Cinematic Flow et Killian Bron : Drone Revolution

10
1804

Le titre de cette vidéo n’est pas usurpé : il s’agit d’une petite révolution dans le domaine des prises de vues embarquées ! Cinematic Flow a filmé Kilian Bron, le master du Mountain Bike, dans des rides impressionnants. Il y a le talent du rider, bien sûr, mais aussi celui du pilote, du monteur, et un petit coup de pouce de la technologie.

Comment ça fonctionne ?

Pour obtenir des images au plus près du sportif, les drones de prises de vues habituels souffrent de trop d’inertie et d’un encombrement trop important. Les vidéos ont donc été tournées depuis un FPV racer avec une caméra HD. Mais pas n’importe laquelle. Le souci avec un racer, c’est de conserver sa cible dans le champ de l’image, ce qui requiert un excellent niveau de pilotage. La solution adoptée par Cinematic Flow, c’est d’équiper l’appareil d’une caméra 360°. Le châssis a été réalisé spécialement pour une GoPro Fusion ! Le principe ? Le focus sur le cycliste est réalisé en post-production, à partir des images 360°. Le pilote se concentre donc sur la proximité avec sa cible et la gestion de l’environnement, sans se préoccuper de la visée caméra, avec le retour vidéo FPV classique, pas celui de la GoPro Fusion. Le résultat, dans les séquences de Drone Revolution, est superbe !

L’avenir pour filmer les sports mécaniques ?

Cette vidéo va, sans aucun doute, jouer le rôle de pionnière et servir de base technique à de nombreux pilotes. En France, l’outil reste un peu touchy face à la réglementation. L’usage d’images filmées en drone n’est permis que dans le cadre du loisir. Dans le cas contraire, c’est une « Activité Particulière ». En d’autres mots un usage professionnel qui doit être soumis au respect de requis différents de ceux pour le loisir. Drone Revolution est-elle une vidéo à caractère commercial ? Difficile de trancher, car la réglementation se borne à indiquer : “La prise de vues aériennes est possible en aéromodélisme au cours d’un vol dont l’objectif reste le loisir ou la compétition et lorsque les vues réalisées ne sont pas exploitées à titre commercial” et “que cette utilisation ait lieu dans le cadre d’une transaction commerciale ou non” (arrêté Conception de 2015, Articles 3.1 et 3.3). Des formulations suffisamment vagues pour que chacun y aille de son interprétation…

S-2 ?

Utiliser un racer pour la pratique en scénario professionnel S-2 (c’est-à-dire hors vue directe du pilote, hors agglomération) nécessite, entre autres obligations, d’assurer un geofencing, une coupure des moteurs indépendante de la radiocommande, et une mémorisation des 20 dernières minutes de vol (arrêté Conception de 2015, Annexe III, 2.6). Donc de disposer d’un GPS à bord capable de contenir l’appareil dans une enveloppe de vol et d’outils logiciels pour l’exploiter. Betaflight, le firmware le plus utilisé pour les racers, ne propose pas ces fonctions.

C’est tout de même possible ?

Un projet d’homologation est en cours, très avancé : nous allons voir apparaître des racers (sur)équipés pour les vols en S-2 dans un futur très proche. Cela dit, il semble indispensable que les autorités permettent de délivrer des dérogations pour pratiquer de tels vols en tant qu’Activités Particulières sans pour autant devoir satisfaire à ces requis en inadéquation avec la technologie. On imagine aisément à quel point l’obligation de disposer d’un attirail GPS et coupure moteurs indépendante est inadaptée lorsqu’il s’agit de voler en sous-bois ou sur des crêtes en altitude sans dépasser 5 mètres au-dessus de la cible, le tout avec un appareil dépourvu de stabilisation ! Si les pouvoirs publics ne réagissent pas dès maintenant pour ouvrir la porte à ces vols ? C’est très simple : ils seront tout de même pratiqués, hors-la-loi…

La vidéo Drone Revolution

Le making of de la vidéo

10 COMMENTAIRES

  1. Très belles images avec effectivement un magnifique montage et un pilote de talent 😉
    Ce n’est ceci dit pas nouveau. Racer et fusion font bon ménage depuis des mois… pour des démos…
    Comme tu l’as si bien fait remarqué quid de la législation S2 + équipements obligatoires.
    Ca plait et il y a un véritable plus mais je n’ai pas le droit de le vendre. Les projets en sauvage c’est sympa mais pour un télépilote déclaré c’est no no.
    Comme d’habitude une législation qui freine le développement de l’activité pour les pros (qui prennent de vrais risques). Les clients ne comprennent pas que ce qu’ils voient sur Youtube je ne sois pas en mesure de le reproduire… et peu importe la raison…

    En tout cas GG les gars, superbe rendu!

  2. Non pas de fencing sous iNav, et cela ne sera jamais ajouté, cela à été discuté il y a peu et ça à fait l’unanimité contre 🙂

  3. Pourquoi ne pas implémenter le geofencing sous Inav ?
    Ce serait tellement plus simple…
    Aujourd’hui j’utilise une machine homologué sous pixracer, mais beaucoup moins performant (et cq) que mes autres machines de freestyle ;(

  4. Merci mystère résolu je me demandai comment à 1mn07 ils arrivaient à passer d’un enregistrement avant à un enregistrement arrière avec un racer 🙂

  5. Est ce qu’ en s2 on pourrait imaginer l augmentation de la puissance du signal ?
    J’ai du mal à croire que l’on puisse faite quelque chose s’intéressant à 5 m du sol dans une forêt avec 25 mw :/
    Sinon vraiment top cette vidéo ça donne envie de reprendre son VTT poussiéreu qui traîne dans son garage :))

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.