FPDC, la version 2

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fpdc2La Fédération Professionnelle du Drone Civils, qui rassemble les acteurs commerciaux dans le secteur du drone civil, a été créée en juin 2013. Vous aviez pu lire un compte-rendu de la première assemblée générale sur Helicomicro (ici). La presse n’était pas invitée à la seconde assemblée générale, qui s’est tenue le 14 janvier 2015 dans un salon de la Maison de l’Industrie, en face de l’église de Saint Germain des Prés à Paris, mais j’ai tout de même eu la chance de pouvoir assister à l’événement.

Du nouveau !

Emmanuel de Maistre
Emmanuel de Maistre, ancien président de la FPDC, délégué national auprès des opérateurs industriels. Crédit photo R. Jobard

La présentation s’est déroulée en deux temps, avec le bilan de l’équipe sortante, et le prévisionnel de la nouvelle équipe. Vous l’aurez compris, l’équipe dirigeante change pour cette version 2.0 de la FPDC. Emmanuel de Maistre, ancien président, et Benjamin Benharrosh, ancien trésorier, ont dressé un bilan de la version 1 de la fédération. Ils ont rappelé la mission d’évangélisation des métiers autour des drones, la communication engagée lors des événements comme les survols de centrales nucléaires. Et indiqué qu’ils laissaient la trésorerie de la FPDC saine, en solde positif. Emmanuel de Maistre reste par ailleurs parmi les responsables de la FPDC puisqu’il devient délégué national auprès des opérateurs industriels. L’ancien secrétaire, Stéphane Morelli est désormais le nouveau président. Francis Duruflé, ancien vice-président… reste à ce poste dans la version 2.0 de la fédération. Ils sont rejoints par François Baffou à la trésorerie, Isabelle Vanneste-Hello au secrétariat général et Alexandre Petit en tant que chargé de mission.

Une structure plus large

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Stéphane Morelli, nouveau président de la FPDC. Crédit photo R. Jobard

Le discours de présentation de Stéphane Morelli a tracé les grandes lignes directrices de la nouvelle version de la fédération. Parmi les critiques qui ont été adressées à la FPDC, le manque d’interaction entre les dirigeants et les acteurs du marché semble avoir été entendu. La réponse, c’est un bureau enrichi de 8 délégués nationaux en charge de problématiques spécifiques, comme la sécurité des vols, les opérateurs audiovisuels, les questions réglementaires et internationales, les formations. S’ajoutent aussi 6 délégués régionaux pour accélérer les discussions de la FPDC avec ses membres. L’intégralité des membres du bureau de la FPDC 2015 est récapitulée ici, sur le site de la fédération.

Les missions ?

Stéphane Morelli
Crédit photo R. Jobard

Stéphane Morelli a indiqué vouloir privilégier l’aide aux membres, avec des services payants ou gratuits, participer à l’amélioration de la sécurité avec des formations de télépilotes, structurer intelligemment la profession et tenant compte de la logique territoriale, offrir soutien et défense en cas de souci. L’équipe concentre la réception des questions des membres de la FPDC sur un point d’entrée, avec la promesse d’une réponse rapide. Pour se donner les moyens de ses ambitions, Stéphane Morelli a expliqué qu’il fallait disposer de budgets plus élevés, confiant de voir le nombre d’adhérents augmenter. Mais c’est surtout une hausse des cotisations qui est supposée booster la trésorerie de la FPDC ! Les 150 € annuels demandés jusqu’à présent passent à 100 € pour les activités dont le chiffre d’affaires est inférieur à 100 K€. Jusqu’à 300 K€, la cotisation passe à 1000 €. Jusqu’à 5 M€, elle est de 2000 €. Au-delà de 5 M€, elle atteint 5000 €. Les autoentrepreneurs et les petites structures s’y retrouvent. On peut supposer le coût ne pose pas de problème pour les donneurs d’ordres des grandes sociétés. Mais les constructeurs et surtout les revendeurs accueillent la nouvelle avec beaucoup moins de bienveillance…

Les intervenants de l’AG

Maxime Coffin
Maxime Coffin, chef de la Mission Aviation Légère Générale et Hélicoptères (MALGH) à la DGAC

Maxime Coffin, chef de la Mission Aviation Légère Générale et Hélicoptères (MALGH), qui avait répondu à nos questions (ici), est intervenu pour rappeler les fondamentaux de la réglementation en vigueur avec les deux arrêtés du 11 avril 2012. Il a aussi indiqué qu’un brevet théorique drone était toujours en cours d’élaboration. Concernant la publication de nouveaux arrêtés, il a expliqué que les textes devaient être soumis aux partenaires européens – une procédure de longue haleine notamment avec l’obligation de fournir les textes dans les différentes langues européennes. Ce serait l’une des raisons du retard dans la sortie de ces textes, dont certains concernent les drones de loisirs.

Commandant Masset, Christophe Masset, Chef d’escadron à l’Etat-Major de la Gendarmerie des Transports Aériens
Commandant Masset, Christophe Masset, Chef d’escadron à l’Etat-Major de la Gendarmerie des Transports Aériens

Le chef d’escadron Christophe Masset, qui avait lui-aussi répondu à nos questions (ici), a rappelé la mission de la Gendarmerie des Transports Aériens (GTA) dans le respect de la sécurité des vols professionnels, avec un rappel des chiffres sur les enquêtes judiciaires menées jusqu’à présent (38 en tout). Il a expliqué qu’une plainte déposée par un opérateur pour constatation d’utilisation dangereuse ou de concurrence déloyale (c’est-à-dire sans respect des arrêtés de 2012) faisait toujours l’objet d’une vérification. Une Cellule Nationale d’Investigation sur les Drones (CNID) a été créée en 2014 pour faciliter les enquêtes spécifiquement liées aux drones. Parmi les questions adressées à la FPDC figurait la lutte contre le travail illégal, notamment celui fruit de la vente de vidéos tournées en dehors du cadre réglementaire. Emmanuel de Maistre a rappelé que la mission de la FPDC n’était pas de jouer le rôle du gendarme. Il incombe aux opérateurs d’effectuer eux-mêmes des démarches lorsqu’ils constatent des usages illégaux de drones, en les rapportant directement à la Gendarmerie des Transports Aériens.

