Probable collision entre un drone et un planeur aux Pays-Bas

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Un pilote de loisir a rapporté une collision d’un planeur avec un drone de loisir le 28 octobre dernier, le long de la côte hollandaise. Il a posté une photo en ligne montrant les dégâts causés à l’extrémité de l’aile et son winglet. Le (moto)planeur, un Antares 20 E, est revenu se poser sur son aérodrome de départ, Langeveld, situés à l’ouest de l’aéroport international de Schiphol. Quel crédit peut-on accorder à cette déclaration d’incident ? Les faits n’ont été rapportés que par le pilote du planeur et on compte déjà plusieurs cas de tentatives d’arnaque aux assurances. Cela dit, il est très probable qu’ils s’agisse bien d’une collision avec un drone, même si en l’absence d’images le doute reste possible.

Qui était en tort ?

Le carnet de vol du planeur ce jour-là, sur le site Flightradar24, montre que le vol a été pratiqué à très basse altitude, bien en-dessous de 500 pieds. Etait-il en tort, à pratiquer des passages radada au-dessus des dunes ? Non, la réglementation « Air Traffic Decree 2014, article 4.5 » l’autorisait à voler à cet endroit en respectant une hauteur de 5 mètres par rapport au relief, et de 30 mètres au-dessus de personnes et de bâtiments. Qui plus est, le site officiel hollandais Drone no-fly zones indique que la zone dans laquelle il a évolué est entièrement protégée par une exclusion d’un rayon de 3 kilomètres centré sur l’aérodrome. Le drone, si collision il y a eu, n’avait par conséquent rien à faire à cet endroit. Ni le drone ni son pilote n’ont été retrouvés.

Source : Zweefportail via Iceman 29 sur DJI Le Forum

Le vol du planeur D-KLEP le 28 octobre 2017, matérialisé sur Flightradar24.Com.
La zone d’exclusion drones autour de l’aérodrome de Langeveld en Hollande, matérialisée par le site officiel Drone no-fly zones.

28 COMMENTAIRES

  1. D’après FR24 il faisait des passages au dessus de la plage, vitesse entre 50 et 100knts, altitude <30m, c'est lui le danger pour le public, pas le drone.
    A ces altitudes, il aurait aussi bien pu se prendre un cerf-volant, une canne à peche, ou des promeneurs…

  2. @ Olivier C : Il faut être prudent avec les données de Flightradar24, elles indiquent trop de 0 ft pour être honnêtes…
    Mais tout est possible dans ce cas, les données sérieuses manquent pour avoir des certitudes…

  3. A voir les trajectoires il etait quand même franchement en train de faire des passages bas sur la plage, quand il s’est pris le drone a 14:19 il remonte vite à 1000ft et rentre à la piste la queue entre les jambes si je puis me permetttre… Quand on vole aussi bas il ne faut pas s’étonner de se prendre quelque chose.

  4. @ Olivier C : Oui clairement, il a joué avec le feu… Mais si la collision a vraiment eu lieu à 14:18/19, c’est dans la zone protégée de l’aérodrome où le drone n’avait pas le droit d’évoluer, et dans ce cas le drone est en tort. Reste à savoir si le reste du vol (du motoplaneur) était légal…

  5. ça m’est déjà arrivé avec une bimoteur qui faisait du radada au dessus de l’eau . Je l’ai entendu arriver j’ai eu le temps de mettre le drone en sécurité ,même si l’intervalle de temps fût court . Le problème avec un planeur c’est qu’on ne l’entend pas arriver … donc c’est la surprise si il arrive dans le dos .

  6. “Reste à savoir si le reste du vol (du motoplaneur) était légal…”
    Pas de bol, “ils étaient dans le petit segment” …

  7. @carbone : Idem samedi, j’ai anticipé et évité 3 fois le même avion qui faisait des aller-retours entre 40 et 80m de haut à un endroit où il n’y a pas de limite pour les drones. Je pense que le pilote ne m’a pas vu, étant donné qu’il a continué à diminuer son altitude au fur et à mesure… difficile cohabitation parfois.

  8. @Olivier C:
    Le pilote du planeur est dans son bon droit, je suis sur qu’il a les autorisations nécessaires.
    c’est le principe du vol à voile (planeur) en bord de mer…
    En revanche un avions (vol moteur) cela aurait été différent.

  9. @notludovic

    dans ce genre de cas , je ne continue pas à utiliser le drone , au mieux j’attends qu’il ait fini ses tours , au pire je remballe . J’adore voler sans stress( ie voler sans rien autour, oiseau compris ) , et il y a assez d’occasion pour ça

  10. @carbone: Oui logique, mais c’est bizarre que le mec se soit positionné dans ma trajectoire (au dessus d’un fleuve pour filmer un bâtiment) alors que franchement l’endroit est très dégagé. En général je décolle pas quand un avion est là, où je réduis drastiquement l’altitude :). Peut-être voulait-il simplement voir le même couché de soleil 🙂

    Néanmoins je crois que c’est aux pilotes de drones de ne pas s’entacher de faits divers, en France on est plutôt bons élèves me semble-t-il!

  11. un jour viendra, a cause de ce type de fait divers que les drones seront tout betement interdit de vol sauf avec licence. On sait tous qu en cas de colision, les pilotes ayant des licences, c est eux qui auront raison plutot que le radiopilote. J aime bien les gens qui connaissent les lois par coeur mais qui ne sont pas pilote… bJe lis ici un tas de connerie a propos de savoir qui a le droit ou pas. Un planneur, un petit Cesna, eux, se sont leur vie qui sont en danger si ils font n importe quoi, un drone, c est du matos qui pars en cas de pepin.

