DJI GEO 2.0

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Vous connaissez le service de geofencing GEO (Geospatial Environement Online) de DJI, cet outil instauré en 2013 qui permet au constructeur d’interdire les vols au-dessus de zones sensibles, comme les aéroports ou les prisons. Ces zones sont matérialisées par des cercles, mais je vous avais montré dans cette actualité de nouvelles formes apparues au-dessus d’aéroports chinois. Il s’agit de la matérialisation de la version 2.0 du système GEO !

Ce qui change ?

Certains aéroports seront désormais protégés par une zone d’interdiction de vol et de pénétration en forme de « nœud papillon » en 3D – c’est le terme employé par DJI. Elles sont composées de zones centrées sur l’aéroport et de deux bandes plus longues qui protègent les pistes. Pourquoi 3D ? Les zones d’interdiction actuelles sont binaires : on peut y voler ou on ne peut pas. Avec GEO 2.0, les zones seront matérialisées en 3D, avec la possibilité de voler jusqu’à une certaine hauteur. Le principe est de pouvoir autoriser le vol de drones sous les zones d’évolution du trafic aérien, en séparant les espaces.

Les explications du constructeur

« Le système GEO appliquait un geofencing sous la forme d’un cercle de 5 miles [8 km] autour des aéroports avec des restrictions renforcées dans un cercle plus petit englobant la zone de l’aéroport. GEO 2.0 applique désormais les restrictions les plus strictes à un rectangle de 3/4 de mile [1,2 km] de large autour de chaque piste et des trajectoires de vol aux deux extrémités, où les avions montent et descendent réellement. Des restrictions moins strictes s’appliquent à une zone ovale située à moins de 6 km de chaque piste. Cette forme de nœud papillon ouvre davantage de zones sur les flancs des pistes à des utilisations de drones, ainsi que les zones de basse altitude situées à plus de 1,9 miles [3 km] de l’extrémité d’une piste, tout en renforçant la protection des endroits où les avions habités volent réellement ».

La classification des risques

Crédit photo : HM

A la demande des utilisateurs professionnels, DJI avait allégé les emprises d’aérodromes de moindre importance, passant de zones rouges (interdites) à zones jaunes (déblocables). Ce principe va plus loin désormais avec une classification en 3 types d’aéroports : les « High Risk », les « Medium Risk » et les « Low Risk ». Les matérialisations d’emprises sont différentes selon les types. La Restricted zone n’est accessible que sur requête auprès de DJI. La Authorization zone est utilisable avec un déblocage préalable et temporaire. La Enhanced warning zone est praticable, mais un message d’avertissement est diffusé à l’attention du pilote. La Altitude zone est interdite de vol au-dessus d’une hauteur de 60 ou 120 mètres selon la distance par rapport à la piste. DJI ne l’a pas indiqué, mais elle devrait être accessible sur requête auprès de DJI.

Crédit photo : HM

Pour qui ?

A gauche, l’aéroport national civil et militaire de Zhuhai. A droite l’aéroport international de Hong Kong

GEO 2.0 est d’ores et déjà opérationnel au-dessus de certains aéroports en Chine. DJI indique que, en accord avec la FAA américaine, certains aéroports nord-américains seront couverts par ces formes en nœud papillon à partir du mois de novembre 2018. Le fournisseur de données Airmap, sur lequel reposaient les zones sensibles de DJI aux Etats-Unis, a été remercié au profit de PrecisionHawk. Le changement de fournisseur est opérationnel aux Etats-Unis, mais DJI n’a pas indiqué s’il allait l’être aussi dans le reste du monde, notamment en Europe.

 Et la France ?

Extrait du guide Aéromodélisme : modèles réduits et drones de loisir. Crédit photo : DGAC

Le système de protection des volumes de zones de décollage et d’atterrissages, en France, est différent de… tous ceux de la planète. Pour les aires d’approches (hélicoptères), ce sont des cercles, pour les pistes, ce sont des rectangles. Le système est finalement assez proche de celui des nœuds-papillon 3D de DJI, puisque les vols sont autorisés par paliers de hauteur quand on s’éloigne de l’aéroport. Les matérialisations graphiques de ces zones sont à consulter dans le Guide Aéromodélisme : modèles réduits et drones de loisir. Le problème ? Le système est « assez proche », mais pas semblable. La matérialisation en nœuds papillon ne serait par conséquent pas adaptée à un usage en France, à moins de modifications.

Quels sont les appareils concernés ?

Les Phantom 4, les Mavic Pro, le Matrice 200, le Spark et l’Inspire 2. Les multirotors plus anciens comme les Phantom 3, l’Inspire 1, les Matrice 100 et 600 conservent le système GEO 1.0. Il y a quelque chose à faire pour profiter (ou ne pas profiter) de GEO 2.0 ? Non, l’outil sera intégré automatiquement sans intervention volontaire de l’utilisateur au fil des mises à jour logicielles de DJI GO 4 et des firmware.

Procédure de déblocage

DJI a souvent été critiqué pour une gestion médiocre des autorisations délivrées aux opérateurs professionnels. Certains se sont retrouvés cloués au sol pendant leurs missions, avec toutes les implications financières et d’image de marque que l’on peut imaginer. Le constructeur assure avoir revu ses outils avec une équipe dédiée aux autorisations capable de les délivrer 24h/24, 7j/7, avec un délai réduit. Selon Michael Perry, le Managing Director de DJI aux Etats-Unis, « DJI gère désormais la plupart des requêtes en 30 minutes, bien que certaines demandes inhabituelles ou qui requièrent des documents supplémentaires puissent demander un peu plus de temps ».

Source : DJI
Crédits photos : DJI sauf mention contraires

 

4 COMMENTAIRES

  1. Bientôt vous ne volerez plus que dans le désert de gobie avec un matériel DJI . Prévenir oui, interdire non. Laissons donc aux pilotes la responsabilité de leurs actes en toute connaissance de cause.

  2. @FPV 67

    Bien au contraire, le geofencing DJI fonctionne très bien en Chine. Rapporté à la superficie du pays, la surface cumulée de toutes les no-fly zones est assez négligeable. Alors certes, il est impossible de voler à Beijing ou dans les grandes villes du Xinjiang. Par contre, ailleurs dans le pays, les télépilotes ont beaucoup plus de libertés que chez nous.

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