Elèves en liberté – RTBF : l’interview de Vinc Bee

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C’est une superbe vidéo que propose la RTBF, un teaser pour annoncer un documentaire appelé Elèves en liberté. On doit ce plan séquence à Vincent Delcommene, alias Vinc Bee, que les passionnés de FPV racing connaissent bien.

La vidéo !

Voici les mots de Vinc Bee, qui accompagnent la vidéo…

C’est un sujet qui me tient à coeur pour plusieurs raisons.
D’abord parce que je suis persuadé que juste après la famille, l’école est le précieux lieu où nos sociétés prennent naissance, où l’on donne à nos pépites d’enfants une chance de “bien vivre ensemble”. Dans ce monde aux valeurs compliquées, se donner une chance de changer l’école et de voir ou retrouver de vrais valeurs humaines, ça me paraît vraiment tout aussi précieux.
Ensuite, parce que j’ai eu l’occasion de travailler dans cette école il y a de ça pas mal d’année ainsi qu’à l’Instruction Publique de la Ville de Liège où j’ai passé de très belles années avant de m’envoler vers d’autres projets.
Enfin, parce que je suis fière d’être Liégeois quand je vois de si belles valeurs défendues dans une école publique, gratuite et accessible à tous.
Merci à Patrick Séverin, HorsZone pour avoir osé ce teaser. Merci aux élèves de l’athénée Léonie de Waha d’avoir été si pro malgré le gros moustique qui leur volait autour !! Merci à la Ville de Liège et à l’enseignement communal liégeois de soutenir ce type de projet.

L’interview !

Vincent a très gentiment accepté de répondre à quelques questions au sujet de cette vidéo – ce n’était pas un long fleuve tranquille…

Helicomicro : La frame est un modèle existant, ou spécialement réalisée pour l’occasion ?
Vinc Bee : Elle a été spécialement conçue pour ce tournage  ! J’en ai découpé 3 après les avoir dessinées pour avoir de quoi me retourner pendant le tournage en cas de problème.

HM : Pour parvenir à 120 grammes, quel est le menu minceur ?
VB : Tout est dessiné sur Fusion360, ce qui me permet de maîtriser les endroits où je laisse de la matière. Je peux même calculer le volume. Le meilleur compromis solidité – rigidité – poids, ça reste le carbone. Je voulais vraiment que le châssis fasse moins de 50 grammes sachant ce que j’allais placer dessus. Il y avait un autre impératif, c’était des protections d’hélices pour tourner autour des élèves sans blesser qui que ce soit.

HM : L’image est sans aucune vibration…
VB : J’ai travaillé 20 heures par jour pendant 10 jours sur cette problématique, soit la moitié du temps total que j’ai consacré à ce projet ! Parvenir à ce résultat, c’était quelque chose de très compliqué, il est clair que le plus gros problème a consisté à retirer ces vibrations. Avec la caméra Split Mini, c’est vraiment un souci.

HM : Comment as-tu fait ? Un travail sur les PID ? Tu as isolé la caméra ?
VB : J’ai tenté de diversifier les matériaux, en essayant de profiter des caractéristiques de chacun, en faisant des mix. J’ai essayé avec différents types de TPU, polypropylène, de l’ABS, du silicone, du PLA, bref tout ce que mon imprimante pouvait sortir ! J’ai finalement trouvé le bon compromis. Parallèlement, Arnaud (alias StarnFPV) m’a donné un coup de main. Je lui ai passé un châssis. Il a fait beaucoup de recherches sur le filtrage par rapport à mes PID, spécifiquement avec ce châssis ! Pour parvenir à ce résultat, les moteurs, le contrôleur de vol, la RunCam Split Mini, tout est amorti avec un mix de matériaux. Même les antennes ! Je n’ai rien voulu laisser au hasard.

HM : Il y a une stabilisation ajoutée en post-production ?
VB : Oui, mais les images brutes sont très proches de celles montées.

HM : Tu parviens à quelle autonomie (avec quelles batteries) ?
VB : C’est un point particulièrement important, et la raison pour laquelle j’ai choisi du 3 pouces, et pas du 2,5p, ou du 2p. Je voulais me permettre le luxe de réaliser des prises complètes en restant en l’air. Avec les composants que j’ai choisis, au plus léger, avec une batterie 2S, je parviens à obtenir 5 à 8 minutes de vol selon que je vole agressif ou pas. Même en extérieur et avec du vent, je suis déjà resté 6 minutes 30 en vol. Je pense que je peux atteindre 9 minutes. Ca me plait beaucoup de pouvoir filmer longtemps avec cette petite machine.

