Walkera QR Ladybird

C’est un tout petit quadricoptère, avec un look qui le ferait passer pour un jouet. Ce qu’il n’est assurément pas, au vu de ses caractéristiques et de son comportement… Le Ladybird est l’appareil qui nous a le plus impressionné en ce début 2012 !

L’AR.drone de Parrot avait relancé la mode des quadricoptères pour le grand public, le Blade mQX de Horizon Hobby avait confirmé les progrès de la technique, avec un appareil stabilisé pour assurer un pilotage précis. Voilà que le constructeur chinois Walkera riposte, avec un minuscule quadricoptère qui tient dans la main. Le Ladybird n’est pas son premier essai : il avait notamment commercialisé les UFO 8 et 5 – ce dernier a fait l’objet d’un test sur HelicoMicro !

Coccinelle !

Le look de l’appareil ne trompe pas, le quadricoptère est déguise en coccinelle (ladybird ou ladybug en anglais) avec son canopy rouge tacheté de noir… Une coccinelle toute mimi ? Regardez plus attentivement : la bestiole n’est pas contente du tout, et les enfants s’en aperçoivent tout de suite ! Ca tombe bien, ce quadricoptère n’est pas pour eux ! Ce qui surprend au premier regard, c’est la taille de l’appareil. Car la longueur mesurée d’un bout à l’autre de l’appareil, est de 14 cm hors hélices. En tenant compte des hélices (à leur débattement maximum), le Ladybird tient dans une boite carrée de 17,5 cm de côté, pour une hauteur de 2,5 cm. L’appareil tient dans la main, sans problème. D’ailleurs, vous pouvez parfaitement décoller depuis votre main. Et vous y poser, mais il faut être précis. Vous ne risquez pas de vous blesser : les hélices ne mesurent que 5,5 cm de longueur. Bien qu’elles tournent vite, elles sont si petites que vous pouvez les arrêter avec un doigt. Walkera a réussi à isoler correctement les pièces mécaniques de son quadricoptère. Ainsi les quatre moteurs sont pris dans une gangue de plastique, et aucun fil électrique n’est apparent : tout passe dans les bras. Bien vu. La carte mère qui contient toute l’électronique est cachée sous le canopy rouge à pois noirs. Bien que très fin, il est bombé et se révèle dur, suffisamment pour ne pas plier et encaisser les chocs sans broncher. Sous la carte mère se trouve un panier destiné à recevoir la batterie, et un connecteur. Le type de moteur n’est pas indiqué par Walkera, et rien n’est mentionné dans leur référence. Ce sont des coreless : cela ne signifie pas qu’ils sont brushless, mais ils assurent en revanche une meilleure efficacité que des moteurs classiques. Ils sont supposés chauffer plus, aussi, mais ce n’est pas un défaut que nous avons constaté avec le Ladybird. Puissants, en tous cas, ils le sont, c’est une certitude, comme nous allons le voir…

Préliminaires

Le Ladybird est livré avec une batterie (Lipo 3,7V 240mAh 1S 25C) et un chargeur de type USB. Tout petit, lui aussi ! Cela signifie que vous pouvez lancer la recharge de la batterie avec un PC ou un Mac. Ou l’une de ces batteries de poche destinées à recharger les smartphones. Ou même un adaptateur USB pour allume-cigare de voiture ! Bref, vous voilà totalement nomade, sans besoin d’être à proximité d’une prise de courant. Mieux encore, le chargeur dispose de deux prises, ce qui vous permet de lancer la recharge de deux batteries en simultané. Pas mal ! Comptez une heure environ pour disposer d’une pleine charge. La radio qui nous a été livrée avec le QR Ladybird est une Devention 2402D de Walkera. A priori, elle constitue l’entrée de gamme pour faire fonctionner la petite bestiole. Nos efforts pour connecter une « vieille » radio 2402 ont été infructueux. La procédure de connexion, à réaliser une seule fois, consiste à allumer la radiocommande en laisser le levier des gaz à fond, puis le Ladybird. Après quelques secondes, la synchronisation est faite, la diode du quadricoptère clignote rapidement en vert et en rouge. Il suffit alors de pousser la manette des gaz à 0. La diode passe au rouge, tout est prêt pour le décollage !

Premier vol

Contrairement à la plupart des engins volants, pas besoin de pousser le meubles, de ranger les vases, de demander à tout le monde de quitter la pièce, ni de mettre un casque : vous pouvez décoller dans un espace réduit sans craindre quoi que ce soit. D’une part parce que l’appareil est minuscule, d’autre part parce que la technologie de stabilisation fait des merveilles ! En poussant doucement les gaz, le Ladybird décolle rapidement, sans à-coup, et reste très stable. A peine faut-il compenser un peu une légère dérive. A peine ! D’ailleurs, n’allez surtout pas pousser les manettes brusquement. Car l’appareil est stabilisé, mais aussi très réactif. Si vous le sollicitez, il est capable de partir à toute vitesse et de traverser la pièce en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire. Il suffit de le faire évoluer doucement pour comprendre ses réactions, toutes très « saines ». C’est-à-dire qu’il ne souffre pas des montées au freinage que l’on constate souvent avec les micro-hélicoptères à pas fixe. Pour savoir où est l’avant et l’arrière, un seul détail : la couleur des hélices. Les deux à l’avant sont noires, les deux à l’arrière sont orange fluo. La couleur fonctionne bien, mais si vous vous éloignez, sachez que vous risquez vite de ne plus comprendre comment l’appareil est positionné. Walkera indique le récepteur de l’appareil est opérationnel jusqu’à 30 mètres. C’est peu pour un équipement en 2,4 GHz, mais c’est beaucoup pour un quadricoptère de cette taille : à 30 mètres, ce n’est ni plus qu’une tête d’épingle. Mieux vaut avoir de bons yeux. Ou ne jamais s’arrêter de voler, pour ne pas risquer de perdre l’orientation de l’appareil.

