
BLS : Dans le métier de la vidéo aérienne, être bon pilote ne suffit pas. Il y a un sens artistique et de l’image à acquérir. Des connaissances solides dans le monde des caméras sont pour moi indispensables pour devenir un professionnel confirmé. Connaître l’application DJI par cœur ne suffit pas non plus. Je n’ai pas du tout fait d’études dans ce domaine, mais j’ai beaucoup travaillé pour m’auto-former à ce métier.

HM : Comment prépares-tu tes vols, surtout lorsqu’il s’agit de plans séquences ? Ca te demande du temps ? Tu as une méthode particulière ? Un binôme qui fonctionne ?
BLS : Pour la plupart des plans séquences dans cette vidéo, c’est quasiment de l’improvisation sur le moment. Il arrive même parfois qu’aucun mot ne soit échangé avec mon cadreur Frédéric Dauch avant que le plan ne commence. C’est l’un des cadreurs les plus talentueux que j’ai connu. Nous avons tellement travaillé ensemble que certains plans sont des évidences. Bien sûr un plan séquence comme le clip d’Orelsan avec de la figuration demande beaucoup de préparation en amont. Mais ce n’est en général pas de notre ressort.

Full Motion

HM : Quelles sont les machines et les caméras que tu utilises ?
BLS : La majorité des plans sont maintenant tournés en Inspire 2 de DJI. Nous utilisons encore de temps en temps de grosses machines à 6 ou 8 moteurs avec des caméras de cinéma, mais cela disparaîtra un jour ou l’autre avec l’évolution qu’apporte DJI dans le milieu.

HM : Est-ce que tu penses proposer des plans filmés en FPV racer si le sujet est adapté ?
BLS : Nous avons quelques demandes pour des plans en racer. Nous refusons pour le moment, nous ne pouvons pas fournir une image sans la moindre vibration, à hauteur de la qualité que ce que nous proposons avec un Inspire 2. On travaille dessus, mais à mon sens la technologie n’est pas totalement prête. Les racers sont trop incertains. Suivant la température, le drone peut passer d’un réglage parfait à un mauvais réglage qui produira des vibrations. Ce n’est pas pour autant que j’oublie cette possibilité.

HM : Quel est le plan dont tu es le plus fier ?
BLS : Je suis fier de tous nos plans dans cette vidéo. Mais celui qui m’a demandé le plus d’énergie et généré le plus de stress est certainement le plan séquence sur le clip d’Orelsan. Il faut savoir que tous les plans dans cette vidéo sont tournés en immersion avec des lunettes.

Plan Séquence from AerialFullMotion / Cinéma Drone on Vimeo.

9 COMMENTAIRES

  1. vraiment très belles prises de vue, l’entrée en matière avec le bateau de la Tremblade est magnifique
    de précision et vraiment technique avec le sujet en mouvement.

  2. Wow, effectivement, ce n’est pas à la portée de tout le monde…
    Certains passages demandent énormément de maitrise.

  3. Bonjour ,

    la vidéo proposée sur vimeo à 3m 15 il y a une prise de vue qui commence à l’intérieur pour finir à l’extérieur sous la neige . Avec quel drone la prise a été effectuée ?

  4. Pour la sortie par la porte le drone est certainement porté à la main moteur off et lâché à l’extérieur. Pour la pluie/neige tous les DJI sont très tolérants…

  5. Des plans dynamiques et utilisant au mieux l’espace autour de chacun des sujets. Le résultat est excellent, et pas soporifique comme souvent avec les séquences filmées à l’aide de drones de prise de vue. Une impression de facilité et de maîtrise, masquant un gros travail de préparation pour chacune des séquences… un grand bravo!!!

  6. félicitations pour ces superbes séquences !
    On s’en demande presque même comment le pilote fait pour gérer sa machine tellement ca passe au millimètre malgré les nombreux angles mort.
    Vraiment chapeau !
    Pour ceux qui ce sont déjà essayé a la prise de vue, c’est obligé d’être admiratif. En tout cas moi, je suis impressionné.

  7. Su cette vidéo le début du plan séquence du clip d’Orelsan est identique au clip officiel, mais à la fin le mouvement des figurants est différent. Donc plusieurs prises de vues en quasi copié collé, très pro.

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