Pix4DCapture pour Parrot Anafi, le test

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La photogrammétrie, ça vous branche ? C’est cette technique qui consiste à réaliser des prises de vues en série, et utiliser des algorithmes de corrélation entre les images pour reconstituer une image grand format en 2D, et d’utiliser des point de vue différents pour créer une représentation en 3D. Le logiciel Pix4DCapture, de Pix4D, destiné aux professionnels, est gratuit pour une durée limitée sur les terminaux iOS (ici) et Android (là). Il constitue une fenêtre ouverte sur l’univers de la photogrammétrie. Une petite fenêtre, puisque les fonctions sont limitées. Pour aller plus loin, il faut investir dans les solutions commerciales de la marque. Envie d’essayer avec l’Anafi de Parrot ? Ca tombe bien, Pix4D a récemment mis à jour Pix4DCapture pour assurer le support de cet appareil.

Quelques essais

Difficile de trouver des bâtiments autorisés au survol de loisir en région parisienne ! Ce sont pourtant les structures les plus intéressantes à modéliser en 3D. J’ai effectué mes essais avec la version Android de Pix4DCapture, qui est accompagnée par Ctrl+Parrot 2, l’utilitaire qui établit (automatiquement) la liaison entre le smartphone et l’Anafi. Les conditions de vol n’était pas faciles : il y avait un vent assez fort en rafales. De quoi faire échouer les missions ? Pas du tout. L’Anafi se débrouille face aux bourrasques et poursuit son vol comme si de rien n’était.

Créer une mission

Pix4DCapture permet de créer des vols pour réaliser des cartes 2D, simples en quadrillage, ou plus complexe en polygone. Pour des cartes en relief, 3D, il peut voler en cercle ou réaliser des quadrillages doubles qui offrent des détails plus fins. La zone survolée est modifiable : déplacement, extension, réduction, rotation, avec gestion de la hauteur et indication de la durée de vol prévue accompagnée par la définition des images en cm par pixel. Il est possible de sauvegarder chaque mission. Pix4DCapture avertit lorsque la hauteur de vol lui semble trop faible, la durée de vol trop longue…

Pour lancer la mission ?

Lorsque l’Anafi est allumé et en place, la radiocommande ouvert et reliée au smartphone via le câble, le bouton Start de Pix4DCapture démarre la mission. Elle ne commence que si tous les indicateurs sont ok, notamment la position GPS. Le vol est entièrement automatisé, vous n’avez qu’à surveiller son bon déroulement et attendre que l’Anafi revienne se poser tout seul.

Petit rappel

En France, la réglementation impose d’une part de conserver l’appareil en vue directe, d’autre part d’être en mesure de reprendre le contrôle manuel à tout moment (voir ici). Pour la vue directe, c’est à vous de gérer. Si vous devez interrompre le vol pour une raison ou une autre, il suffit de toucher le bouton Start de Pix4DCapture, d’appuyer sur le bouton RTH ou les joysticks de la radiocommande. La reprise de la mission, lors de mes essais, n’a pas été possible, il a fallu que je relance l’intégralité des vols. Je n’ai pas testé un vol plus long que l’autonomie d’une batterie : Pix4DCapture est supposé gérer le changement et redémarrant la mission là où il l’avait interrompue.

L’exploitation des données ?

C’est la partie pendant laquelle il faut être patient. Le transfert des photos depuis l’Anafi vers le smartphone est assez long. Cette étape effectuée, il faut lancer le transfert des photos depuis le smartphone vers le Cloud de Pix4D. Attention, il faut compter au moins 1,5 Go de données. Il faut par conséquent au moins cet espace libre sur le smartphone, et être connecté en wifi pour éviter de consommer un forfait data mobile. Et ensuite ? Ensuite il faut être patient. Ce sont les calculateurs de Pix4D qui s’occupent de convertir les images en cartes 2D et 3D. L’opération est 100 % automatique, il suffit d’attendre. Pix4D envoie un mail au début des calculs avec une estimation de la durée, et pour prévenir de la disponibilité du résultat. Lors de mes essais, la durée réelle a été 10 à 15 minutes plus courte que celle estimée.

Visionner le résultat ?

Version textures, et version pixels

Cliquez sur le lien que vous recevez par email, sur un ordinateur de bureau ou un smartphone, pour accéder à la visionneuse de projets. En mode 2D, vous pouvez zoomer, dézoomer, déplacer la carte, mesurer des distances et des surfaces, placer de marqueurs. En mode 3D, vous pouvez effectuer les mêmes opérations, mais en sus faire des rotations, monter ou descendre, bref vous positionner dans un environnement en 3 dimensions. L’affichage repose sur des points colorés, par défaut. Vous pouvez en changer le nombre, la taille. Le décor peut aussi être affiché avec des textures. Le résultat est moins précis, mais plus joli.

