DJI AeroScope, identification basique ou complète ?

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Vous connaissez désormais AeroScope, l’outil développé par le constructeur DJI à l’attention des forces de l’ordre, qui détecte la présence de multirotors de la marque dans un rayon de 5 kilomètres environ. Si vous avez besoin d’un cours de rattrapage, lisez l’interview d’un porte-parole de DJI, ici. Il y expliquait que AeroScope récupérait le numéro de série d’une machine, accompagné par d’autres informations comme le modèle, la position, la hauteur, la direction, la vitesse, mais sans établir de lien avec les données personnelles de l’utilisateur, telles que stockées dans les bases de données de DJI.

C’est possible !

Si le système de détection AeroScope est connecté à Internet, il n’y a pas d’écueil technique pour lier le numéro de série de la machine à la fiche de son propriétaire. Mais selon Vincent Richir, Policy Manager France & Southern Europe de DJI, ce lien n’est volontairement pas établi par DJI. Une nouvelle mise à jour de DJI GO 4 et des firmware des appareils va permettre d’établir ce lien. Ce sera donc au propriétaire de décider si oui ou non il est d’accord pour que sa fiche descriptive, qui contient ses données personnelles telles qu’indiquées à l’inscription sur le site de DJI, peut s’afficher avec les autres informations lors d’une détection par AeroScope.

Les raisons ?

Pourquoi voudrait-on laisser ses données personnelles en libre accès aux forces de l’ordre ? Les professionnels sont les premiers intéressés par cette option, qui permet de faciliter la surveillance des vols dans des zones protégées s’ils ont mené leurs démarches d’autorisations et de dérogations, de telle manière que l’alerte ne déclenche un branle-bas de combat. Et pour les particuliers ? Après la publication de l’interview de Vincent Richir, un intervenant SDIS m’avait confié : « On adorerait disposer d’une solution AeroScope pendant les exercices et les missions réelles sur des feux de forêt. Ca nous permettrait d’éviter une confrontation entre un drone opéré par un particulier trop curieux et des appareils de largage de retardants. Je me doute qu’on pense tout de suite à la répression, mais nous, c’est la prévention des accidents qui nous motive. Dommage qu’AeroScope ne fournisse pas le numéro de mobile du pilote, ça nous aiderait beaucoup ».

Faut-il s’inquiéter ?

DJI insiste sur le fait que le lien entre numéro de série et données personnelles n’est effectué que par acte volontaire du pilote. Peut-on raisonnablement croire ce qui est avancé par DJI ? Probablement, mais il y a évidemment un doute possible : il faudra laisser des hackers se pencher sur le sujet pour le vérifier (en participant… ou pas au projet de DJI avec récompense à la clé). Il ne faut pas non plus oublier que la réglementation française, en se basant sur la loi promulguée en octobre 2016, demandera plus encore en 2018 : au numéro de série d’un appareil DJI de plus de 800 grammes sera associé un numéro d’enregistrement officiel et sa fiche de renseignement associée, les deux n’étant pas opérés par DJI, mais par l’état français. Avec des solutions sans doute plus intrusives qu’AeroScope, puisque la surveillance est active pendant toute la durée des vols, quelque soit l’endroit des vols (et potentiellement même à l’étranger)…

16 COMMENTAIRES

  1. Allé nos libertés s’envolent encore un peu plus! Vais pas tarder de la her dji moi a force! Et peut etre meme que je vais me mettre a mon compte et fabriquer des drones « simplistes»pour ceux qui le desirent

  2. @ Anthoracer : Si ta machine pèse plus que le seuil de masse, peu importera que tu la construises toi-même, la loi est déjà là, avec ou sans DJI. Ce sera simplement du pas vu pas pris… Ou du pas détecté pas pris, selon les outils utilisés 😉

  3. Oui je le sais … pas vu pas pris ou pas detecté pas pris ça sera deja ça de gagné pour ceux qui pensent qu’a force, meme sans faire les c** avec nos machines , on sera bientot plus libre de rien avec. On aura au moins connu la bonne époque! Et sincèrement comme d’hab l’etat est a coté de la plaque , il n’y a pas tant d’inciviliTés que ça, le taux zero n’existera pas ! et ceux qui voudrons en commettre y arriverons toujours… comme dab on enmer** et on flique les gens qui font pas de mal. Desolé pour les grossièretés mais ça me révolte tout ça.

