Live Drone : tournages en Cinewhoop

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La société Live Drone s’est illustrée avec deux tournages professionnels réalisés avec un nano drone. Le but ? Proposer des images qui auraient été difficiles à tourner avec une caméra à main ou un drone de plus grande taille, d’autant que les vols étaient soumis à des contraintes de sécurité en intérieur. Le premier entraine dans une découverte des locaux d’une société. Thomas Jumel, le PDG de Live Drone, a accepté de nous dévoiler les coulisses de son tournage…

Helicomicro : Comment ce projet a-t-il été initié ?
Thomas Jumel : La société Live Drone, spécialiste du tournage par drone, en direct ou en VR 360, a été contactée en octobre 2018 par l’agence Very Happy Media pour proposer un film différent à son client Linedata. Cet éditeur de logiciels, acteur majeur de l’industrie financière au niveau mondial, désirait une vidéo tournée en drone comme support pour ses vœux 2019.

HM : Il y avait une ligne directrice ?
TJ : Le pitch du film était assez simple. En une minute, il fallait présenter les nouveaux locaux de Neuilly sur Seine de manière innovante et dynamique, et témoigner de l’esprit d’entreprise avec la mise en scène d’une quarantaine de ses collaborateurs.

HM : Comment l’idée d’utiliser un nano drone est-elle venue ?
TJ : Live Drone a donc tout de suite pensé à utiliser le FPV et son Cinewhoop pour cette production. Quelques très rares réalisations de ce type avaient déjà été publiées par ailleurs, et nous développions notre machine depuis quelques semaines. C’était donc l’occasion de se lancer dans l’aventure et de contribuer à l’essor de cette nouvelle façon de produire de l’image aérienne. 

HM : C’est un vrai plan séquence ?
TJ : Nous avons choisi pour relever le défi de filmer une déambulation dans quatre tableaux distincts au milieu du personnel de l’entreprise mis en scène pour l’occasion. Ce film d’une minute a donc été pensé pour donner l’impression d’un plan séquence, avec des contraintes de tournage comme une faible luminosité, des espaces parfois réduits et seulement quelques heures de disponibilité des figurants. 

HM : Il y a eu écriture d’un scénario ?
TJ : Oui, nous avons découpé et scénarisé les vols en amont tout en cherchant à trouver les meilleures trajectoires, des raccords entre les scènes les plus fluides possibles et le tout en un minimum de temps et de prises.

HM : C’est une GoPro Hero 7 qui est au centre du dispositif ?
TJ : Absolument. Cette machine est équipée d’une GoPro Hero 7. C’est la solution vidéo retenue pour nous permettre de livrer un film en UHD de bonne qualité, stable et surtout capable de supporter le manque de luminosité.

HM : Vous avez évalué des caméras plus légères ?
TJ : Nos essais avec des caméras type Caddx Turtle ou RunCam Split 2 nous ont déçus sur les rendus en faible luminosité et bien sûr concernant la stabilité. Ce tournage se déroulant en hiver et en intérieur, la lumière était donc l’un des gros enjeux du rendu final. La GoPro Hero 7 est une action cam avec une bonne sensibilité, un shutter speed ajustable notamment pour s’adapter à la fréquence de flicker des néons et surtout une fonction de stabilisation électronique appréciable pour fignoler les trajectoires et atténuer les vibrations de la machine.

HM : Il a donc fallu un appareil capable de porter une GoPro Hero 7.
TJ : Elle était le choix parfait pour notre projet mais cela impliquait de voler avec des machines plus grandes qu’un 2 pouces ou 2,5 pouces type Beta75X/85X. La frame est donc une base de châssis Storm Bumper V2 en 3 pouces que Live Drone a modifié et customisé avec beaucoup de pièces en impression 3D.

HM : Il fallait sécuriser les hélices…
TJ : Puisque les vols devaient être pratiqués à proximité immédiate de personnes, oui, la protection des hélices était une obligation sur ce projet. L’électronique est très classique, un choix fiable et éprouvé pour enchainer les vols et ne pas risquer d’incidents en plein tournage. Bien entendu nous avions deux machines prêtes à voler et équipées de la même façon.

HM : Quelle est la configuration de la machine ?
TJ : Le châssis est un Bumper V2, équipé de moteurs Xnova 1406 à 3500KV, un ESC 20A ORI et un contrôleur de vol F4 Omnibus, une RunCam Microswift V2 avec un émetteur vidéo FuriousFPV Stealth, plus une solution radio Futaba. Les batteries sont des Dinogy 4S de 800 mAh.

