Retour sur la WDR Lyon FPV World Cup 2017

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La FPV World Cup était l’une des manches de la World Cup organisée en France par World Drone Racing, sous l’égide de la Fédération Aéronautique Internationale. Un événement organisé à Lyon dans le stade Guillaume Vuillermet qui a opposé 66 pilotes de plusieurs nationalités. Outre les compétiteurs français, elle a accueilli des pilotes en provenance de Suisse, Belgique, Allemagne, Italie, d’Espagne et même Corée !

Vitesse et précision

Le parcours était plutôt rapide, avec des passages pour ralentir la cadence, assez techniques. Le choix de structures en métal a permis d’une part de tenir le choc face aux assauts répétés des racers, d’autres part de servir de supports pour les LED du circuit de nuit. Il est à noter que la plupart des racers qui ont accroché les airgates ont touché le tissu, avec finalement peu de dégâts. Mais certains quads ne se sont pas relevés de leur sortie de route. L’ambiance était détendue et pourtant, la présence de pilotes parmi les meilleurs européens était l’assurance de batailles sauvages. La gestion des inscriptions, de la course et du chronométrage avait été confiée à Rotormatch, qui était épaulé par Florian, le créateur du système de TBS, pour assurer une double mesure. 

Visiteurs…

Le public a pu venir prendre des conseils auprès de la boutique FPV4Drone et voler virtuellement sur le parcours de la course avec les moyens techniques d’Intel. Ce sont plus de 7500 personnes qui sont venues assister aux courses pendant la journée de samedi ! Un grand écran était prévu pour que le public puisse suivre les courses et les préparatifs en coulisses. Mais le prestataire a livré et monté un écran dont la plupart des panneaux étaient défectueux. L’absence de cet outil pour le grand public a été une immense déception pour l’équipe… Heureusement, les vols étaient diffusés en temps réel sur YouTube.

Vols de nuit

En fin d’après-midi, les participants ont été invités à voter pour la poursuite des qualifications sur le parcours de nuit, ou à organiser une course sans enjeu dans ce parcours, pour le fun. C’est la seconde proposition qui l’a emporté. WDR a profité de son expérience sur le parcours organisé à Cabourg pour proposer un circuit qui suffisamment impressionnant tout en limitant la difficulté, car le juste milieu est difficile à trouver. Voler de nuit dans le noir complet avec un balisage LED est une belle expérience qu’il faut vivre aux commandes d’un racer, au moins une fois ! Le parcours de nuit a été pratiqué dans le sens inverse de la course de jour. Un chiffre ? Le parcours de nuit repose sur des infrastructures qui pèsent 1,4 tonne !

La réception vidéo

Les conditions de réception de la vidéo 5,8 GHz n’étaient pas optimales. Malgré l’utilisation de récepteurs Clearview diversity, l’image a souffert de parasites et de coupures. Des mesures ont été effectuées un peu partout dans le stade pendant l’événement pour déterminer le placement optimal des récepteurs. Il en est ressorti que les parasites étaient présents partout sur le terrain et à l’extérieur, avec une légère amélioration quand il y avait un positionnement un peu en hauteur. L’expérience de plusieurs courses montre que chaque environnement est différent. Difficile de procéder à des tests fiables avant l’événement : la présence de tous les pilotes et du public a son influence sur la qualité de la réception. On peut supposer que la multiplication des sources radios finit par causer des parasites, amplifiés ou pas par le type de bâtiments et la réflexion sur des surfaces. A noter, par exemple, que l’allumage d’un Phantom 4 Pro+ a causé de sévères interférences avec les pilotes en 5,8 GHz.

La discipline du 25 mW

Il semble probable que tout le monde n’ait pas respecté les 25 mW légaux. C’était pourtant une obligation pour tous les participants, règlementation française oblige. Les français, justement, sont plutôt bien disciplinés et figent leurs émissions en 25 mW. Mais les pilotes étrangers ont tendance à passer à une puissance supérieure lorsqu’ils constatent que la réception est perturbée. Or c’était le cas dans le stade Vuillermet ! Il est très complexe de surveiller toutes les émissions. Un scanner n’indique pas de manière évidente les pics supérieurs à 25 mW, et indique de nombreux faux-positifs. L’usage d’un outil de contrôle tel que le PowerMeter d’ImmersionRC est difficile à mettre en œuvre pendant une compétition, notamment en raison de la diversité des formats (SMA, RP-SMA, Pico), et de l’accès parfois complexe aux connecteurs. Il y a matière à réflexion pour établir une meilleure surveillance, même en imposant un émetteur réglé par le gestionnaire des courses, de type Tramp HV d’ImmersionRC.

>>>> La suite du report se trouve ici <<<<

10 COMMENTAIRES

  1. Bravo à WDR.
    on voit que les énormes progrès, en terme de pilotage bien entendu mais au moins autant en terme d’organisation. Cette organisation demande une implication, une expertise et des moyens qu’on ne retrouve que dans les événements et compétitions sportives très professionnalisées. Chapeau bas messieurs les organisateurs et bonne chance pour la suivante.

