Dronavia Zéphyr Beacon AM, le test

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Si vous pilotez des appareils radiocommandés de plus de 800 grammes en France, vous le savez, ils doivent être enregistrés sur le site AlphaTango et émettre un signalement électronique à distance. Une sorte de bracelet électronique qui est imposé pour des raisons de « sûreté nationale » par la loi dite « drones » de 2016 et ses arrêtés et décrets d’application. Le Zéphyr Beacon AM est l’une de ces balises de signalement électronique à distance qui diffuse l’identité de votre appareil en wifi à l’attention de… qui veut la recevoir. Ce sont les forces de l’ordre, bien sûr, mais aussi toute personne équipée d’un dispositif de réception.

Les caractéristiques

Le Zéphyr Beacon AM est proposé à un prix plus léger que celui de la plupart de ses concurrents : il est positionné à 40 € directement chez Dronavia (taxes comprises). Pour parvenir à ce prix, le constructeur a conservé l’électronique principale, l’antenne GPS, mais fait l’impasse sur une batterie intégrée et sur un boitier. Il faut donc fournir au Zéphyr Beacon AM une alimentation externe de 5 V. J’ai testé la balise sur l’un de mes racers de plus de 800 grammes, un Vega FX-HD 7 pouces de Fred Dauch. Elle est livrée avec une gaine thermique qui permet de protéger les composants et d’éviter les courts-circuits. Dronavia fournit aussi un connecteur à 3 broches de type servo (pré-soudé en option). Les dimensions de la balise avec sa gaine thermique et le connecteur soudé ? 3,7 x 1,9 x 1,3 cm – c’est moins qu’une carte SD… sauf en épaisseur, évidemment. Sans souder le connecteur à 3 broches, la longueur est de 3 cm au lieu de 3,7. Le poids ? 10,4 grammes (avec gaine et connecteur soudé).

Pour l’alimenter ?

Il y a 7 pins en tout sur la balise. L’alimentation a besoin de la pin 3 (GND) et de la pin 4 (+). Le Zéphyr Beacon AM attend du 5 V, mais pas plus, indique la documentation. J’ai donc utilisé une sortie +5 V et un GND sur le contrôleur de vol du Vega FX-HD. J’ai aussi utilisé un connecteur servo-servo sur une aile ZOHD, son récepteur radio PWM suffit pour assurer l’alimentation de la balise. A noter que le Zéphyr Beacon AM dispose d’une protection contre l’inversion de polarité. Dès que la batterie de votre appareil est branchée, la balise est allumée. Il est en théorie obligatoire de décoller rapidement, puisque l’article R. 20-29-8 du décret n°2019-1114 du 30 octobre 2019 punit d’une amende de 5e classe « l’émission volontaire d’un signalement électronique […] ne correspondant pas à un vol effectif ». C’est une amende pénale de 1500 €, non forfaitaire. Je souhaite que les rédacteurs de ce décret soient condamnés à piloter en mode 4, à perpétuité !

Où placer la balise à bord ?

En théorie, il faut la placer de telle sorte que l’antenne GPS soit tournée vers le ciel, pour optimiser la réception satellite et à l’extérieur pour optimiser l’émission wifi. En pratique, tout dépend de ce que vous voulez faire de votre balise. Si elle est uniquement présente parce que vous voulez être en conformité avec la réglementation, vous pouvez la placer où vous voulez. Y compris à l’intérieur d’un drone, sous une épaisse plaque de carbone. Car les textes réglementaires n’imposent aucune portée minimale ! il faut simplement que la balise émette au maximum de la puissance autorisée et c’est le cas puisque que Dronavia l’a réglée ainsi. Si elle n’est captée qu’à 10 mètres de distance parce que vous l’avez placée sous 3 couches de carbone ? Pas de souci, c’est réglementaire. Si en revanche vous désirez profiter de cette balise comme d’un tracker pour retrouver plus facilement un appareil après un crash, soignez l’intégration de la balise pour optimiser son fonctionnement.

Démarrage de la balise

La LED de la balise clignote avec plusieurs couleurs pendant la mise en route. Ensuite elle clignote en jaune tant qu’elle n’a pas de position GPS. Quand elle est opérationnelle, elle clignote en vert. La couleur mauve indique une erreur. La signalétique est simple… et elle est nécessaire puisque l’article R. 20-29-7 du décret n°2019-1114 du 30 octobre 2019 punit d’une amende de 4e classe « l’absence de dispositif de signalement électronique ou numérique en état de fonctionnement ». Oui, si la balise ne fonctionne pas, il y a passage à la caisse en cas de contrôle. Là encore, je demande le mode 4 à perpétuité pour les rédacteurs du décret. Et pour tous ceux qui l’ont contresigné.

Comment régler la balise ?