  12. @ Pierre : Il est vrai que le nombre de conneries, ou de prétendus gens “qui savent” ne font que divulguer certaines fausses vérités 🙁
    Cependant, je ne suis pas d’accord avec toi sur le fait qu’un pilote aura forcément raison sur un télépilote en cas de collision. Si un pilote fait n’importe quoi et qu’il se plante, le BEA saura l’indiquer clairement.

  13. Il manque des informations pour établir des responsabilités.

    Si on suppose que le choc a eu lieu en fin de vol (à 14h17), le motoplaneur et le drone étaient dans la zone d’emprise de l’aérodrome. Le drone était en faute.
    Mais si le choc a eu lieu sur les extrémités du plan de vol, le drone avait le droit être là. Reste à savoir si le motoplaneur pouvait évoluer si bas – il semblerait que oui au regard de la réglementation locale. Auquel cas, comme dans toutes les réglementations, la priorité est donnée à l’aéronef habité.
    Il y a de quoi se poser des questions : le vol du motoplaneur était si bas que Flightradar24 l’a noté à 0 mètre pendant une durée suffisamment longue qu’il a estimé que le vol était terminé après 19 minutes, alors qu’il continue pendant plusieurs heures.

    La situation est tout de même un peu bizarre : ça se passe sur la plage, il y a un motoplaneur bien visible qui fait d’incessants aller-retours à très basse altitude pendant plus de 3 heures, avec 5 à 8 minutes entre 2 passages, et soudain un drone décolle pour aller se coller pile poil sur sa trajectoire.

    Le log du motoplaneur est dispo pour quelques temps encore sur Flightradar24 : https://www.flightradar24.com/data/aircraft/d-klep#f5af8c9

  14. @Fred1 : tu représentes hélas ce que tu dénonces: commence par lire correctement l’article -> tu verras que c’est un planeur, et pas un avion dont il est question (pour rappel, un motoplaneur est assimilé à un planeur, auquel est donnée la possibilité de décoller de façon autonome). “Les aéronefs non motopropulsés (notre cas donc) effectuant du vol de pente (notre cas encore) peuvent voler à moins de 150m du sol sous réserve de n’entrainer aucun risque pour les personnes et les biens à la surface”.
    le pilote du planeur n’étant vraisemblablement pas un débutant et ayant ses papiers en règle, il avait donc tout à fait le droit d’entreprendre son vol tel qu’il l’a fait. 😉

  15. @Nicolas : Je ne faisais pas référence au planeur, mais bel et bien à l’avion qui volait à 80 mètres dont il était question sur les posts juste au dessus du mien (il faut suivre 😉 ).
    Les avions ne faisant pas du vol de pente, il ne peuvent pas voler sous 150 mètres, sauf pour l’instruction d’atterrissages forcés (mais dans ce cas, il ne font pas d’aller-retrours…).
    Pour le reste, je ne me sens pas concerné, étant pilote privé et vélivole depuis 25 ans, contrôleur aérien, et… Droniste depuis 3 ans 🙂

  16. merci pour ce résumé Fred, c’est vrai que le timing de l’accident laisse penser que le planeur était là avant le drone…

  17. @fred1
    Ce que je voulais dire, c est qu en cas de crash et qu une observation montre que c est un drone qui a percute le planeur, peut importe si le planeur n etait pas dans son bon droit ou pas, le radio pilote va manger son pain blanc, sourtout si il n est pas en vue direct. Ce que voulais dire aussi, c est qu un pilote d un planeur n ira jamais se mettre en danger si il ne sait pas le faire, biensur il y a l exception qui confirme la regle, mais en generale, les types savent ce qu il font, hors, un drone, on a tous vu que bcp s imaginent des bons pilote avec le mode automatique.

  18. Bonjour Fred, j’apprécie beaucoup ton site mais je trouve que la multiplication récente de ces articles “collision de drone” n’apporte vraiment rien si ce n’est qu’à créer une ambiance de FUD (Fear Uncertainty and Doubt). Comme tu le soulignes rien n’est vérifié (comme sur les 2 précédentes news de ce genre), alors à quoi bon relayer ces infos? Faire du buzz? Stp ne te mets pas au niveau du parisien.fr ou du journal de 20h de TF1 🙁

  19. Je ne sais pas si vous êtes déjà allés à la mer, mais généralement c’est peuplé par un tas de volatiles (mouettes, cormorans, goélands…).
    Quelle est la probabilité qu’un planeur en rase mottes au dessus de l’habitat de ses bébêtes en percute une ?
    J’imagine que le pilote chevronné du planeur à dû se prendre un tas de mouettes avant de se prendre un drone / cerf volant / parasol / branche/ freesbie…
    Est ce que les dégâts sont plus importants ?

  20. @ nfr : Ta remarque est pertinente ! Le souci, c’est qu’il y a bel et bien une ambiance de FUD. L’ignorer, ce serait faire l’autruche. Je préfère présenter ce qui se passe, avec autant d’infos que je puisse sur les conditions des incidents. Il y a aussi, c’est mon avis, un vrai intérêt à suivre ces choses, pour s’apercevoir qu’elles sont fausses comme le cas du radôme de l’avion, la tentative d’arnaque à l’assurance, ou bien réelles comme la collision avec l’hélico aux US. On va aussi subir l’utilisation des incidents, à tort ou à raison, pour faire passer plus facilement de nouvelles réglementation, comme c’est le cas aux Canada. Tout ça vaut la peine d’être évoqué, IMHO, donc je le fais.

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