  2. Salut FRED tu parles de puissances, pour avoir été (spectateur) à plusieurs meeting en Allemagne, ils ne blaguent pas et vérifient avec du matériel Rhodes & Schwarz tous les émetteurs en fréquences, spectre et puissances … Ya volt ils ont les moyens 🙂
    Si tu est fiché à plus de 25mW on te demande gentiment de remballer 🙁

  3. Salut,
    Tous les clubs ne peuvent se doter d’un analyseur Rohde est Scharwz, mais il existe des mesureurs de champs HF portable (format poche, plage de 100Mhz à 8Ghz par ex) qui pour 160€ permettent de mesurer le niveau de puissance du VTX sans problème. En l’approchant du quad en émission, il est tout à fait possible de vérifier qu’il est bien la source de ce que l’on mesure et à quel niveau il émet.
    Très bons appareils d’origine US dont le rapport Q/P est imbattable : https://www.geotellurique.fr/detecteurs-toutes-frequences/258-detecteur-d-ondes-electromagnetiques-cornet-ed78s.html

  4. @ Lesailes : Le souci, c’est que l’environnement est très saturé. Il y a les autres compétiteurs, il y a les innombrables sources wifi et Bluetooth du lieu de course et des smartphones, il y a les moyens vidéo, dans le cas de Lyon il y avait les bornes wifi de particuliers autour du stade – on captait même la borne du concessionnaire Audi. Il y a un scanner qui a été essayé en fin de journée, un Corner ED88T, dont les courbes se superposaient après tentative d’étalonnage…

  5. Salut,
    Dis, pour les chronométrage, rotormatch à fait comment ?
    Le TBS tracker assurait la double mesure ?
    Tu a plus de précisions là dessus ?

    Merci !

  6. @ Fred : ok, c’est bien le matériel dont je parlais, Cornet ED88T qui est un des modèles de Cornet (3 en 1 : champ électrique et magnétique en plus).

    Donc effectivement, il faut faire la mesure dans un espace réservé où ne se trouve que le testeur et le quad à tester (pas d’autres quad en émission à proximité immédiate, de mobiles en 3 ou 4G en émission potentielle… etc). Dans ces conditions minimum à respecter et même si le site est évidemment sous couverture de nombreuses sources ECM, il est possible en rapprochant au maximum le testeur de l’antenne vidéo (mais en deçà de la désensibilisation de l’antenne du testeur, par exemple à maximum 30 cms de la source selon le testeur) de déterminer le niveau de puissance du VTX en discriminant un émetteur à 25mW d’un autre à 200 ou 350mW par exemple, car le niveau de champ qui sera reçu par le testeur aura un rapport 10 entre les 2 VTX…

    J’ai un Cornet ED65 et j’ai fait le test chez moi entre un quad qui émet à 25mW et un autre à 350mW.
    Bien sur dans un endroit très fortement exposé aux émissions, l’interprétation est plus difficile mais je pense reste possible car les niveaux de champ se somment et un VTX de à plus de 200mW pris à 30 cms de son antenne envoie un champ très important à proximité qui ne peut pas passer inaperçu, là où un VTX à 25mW pourra être un peu noyé dans le bruit ECM ambiant (et encore à 30 cms, cela crache déjà pas mal mais dans tous les cas, 10 fois moins que l’autre…).
    Je ne sais pas si je suis clair 😉

  7. @ Lesailes : Oui, tu as été parfaitement clair. Les soucis, c’est que la vérification se fait à un moment où il y a beaucoup de sources simultanées et proches, et à un instant T. Mais rien n’empêche le pilote de modifier sa puissance au moment où il pose son quad juste avant la course.
    Du coup, les conditions de test sont difficiles : il faudrait prélever une machine juste avant un départ, aller l’isoler pour faire la mesure (en supposant que c’est possible). Pendant ce temps, la manche se fait avec un pilote de moins. Un casse-tête en logistique !

  8. Certaines courses étaient impressionnantes, les gamelles aussi, on a pu voir des pointures qui sortaient du lot sans qu’on sache qui c’est, merci les pseudos sur les transmission vidéos dans lunettes.

    Par contre j’aimerai critiquer l’organisation, je ne doute pas que pour les pilotes, de plusieurs nationalités qui plus est, ça devait être un minimum au point.
    Qu’il y ait un problème avec le prestataire et ses écrans, admettons, (un vrai presta aurait une solution de secours), le minimum aurait été de communiquer la liste des courses sur un papier affiché et surtout d’annoncer les pauses et la fin.
    Le flux youtube ? Sérieusement ?
    Bref, pour les visiteurs: musique trop forte en continu, pas de scores, pas d’annonces de pilotes, pas d’infos, rien, entrée/fouille/assis/regarde/débrouille toi, je vois que la remise des trophées s’est faite dans la tente, en VIP, c’est une blague?
    Et je ne parle pas de la non communication sur le lieu de l’évènement d’abord vélodrome, puis stade du Lou puis enfin l’ancien stade, un vrai jeu de piste.

    Sinon merci pour l’article =D

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