Xiaomi Mi Drone 4K, le test

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Lorsque le Mi Drone a été dévoilé par Hugo Barra, alors en charge du développement des produits chez Xiaomi, la promesse était un appareil à hauteur des standards du moment, mais à un prix défiant toute concurrence. Un peu comme la caméra Yi, qui a taillé des croupières au géant GoPro. Le résultat, pourtant, n’a pas été à la hauteur des espérances (voir ici). Les premiers pas du Mi Drone ont été handicapés par un firmware et un logiciel sur smartphone mal fichus, souffrant de bugs, traduits du chinois par de bonnes âmes – mais pas officiellement par la marque. Depuis, les outils logiciels ont progressé, Hugo Barra a quitté Xiaomi, et le Mi Drone 4K, pourtant annoncé en même temps que le 1080p, est disponible. Que vaut-il ? Réponse dans cette chronique. Notez que l’appareil nous a été donné par la boutique Banggood. Comme d’habitude, dites-nous si vous pensez que la pratique a influencé notre jugement.

La vidéo

Elle est disponible en téléchargement ici. 
Les séquences ont été tournées sur le terrain du club FMRC : http://www.frenchmultiracing.com

Tour du propriétaire

D’aspect extérieur, le Mi Drone 4K n’est pas différent du premier modèle. L’œil entrainé note l’usage d’une couleur or au lieu de l’orange flashy. Pour le reste, rien ne semble avoir changé. Dans la boite, on trouve le Mi Drone avec son train d’atterrissage à plat, deux jeux de 4 hélices de 10 pouces, une batterie, son chargeur secteur, un câble USB-microUSB, la nacelle-caméra 4K, la radiocommande, un adaptateur USB-Wifi et des manuels. Mais Xiaomi n’a pas inclus de protections d’hélices comme pour le premier modèle. Avant de décoller, il faut recharger la batterie du Mi Drone avec le chargeur secteur et celle de la radiocommande via le câble USB. Les dimensions de l’appareil ? 31 x 38 x 7 cm (pieds repliés). Son poids ? 988 grammes sans batterie, laquelle pèse 456 grammes. Soit un poids en ordre de vol de 1,444 kilo.

Préparatifs

Il faut aussi installer la nacelle-caméra sous le Mi Drone, en prenant soin de déplier le train d’atterrissage au préalable. Elle se clipse simplement sous l’appareil, mais il est important de bien vérifier qu’elle est solidement arrimée : l’ergot de plastique qui maintient sa base ne se bloque pas toujours correctement. Le risque, c’est de voir la caméra tomber en vol ! Il faut aussi insérer une carte mémoire de type microSD dans la trappe située sur la caméra. Le mécanisme de fixation des hélices est différent de celui du premier Mi Drone – elles ne sont par conséquent pas compatibles. En revanche, le système de fixation des hélices du Mi Drone 4K est plus efficace, plus rapide aussi une fois que l’on a compris la méthode de verrouillage. Un mot sur la batterie. Il s’agit d’un modèle 4S probablement LiHV, d’une capacité de 5100 mAh, à un format propriétaire. La bonne nouvelle, c’est que les batteries du premier Mi Drone sont compatibles avec le Mi Drone 4K. Il faut veiller à installer les mises à jour pour assurer leur compatibilité.

La radiocommande

Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à celle du premier Mi Drone. Plutôt épurée, avec deux antennes dépliables et orientables, un bouton d’allumage et un bouton destiné au décollage, un interrupteur pour le retour automatique au point de départ et deux molettes. A l’avant, un support dépliable permet de placer votre smartphone. Un cache en caoutchouc protège un connecteur microUSB pour la recharge et un connecteur USB pour la connexion avec un smartphone. Cette connexion peut être filaire : Xiaomi fournit un câble USB-microUSB pour brancher un smartphone ou une tablette Android. Si vous disposez d’un appareil iOS, c’est à vous de fournir le câble. Elle peut aussi être sans fil, avec l’aide de l’adaptateur wifi fourni dans la boite.

Mon conseil ?

Rangez cet adaptateur wifi dans sa boite et oubliez-le à jamais ! Pourquoi ? D’une part parce qu’il dépasse de la radiocommande, pas du tout pratique. Mais surtout parce que la liaison wifi est particulièrement médiocre. Le retour vidéo se dégrade rapidement, et ce n’est pas lié avec le fait que le Mi Drone s’éloigne. Non, faites un stationnaire à deux mètres de vous, le retour vidéo est correct, puis pixellise, revient, et finit par se couper définitivement. La liaison vidéo a lâché assez rapidement pendant les 10 vols que j’ai pratiqué avec l’adaptateur. Soit un taux d’échec de 100 %. Notez que cela ne interfère pas sur le pilotage de l’appareil, simplement sur le retour vidéo et les réglages, notamment ceux de la caméra. Mais c’est pénible. Préférez la connexion filaire…