HM : Il fallait de bons pilotes pour mener à bien ces vol ?
TJ : Sur ce type de projet, la machine est importante mais le pilotage est primordial. Le pilote est au cœur du résultat puisqu’il doit gérer ses trajectoires, le timing de figuration parfois approximatif, la vitesse, le cadrage. Il faut aussi réussir à limiter les prises avec des figurants qui ne sont pas des professionnels et qui ont une réunion à 14h… Bref une certaine responsabilité nécessitant une bonne préparation des vols, une belle maitrise et une bonne dose de concentration !

HM : Il y a des scènes en extérieur. La réglementation le permet-elle ?
TJ : Une partie du tournage avait lieu en extérieur, dans le patio de l’immeuble. Nous avions sécurisé l’endroit avec un filet de protection installé au 4ème étage, en empêchant toute échappée du drone par le haut. Nous avons donc répondu aux exigences réglementaires en nous limitant uniquement à du vol en intérieur, sans jamais pénétrer dans l’espace aérien. Cette sécurité était obligatoire car le client tenait vraiment à tourner à cet endroit et partageait notre préoccupation permanente de maitrise réglementaire des opérations.

HM : En extérieur avec un nano racer, ce n’est pas si facile !
TJ : Le patio où a eu lieu le tournage était perturbé par une aérologie tumultueuse qui nous a beaucoup handicapé pour maintenir les trajectoires de la machine. Le manque de temps ne nous a hélas pas permis de refaire une seconde fois la prise, nous laissant avec une séquence certes dynamique, mais imparfaite… Ce sont les aléas du tournage, qui s’est déroulé en conditions de quasi-direct !

HM : L’envol final et la séquence dans l’eau ? On veut savoir…
TJ : L’envol final en extérieur a été pratiqué après une déclaration préfectorale, avec un Mavic 2 Pro de DJI. C’est la magie de la post-production qui donne l’illusion d’un mouvement continu entre l’intérieur et l’extérieur. Quant à la plongée sous l’eau… c’est notre secret !

HM : En quoi a consisté le travail de post-production ?
TJ : Live Drone a eu la possibilité sur ce projet de gérer de bout en bout sa réalisation, avec une post-production assurée par son studio interne. Elle a inclus le montage, le keying, les incrustations, les trucages des transitions et autres effets typographiques en tracking 3D… Maîtriser tous les maillons de la production nous permet d’anticiper les problèmes et d’adapter aussi le tournage.

HM : Alors, filmer de manière pro avec un nano racer, ça vaut le coup ?
TJ : Au final, ce film était un petit pari à la fois technique, logistique et esthétique, qui a permis de rendre l’exercice de la carte de vœux plus attractif que d’ordinaire. Il a été réalisé par un acteur du monde professionnel de la vidéo par drone, signe que le FPV et les Cinewhoop, en pleine démocratisation, sont devenus un nouveau moyen d’expression audiovisuel à part entière.

En voiture (de luxe)

Le second tournage s’est déroulé dans une concession de voitures de luxe, de petits bijoux à protéger… Laurent Doumas, pilote et responsable de la post-production chez Live Drone, nous a décrit le tournage !

Helicomicro : Pourquoi un film en nano drone ?
Laurent Doumas : L’Automobile Paris désirait faire une vidéo promotionnelle pour sa communication internet. Cette concession de voitures de luxe souhaitait produire un film de qualité à la mesure de leur catalogue de véhicules. Nous avons donc proposé de réaliser une nouvelle vidéo Cinewhoop pour mettre en avant son activité et sortir du schéma traditionnel de la vidéo promotionnelle.  Cela nous a permis de montrer une nouvelle fois nos capacités dans ce domaine, comme avec Linedata.

L’Automobile Paris from Live Drone on Vimeo.

HM : Quel était le cahier des charges ?
LD : Il s’agissait de montrer les locaux et de donner un aperçu du showroom. Il fallait aussi montrer l’équipe et les activités annexes de la société comme les filmages de protection, la préparation de voitures. Sur le reste, nous avions carte blanche pour proposer un scénario complet et surtout faire tenir ce tournage dans un minimum de temps. Il ne fallait pas bloquer l’activité. L’Automobile Paris nous a fait entièrement confiance sur le rendu et la qualité de la vidéo. Nous avons imaginé le parcours du Cinewhoop en amont du tournage pour optimiser le temps sur place. Dans ce genre de projet, la préparation est presque plus importante que le tournage.

