Helsel Gladius Mini, le test

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Les réglages vidéo

On peut choisir entre du 4K (3840 x 2160 pixels) à 30 fps, ou du 1080p (1920 x 1080 pixels) à 30, 60 ou 120 fps ! Le débit est par défaut de 4 Mbps. Attention, c’est très faible et je me suis fait piéger : ma première vidéo qui montrait une rencontre avec une écrevisse (enfin, je crois) souffrait d’une image très compressée. Il est recommandé de pousser le débit au-delà de 40 Mbps, le maximum étant de 60 Mbps. Pour valider les réglages vidéo, il ne faut pas oublier de cliquer sur Enter… une icône que l’on ne voit que si on fait défiler l’écran vers le bas ! Là encore, je me suis fait avoir… A noter que la mémoire interne du Gladius Mini est de 64 Go. En 4K avec le débit maximum, comptez environ 400 Mo par minute de vidéo. Soit plus de 2 heures d’enregistrement…

Les réglages du sous-marin

Ils ne sont pas très nombreux. Le plus important, c’est celui de la radiocommande, qui permet de choisir l’affectation des joysticks. Des sortes de mode 1 ou mode 2 pré réglés, avec la possibilité de choisir ses commandes, y compris l’affectation des touches. On peut aussi choisir une réponse linéaire des joysticks, ou une courbe pour assouplir les commandes. Les menus offrent la possibilité de calibrer l’accéléromètre, la boussole électronique, le capteur de profondeur, les capteurs IMU et la carte mère.

Netteté ?

Lorsque le Gladius Mini est hors de l’eau, on remarque que la netteté est très prononcée. Cet effet s’estompe complètement une fois l’appareil immergé. La conjonction de la faible luminosité et du voile des particules en suspension diminue la netteté. On peut y remédier en modifiant les réglages de la caméra soi-même, en jouant avec l’exposition au risque d’obtenir une image plus sombre et sur la netteté qu’on peut encore pousser, mais aussi risque d’une image peu naturelle. Les paramètres par défaut restent les plus efficaces. Le réglage de la netteté est important si vous évoluez dans une eau très claire et très lumineuse, il faudra probablement le diminuer un peu.

La qualité des vidéos ?

Vous l’avez compris, je n’ai expérimenté que des étangs à la visibilité très réduite. Il n’y a pas pire pour filmer, puisque c’est en présence de particules en suspension et avec un voile qui ne permet de pas de voir à plus d’un mètre de distance. Le résultat est pourtant très satisfaisant. On ne perçoit pas forcément la haute définition 4K comme sur une caméra volante, mais si on y prête attention, on voit les bulles d’air accrochées aux plantes, signe que la caméra offre une image intéressante. Il ne faut pas s’approcher trop près des objets, l’image devient floue à partir de 10 cm. A moins de rechercher les petits détails, on ne perd pas tant que ça à filmer en 1080p. Notez que le mode 120 images par seconde devrait vous permettre de réaliser des ralentis, pratique pour suivre des poissons un peu rapides.

La qualité des photos ?

Les conditions de mes prises de vues étaient difficiles par manque de luminosité. Les photos que j’ai prises souffrent tout naturellement d’un grain assez fort, signe que le logiciel a poussé la valeur ISO, et parfois d’un flou de mouvement. C’est grave ? On ne peut rien faire contre le flou en post-production, mais il y a toujours moyen de réduire le bruit avec un logiciel spécialisé. Le Gladius Mini permet de shooter à la fois en Jpeg et en RAW. Le Jpeg permet de visionner les images facilement, voire de les envoyer par mail ou de les partager en ligne. Le RAW est destiné à la retouche sur un logiciel spécialisé. On peut parvenir à des résultats très corrects avec de la patience. Vous pouvez télécharger quelques exemples de photos en Jpeg et en RAW ici.

Le transfert des images ?

Il n’y a pas de connecteur USB sur le Gladius Mini ni sur le relais wifi. Pour récupérer les images, vous pouvez passer par l’interface du logiciel IF.Dive sur smartphone. Il permet de visionner photos et vidéo et de les transférer dans la mémoire du smartphone en haute-définition. Attention, vous pouvez manquer de place sur votre mobile. IF.Dive permet aussi d’effacer les images. Vous pouvez vous connecter depuis un ordinateur s’il dispose du wifi, en pointant le navigateur vers 192.168.1.88. Voilà qui est plus efficace pour rapatrier de lourdes vidéos. Dommage, en revanche, que l’interface web ne permette pas d’effacer les fichiers…

Les défauts ?

