DJI Mavic Air, première prise en main

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Le constructeur DJI a présenté le Mavic Air lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à New York (voir ici). Le lendemain, la présentation a lieu en Europe, animée par le directeur Europe Martin Brandenburg. L’événement s’est tenu à Monaco, en présence de la presse et de la distribution. C’était l’occasion d’effectuer une première prise en main. Ce qui suit n’est pas un test complet, loin de là. Les conditions n’étaient pas réunies pour profiter d’une pleine autonomie dans les manipulations. Mais voici mes premières impressions, avec une vidéo des premiers vols..

La vidéo

Merci à Thomas de Studiosport pour avoir prêté ses talents de pilote Gesture à cette vidéo ! Si elle ne s’affiche pas en 4K avec YouTube, vous pouvez la télécharger ici.

L’aspect extérieur

  • Les photos laissent supposer que l’appareil est principalement fait de plastique. Ce n’est qu’un habillage, car en mains, l’appareil est compact, il semble « dense » et la finition excellente.
  • Le mécanisme de pliage des bras est assez simple, mais il faut prendre le coup et d’abord replier les pieds qui contiennent les antennes.
  • Comme sur le Spark, l’emplacement de la carte microSD est caché derrière une languette, il n’y a donc pas de risque d’éjection en cas de crash.

La radiocommande

  • Elle est petite comme celle du Spark, sans écran, mais comporte des connecteurs comme celle du Mavic Pro pour éviter de s’appuyer sur une connexion sans fil wifi entre elle et le smartphone.
  • Il est parfois difficile, comme avec la radiocommande du Spark, d’utiliser correctement un smartphone iOS avec le bouton Touch ID ou qui repose sur la détection des visages. Ou des smartphones trop grands.
  • Le connecteur USB est destiné à la recharge de la batterie.
  • Les joysticks peuvent être dévissés et rangés sur l’avant de la radiocommande, protégés par les rabats de fixation du smartphone, maintenus par de la mousse. Sympa, mais il y a un risque de perte pendant les manipulations, et la radio est difficile à utiliser sans ses joysticks. L’avantage, c’est que des accessoiristes pourront proposer des joysticks alternatifs !
  • Peut-on prendre des photos et lancer l’enregistrement de vidéos sans brancher son smartphone ? Oui, avec les deux boutons à l’avant de la radiocommande. Mais on n’en obtient pas confirmation et les réglages ne sont pas modifiables.

La stabilisation

  • La nacelle du Mavic Air est stabilisée mécaniquement sur 3 axes, elle se distingue donc de celle du Spark, en 2 axes seulement. Le résultat en l’air est très impressionnant. Lorsque l’appareil est en mode Tripod, l’image est fixe à tel point qu’on a du mal à savoir si le retour vidéo fonctionne.
  • La nacelle peut être débridée pour que la caméra filme vers le haut, au-delà l’horizontale. Elle s’oriente ainsi à la demande, via la molette de la radiocommande, ou automatiquement. Cela permet des panoramas plus complets (mais cela ne permet tout de même pas des clichés en vrai 360°), un suivi de personne jusqu’à sol en mode Gesture, etc.
  • Un accessoire de protection de la nacelle et de l’objectif de la caméra est inclus. Il se glisse par l’avant et se clipse avec deux ergots.

Les fonctions automatisées

  • Le mode HDR crée plusieurs photos avec une exposition différente (EV). Elles sont stockées sur la carte mémoire, et vous pouvez réaliser des clichés HDR avec vos logiciels préférés. Mais le Mavic Air calcule aussi le cliché HDR à partir de ces 3 photos, et le sauvegarde sur la carte mémoire. Il n’y a en revanche pas de réglages de l’intensité du HDR. Il est assez discret, suffisamment pour ne pas être reconnaissable au premier coup d’œil.
  • La photo ci-contre montre en haut un cliché automatiquement calculé en HDR par DJI GO 4, en bas un montage HDR plus agressif avec le logiciel Aurora HDR sur Mac, à partir de 3 photos stockées sur la carte mémoire microSD. Téléchargez-la dans un nouvel onglet de votre navigateur pour la visualiser en pleine définition.
  • Le mode Astéroïde crée une vidéo amusante en montant, puis en réalisant une sphère figée de type « planète ». La vidéo est stockée en 1080p à 30 images par seconde sur la carte mémoire. Elle est aussi disponible sur le smartphone en 1280 x 720 pixels à 30 images par seconde. Notez que cette version sur mobile est inversée. DJI GO 4 la produit à l’envers : sphère d’abord, puis descente. La fonction est très amusante, mais elle risque de lasser rapidement.
  • Le mode Boomerang crée une ellipse, un mouvement assez difficile à réaliser en pilotant manuellement. Cet effet, plus simple, n’aura pas le même succès qu’Asteroïde dans un premier temps, mais il tiendra probablement mieux dans le temps.
  • La détection des obstacles fonctionne vers l’avant comme vers l’arrière. Est-ce qu’elle est opérationnelle lors d’une fonction Boomerang ? Non en théorie dans la mesure où l’appareil se déplace en translation, et qu’il n’y a pas de capteurs sur les côtés. Mais lors de mes essais, l’appareil a détecté les obstacles, sans doute parce que l’angle de détection des capteurs est large.
  • Le mode ActiveTrack reconnaît désormais plusieurs personnes, plusieurs véhicules et les identifie avec des cercles verts. Pour sélection la forme à suivre, il suffit de la toucher. La méthode qui consiste à entourer la forme à suivre pour la sélectionner fonctionne toujours.
  • Le mode Sport permet au Mavic Air de voler vite ! Il y avait peu de vent à Monaco, mais la petite brise venant du large m’a permis de dépasser 78 km/h. Le freinage est assez impressionnant, l’appareil se cabre fort pour s’arrêter.