HM : Ce n’est pas un plan séquence…
LD : Nous avons fabriqué un vrai faux plan séquence avec des raccords. Nous devions faire au plus court sans tomber dans la déambulation interminable et sans intérêt, parce que montrer des plafonds ou des bureaux vides n’apporte rien. Nous avons donc divisé notre film en 3 chapitres. Il y a les bureaux avec l’accueil client, la salle de réunion et les bureaux avec le showroom et la vue extérieure des locaux. Ce film a été réalisé en quatre prises en FPV et deux prises en drone car l’équipe ne pouvait pas être monopolisée trop longtemps. Les employés et même des clients ont fait de la figuration dans le film !

HM : Les images sont issues d’une GoPro Hero 7 ?
LD : Nous utilisons toujours cette action cam qui représente pour le moment le meilleur compromis qualité – poids – encombrement pour notre Cinewhoop 3’. Le seul défaut qu’il a fallu résoudre en postproduction est la balance des blancs automatique. Nous avions beaucoup de sources de lumière différentes avec des températures passant des tubes fluo à 4500K aux fenêtres à 5600K. Il a donc fallu jouer avec l’étalonnage seconde après seconde. Beaucoup de personnes nous ont demandé nos réglages de caméra. A vrai dire, ils sont très basiques, c’est du 4K, hypersmooth activé, capteur en wide et 50 image par seconde.

HM : Quel est l’équipement de la machine ?
LD : Nous utilisons toujours le même setup pour cette production ! Le châssis est un Bumper V2 équipé de moteurs XNova 1406 à 3500KV, un ESC 20A ORI et un contrôleur de vol F4 Omnibus, une RunCam Microswift V2 avec un émetteur vidéo FuriousFPV Stealth, plus une solution radio Futaba. Les batteries sont des Dinogy 4S de 800 mAh. Nous avions juste ajouté de la mousse sur le devant de la machine pour éviter de faire des traces en cas de chocs sur un véhicule de luxe. Voler au-dessus de ces voitures hors de prix implique des précautions supplémentaires. 

HM : L’envol final ?
LD : Le plan final en extérieur a été pratiqué après une déclaration préfectorale avec un Mavic 2 Pro de DJI. Le raccord a été fait en post-production. Live Drone a produit ce projet de A à Z. Nous avons donc géré de bout en bout sa réalisation et la post-production. Ca inclut les autorisations, le tournage, le montage, les trucages des transitions, les effets typographiques en tracking 3D… Bref c’est un produit made in Live Drone.

HM : Le résultat est à la hauteur de vos attentes ?
LD : Ce film confirme je pense nos capacités a produire des films Cinewhoop de qualité. Le client était très content du résultat et les chiffres des lectures et autres partages sur internet nous confortent dans l’engouement de ce nouveau type de vidéo. Nous avons déjà un nouveau projet en préparation…

Crédits photos : Live Drone

9 COMMENTAIRES

  1. Tres chouette reportage @fred !! Merci.
    De plus en plus d’utilités autour de sujets divers et variés avec ces Cinewoop. C’est vraiment tres cool !

  2. Merci Laurent ce châssis a plus d’avantage que celui avec Ducks ??
    car j’hésite encore pour celui que je monte actuellement .

  3. @freddrone, Nous venons d’acheter une machine très connue avec des ducks nous allons pouvoir comparer avec notre châssis.

    @frederic nous avons développé pas mal de pièces maison pour ce châssis, merci de nous envoyer un email a [email protected] 😉

    @Crysipe Personne n’est parfait 🙂 mais nous n’avons pas utilisé de realsteady en post-production pour affiner le smooth des trajectoires.

  4. Fred, tu dis que la frame est une bumper V2 modifiée en 3 pouces et je ne comprends pas comment c’est possible. Chez Storm il y a la OWL en 3 mais elle est beaucoup plus grosse. Ça passe des props de 3 dans la Bumper?

  5. @Benoit, c’est une Bumper V2 en 3″ mais modifiée avec des améliorations (colonnette, impressions) Donc c’est un kit normal du commerce pour la base a 80%.

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