Connexion de la radiocommande

L’application Mi Drone est disponible en anglais, ce qui permet d’oublier les versions désespérément chinoises du premier Mi Drone. Pas de français, en revanche, sauf à utiliser des versions traduites par des utilisateurs passionnés. Elle est téléchargeable sur l’AppStore et sur GooglePlay. J’ai voulu faire quelques essais avec des tablettes sous Android. Aucune n’a accepté de fonctionner avec le Mi Drone ! La raison ? Il semble qu’il faille à la fois un module wifi et un module GSM pour que ça fonctionne. Pourtant, avec une tablette opérationnelle en 4G, le logiciel n’a rien voulu savoir. Il a fallu que j’utilise un smartphone HTC pour que cela fonctionne. Dommage, c’est très frustrant, j’aurais apprécié de pouvoir profiter d’un grand écran.

Le parcours du combattant…

J’ai finalement conduit mes tests avec un iPhone 5S. La méthode de connexion est un peu bizarre, presque « bidouille ». Il faut lancer le logiciel Mi Drone, indiquer si on veut une connexion USB ou wifi. Le wifi, avec l’adaptateur, je vous conseille à nouveau de l’oublier. En USB, il faut aller dans les réglages, menu du partage de données. Même si le partage est activé, il faut le désactiver et le réactiver. La connexion est établie quand l’écran iOS indique qu’un appareil est connecté avec un bandeau en haut de l’écran. Il faut alors revenir à l’application Mi Drone, qui se lance dans une vérification du matériel, puis affiche l’interface de pilotage.

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21 COMMENTAIRES

  1. Moi je trouve perso, qu’on en veut toujours plus 🙁 Ok toutes les fonctions présentes de ci de là sont bien, elles permettent de challenger les constructeurs et de maintenir à un prix (trop) élevé bien des machines.
    Mais si l’on cherche une base pour voler avec des fonctions standards et une caméra correcte, cet appareil pour moins de 500€, à peine plus cher qu’un racer_FPV, a quand même quelques arguments NON ?
    Et qui utilise toutes les fonctions chères payées de son Marvik ? Et qui sait Xiaomi toujours un peu trop pressé de sortir ses modèles corrigera peut-être son tir 🙂 Et s’il tire un peu les prix vers le bas, la concurrence réagira peut-être dans le même sens, ce sera toujours ça de pris pour nous 🙂

  2. Moi maintenant je l’aime bien ce Xiaomi Mi 4K 🙂 … bon ok pas d’évitement d’obstacles ….. mais la nacelle et la camera marchent plutôt bien 🙂 et très bonne portée FPV :).

  3. @ FPV_67 et SeByDocKy : En mettant de côté les soucis de nacelle qui sont apparus avec le temps, le bug de l’inclinaison est pénible. C’est casse-pieds de revenir avec de belles images, mais penchées. Le rétablissement dans un logiciel spécialisé fait perdre du temps, de la définition et de la netteté. DJI s’est fait allumer pour des soucis semblables, à juste titre, et corrigés par voie logicielle.

    En gros, le Mi Drone 4K est l’équivalent d’une voiture d’entrée de gamme qui tire à gauche, dont tu ne peux pas changer le pneu si tu crèves, qui n’a pas de direction assistée, qui t’interdit de rouler sur certaines routes sans possibilité de les débloquer, qui n’assiste pas au freinage alors que les capteurs sont là, qui ne démarre pas tant que tu n’as pas une tablette compatible… Son prix est sympa, mais beaucoup moins si le port et les taxes s’invitent. Pour à peine plus, il y a le standard DJI, loin d’être parfait, mais largement au-dessus, matériel comme logiciel…

    Un dernier point que je n’ai pas abordé dans le test : quand on n’aime pas jouer le rôle du beta testeur logiciel malgré soi, on est servi avec Xiaomi…

  4. OK, le prix est très très attractif, mais l’absence de raw en vidéo, au dela de tous les petits bugs que tu évoques, Fred, est vraiment, vraiment dommage. Je trouve en effet les rush vidéos bcp trop contrastées, et sous-exp. Les séquences à contre-jour sont bourrées de zones complètement bouchées totalement inexploitables en l’absence de raw.

    C’est vraiment dommage…

  5. Fred je te trouve un peu vache, certes il y a des problèmes de début, mais on commence à sur trouver sur Youtube des vidéos très sympas réalisée avec, il ne peux que s’améliorer et au niveau prix il est sans concurrence.