Les images

  • La caméra du Mavic Air filme en 4K à 30 images par seconde. Il s’agit de 4K Ultra HD, soit une définition de 3840 x 2160 pixels. Le Mavic Pro filme lui aussi en 4K Ultra HD, mais il dispose en plus du mode C4K, soit 4096 x 2160, à 24 images par seconde. La définition 4K Ultra HD du Mavic Air assure de superbes images, mais s’il y a trop de mouvement, on voit apparaître des saccades. C’est le cas, par exemple, avec un panoramique trop rapide.
  • La caméra du Mavic Air filme en 2,7K, soit 2720 x 1530 pixels à 60 images par seconde. Même avec des séquences rapides, les images sont fluides.
  • Le mode FullHD, 1920 x 1080 pixels, permet de filmer en 120 images par seconde. Cela permet de réaliser de jolis ralentis. Ils sont réalisés de manière automatique, au visionnage, sans besoin d’un outil de montage vidéo. Les séquences sportives profiteront, c’est certain, de ce mode 120 fps.
  • Les photos avec un bel ensoleillement sont plutôt réussies, sans flou sur les bords de l’image, sans fringing parasite.
  • Les photos peuvent être stockées en Jpeg simple, ou en Jpeg et doublées avec une version DNG. C’est un format RAW qui offre de nombreuses possibilités de retouches avec un logiciel spécialisé comme Adobe Lightroom, Photoshop…
  • Les panoramas permettent des clichés faits de plusieurs dizaines de photos pour un résultat à afficher en 360° en 8192 x 4096 pixels (il existe aussi d’autres formats). Notez que le ciel est ajouté automatiquement et artificiellement par DJI GO 4. Voici le résultat posté sur le site Momento360.
  • La mémoire intégrée de 8 Go est fort pratique si on oublie sa carte mémoire microSD. Il s’agit de secours uniquement, puisque ces 8 Go permettent de stocker environ 12 minutes de vidéo en 2,7K / 60 fps.

Le retour vidéo

  • Sur un iPhone 5S, lors de mes vols (il y avait 5 appareils en l’air simultanément), le retour vidéo fonctionnait plutôt bien, mais il souffrait régulièrement de ralentissements et de parasites. La connexion était établie en 5,8 GHz dans un environnement radio assez dense. Il sera intéressant de vérifier le retour vidéo dans de meilleures conditions, et en 2,4 GHz.
  • La fiche technique du Mavic Air indique une portée maximale de 2 km, au lieu de 500 mètres pour le Spark, alors que la technologie employée et la puissance d’émission sont les mêmes. Comment est-ce possible ? Les responsables de DJI m’ont avancé deux raisons. La première, c’est que les antennes se trouvent dans les pieds, éloignées du bloc central et de son électronique, éloignées l’une de l’autre aussi. La seconde, c’est que le module de réception de la radiocommande du Mavic Air est plus sensible. Ce sera à vérifier avec des tests de portée.

Le pilotage par gestes

  • La technologie SmartCapture semble avoir bien progressé depuis le Spark. Les mouvements de la main sont mieux reconnus, l’appareil est plus réactif, il est possible de l’éloigner et de le faire revenir assez facilement.
  • La prise de vues fonctionne mieux aussi, avec un geste plus simple (un V de la main). Lors de mes essais, les captures vidéo n’étaient pas toujours prises en compte.
  • Lorsqu’on ne s’occupe plus de lui, le Mavic Air se place en mode ActiveTrack et suit son propriétaire (ou plutôt celui qu’il a déterminé comme son pilote) à la trace. Impressionnant !

L’autonomie ?

  • Mes vols d’essais ont comporté des passages en mode Sport, ce qui ne permet pas d’évaluer l’autonomie. Mais elle a atteint 17 minutes avec une réserve de 23 % à l’atterrissage et plusieurs longueurs en mode Sport.
  • La batterie est placée sous l’appareil. DJI a veillé à corriger le système d’insertion de la batterie du Spark, qui mal enclenchée risque de tomber. Sur le Mavic Air, il faut l’insérer en l’inclinant. Deux ergots la verrouillent en position. Il faut pousser sur ces ergots pour la libérer.
  • Comme les autres batteries de DJI, celle du Mavic Air est dotée de LEDs qui indiquent l’état de charge quand on appuie sur le bouton d’allumage.

