Drones et terrorisme

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thierrylazaroFin juillet 2014, le député Thierry Lazaro (UMP) avait demandé au Ministre de la Défense sa position concernant les survols du territoire par des drones, et leur usage potentiel pour des organisations terroristes. La réponse a été publiée au Journal Officiel le 14 octobre dernier. Elle peut être consultée ici.

On y apprend quoi ?

La réponse apportée par le Ministère de la Défense s’apparente à une belle figure de rhétorique. Ni le mot ni même la notion de terrorisme n’y figurent, alors qu’elle se trouvait au centre de la question. Les arguments sont plutôt simples : pas d’autorisation de vols d’essais pour les livraisons en drones parce qu’ils ne permettent pas de garantir la sécurité des autres aéronefs de l’espace aérien et parce que les outils de détection de collisions ne sont pas encore opérationnels. Mais pourtant, des vols d’essais automatisés ont été autorisés et pratiqués en France. Cette réponse va-t-elle constituer un coup de frein définitif aux expérimentations de vols sans pilote (à bord ou à distance) ? amazon-02Dommage, au moment où l’industrie des drones est en plein développement, où Amazon mais surtout Google et DHL tentent de mettre au point des technologies viables. Par ailleurs, la réponse du Ministère n’aborde pas l’éventualité de la prise de contrôle – à distance – d’un drone (automatisé… ou pas !) pour un usage inapproprié, pourtant sous-entendue dans la question du député. Il serait temps de s’en inquiéter : la sécurité des réseaux sans fil, qu’ils soient Wifi, Bluetooth ou propriétaires, est rarement évoquée.

Une réponse est-elle possible ?

Pas sûr. Il faut dire que le sujet est bien évidemment très complexe, qu’il implique de nombreuses administrations. Il est catalysé par les conflits du Proche-Orient et probablement par les menaces qui ont été adressées à la France par des organisations terroristes. L’interdiction de vol des drones – automatisés ou pas – pourrait-elle constituer une garantie contre des usages terroristes ? Non, bien évidemment… Pas même l’interdiction de leur commercialisation, d’ailleurs ! Le sujet est décidément difficile…

9 COMMENTAIRES

  1. Arf 🙂 S’ils me contactent, ce sera avec plaisir puisqu’ils n’ont jamais répondu à mes demandes au service de presse – qui sait pourtant si bien répondre rapidement pour des shoppings de Noël destinés à des hebdos…

  2. La question est éminemment (?) stupide [ 😉 ]. – Quelqu’un ayant opté pour le terrorisme, demandera certainement l’autorisation de 😉
    (il y a eu – déjà – des tentatives pour livrer drogues et armes dans des prisons.)
    – un drone pourrait-il être détourné de sa mission : R = oui.

    En gros, comment peut-on être sûr qu’un drone ne peut être vecteur de…
    Pas plus qu’une flèche, un missile, ou quoi que ce soit, dans un cadre illégal.
    Dans un cadre légal, la détection reste primordiale (et si elle ne peut être efficace, …) # cas majeurs :
    – l’espace utilisé est “local” (aéromodélisme). À l’écart de tout, dans les zones non conflictuelles, aucun problème majeur.
    – les espaces survolés (déclarés) sont ‘non critiques’, le transit, reste correct, sans nécessiter de règles plus explicites.
    – l’espace survolé possède une ou plusieurs zones ‘critiques’ (a priori réglementées). La règle reste le non survol (des zones sensibles), le problème supplémentaire étant celui de la détection (dangerosité atténuée [?] par une vitesse d’intrusion faible)
    – la destination (cible) est critique. Restriction / interdiction, détection / destruction.
    – la destination n’est pas critique (pas de menace ciblée). Le risque est/reste le terrorisme aveugle. C’est identique à la livraison d’un colis quelconque (même risques).
    Les problèmes – quel que soit le livreur – restent :
    – identification du secteur de livraison;
    – livraison au bon point (déroutement…)
    – contrôle (selon facteurs) : commande/ conformité/ traçabilité, …)
    Autant dire que ce n’est pas simple, eu égard aux simples critères de sécurité, mais sans tenir compte des pré-réquisit concernant les drones de livraisons (sans intention terroriste) : voies aériennes (TBA) dédiées, régulation.

    Quand à faire intervenir la DGAC, normal, mais la Défense directement, stupide (les besoins/contraintes sont déjà pris en comptes via DGAC).

    Dans le cadre de ‘livraisons’, ‘simples’ mesures d’organisation (simples…)

  3. Il y a aussi pas mal de ballons en l’air qui peuvent être assé lourds comme les ballons de basquet par exemple…

    Y a t’il eu des gros accidents en vol ou lors de leurs retombés ?
    La DGSA s’en est elle préoccupé ? ;0)

  4. J’espère que ça va rester loin de notre hobby, je n’ai pas du tout envie qu’on soit associé à des happenings comme ça, encore moins à des manifestations nationalistes 🙁

  5. Moi non plus, quand je vois comment je m’amuse tout seul s’en embêter personne juste un microquad et un bout de jardin, cela n’a rien à voir.

    L’esprit modélisme s’est cela.

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