Alors, c’est bien ?

Le pilotage brille par sa souplesse, sa réactivité, sa précision. Et il étonne, surtout après avoir pratiqué des appareils plus volumineux qui ne se laissent pas toujours dompter si facilement… Quelques minutes suffisent pour prendre confiance et se lancer dans des accélérations impressionnantes – il faut bien sûr disposer d’un peu d’espace. Le Ladybird monte vite, et redescend correctement sans souffrir du déséquilibre que l’on constate souvent avec des quadricoptères. Vous l’aurez compris, nous avons adoré le prendre en mains ! Il est suffisamment facile à piloter pour être confié à un débutant. Mais il permet de corser les choses pour les pilotes plus aguerris. Envie de plus de sensations ? Il suffit de refaire la procédure d’appairage, puis de faire bouger l’autre manette quatre fois pour que la diode du Ladybird passe au vert. Dans ce cas, les fonctions de stabilisation sont partiellement débranchées. Ce qui signifie que l’appareil devient beaucoup plus vif ! A quel point ? A tel point qu’il permet les figures acrobatiques comme les loopings et les tonneaux. Il n’est pas question de vol 3D, le pas des hélices n’est pas variable et le vol dos impossible. Mais les figures rapides sont possibles. Reste qu’il faut pas mal de pratique pour les réussir (c’est-à-dire récupérer le contrôle de l’appareil). Voilà qui est tout à fait – agréablement – surprenant !

Plus encore ?

L’appareil seul pèse 23 grammes, il monte à 29 grammes avec sa batterie. Voilà qui interdit, a priori, toute velléité d’embarquer une caméra… C’était sans compter sur la puissance des quatre moteurs ! Nous avons fait l’essai sans trop y croire, en attachant une caméra OctaCam 720p (la même que nous avions utilisée avec un quadricoptère Blade mQX de Horizon Hobby). Le Ladybird décolle sans problème avec son surpoids, et vole parfaitement même s’il perd un peu en maniabilité. La stabilité est exemplaire et les vibrations très faibles. Voilà qui permet de prendre un peu d’altitude et d’aller filmer comme un oiseau, prendre de la vitesse, le tout avec un appareil qui réagit au quart de tour. Et qui permet d’être beaucoup plus détendu qu’avec un quadricoptère puissant qui vrombit… Encore un point positif ? Le Ladybird est résistant aux chocs. Et même très résistant : nos essais l’ont conduit contre des murs sans qu’il n’en garde la moindre trace ni qu’il perde de sa stabilité. Nous avons même plié l’une de ses pales lors d’une tentative de voltige : il nous a suffi de la redresser pour que la bestiole reparte comme si de rien n’était. Walkera fournit par ailleurs un sachet avec quatre pales de rechange…

Les défauts

Nous avons été particulièrement séduits par le Ladybird de Walkera, nous avons finalement peu de critiques à lui adresser. Mais il convient de signaler que le vol en extérieur n’est possible qu’en absence de vent. La puissance des moteurs permet de contrer assez bien une brise soutenue, mais l’appareil, en raison de sa légèreté, ne peut pas grand-chose lorsqu’il est confronté à des bourrasques ou à du vent. Nous avions testé l’appareil avec un vent fort, trop pour le poids de l’appareil. Mais nous l’avons réessayé depuis, à de nombreuses reprises, dans une brise un peu moins forte : il tient vraiment bien. Et il tient là où des micro hélicos birotors ou à pas fixe (Blade mSR, mSR X, Blade 120 SR, Blade mQX, ou Walkera Super FP) sont incapables de se maintenir en vol. Seuls les hélicos à pas variable parviennent à voler dans de telles conditions. L’autonomie en vol est de 7 minutes et 45 secondes. C’est correct, sans plus. Préparez-vous à devoir acheter des batteries supplémentaires ! La documentation qui nous a été fournie était pour le moins lapidaire, avec des instructions en anglais et mal formulées fournies sous la forme de photocopies. Il y a bien deux CD-Rom livrés dans la boite, qui correspondent aux manuels du Ladybird et de la radiocommande, mais leur contenu est sans grand intérêt. Impossible, du coup, de savoir quelles sont les fonctions de télémétrie indiquées par le site web de Walkera. Il faut une radiocommande plus élevée dans la gamme du constructeur pour en profiter. Mais quelles sont les valeurs que l’on peut consulter ? Mystère.

En résumé

Et tant pis pour la télémétrie. Reste que ce mini quadricoptère excelle en intérieur, se révèle un bonheur en extérieur, aussi bien pour les pilotes débutants que pour les amateurs confirmés. Une réussite ! Le prix ? Nous avons acheté le Ladybird avec sa radiocommande Devention 2402D pour 129 € chez Fun RC Toys, qui commercialise aussi des pièces de rechange (ce qui peut se révéler utile !).

Et en vidéo ?

Toutes les vidéos sont en HD, pensez à passer en plein écran pour bien en profiter !

Un vol en extérieur, avec un vent modéré…

 

Un vol en extérieur avec une caméra embarquée de tyype OctaCam 720p ! (sous la pluie)

 

Les tout premiers vols, en intérieur…

 

Et la suite ?

Vous retrouverez plus de photos, de détails, d’essais, d’astuces, dans le prochain numéro de HelicoMicro sur iPad que vous trouverez sur l’App Store ! Cliquez sur le bandeau pour en savoir plus…