Pendant la phase de recherche de GPS, LED jaune clignotante, la balise met en place un hot-spot wifi qui permet d’accéder à une interface web. L’accès à l’interface est automatiquement coupé 15 secondes après que la position GPS ait été acquise, LED verte clignotante. Pour accéder à l’interface web, il suffit de se connecter au hot-spot wifi avec le mot de passe 12345678. Ensuite, il suffit de pointer le navigateur web sur l’adresse 192.168.1.1. La méthode fonctionne sur tout appareil wifi avec un navigateur web : PC Windows, Linux, Chrome OS, Mac OS X, iOS, Android, etc. Notez que sur un P20 Pro de Huawei, il m’a fallu passer en mode Avion puis activer le wifi pour accéder à l’interface web.

Balise et AlphaTango

La page détaille les identifiants de la balise, notamment le trigramme du constructeur (DNV pour Dronavia), le modèle (BAM pour Beacon AM) et le numéro de série. Pour lier la balise à la fiche AlphaTango de votre appareil, il faut aller dans l’onglet « Mes aéronefs » sur AlphaTango, partie « Signalement électronique ». A la ligne « L’aéronef est équipé d’un dispositif de signalement électronique », cochez « Oui ». A la ligne « Le dispositif est amovible », cochez aussi « Oui ». Choisissez « FR (30 caractères) » pour le « Format de l’identifiant ». Dans le menu déroulant, choisissez « DNV », « BAM » dans la case suivante, puis copiez le numéro de série de la balise dans la grande case. Répétez ces informations sur la ligne en-dessous. Vérifiez tout et cliquez sur « Sauvegarder ». C’est bon, vous êtes en règle, le statut de votre appareil est passé à « Valide » dans AlphaTango.

Vérification du bon fonctionnement

Nous l’avons vu, le décret n°2019-1114 du 30 octobre 2019 vous oblige à vous assurer que la balise fonctionne bien. La LED verte clignotante est un premier moyen de contrôle. L’interface web de la balise est un autre outil : elle indique si la balise est opérationnelle et accompagne l’information de la position GPS, de l’altitude et de la hauteur, de la vitesse et du cap…

Le mode réception

La balise Zéphyr Beacon AM ainsi que les autres balises de Dronavia disposent d’un mode Réception très intéressant, à choisir sur la page principale de l’interface. Il permet de transformer la balise en un récepteur de signalement électronique à distance. Dans ce mode, la balise ne diffuse plus son signal, mais « écoute » le canal 6 du wifi pour détecter des trames correspondantes au signalement électronique à distance.

A quoi ça sert ?

Tout s’abord à vérifier qu’une balise fonctionne correctement, peu importe sa marque et son modèle, pourvu qu’elle soit conforme à la réglementation. De manière beaucoup plus intéressante, elle permet d’utiliser une balise de signalement comme un tracker, et une autre balise comme récepteur pour détecter la première et retrouver votre appareil plus rapidement après un crash.

Le mode réception, suite

Les forces de l’ordre pourront y trouver un outil de réception capable de fonctionner sur un simple smartphone. L’interface affiche les balises détectées à proximité avec leur numéro de série et, en touchant les icônes, l’intégralité des information diffusées, y compris la position du décollage (donc très probablement celle du pilote). Il est même possible d’afficher la position de l’appareil sur une carte Google Maps. L’itinéraire avec le tracé n’est en revanche pas mémorisé, comme c’est le cas d’un outil dédié comme le SD20RL de Skyinnov (voir le test ici).

Portée et précision de la balise

La portée du wifi est très dépendante de l’environnement et du placement à bord de votre appareil. Dans des conditions optimales, c’est-à-dire à l’abri de perturbations radio, sans obstacle, j’ai pu garder le contact avec une Zéphyr Beacon AM jusqu’à 1,3 km de distance. A bord du Vega FX-HD et d’autres appareils en carbone et plusieurs liaisons radio simultanées, la portée varie entre 50 mètres (au sol) et 600 mètres (en vol). Cela signifie que la fonction tracker est fonctionnelle en cas de crash, mais qu’il faut tout de même s’approcher pour capter les trames de la balise. Là encore, les performances varient beaucoup selon l’environnement. L’erreur de positionnement du GPS est d’environ 5 mètres la plupart du temps, mais il arrive parfois qu’elle atteigne 15 mètres. C’est grave ? Pas vraiment : c’est suffisant pour que la balise assure sa mission de « sûreté ». C’est suffisant aussi pour être guidé vers un appareil caché dans un champ après un crash.

Désactiver l’interface web

La balise émet peu : le signalement électronique n’est diffusé que toutes les 3 secondes ou lorsque le GPS a détecté un déplacement de plus de 10 mètres. Dronavia indique que le wifi est désactivé entre l’envoi de 2 trames pour limiter l’occupation de la bande passante et réduire le risque de perturbation d’autres systèmes en 2,4 GHz. Mais pendant la phase d’initialisation, LED jaune clignotante, le wifi est actif en continu. Si vous ne désirez pas que la balise mette en place le hot-spot wifi et l’interface web, il suffit de faire un pont entre les pin 6 et 7 de la balise, avec une soudure ou, mieux, avec un cavalier amovible disponible en option (1 €).

