Les Aravis : de superbes panoramas aériens à 360° en Savoie et Haute-Savoie

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C’est un projet qui a débuté il y a plusieurs mois : Thierry Milherou propose des vues de sa région avec des photos aériennes en 360°.

Sa région ?

C’est celle de la chaine des Aravis, à cheval entre la Haute-Savoie et la Savoie, autour de Thônes et de la Clusaz. Les photos sont superbes, on peut zoomer, obtenir des informations complémentaires. De quoi donner très envie d’aller s’y balader. Avec un drone dans le sac à dos, évidemment… Parce que l’une des particularités des Aravis, c’est qu’il y a très peu de zones interdites de vol ! Les Aravis en 360°, c’est ici !

Helicomicro : Très belle initiative que ce projet de photos 360° de la chaine des Aravis. Comment l’idée vous est-elle venue ?
Thierry Milherou : Merci ! Je suis dans la région depuis 2008, j’ai d’abord travaillé pour l’Office de Tourisme de La Clusaz en tant que webmaster, puis je suis passé responsable communication / sentiers du territoire. J’ai acquis mon premier quadricoptère en juin 2015… J’ai attendu d’avoir le deuxième pour découvrir la fonction intégrée de panorama 360°. Je me suis alors dit que l’occasion était trop belle de profiter du fait que le vol est autorisé quasiment partout pour réaliser une visite virtuelle des environs en mode aérien. Le coin est très varié, et accessible.

HM : Il y a des clichés qui semblent avoir nécessité une belle randonnée d’approche.
TM : Oui, en effet, étant donné que je respecte la législation française de vol à vue et de limite de hauteur, je ne peux pas envoyer le drone très loin. Donc parfois ça nécessite de bonnes marches, mais c’est toujours un plaisir. De plus je peux souvent profiter d’une sortie dans le cadre de mon travail de coordination des sentiers pour effectuer un shooting. L’avantage des derniers modèles de drones, c’est leur portabilité. Mon premier, un Phantom 3, remplissait un sac à dos sans laisser de place pour autre chose.

HM : Les points de vues sont très différents selon la météo et la période de l’année. Est-ce que vous prévoyez de refaire des shootings aux mêmes endroits dans des conditions différentes ?
TM : Je l’ai déjà fait pour un point, l’Alpage de Grande Montagne. Le bouton au sol sur la vue 360° permet d’accéder au panorama alternatif. J’espère pouvoir en faire plus !

HM : C’est amusant, on voit dans la liste des photos la progression des saisons. Il y a combien de clichés à ce jour ?
TM : Il y a 46 sites archivés, et j’essaie de combler les espaces au fur et à mesure.

HM : Quels sont les drones qui ont été utilisés ?
TM : Les premiers clichés ont été réalisés avec le Mavic Pro, mais depuis la sortie du Air 2S, c’est ce dernier que j’utilise, la qualité est impressionnante. Ce n’est pas tant le cliché qui est compliqué à faire, c’est le traitement. Je n’utilise pas les panoramas générés automatiquement par l’application de vol, trop compressés, et sur lesquels l’application met un filtre cosmétique imposé. Je fusionne les images brutes avec le logiciel gratuit Microsoft ICE, puis je rajoute le ciel manquant sur Photoshop (le drone ne prend pas le 1/3 supérieur en vol) en utilisant des images HDRI gratuites fournies par certains sites web.

HM : C’est encore plus intéressant quand il y a des indications sur l’image, comme les noms des sommets, des explications additionnelles ou des extraits vidéo. C’est difficile à intégrer ?
TM : Le site sur lequel j’héberge la visite virtuelle, Kuula, est très simple à utiliser, il ne faut que quelques minutes pour mettre en place un nouveau post. Le plus long, c’est de connecter les posts entre eux… Plus il y en a, plus il faut multiplier les liens. Concernant les points d’intérêt, je n’en suis qu’au début, je vais prendre du temps pour les ajouter, notamment du point de vue touristique. Et je commence tout juste à intégrer des données géomorphologiques en collaboration avec un géologue local.

HM : Les vols ont-ils déjà du être interrompus pour laisser le passage à des appareils à basse altitude, comme des hélicoptères ?
TM : Je n’ai jamais eu le cas de devoir faire un retour d’urgence à cause d’un engin motorisé, même si beaucoup passent dans le coin. Par contre, je l’ai déjà fait pour ne pas inquiéter un parapentiste. En montagne, il est compliqué de voler sans déranger personne, j’essaie d’être le plus discret possible et de ne pas passer trop de temps. On croise parfois des randonneurs qui ne connaissent pas la législation et pensent qu’on n’a pas le droit de voler. 

HM : Une recommandation lorsqu’on est confronté à des personnes qui n’apprécient pas trop les drones ? 
TM : Je conseille de toujours demander si ça ne dérange pas et de proposer aux personnes de regarder en direct le vol sur l’écran, ça désamorce la situation. Et même si ce n’est pas obligatoire pour les drones légers, je trouve plus pratique d’avoir mon numéro d’enregistrement, et d’avoir sur moi mon certificat d’exploitant et mon CERFA n°12546. Comme ça, en cas de remarques, j’ai des papiers officiels à présenter.

HM : C’est un projet où vous restez maitre à bord, ou vous acceptez les contributions d’autres passionnés de la région ?
TM : Je n’ai pas eu de demande de participation au projet, mais je reste bien évidemment ouvert à toute proposition.

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