L’état consulte pour des solutions de détection de drones

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Le ministère chargé des transports a publié un « appel à manifestation d’intérêt pour des solutions de détection de drones et services associés » le 28 janvier 2022.

De quoi s’agit-il ?

Voici ce qu’en dit le document de présentation : « la présente démarche ne constitue pas un marché public. Il s’agit de réaliser une veille technique pour de futurs achats afin d’avoir une meilleure connaissance de l’offre des fournisseurs dans secteur d’activité économique objet de la démarche ».

Mais encore ?

« Pour assurer la sécurité des flux de trafic aérien à proximité des aéroports, la Direction des Services de la Navigation Aérienne (DSNA) s’intéresse à la détection de tous les drones volant à proximité des aéroports, autorisés ou non […] Un tel service pourrait inclure, sans être exhaustif : La détection de tout ou partie des drones volant dans les zones placées sous surveillance, Puis l’identification et la validation des drones pouvant être considérés comme des menaces Enfin, la communication avec les unités opérationnelles de la DSNA lorsqu’une menace est confirmée ». L’étude regroupe des questions dans une feuille Excel. Le document est à remettre avant le 28 février 2022.  

Mais, mais…

Suite aux supposés survols de centrales nucléaires en 2015, le ministre de l’intérieur de l’époque Bernard Cazeneuve avait affirmé que l’état français disposait d’outils de détection et de neutralisation de drones (voir ici). Par ailleurs le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) avait imaginé un système d’identification de drones coopératifs, toujours suite à ces survols (voir ici). Ce système a été intégré dans la loi dite « drones » de 2016, et imposé aux pilotes de drones de plus de 800 grammes. Faut-il en conclure que toutes mesures se sont avérées inefficaces pour protéger les aéroports français ? Ok, on s’en doutait un peu, à vrai dire.

Ce qui est étonnant ?

Comment se fait-il qu’une telle étude ne soit commandée qu’en 2022 alors que les aéroports devraient déjà être équipés d’outils de détection opérationnels ? Et cela alors que les faits-divers mettant en évidence l’absence d’outils de levée de doute suite à des signalements de drones sont récurrents depuis 2015. Et cela bien que plusieurs sociétés françaises soient spécialisées sur le sujet et communiquent régulièrement depuis plusieurs années. Mieux vaut tard que jamais, sans doute. Reste que répondre à cet appel de l’état s’apparente à un exercice d’équilibriste pour les industriels : il leur faudra donner un peu d’information… mais pas trop. Parce l’appel à manifestation d’intérêt ne constitue pas un marché public, et que le document de présentation rappelle que « toute participation – ou non-participation – n’aura aucune incidence sur la consultation ultérieure, ni sur le choix du titulaire ».

Source : Plateforme des achats de l’état

2 COMMENTAIRES

  1. Autre question possible :
    Est-ce une réelle consultation ou l’utilisation de l’argent publique pour qu’un grand groupe puisse monter son projet technique sur un autre financement publique avec les informations des concurrents ? Ou racheter des startup?

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