HM : Tu avais des prédispositions pour réaliser ce plan séquence ?
VB : A l’origine, je suis graphiste spécialisé dans en films d’animation 3D. J’ai donc étudié quasiment tous les métiers qu’on peut trouver au cinéma ! J’ai appris comment réaliser le storyboard, comment scénariser, comment faire un plan, le cadrage, l’éclairage, le montage. Tout ça, c’est mon ADN d’étudiant. J’ai réalisé il y a quelques temps déjà que j’adorais filmer avec un drone !

HM : Mais ce n’était pas vraiment possible…
VB : Je voulais depuis longtemps un petit châssis pour filmer en FullHD. Comme la technologie réduit la taille des composants, je constate avec bonheur qu’il est possible d’embarquer du beau matériel ! Avec une GoPro sur un 3 pouces, le temps de vol est trop réduit. Mais avec une Split Mini en FullHD à 60 fps, c’est l’outil idéal. Je me suis dit que j’allais créer des châssis autour de cette caméra. J’ai d’abord dessiné un 5 pouces sur la base de mon châssis de course, puis un 7 pouces – que Joshua Bardwell et Ummagawd ont adoré. Ok, Joshua en a parlé comme d’un pénis, c’est ce qui en est ressorti, mais Ummagawd a vite compris l’intérêt. Il s’est pris au jeu avec un vol cinématique.

HM : Ces appareils étaient imposants !
VB : La réalisation d’un modèle 3 pouces était au point mort, il manquait un déclic. En fait, il y en a eu deux ! Il y a eu la vidéo japonaise (voir ici) avec ce drone qui entre dans une classe par l’extérieur. Le deuxième, c’est Patrick Severin, responsable d’une société qui s’appelle HorsZone, qui m’a demandé s’il était possible filmer dans une école. D’abord j’ai trouvé ça fou ! Mais ça faisait écho à tout ce que je voulais faire. Je me suis dit Fonce ! Voilà pourquoi j’y ai passé 20 heures par jour pendant 20 jours !

HM : Comment a été imaginé le vol ? Il a été scripté au préalable ?
VB : Oui. Nous avons beaucoup échangé avec Patrick Severin. Je lui ai décrit les possibilités du drone, ce qu’il pouvait faire. Tout a été pensé pour être monté à l’envers. On a imaginé un vol qui débute en extérieur, qui rentre par une fenêtre. Mais le jour J, ce plan a été abandonné en raison de la météo, il y avait trop de vent. On a essayé de réagir en utilisant le couloir, la table, c’était un peu comme une danse. Il y a eu du stress, des erreurs, ça n’allait pas, des élèves qui regardaient la caméra. On a tenu à surprendre, avec une série d’éléments qui font qu’une SteadyCam n’aurait pas pu le faire. Il fallait que se dise « whaoh, comment ils ont fait ? ». On est parvenus à une première prise satisfaisante 30 minutes avant la fin prévue de la journée. Pour souci de sécurité, j’ai refait une prise, réussie, et puis une super prise finale ! On était hyper soulagés, on sentait qu’on l’avait !

HM : Tu voulais ajouter autre chose…
VB : Oui ! Au-delà de l’aspect drone qui intéresse Helicomicro, le sujet, la pédagogie active, avec la série de documentaires et le site Elèves en liberté (c’est ici !), ce sont de choses qui me tiennent vraiment à cœur. Mon espoir, c’est que le plus grand nombre puisse découvrir la pédagogie active. J’en suis persuadé, cela pourrait faire en sorte qu’il y ait moins de personnes laissées sur le côté. J’espère que ce teaser vous donnera envie d’aller regarder les petites vidéos qui se trouvent sur le site. La pédagogie active a été défendue par le français Freinet, vous avez déjà des écoles qui l’appliquent en France. C’est autre chose que cette école traditionnelle que la plupart d’entre nous ont vécue.

Le making-of !

5 COMMENTAIRES

  1. Tout, tout simplement… Genial !!
    Et peu de post prod sur stabilisation,chapeau !
    Merci bcp Fred pour cet interview.
    Bonne rentrée et bon vol à tous.

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