Parrot intègre le Digital Remote ID européen (DRI) dans la gamme Anafi

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La réglementation européenne va imposer le Digital Remote ID (DRI), qui apparaît sous le nom de « système d’identification directe » dans ses deux textes fondateurs. En pratique, il s’agit d’un système qui diffuse à distance la référence au propriétaire du drone et des informations sur le drone en temps réel. Le but est que les forces de l’ordre soient en mesure de capter ces informations à distance pour identifier le drone.

Quels sont les appareils concernés ?

En catégorie Ouverte, celle qui correspond (pour simplifier) aux drones de loisir, le DRI est requis pour les appareils de classes C1, C2 et C3. C’est-à-dire (pour simplifier encore) ceux qui pèsent plus de 250 grammes. Sont donc exemptés ceux en classes C0 et C4 ainsi que les appareils construits à titre privé. Cette règle est déjà en vigueur, mais à ce jour, aucun drone ne présente un marquage CE avec indication de classe. Donc aucun drone actuel n’est tenu de diffuser le DRI ! (au 28 juin 2021). Le jour où des drones seront commercialisés avec une mention de classe, en revanche, ceux en classes C1, C2 et C3 devront diffuser leur DRI. Notez qu’à compter du 1er janvier 2023, tous les nouveaux drones vendus dans le commerce devront comporter une mention de classe. Mais gardez à l’esprit que les “anciens” drones, ceux achetés avant 2023 sans mention de classe pourront continuer à être utilisés sans mention de classe. Donc sans DRI.

Le standard technique du DRI ?

Le DRI est codifié par l’AeroSpace and Defence industries association of europe STANdardization (ASD-STAN), qui a publié un document récapitulatif, à consulter ici. Notez qu’il s’agit d’un projet de norme, pas de la norme ! Les constructeurs peuvent donc, déjà en théorie, ajouter la fonction DRI à leurs appareils. Le système doit émettre en wifi (Beacon ou NAN) ou en Bluetooth pour une détection à courte distance, entre 250 mètres et 2 kilomètres selon la technologie employée. Comment lire ces informations ? Vous pouvez vous pencher sur l’application opendroneid pour Android, que vous trouverez ici… mais qu’il faudra compiler vous-même. La compatibilité avec les smartphones du marché est encore très hésitante, et tous les modes d’émission ne sont pas pris en charge. Le principe du DRI ? Toute personne équipée d’un smartphone pourra détecter le signal d’un drone à proximité, mais les données concernant son propriétaire ne seront accessibles qu’aux forces de l’ordre.

Le premier constructeur à proposer le DRI ?

Il s’agit de Parrot ! Avec l’application Freeflight dans sa version 6.7.4, le constructeur français ajoute la compatibilité de sa gamme Anafi avec la diffusion du DRI, en conformité avec le standard énoncé par ASD-STAN pour répondre aux requis de la réglementation européenne.

Comment diffuser le DRI ?

La première étape consiste à noter votre numéro d’exploitant UAS européen. Vous pouvez l’obtenir gratuitement, si ce n’est déjà fait, sur le site officiel AlphaTango. Rappelons qu’il est obligatoire pour piloter les appareils avec une caméra à bord, et à apposer sur vos drones avec une étiquette ! Le numéro d’exploitant USA, en France, commence par FRA suivi de 13 lettres et chiffres. Il vous faudra aussi la clé qui accompagne le numéro d’identification électronique, faite de 3 lettres et chiffres. Note : cette clé ne doit pas apparaitre sur l’étiquette avec le numéro d’identifiant UAS que vous devez apposer sur vos drones. Elle est destinée à contrôler numériquement la validité du numéro d’exploitant UAS.

Sur l’Anafi ? 

Téléchargez la dernière version de l’application Freeflight 6. A la connexion d’un Anafi, la mise à jour du Skycontroller devrait débuter, suivie de celle de l’Anafi. Ensuite, touchez l’icône des paramètres dans la vue caméra, puis sur Réseau. Touchez Editer et indiquez votre numéro d’enregistrement (le numéro d’exploitant UAS) puis la clé associée. L’application connaît déjà le numéro de série de votre Anafi, pas besoin de l’indiquer. Il ne reste plus qu’à toucher ON dans la case Diffuser le DRI. Ca y est, l’appareil diffusera ses informations DRI lorsque vous serez en vol.

