Canada : retour sur la collision entre un drone et un Cessna

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En août 2021, un drone Matrice 210 de DJI opéré par la police régionale de York, au Canada, a été heurté par un Cessna 172N. L’avion civil était à l’approche de l’aéroport de Toronto, avec un élève en écolage et son instructeur (voir ici). L’avion a réussi à se poser sans difficulté, l’équipage croyait avoir été touché par un oiseau. Le drone M210 a été détruit par le choc contre l’avion puis le crash au sol : il est tombé d’une hauteur de 120 mètres environ. 

Que s’est-il passé ?

On en sait plus désormais avec la publication du rapport d’accident par le Bureau de la sécurité des transport du Canada, le 19 janvier 2023. Le drone était opéré par un agent disposant des requis pour le faire. Il était en vol stationnaire à 120 mètres lorsque le Cessna est venu le percuter. L’équipage de l’avion n’a pas vu le drone pendant l’approche. L’appareil a subi des dommages sur le capot moteur inférieur gauche et sur l’admission d’air du carburateur, et des égratignures mineures sur l’hélice. Des dommages importants, mais qui n’ont pas eu de conséquence grave, notamment sur la procédure l’atterrissage. Les pièces du drone ont été partiellement retrouvées au sol.

Les conditions et les raisons de la collision ?

Des pièces du Matrice 210 accidenté.

L’opérateur du drone de la police régionale de York effectuait un vol en urgence pour localiser un individu potentiellement armé.

  • Il a réduit la procédure de décollage à une checklist rapide de mémoire. 
  • Il a décollé après n’avoir constaté aucun trafic aérien. Le drone disposait de la technologie AirSense pour détecter des appareils équipés en ADS-B, mais l’avion n’en était pas équipé.
  • Il a décollé en l’absence de message VHF pendant la mise en route du drone (il n’était pas tenu à l’écoute VHF).
  • Au moment de la collision, le pilote avait placé le drone en stationnaire pour se concentrer sur le pilotage du retour vidéo de la caméra. Il était aussi occuper à communiquer avec d’autres équipes des forces de l’ordre. Cela a entrainé un manque d’attention de l’environnement de vol.
  • Il avait demandé à un agent de surveiller le vol, sans lui indiquer clairement qu’il devait le garder en vue directe à tout moment et surveiller l’environnement. L’agent en question n’était pas formé pour l’usage de drone (il n’était pas tenu de l’être). Il a semble-t-il principalement regardé l’écran de retour CrystalSky de la radiocommande pendant le vol. 
  • Un Matrice 210 de DJI (complet).
    Le Matrice 210 était débloqué par DJI pour avoir accès aux NFZ de l’aéroport, ce qui lui a permis de décoller dans cette zone.  

Les mesures prises après l’accident ?

Le rapport indique que la police régionale de York a modifié ses directives de vol pour inclure un outil d’évaluation des risques et pour modifier la checklist de décollage. Elle inclut des dispositions supplémentaires concernant l’obligation de présence d’un observateur à vue, avec mention de ses responsabilités. Il n’y a pas d’autre mesure évoquée par Transports Canada.

Source : Bureau de la sécurité des transports du Canada

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