  4. @ AnthoRacer : Ce qui me gêne, c’est la surveillance des vols en continu. Rares sont les disciplines de loisir qui sont soumises à cela, pas même les “engageantes” dasn le domaine aérien comme l’ULM, le paramoteur, et même le planeur… D’où mon intérêt pour la solution de DJI, qui limite le monitoring à des endroits où c’est vraiment nécessaire (pour des raisons de portée et de coût), et par des forces de l’ordre. En gros, ça ne me gêne pas que soit surveillé le périmètre d’une centrale, Paris intra-muros, des installations militaires, un aérodrome, un ministère, et même un événement sportif. Etre surveillé en constant par une sorte de bracelet électronique, c’est ça qui me hérisse…

  5. Ah quel drame !
    Et nos modèles réduits ailes fixes équipés 433MHz / 1.2GHz que l’on envoie depuis des années à des dizaines de km on pourra continuer à les faire voler si on les équipe DJI ?
    OK, OK je sors… Et puis je suis déjà dans le maquis de toute façon 🙂 🙂 🙂
    Ami entends-tu le vol sombre des DJI sur nos plaines
    Ami entends-tu…
    Sortez vos PixHawk, vos DIY…

  6. Exactement ça fred! Moi non plus ça me derange pas de securiser des zones. Faut etre un minimum responsable; par contre etre suivi comme avec le bracelet électronique c’est bien ça le concept qui derange dans cette histoire…. tampis … vive la resistance alors 😉

  7. @ AnthoRacer : Là où je voulais en venir, c’est que justement DJI propose une solution qui n’est pas un bracelet électronique tout le temps, seulement à l’approche d’endroits équipés de leur outil. En tous cas en l’état actuel, je ne préjuge évidemment pas de l’avenir…

  8. Le législateur va en passer du temps à valider ce qu’il pourra mettre en oeuvre et ce qu’il pourra nous imposer.
    DjI cherche à placer sa camelote, mais de la à l’imposer par la loi … Je m’interroge, et nous verrons bien .. 🙁
    Ce qui me fait actuellement sourire et pour avoir eu des écho de qq Assemblés Générales de clubs de modélistes (ce que certains qualifieraient de ”moustachus” et qui ont toute mon estime 🙂 ) ils n’abordent pas le point de ces futures contraintes, même pas au chapitre “discussions diverses” … On va rire quand tout ce beau monde se réveillera ..

  9. @ FPV_67 : Le groupe de travail “GT ID Drones” a déjà rendu son rapport il y a plusieurs mois. DJI n’en faisait pas partie. DJi entend évidemment placer son matériel. Veulent-ils le faire en l’imposant par la réglementation ? J’en doute. Ils n’étaient d’ailleurs pas membres du groupe de travail “GT ID Drones”, qui a déjà produit sont rapport.

  10. Oui mais DJI ca fonctionne avec DJI… je ne suis pas sur qu’ils (le systeme dji) ecoutent les models volant sous : pitlab, zerouav, inav, arducopter…

    pour la futur réglementation, j’ai toujours pas compris si moi aéromodéliste hors fedé je doit declarer un modele volant qui change de poids vol sur l’autre… et comment je declare mes multirotor de construction perso…

  11. j’approuve l fait que DJI propose une solution de surveillance des zones sensibles, c’est la bonne solution.
    après comme Fred, DJI attention a ne pas dépasser les limites et a se cantonner a cette simple surveillance
    périmétrique.

  12. @ Laverre : Non, ils n’écoutent pas les autres modèles, ils ont indiqué qu’ils ne le feraient pas à moins d’accords entre marques, mais DJI a ce discours : les analystes disent qu’on a 70 % du marché, notre outil couvre donc la plupart des appareils.
    Ca se tient, les tentatives de dépôts d’armes ou de came dans les prisons, les activistes style Greenpeace, les vols de touristes en agglomérations, etc., c’est fait avec du DJI pour la simplicité d’emploi.

    Pour les règles d’enregistrement, les projets d’arrêté et de décret ne donne pas suffisamment de précisions. Il faudra attendre les versions définitives, en supposant qu’elles soient en mesure de couvrir tous les cas de figure… :-p

  13. Au final, c’est un peu comme le transpondeur mode S qui est imposé aux avions/hélicoptères, où n’importe qui peut récupérer le numéro de transpondeur, immatriculation, paramètres ce vol, etc, en temps réel. Ensuite, grâce au site de l’aviation civile, il est possible de récupérer le type d’aéronef, le lieu où il est basé, etc… Et donc apparemment, bientôt le tour à l’aéromodélisme…
    Il faut vraiment faire soit du planeur, du parapente, ou du parachutisme pour ne pas être fliqué

  14. J’ai été un peu vite… Un cerf-volant est bien un aéronef, mais ce que je voulais dire, c’est qu’il ne rentre pas dans l’arrêté espace relatif à l’utilisation de l’espace aérien par les aéronefs qui circulent sans personne à bord .

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