Plans en haute définition

Notez que vous pouvez télécharger les cartes en haute définition 2D : sur ordinateur de bureau, cliquez sur Download, puis Orthomosaic, puis GeoTiff. L’image résultante pèse lourd : c’est normal, elle est riche en détails. Un exemple est disponible en téléchargement ici.

Un résultat en 2D (cliquez pour la vue dynamique)

Un résultat en 3D (cliquez pour la vue dynamique)

Améliorations ?

Plus le vol a été effectué à basse altitude, meilleure est la définition ! Parfait pour établir une photographie aérienne précise d’un endroit, de bien meilleure qualité que celle proposée par Google Maps ou Bing Maps. Les images verticales ne sont pas exemptes d’erreurs, comme le montre ce zoom sur une image reconstituée par Pix4DCapture.

Et pour aller plus loin ?

Cette version de Pix4DCapture est une démo limitée à 15 jours d’utilisation. Les scènes déjà modélisées restent accessibles après cette période de test gratuite. Mais si vous voulez en réaliser de nouvelles, il faudra débourser 216 € par mois (il y a d’autres abonnements disponibles). C’est cher ? Oui. Mais rappelons que Pix4DCapture est un outil professionnel destiné à être utilisé pour des activités en mesure de le rentabiliser.

11 COMMENTAIRES

  1. On entend plus parler des scénarios S0, dommage ! La photogrametrie est typiquement le genre d’activité adapté à cela (dans les carrières par exemple).

  2. @Fred, Merci pour l’article. Il existe des tas de logiciels de photogrammétrie. En ce qui concerne les problèmes de reconstruction, il faut savoir que la végétation fait partie des objets les plus difficiles à reconstituer : sur l’exemple d’un arbre, le vent qui fait bouger les feuilles ne facilitent pas les choses. Il faut que l’objet à reconstruire soit immobile pour que cela fonctionne bien : c’est pour cela que cela fonctionne mieux sur des objets qui ne bougent pas au moindre coup de vent comme du bâtis.
    C’est ce phénomène que tu as pu constater sur la texture de l’orthophotographie : par interpolation du logiciel, lui y voit au moins 2 arbres différents donc au moins 2 textures de mélangées 😉 alors qu’il n’y en avait qu’un seul. Cela se corrige mais manuellement avec Pix4d Mapper ou autre logiciel équivalent. Il faut bien comprendre que faire de la photogrammétrie est possible avec n’importe quel appareil photo mais cela demande une méthodologie rigoureuse et de la patience : on passe des heures à attendre le résultat et il faut refaire de la correction derrière (encore des heures!), c’est très chronophage.
    Cette technique peut être utilisée dans beaucoup de domaines.
    @Henry Louis : si tu parles de vol en manuel, il vaut mieux automatiser le vol pour espérer avoir de bons résultats ( être sur que le taux de recouvrement entre chaque prise de vue soit respecté)
    @Jules : tous les scénarios sont adaptés en fonction de ce que l’on souhaite et surtout de n’avoir personnes en dessous! Il ne faut pas désespérer pour le S0, on ne sait jamais : les choses évoluent, pas très vite c’est évident !

  3. @ Ragnarok32 : Dommage que 123D Catch d’Autodesk ait été abandonné… Les alternatives gratuites (ou même peu chères) sont rares et demandent beaucoup d’huile de coude…

  4. @ Nora : pour info, tu sors quel type de fichiers à partir d’une captation avec Pix4D capture ?
    Peut-on les exploiter avec Photoscan ?

  5. @ Laurent : Toutes les photos prises avec Pix4Dcapture sont accessibles depuis la carte SD du drone. Elles peuvent etre traitées avec n’importe quel logiciel de photogrammetrie. L’avantage avc Pix4D, c’est qu’avec une licence valide, elles peuvent être uploadées directement sur le cloud pour un tritement automatique, sans passer par un transfert manuel sur ordinateur.

  6. @ Fred : entièrement d’accord, Photoscan version normale ( parfait pour de la modélisation 3D par drone ou non) coûte 179 $ et avec Qgis (gratuit) en bidouillant on peut sortir une orthophotographie à pas trop cher. Photoscan Pro c’est un peu plus cher 😉 mais reste parmi les logiciels de photogrammétrie les moins onéreux. Mais je te rassure, comme dans mon précédent commentaire, même en utilisant des logiciels professionnels cela n’empêche pas l’huile de coude et le savoir faire pour le moment ;-). Le tout automatique c’est pas tout de suite!
    J’allais oublier : il y a aussi RealityCapture de CapturingReality à 99 € pour 3 mois et 36,99 euros pour un mois sur Steam ( qui ne fait pas que les jeux! )

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