University of Dayton : test de crash de drone sur une aile d’avion

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La probabilité d’une collision entre un drone, ou un engin volant sans pilote à bord, et un appareil habité augmente mathématiquement avec le nombre de modèles en circulation. Le sujet inquiète, évidemment, et on se doute qu’un choc au mauvais endroit sur un avion ou un hélicoptère peut avoir des conséquences désastreuses. Mais pas forcément ! Ce qu’il manque, ce sont des études du résultat d’un impact. Des simulations ont été conduites, notamment par la FAA aux Etats-Unis (voir ici), mais… ce ne sont que des simulations ! Plusieurs essais qui ont été menés, notamment en Chine et en Angleterre, mais ils ne sont pas concluants.

Les derniers en date ?

Ils ont été conduits par l’université de Dayton, aux Etats-Unis, dans un laboratoire spécialisé dans la physique des impacts. Le test publié en vidéo montre un Phantom 2 de 1 kilo amputé de ses pieds lancé à 383 km/h sur une aile de Mooney M20, un petit avion de tourisme. Le résultat ? Kevin Poormon, le responsable du laboratoire de l’université de Dayton explique que le Phantom 2 ne brise pas au moment de l’impact, mais qu’il pénètre dans la structure de l’aile, causant des dommages structurels importants.

Dommage…

Cette vidéo ne suffit évidemment pas pour évaluer les dégâts d’une collision avec un Mooney M20. On ne connaît pas les conditions de l’aile de l’avion : est-ce celle d’un modèle ancien sachant que ceux des années 1950 à 1989 peinaient à dépasser 162 nœuds soit 300 km/h (selon Wikipedia), ou un modèle plus récent ? Bien que cette vidéo soit accompagnée par un article publié sur le site de l’université de Dayton (voir ici), elle ne donne pas suffisamment d’informations sur les conditions de l’expérience. On attend toujours, donc, une étude convaincante…

14 COMMENTAIRES

  1. En tout cas la pénétration du P2 dans l’aile aurait des conséquences sur les réservoirs d’aile.
    Petite remarque cependant
    Ici, c’est le P2 qui est projeté sur une aile immobile.Dans le cas d’un avion en vol probable que l’écoulement/compression de l’air à l’approche par le P2 du bord d’attaque provoquerait la déviation du P2 vers l’intrado ou l’extrado selon la position des 2 protagonistes. Pas concluant.

  2. Il faudrait tester ca en soufflerie plutôt qu’avec un canon pour analyser les flux et dégâts de manière plus réaliste. Ca au au moins le mérite de rapeller la bonne équation de base e=1/2m.v²

  3. @Coléo91 :
    L’écoulement/compression de l’air fait par un chasseur à 500 kt ne provoque pas la déviation des oiseaux vers l’intrado ou l’extrado, alors un P2, ça risque pas de bouger non plus !

  4. Ou Fred je te l’accorde. Mais lorsque l’on constate qu’un oiseau est rentré en collision avec un avion, on ne connait rien de la trajectoire initiale de l’oiseau par rapport a celle de l’avion. La on tire un P2 sur un bord d’attaque qui ne risque pas de bouger ! Point d’impact garanti sans aucune interaction.

  5. Bonjour,
    Dans l’absolu, taper un drone sur le bord d’attaque de l’aile ou dans l’hélice est peut-être un moindre risque. On peut éventuellement faire un atterrissage d’urgence s’il reste de la manoeuvrabilité.
    En revanche, en tant que pilote pro en montagne, souvent près du relief, je pense surtout à ce qui arriverait en cas de collision sur mon pare-brise (5mm de plexi), dont une vitesse de rapprochement de 230 kmh (30 pr le drone, 200 pr l’avion) avec ma tête et celle de mes passagers situées quelques 50cm derrière. L’avion vole mais plus personne pour le piloter 😅
    Le PGHM de chamonix avait créé une vidéo il y a qlq temps pour de faire de la prévention

  6. C’est horrible ces ailes d’avion qui engloutissent les drones. Je suis pour interdire les avions dronophages. Il faut d’urgence créer la SPD (rien à voir avec l’Allemagne) , la société protectrice des drones… Non mais ça suffit si maintenant on ne peut plus voler sans risquer de se faire dévorer….

  7. Tient ….. il y a quelques semaines de ça lors de la mise en ligne de la vidéo du 380 au décollage de Maurice, certains contributeurs me disait qu’un drone ne ferait sûrement pas de dégâts sur une cellule ou un bord d’attaque …………..

  8. @ Bertrand B : Vu il y a quelques années :
    Un oiseau (rapace d’environ 1 à 2 kgs) qui a traversé une verrière (classique en plexi 5 mm) sur un avion (monomoteur hélice …. il avait réussi à traverser la batteuse sans dégâts !!!) juste 10 cm à gauche du pilote ….. dans la verrière (qui n’a pas éclatée) on a retrouvé qq plumes et des os, sur l’épaule du pilote et sur son siège …… le reste (sans mal pour le pilote heureusement).
    De l’aveux du pilote, si il avait percuté 20 cm plus à droite il le prenait en pleine figure sans même sans rendre compte (il a réalisé ce qu’il se passait 2 minutes après le choc et que c’était un oiseau 5 minutes après) …..
    P.S. : T.A.S. à ce moment là : 125 kt (à 2500 ft sans vent et en atmo standard).
    Je traine pas mal en avion du côté des Pyrénées et notamment vers les Hautes Pyrénées et j’ouvre particulièrement l’oeil pour les vautours et autres pernocptéres (3 à 6 kgs !!!!), le choc, même sur un bord d’attaque, serait très probablement fatal !

  9. Cette vidéo me glace un peu quand même … pilote de DR400, modèle extrêmement répandu en France, je n’ose imaginer ce qui se passerait sur l’aile de ce type d’appareil qui est en ….. bois ! Rupture longeron ?

  10. @airc
    Rupture du longeron c’est pas exclu mais bon… faut y aller là quand-même !
    En fait le grand public ignore généralement tout de la construction en “bois et toile” d’un avion type DR400 (ou mon D140R de 1965) qui relève davantage d’un tambour de musique que d’un avion de ligne en aluminium.
    Malgré les apparences, un drone en plastique ou [carbone + résine époxy] est probablement plus “solide” que 90% du fuselage d’un avion de tourisme.
    @Laurent
    On a des Gypaètes ici, 3m d’envergure le bestiau ! Mes collègues sur hélicoptères B3 le gardent eux aussi à l’oeil au quotidien
    Fly Safe 😉

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