Alimenter avec plus de 5 V ?

La documentation précise qu’il est possible d’alimenter le Zéphyr Beacon AM entre 4,2 et 8,4 V, soit du 2S. Mais si la tension dépasse les 5 V, il faut établir un pont entre les pins 6 et 7 pour activer un mode HV (High Voltage). Pourquoi ce mode ? Dronavia m’a expliqué que la balise risquait de chauffer par de fortes chaleurs ou confinée dans un boitier, lorsque le wifi est actif en continu. Il n’y a pas de risque de dégâts, l’alimentation est mise en sécurité si cela devait arriver. Mais dans ce cas la balise cesse d’émettre. D’où le choix de Dronavia qui consiste à désactiver le wifi en continu (pour l’accès à l’interface) dans le cas d’une alimentation entre 5 et 8,4 V, ce qui permet à la balise une continuité de fonctionnement conforme à la réglementation. Bien évidemment, parce que j’ai d’abord utilisé la balise et ensuite lu le manuel, je l’ai alimentée avec une petite Lipo 2S de 350 mAh (17,9 grammes) dotée d’une prise JST rouge. Cette prise tient parfaitement sur le connecteur à 3 broches, dont 2 seulement sont utilisées. Parfait pour obtenir une balise totalement autonome et facile à transférer d’un appareil à un autre. Pas de BBQ, pas de fumée magique : la balise a parfaitement fonctionné. Attention, je ne vous recommande pas de faire la même chose, respectez la procédure de Dronavia.

Faut-il l’acheter ?

Si vous n’avez pas envie de dépenser trop pour un dispositif qui est exigé réglementairement, et que vous n’avez pas l’intention de passer du temps à réaliser le vôtre, la balise Zéphyr Beacon AM de Dronavia est un excellent choix. Elle est facile à mettre en œuvre, efficace et propose une interface web agréable pour les réglages. Sa capacité à se transformer en récepteur de balises est un bonus très intéressant si vous comptez utiliser la balise comme tracker. La Zéphyr Beacon AM est proposée à partir de 40 € directement sur le site de Dronavia, ou chez des revendeurs comme Studiosport.

12 COMMENTAIRES

  1. @Fred, ça fait plus 20 ans que je pilote en mode 4: planeur, avion, hélico, 3D, FPV, freestyle … et ça se passe bien ! ;o)
    Mais bien vu pour cette particularité réglementaire.

    Et merci pour l’essai très complet !

  2. Petite question avez vous constatez des perturbations dans la liaison vidéo ou radio lorsque la balise emet ? Et avez vous constatez un changement au niveau de la consommation du quad ?
    Enfin, je pense que oui mais est ce que la balise reste conforme a la législation si l on choisit de faire le pont pour désactiver le wi fi ?

  3. @ JPH : Ah c’est toi, le mode 4 ? 😉
    Je plaisante, évidemment, d’autant que le mode 4 est souvent absent des réglages sur de nombreuses machines, à la différence des 123.

  4. @ Alexandre : Non, pas de perturbations, sur aucune machine testée (y compris un vieux Phantom 1 qui me sert de benchmark).
    La désactivation du wifi ne concerne que l’accès à l’interface de contrôle, le wifi de diffusion des trames de la balise reste 100 % opérationnel, donc pas de souci de conformité.
    Pour la consommation, je n’ai pas noté de perte d’autonomie. Sur un appareil de plus de 800g, la conso est je suppose largement absorbée par la batterie forcément grand format.

  5. Je trouve que c’est pas mal pour faire un tracker si on ne fait pas de long range. Quand on voit le prix de certains trackers qui coûtent plus cher que le drone.

  6. @ Spoutnik : Tu peux transformer la balise en version autonome avec une batterie semblable à celle que j’ai utilisée dans mon test, pour 18 grammes de plus (celle-ici). Il faut simplement prendre le cavalier à 1 € de plus pour alimenter en 2S sans risque de surchauffe. Ca assure une autonomie qui dépasse les 2h (je n’ai pas essayé plus longtemps).

  7. Bonjour à tous,
    Je ne comprends pas trop le double usage des bornes 6 et 7 …
    Je lance l’idée de pouvoir récupérer les infos pour l’utiliser comme un GPS normal.

  8. @ Pierro : Ce n’est pas un double usage, ça permet simplement de ne pas démarrer le hot-spot pour accéder à l’interface de contrôle (laquelle est dispensable). La conséquence, c’est que le wifi émet à intervalles plus longs et que la balise chauffe moins, d’où la possibilité de l’alimenter avec une tension supérieure à 5 V.

  9. Fred, bonjour, c’est marrant mais Flash RC annonce, sur les caractéristiques de la balise, une alimentation de 3,7 à 12V et toi tu dis qu’elle ne veut pas plus de 5V. Qu’en est-il vraiment selon toi?
    Merci d’avance pour la réponse.

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