Faut-il vraiment activer le DRI ?

Non ! Puisque l’Anafi n’a pas de marquage CE avec indication de classe, il n’est pas dans l’obligation de diffuser son DRI. Et il continuera à en être exempté, même après 2023.

A quoi sert-il sur l’Anafi, alors ?

A rien pour le moment. Sauf si vous êtes développeur d’une application de lecture du DRI sur un smartphone, puisque l’Anafi peut vous servir d’outil de test. Il s’agit aussi d’une vitrine du savoir-faire technologique et de la réactivité de Parrot, puisque le constructeur montre qu’il maîtrise d’ores et déjà une partie des requis des futurs appareils de classes C1, C2 et C3.

Identification, signalement, DRI : il y a de quoi s’y perdre !

  • Le DRI, ou identification directe à distance, est un requis de la réglementation européenne imposé pour les appareils de plus de 250 grammes avec marquage CE et indication de classe.
  • Le signalement électronique à distance est un requis de la réglementation française imposé aux drones de plus de 800 grammes pour voler en France !

DRI et signalement ne reposent pas sur les mêmes protocoles, ne diffusent pas les mêmes données. Notez qu’en France, un appareil de plus de 800 grammes de classe C1 ou C2 devra diffuser simultanément le DRI (européen) ET le signalement (français) !

Un doublon contreproductif ?

Sans aucun doute. A moins que les administrations parviennent à se mettre d’accord sur une norme commune, le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) pour la France, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) pour l’Europe. Ce qui serait faire preuve de bon sens…

7 COMMENTAIRES

  1. Il me semble que la norme du DRI est toujours à l’état de draft, donc un peu prématuré de sortir quelque chose d’officiel.

  2. @ Fxb : Autant que j’ai pu comprendre, le but du Draft (qui n’est pas public) est de démarrer les dev. Ca évoluera probablement encore, mais peu. L’écueil semble être du côté de la réception et des différences de hardware sur le marché des smartphones.

  3. @fred, pas seulement. Ce draft est le même que celui de l’année dernière a peu prés a la même date … j’y ai pas vu de changements. Un question importante est si le DRI va fournir un identifiant bluetooth et wifi pour le broadcast comme la France l’a fait pour le signalement électronique. Sans cet identifiant, adieu le balise maison car il faudra se faire enregistrer à la fois comme équipementier bluetooth et wifi ! Donc bonjour le tarif des balises …

  4. Au white Paper : oui ! Je te l’ai envoyé fin janvier d’ailleurs.
    Au draft : J’ai eu accès brièvement à la spécification technique pour justement voir si on pouvait refaire une implémentation open source pour du DIY. Et ce n’était pas certain que ce soit possible avec les documents que j’avais, a voir si à bien évolué, ce que je doute étant donné la liste des boites qui sont dans les commitées …

  5. Dites moi ,si je dit des conneries ,sans faire le troll en regardant d’un oeil connaissant pas le dossier en détail .En gros cela prépare le NRI ,fournis par un provider ? Laissant le DRI pour beta test au amateur ou professionnel dans un premiers temps .Quand je compare avec le Part 107 ,c’est le NRI qui deviendras la norme ?L’une des idée était une application auquel tu te log , et qui te donne la zone vol ,voir un peu Macht 7 mais en temps réel pour les autorité ? Tout ça peut être intéressant si couplé a une système comme flight radar en parallèle avec L’ASD-b . Et même si les autorité adore le wifi ! Ah terme cela risque de passé par de la 4G ,soit par le drone ou la Ground station (PC,mobile ou autre ) Sauf zone déserte ou tu peut mettre d’autre dispositif .

  6. @ Bud UAV : Le NRI est sans doute dans l’optique du U-Space et d’un espace aérien non ségrégué et contrôlé, oui. Pour les usages industriels dans un premier temps, pour les autres à terme.

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