  6. @ Greg : J’ai réfléchi avant de dire que je ne le conseillais pas. J’aurais peut-être pu dire “pourquoi pas”. Mais ça ne colle pas avec le fait de débourser 500 €, quand tu ne peux filmer correctement que lorsque l’éclairage est bon, sans réglages de l’image possibles, que tu ne peux pas décoller dans une zone pourtant autorisée, que tu dois acheter une tablette spécialement pour cet appareil ou rester avec le petit écran d’un smartphone, en l’absence de fonctions automatisées pourtant désormais de base. Le nombre de petits défauts te ruine une sortie prises de vues. J’aurais eu droit, comme c’est déjà arrivé, à des mails d’acheteurs qui m’auraient reproché de leur avoir conseillé un engin pas à la hauteur des promesses. Effectivement comme je le disais, pas de concurrence à ce prix. Mais je suis persuadé qu’il vaut mieux mettre un peu plus et pouvoir utiliser sa machine correctement. Là où je te rejoins, c’est qu’il ne peut que s’améliorer… 😉

  7. Les réglages et la fonction follow me vont arriver dans les prochaines semaines d’après une personne travaillant chez Xiaomi, elle sera d’abord implémenté sur l’app chinoise puis dans le reste du monde..

  8. Je comprends la prudence de Fred , pas de pièces de rechange disponibles (ou peu) , une fonction de base qui ne fonctionne pas correctement ( horizon de la caméra ) , et pas de liste de smartphones/tablettes certifiées compatibles avec le drone , c’est un peu encore la roulette russe pour un débutant , et faut être motivé pour passer outre les difficultés . je n’ai pas le 4k mais le 1080 , même si je suis maintenant content de l’avoir , j’ai ramé au début . j’étais chaud bouillant pour le 4k , mais les dernières mises à jour sur les no Fly zone ont alourdit la balance du mauvais coté et m’ont un peu refroidit . Je vais attendre et si certain point clé ne s’arrange pas , j’envisage de passer sur autre chose .

  9. & delta et alex : Oui, j’avais vu les messages de Lizzie.Zhou de Fimi sur rcg, mais il me semble qu’il ne dit rien du Follow me (à moins que j’ai loupé un post ?). J’espère que cette mise à jour va au moins ajouter la balance des blancs et le contraste. Je ne sais pas si on peut espérer un time lapse pour automatiser les photos, et de pouvoir gérer les ISO…

  10. Heu en fait pour les réglages j’avait vu sur Rcgroups effectivement et pour le follow me et bien c’est dans le code source de l’app donc il est possible que les dev aient pensé à l’implanter dans le futur…

  11. @Fred

    pourquoi ne pas croire que tu es tombé sur un drone qui incline sa camera comme un défaut ?
    chez dji plein de modèle on ce putain de défaut aléatoire, p3p p4P mavic….
    et le correction de logiciel n’as jamais marche sauf pour prendre de la photo et vidéo en stationnaire….
    et dji hollande , il le renvoie dans le même état qu’arriver, alors bon…

  12. @ test : Le souci, c’est que le défaut n’est pas aléatoire sur le Mi Drone 4K, il apparait à chaque vol. On ne le voit pas sur les vidéos coupées et montées, mais sur les vidéos de vols complets, il apparait à chaque fois.

  13. @ Alex : Je ne suis pas super confiant pour le follow me, les mentions existaient déjà dans les chaines de caractères des premières versions du Mi classique, au moment des trads chinois->anglais->français (il y avait même eu une trad qui disait “go after me” 🙂 ). Je ne sais pas si elles sont restées ensuite, je n’ai plus suivi les différentes releases.
    En revanche, je ne demande qu’à être surpris 🙂

  14. @ test : J’oubliais une chose. Chez DJI ou Yuneec, quand la nacelle est dans les choux, on fait jouer la garantie – ou pas et dans ce cas on perd un bras et un rein -, et on récupère une caméra qui fonctionne. Avec le Mi Drone 4K, pas de caméra-nacelle en accessoire, pas de SAV sur ce composant : le Mi Drone 4K est retourné dans sa boite… C’est un rien frustrant.

  15. Fred a raison d’être cash
    Xiaomi a encore du boulot car les défauts encore présents sont inacceptables.
    Une nacelle stabilisatrice qui vibre ))))))
    Nan mais les mecs vous réalisez ?

    Et pour ce prix on trouve des phantom 3 qui ont une qualité supérieure.
    Sans parler du MAVIC que l’on peut avoir à 800€.
    ( Tomtop + shoop pour ceux qui me poseraient la question 😉

    Bref ce xiaomi doit être corrigé pour avoir une chance.

  16. @ Jarry : Juste quelques précisions, elles me semblent importantes :
    – Le bug de l’inclinaison est présent sur toutes les nacelles.
    – Le bug de la tremblote ne l’est que sur la mienne (et 5 personnes qui m’ont mailé pour me signaler le même souci après lecture du test), apparu après un dizaine de vols. Il est accompagné par une perte de luminosité, mais les deux soucis ne sont pas forcément liés.
    – La nacelle n’est pas dispo en spare, ce qui rend l’appareil inutilisable.

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