Bruno Delor
Bruno Delor, président de la Fédération Française d’AéroModélisme (FFAM)

Bruno Delor, le président de la Fédération Française d’AéroModélisme (FFAM), a rappelé qu’il était convaincu de la possibilité d’une cohabitation entre les aéromodélistes de loisirs et les professionnels. Avec, à la clé, de possibles progrès sur le prix des assurances…

Enfin, Peter van Blyenburgh, président de UVS International, qui était comme Maxime Coffin déjà intervenant lors de la première AG de la FPDC, a réaffirmé la nécessité d’intégrer les discussions européennes pour influencer la réglementation lors de sa rédaction et ne pas la subir une fois adoptée.

Peter van Blyenburgh, président de UVS International
Peter van Blyenburgh, président de UVS International

Il a aussi insisté sur la nécessité de renforcer les requis des opérateurs de drones, notamment leur formation qui, il en est persuadé, se révèle très insuffisante. Un avis que certains opérateurs présents dans la salle ne partageaient pas…

Le site officiel de la FPDC se trouve ici.

5 COMMENTAIRES

  1. Je serais curieux de connaître le nombre de nouvelles entreprises créées dans le secteur et le nombre de cessations d’activité depuis 2013.
    En regardant la liste des membres de la FPDC, j’ai l’impression que le nombre a bien diminué.
    Maintenant tous les opérateurs ne sont pas adhérents de la Fédé.

  2. En effet nombreuses sont les entreprises qui se sont désolidarisées de la FPDC pour (je cite en fonction des échos reçus) : divergences de point vu, coûts prohibitifs d’adhésion pour les petites structures, manque réel d’avancées rapides, groupe représenté par l’élite pour les élites, etc ….
    Et effectivement comme le dit Belov, il serait vraiment intéressant de connaître le taux de cessations d’entreprises par rapport au pourcentage de créations. Ce miroir aux alouettes qu’est l’activité couverte par les “drones”, il faut le dire, est certes innovante, importante, intéressante, et doit trouver le juste développement, mais sera t’elle durable et permettra t”elle pour 80 % des candidats à la création d’entreprise à les faire vivre ?
    Même si certains “artisans de génie” peuvent encore s’en sortir en tirant “les marrons du feu” avec des prestations sur-mesure, les Grands Groupes ne risquent ils pas de tout rafler à terme. Ne laissant que des miettes ? Tout dépend de la taille des miettes remarquez.
    Maintenant on peut retourner le problème dans tous les sens, il règne encore un chaos autour de cette nouvelle activité et il devient urgent d’y mettre de l’ordre. Trop de malins ….

    Sans parler “pro”, combien d’entre-nous (et malgré les excellent articles de Fred et de Laurent ici entre autre), se demandent encore s’ils ont le droit de voler pour s’amuser.
    Il ne se passe pas un seul jour où je n’ai pas la question posée. S’en tenir stricto senso à la réglementation, ne suffit plus puisqu’elle n’est pas claire pour le commun des mortels et même si nul n’est censé ignorer la loi, encore faudrait-il qu’elle soit accessible aux clients qui ne souhaitent qu’une chose : “jouer”.

  3. Nous avons été adhérent pendant un an à la FPDC (Freeway prod) et le bilan est plus que négatif, ils ne nous ont servi à rien du tout, en nous donnant soit des mauvaises informations ou encore des infos que nous connaissions depuis 15 jours. Bref, de plus cette année la demande de cotisation à été multiplié par 10 dans notre cas… alors nous inutile de vous dire que nous ne revelLA FDPC ne nous n’allons pas renouveler notre adhésion. Nous préférons rester en contact direct avec les autorités sans une fédération intermédiaire qui nous représente très mal.

  4. Le problème est que la DGAC pour avoir été là quand elle l’a annoncé l’année dernière, préfère être en relation avec une fédération plutôt que d’avoir plusieurs interlocuteurs. Jouer cavalier seul est tentant et plutôt emprunt de résultats positifs dans votre cas, mais la force de frappe de Freeway Prod vous donne peut-être plus de poids que tout autre entreprise dans le même secteur. Preuve en est vos nombreuses réussites et autorisations de vol.
    Mais quid des “plus petits” ? Eux n’auront aucun poids vis à vis de la DGAC … C’est bien là aussi le problème en france et de cette fédération.
    Sincèrement je pense que la FPDC est là pour un tout autre marché que celui de Freeway et autres sociétés de production audiovisuelle, d’où peut-être cette apparente inutilité. On serai l’EDF je suis certain qu’elle serai plus utile. Ils appellent ça des donneurs d’ordre et c’est très chic !
    Et puis un autre paramètre à prendre en compte : la première année fut une pleine de mise en place et d’étude. Il faudra attendre sans doute 2017 pour en voir réellement les premiers effets. Mais combien seront encore là pour en bénéficier ?

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