Pour le reste ?

La suite de l’évaluation du Mavic Air est en cours. Pour le résultat, il faudra encore attendre quelques jours…

34 COMMENTAIRES

  1. Excellente review comme d’habitude !
    Mais il est vrai que j’attends de savoir ce qu’il en est réellement, de ce fameux retour vidéo en wifi, qui a l’air d’être le véritable point noir de ce quadri.

  2. Est-ce qu’en mode sport la gimbal fait n’importe quoi comme sur le spark, ou reste-t-elle stable comme sure un Mavic Pro?

  3. je suppose que les 2 km sont réalisés hors Europe … et que lorsque nous survolons nos contrées, la portée se limite automatiquement à 500 m .. ?

  4. Bien pour une première approche ! 🙂

    Par contre gros point à eclaircir c’est cette fameuse portée et aussi la qualité du retour vidéo. car on voit des tests en anglais, mais aucun ne teste la portée ni le retour vidéo et personellement ca m’inquiète un peu?

    En tout cas il semble très bien, des modes sympa, les capteurs à l’arriere sont un gros plus

    Affaire à suivre mais dites nous vite si il vaut le coup ! 😀

  5. Petite question sur l’Active Track : ça ne suit que le visage (ce qui expliquerait pourquoi Thomas se tord le cou pour regarder le drone tout en se déplaçant) ou ça peut suivre quelqu’un de dos ou n’importe quel objet mouvant ?

  6. il est monté à combien avec la fonction astéroïde?

    Sinon, mon conseiller LCL me recommande vivement de ne plus visité le site HM. 😀
    J’ai pas bien compris pourquoi ?!?

  7. Les gars, je n’ai pas les réponses à la plupart de vos questions pour le moment. Je note toutes les questions pour ne rien oublier pendant les tests.

  8. Max Transmission Distance (unobstructed, free of interference) 2.400 – 2.4835 GHz:
    FCC: 4000 m
    CE: 2000 m
    SRRC: 2000 m
    MIC: 2000 m

    5.725 – 5.850 GHz:
    FCC: 4000 m
    CE: 500 m
    SRRC: 2500 m

  9. super premier rewiew Fred vous avez du vous faire plaisir a Monaco j’ai hâte de pouvoir tester ce nouveau drone.

  10. @Bryan l’active track ne suit pas le visage, il suit une personne (de dos ou de face). Je regardais le drone simplement pour voir comment il réagissait en fonction de mes mouvement 😉

  11. @ stef : Si, si, c’est très réglementé. Les vols ce jour-là étaient sous la surveillance du Chef Circulation Aérienne en charge des activités Drones de la Direction de l’Aviation Civile du Gouvernement Princier.

  12. Joli jouet… et plus discret que le Mavic Pro…
    Je vais attendre les soldes avec l’arrivée prochaine du mavic air pro 😉

  13. @ Fred C’est prévu J’ai déjà des idée mais il faut que j’en trouve un pour quelques jour pour développer mes idée.

  14. “Les responsables de DJI m’ont avancé deux raisons. La première, c’est que les antennes se trouvent dans les pieds, éloignées du bloc central et de son électronique”

    Ah, on copie Parrot. Ou alors, on copie la méthode Apple, le premier pouvait le faire mais on l’a bridé pour faire croire que sur le suivant c’est une “révolution”

  15. @Lbenoits : DJI ne présente pas le retour vidéo comme une révolution, c’est le moins que l’on puisse dire… Il faut dire qu’il l’ont faite en 2014 avec Lightbridge, leur révolution, Parrot l’ayant proposé en 2015 avec le Bebop…

  16. « Chef Circulation Aérienne en charge des activités Drones de la Direction de l’Aviation Civile du Gouvernement Princier »

    Ca c’est un job ! On postule où ?

    Sinon, excellente première review. Il y a 1 an 1/2 le Mavic boulversait le marché du drone et voilà ce Mavic Air !!!
    Avec le recul, je suis finalement bien content de ne pas avoir contrarié mon comptable en craquant pour le Mavic. Mais là, fin d’année le Air sera dans la poche (petit tour aux US prévu, on est bien avec le $ en ce moment !)

    Petite question tout de même : a ton avis, les helices du Air reprennent la forme introduite sur les derniers Mavic Pro pour limiter le bruit ? Qu’en est-il du bruit vs le Mavic standard ?

  17. Les antennes sont déjà dans les pieds sur le Mavic Pro et avant lui sur l’Inspire 1… C’est juste le Spark qui les avait derrière la gimbal.

  18. Bonjour, est-ce qu’il y a une difference notable au niveau vidéo entre le Maroc air et le pro, j’aimerai pouvoir faire des vidéo voyage avec mon prochain drone et la portée et l’autonomie du pro est plus que séduisante. Mais si la qualitée vidéo est supérieur. …

  19. Y a-t-il des limites aux modes de vol supportés par le Mavic Air?

    Le Spark ne supporte pas les waypoints si mes infos sont bonnes, ce qui le rend moins apte aux tournages léchés, de mon point de vue.

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