Parrot Anafi Thermal, en approche

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Les outils d’imagerie thermique aérienne étaient jusqu’à présent réservés à des appareils de grande taille. Avec le Mavic 2 Enterprise Dual (voir la preview ici), le constructeur DJI a réduit les coûts. L’Anafi Thermal est une étape supplémentaire dans l’accessibilité des prises de vues thermiques pour les professionnels. Il faut dire que Parrot dispose déjà d’une expérience dans le domaine, avec des outils comme le capteur Sequoia ou le Bebop Pro Thermal.

Les caractéristiques

La base utilisée par Parrot est l’Anafi (voir le test ici), un drone destiné au  grand public. Ses caractéristiques techniques sont par conséquent très semblables. C’est un quadricoptère à bras pliables, animé par une batterie 2S de 2700 mAh à charger en USB-C, équipé d’outils de positionnement satellite GPS et Glonass, d’un baromètre altimétrique, d’un magnétomètre, d’une caméra verticale, d’un capteur à ultra-sons et de capteurs doublés pour redondance comprenant un IMU, un accéléromètre, un gyroscope. Il assure une liaison radio et vidéo en wifi 2,4 et 5,8 GHz, en 720p avec une portée théorique de 4 kilomètres. Il s’appuie pour cela sur une radiocommande compacte, le Skycontroller 3.

Des chiffres ?

L’appareil mesure 21,8 x 6,9 x 5,4 cm plié, et 24,2 x 31,5 x 6,4 cm déplié. Il pèse 315 grammes avec sa batterie, prêt à voler. Il est donc plus léger de quelques grammes que l’Anafi… alors qu’il embarque une caméra hybride ! Cette caméra en un seul bloc montée sur une nacelle stabilisée sur 2 axes est capable de filmer à l’horizontale, mais aussi avec un angle qui peut aller jusqu’à la verticale vers le bas (-90°) ou la verticale vers le haut (+90°). A cela s’ajoute une stabilisation logicielle sur les 3 axes, effectuée en temps réel.

La caméra hybride, spectre visible

Le bloc caméra de l’Anafi Thermal est composé de la même caméra que celle de l’Anafi, dans le domaine du visible, avec un capteur CMOS de 21 mégapixels 1/2.4’’ associé à une lentille asphérique f/2.4 de 26 mm en équivalent 35 mm. Elle filme en 4K Cinema jusqu’à 24 images par seconde, en 4K UHD jusqu’à 30 fps, en FullHD jusqu’à 60 fps, en HD jusqu’à 120 fps, avec un angle de 69°. Elle permet des images en HDR, avec un zoom numérique sans perte de 2,8x en FullHD. Le débit maximal est de 100 Mbps. Elle permet de shooter des photos en Jpg et en RAW.

La caméra hybride, spectre invisible

Dans le même boitier, Parrot a ajouté une caméra thermique FLIR Lepton 3.5, d’une définition de 160 x 120 pixels qui filme à 9 images par seconde avec un angle de 57°. Elle permet de détecter des plages de températures entre -10° et +400°. Pour exploiter ces images, Parrot a mis à jour l’application Freeflight 6. Elle permet d’afficher l’image dans le spectre du visible, de basculer sur la vue thermique, ou de fusionner les deux pour profiter de plus de détails. Les deux flux, visible et thermique, sont enregistrés simultanément sur la carte microSD à bord de l’appareil. Un exemplaire SanDisk de 16 Go est fourni avec l’Anafi Thermal.

Les outils pour la caméra thermique

Pendant le vol, Freeflight 6 permet d’estimer la température d’un point à l’écran en le touchant et de pratiquer un arrêt sur image. L’affichage de l’image thermique repose sur 3 palettes de réglages. La première est Relative : la palette couvre l’intégralité de l’écran pour coloriser l’image en tenant compte du point le plus froid et du point le plus chaud. La deuxième est Absolute : c’est l’utilisateur qui choisit la plage de température à utiliser, en fonction de sa connaissance de la situation. La dernière est Spot : ce mode permet de n’afficher que les points les plus chauds ou les plus froids pour détecter des anomalies, foyers de chaleur ou fortes pertes de chaleur. A noter que la palette des images thermiques enregistrées peut être modifiée par la suite pour des besoins d’analyse.

Sécurité

L’Anafi Thermal permet de placer des limites de vol pour éviter de dépasser un environnement autorisé. Il est par exemple possible de modifier le plafond de vol, de mettre en place une géo barrière, de créer des plans de vol répétables à l’envi avec le module FlightPlan, et bien sûr d’automatiser un retour au point de décollage. Freeflight 6 prévient le pilote quand il est temps de revenir, en fonction de la capacité de la batterie et de la distance, en automatisant une procédure de retour automatique – qu’il est possible d’interrompre.

Les points forts de l’Anafi Thermal ?

Parrot met en avant son encombrement réduit et son poids plume qui permet de le transporter facilement et d’être loin de la barre des 800 grammes en France. Le faible volume sonore assure la discrétion en vol, et le zoom aide à rester à distance. La caméra thermique permet de mesurer les points de température, la caméra 4K s’occupe de fournir des images détaillées. A cela s’ajoute la nacelle qui peut orienter la caméra vers le haut. Le constructeur met aussi en exergue les outils d’automatisation des vols, sans oublier l’autonomie, puisque Parrot annonce jusqu’à 26 minutes de vol avec une batterie, qui se charge en 1h15 via une source USB-C QuickCharge 3. La sacoche de transport livrée avec l’appareil contient 3 batteries ! Enfin, le prix est l’un des plus légers du marché, puisque l’Anafi Thermal est proposé à 1900 € HT. Il sera disponible le 9 mai 2019.

Pour qui ?

L’Anafi Thermal est destiné à des usages professionnels et industriels. Parrot cible les métiers du BTP, la surveillance des panneaux photovoltaïques, les fournisseurs et transporteurs de l’énergie. L’Anafi Thermal est également destiné aux missions des services de sécurité civile et aux organisations de protection de l’environnement. Il est possible d’utiliser les outils d’automatisation des vols et de traitement des images en 2D et 3D de Pix4D, avec l’application Pix4DModel – à télécharger séparément.

Loi et photos aériennes hors du spectre visible

En France, les prises de vues aériennes sont soumises à l’article D133-10 du code de l’aviation civile. Lequel requiert, pour des prises de vues hors du domaine du visible, une autorisation préfectorale. Le Cerfa à remplir pour cette demande (voir ici) est clairement destiné aux professionnels. Quelle sera la réaction de l’état si des particuliers utilisent un drone pour pratiquer des prises de vues aériennes avec une caméra thermique, par exemple pour pratiquer un bilan énergétique de leur habitation ? Allez savoir…

Une vidéo promotionnelle

8 COMMENTAIRES

  1. 120p / 9Hz sérieusement, FLIR n’a pas de concurrents en Europe qui pourrait offrir mieux que ça ? Parce que là, ça devient ridicule.

  2. @ FPV_67 : Si on considère qu’il est en mesure d’aider à combattre des incendies, il n’y a pas de bon ou mauvais moment, le mieux est le plus tôt…

    Pour la petite histoire, j’ai assisté à l’agonie du toit de Notre-Dame depuis chez moi, avec l’Anafi Thermal entre les mains, j’allais démarrer son shooting.

  3. @jules, c’est un problème sur les licenses et réglementations Avec cette petite definition et rafraîchissement, ils n’ont pas besoin de license d’exportation et le drone n’est pas catégorisé en matériel militaire !

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