L’autonomie du Gladius Mini est de 2 heures selon Chasing Innovations, en vitesse L. Mais j’ai difficilement dépassé une heure d’utilisation. Ce qui n’est pas si mal… Pourtant si vous êtes embusqué sous l’eau à guetter l’esturgeon planqué dans la vase – j’ai tenté l’expérience -, le temps passe vite. Si vous passez dans des algues ou des herbiers, il arrive que des plantes se coincent dans les moteurs. Dans ce cas, pas le choix, il faut rapatrier l’appareil en tirant sur le câble. Il suffit d’expérimenter une fois ce désagrément pour veiller à éviter les ennuis sur les plongées suivantes… Dommage que Chasing Innovation ait fait l’impasse sur une manivelle pour rembobiner le câble et sur un sac étanche pour isoler le Gladius Mini à sa sortie de l’eau. Ils seront disponibles sous forme d’accessoires, selon Helsel.eu.

Défauts (de présérie) ?

L’exemplaire de test que j’ai utilisé n’était pas une machine définitive. J’ai rencontré deux problèmes. La liaison filaire du Gladius Mini lâchait en fin de batterie, interrompant la plongée. A noter que dans ce cas, l’appareil remonte tout seul, doucement, vers la surface. L’autre souci concernait le connecteur HDMI du relais wifi : je n’ai pas réussi à obtenir une image, que ce soit avec des lunettes FatShark, un masque Headplay, un téléviseur, des lunettes EV200D de Eachine. Je n’ai pas eu d’explications convaincantes de la part de Chasing Innovations. Il faudra vérifier sur un exemplaire de série que ces deux soucis sont bien absents.

Les points forts ?

La combinaison des 5 hélices est bien pratique pour piloter le Gladius Mini avec précision et surtout gérer l’inclinaison de la caméra, comme nous l’avons vu. C’est tellement pratique qu’on se prend à en vouloir encore plus ! comme par exemple la possibilité de glisser vers la droite ou la gauche. Mais il faudrait encore 1 ou 2 hélices supplémentaires. Si la batterie du Gladius Mini dépasse à peine 1 heure, celle du relais wifi dure beaucoup plus longtemps, elle tient 4 plongées d’une heure sans recharge – je n’ai pas essayé plus. La batterie de la radiocommande tient encore plus longtemps, je ne l’ai chargée que 2 fois pendant mes tests, et ce n’était manifestement pas nécessaire. A noter que le câble du Gladius Mini reste bien en surface, ce qui permet de savoir à peu près où se trouve le sous-marin. Il a été conçu pour ne pas s’entortiller et… le résultat est très convaincant ! L’entretien de l’appareil n’est pas bien compliqué.

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9 COMMENTAIRES

  1. L’avantage aussi c’est que la DGAC ne vous tombera pas sur le dos ..
    Pour les étangs privés n’oubliez pas de demander l’autorisations des propriétaires …
    Quant aux gilets ils apprécieront la couleur de l’engin …
    Je sors 🙂

  2. Fracnk bah tu t’es trompé mon ami….
    Franck c’est mieux, mais pas grave, ce fut un honneur de participer.

  3. Merci Fred pour cet essai. Superbe vidéo, qui fait rêver en nous plongeant (!) immédiatement dans un univers phantasmagorique. Elle induit le calme, au contraire de l’excitation du Fpv Racing. Petit changement qui fait du bien de temps en temps. J’ai tout autant apprécié l’adéquation avec ton choix de musique. Tes rencontres semi-fortuites avec les habitants de l’étang, quel plaisir.

  4. idéalement faudrait une station relais flotante qui transmettrai avec la techno OcuSync

    Pour partir en plongée ce serai génial de repérer des site et faire un parcours pour préparer des plongée sans la contrainte d’eloignement.
    En plus en mer ou sur un lac, 0 obstacle, ideal

    Y a pas un constructeur qui l’a fait ou voudrait le faire

  5. @ FPV_67 : Vu que l’état a mis en place une gouvernance sur un schéma national “eau” par arrêté du 19 octobre 2018, avec le site https://www.eaufrance.fr en support, on peut s’attendre à des rapports circonstanciés de groupes d’influence et à une p’tite vague de restrictions réglementaires à venir…

  6. @Fred : Lol et bientôt des brochets dressés à couler les Gladius trop téméraires, entraînés par les plongeurs d’élite de la marine nationale 👇

  7. Hélas … je confirme une peu ce que tu entrevois Fred, à savoir une réglementation qui va pas tarder à pointer le bout de son nez …

    Etant particulièrement intéressé par ce genre de “drones” sous-marins depuis près d’un an, j’ai eu l’occasion de partager une discussion avec une très haute autorité de la Marine (Préfecture Maritime) sur ce sujet et il m’a expliqué qu’une réglementation allait se mettre en place (pour l’instant, ils ont réglementé l’usage des sous-marins habités civils car il en existe déjà quelques uns qui proposent ce genre de service).

    Je suis le sujet de très très prés et si je vois sortir un truc je ne manquerai pas de vous en informer….

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