Une norme ISO « drones » a été publiée

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Un article publié début décembre 2019 sur le site de l’ISO titre « Le marché des drones prêt à décoller avec une nouvelle norme ISO ». En voilà, une bonne nouvelle…

Vraiment ? 

Les normes ISO, ce sont des règles et des procédures préparées par l’Organisation Internationale de Normalisation (ISO). A quoi ça sert ? « Dans un contexte où la technologie évolue plus rapidement que la réglementation, les normes internationales jouent un rôle essentiel pour assurer un niveau minimal de sécurité et de qualité », peut-on lire sur le site de l’ISO. Il s’agit donc de garantir la qualité de produits pour assurer la sécurité et faciliter le commerce, via des certifications délivrées par des organismes nationaux ou régionaux. Voilà pour la théorie. En pratique, les normes ISO sont des outils à valeur indicative, sauf lorsqu’elles sont rendues obligatoires par une référence dans des textes réglementaires. A ce jour, la réglementation française ne s’appuie sur aucune norme pour les appareils sans pilote à bord… puisqu’il n’y en avait pas au moment de la rédaction des textes. Mais cela pourrait changer !

Les normes pour les drones

Des normes ISO sont en préparation depuis 2014, date de la création du sous-comité SC 16, Aéronefs sans pilote, au sein du comité technique ISO/TC 20, Aéronautique et espace. Des documents préliminaires ont été publiés fin 2018. La norme principale est la ISO 21384, divisée en 4 parties : la partie 21384-1 traite des spécifications générales, la partie 21384-2 décrit les systèmes de produits, la 21384-3 s’occupe des modes opératoires et la 21384-4 de la terminologie. S’ajoutent aussi la ISO 21895 pour la catégorisation et la classification, la ISO/AWI TR 23629-1, la ISO/AWI 23629-7 pour les requis du trafic aérien et la ISO/AWI 23665 pour la formation du personnel. Les normes ISO 21384-1 et 21384-2 sont en cours d’élaboration, la 21384-4 a déjà été publiée en juin 2019, et la 21384-3 vient de l’être.

Pour qui ?

La norme ISO 21384-3 s’adresse à l’industrie du drone, que ce soient les constructeurs, les intégrateurs, les développeurs, les distributeurs, les revendeurs, ou encore les opérateurs. Elle « s’applique à tous les systèmes d’aéronefs sans pilote à bord quel que soit leur taille, catégorie, usage, ou leur emplacement, et décrit la meilleure pratique internationale en matière d’utilisation sûre de ces systèmes ». Le document « est structuré de manière à proposer un cheminement logique depuis les principaux fondamentaux jusqu’à des exigences plus spécifiques ». Comme ce descriptif est particulièrement séduisant, on brûle d’envie de le télécharger.

Oui mais…

Il se trouve sur le site de l’ISO… sauf pour la France, où l’acquisition du document passe obligatoirement par l’AFNOR. Il faudra débourser 185 € (hors taxes) pour obtenir ce texte. Si vous désirez tout savoir sur la terminologie, le document ISO 21384-4 vous coûtera 123 € (hors taxes), toujours auprès de l’AFNOR. Il n’y a donc pas accès à la lecture des normes ISO appliquées aux appareils qui vont évoluer dans notre environnement, à moins de mettre la main à la poche. Dommage, d’autant qu’il y aura d’autres documents à se procurer lorsqu’ils seront prêts, pour obtenir un panorama complet des normes ISO appliquées aux drones.

13 COMMENTAIRES

  1. Normes= Grosses pompes à fric…
    D’abord on paye la norme pour la lire, ensuite on paye pour s’y conformer et au final on paye un organisme pour avoir l’agrément à la norme. Ensuite à la moindre modification sur le matériel on repaye pour compléter le dossier d’agrément etc etc ..

    Normalisation = mort programmée de tous les petits artisans et indépendants qui essayent d’innover dans notre loisir ???

  2. Les seules normes valables sont celles auxquelles nous pouvons nous conformer sans payer 1 euro…… C’est ce principe qui garantit leur validité et leur véritable valeur !!!
    Des lors que vous devez payer le moindre centime, il s’agit d’une transaction commerciale et la norme n’a plus grande valeur…..

  3. Norme iso=Europe. .. le marché asiatique peux continuer a nous envahir de produits,ca passe crème puisque pas de normes pour eux…

  4. @Laurent : oui là tu es au royaume des bisous nounours 🙂
    Professionnellement confronté aux normes , je vois ce que cela coûte et quand tu sais que pour modifier ne serait-ce que la référence d’un seul composant (qui est couvert par la norme) sur un produit cela te coûte autour de 20.000€ d’ouverture de dossier pour modification de la nomenclature, sans rien de plus … Tu pleures 🙁

    Moi je dis : profitons de notre loisir les quelques mois qu’il nous reste de liberté d’action avant de passer au tricot quand tout sera réglementé et normalisé, ne laissant place plus qu’aux gros industriels qui ont les moyens financiers … Bonne année 2020 et son cortège de restrictions qui vont voir le jour !

  5. Oui FPV67 …. je suis bien d’accord !!!
    Pour info, à une certaine époque je bossais au sein d’une très grande école (privé) jouissant d’une réputation assez solide, il fût entrepris de se mettre à une norme ISO nous concernant ….. appel d’offres lancé, tous les dossiers étudiés, nous retenons un organisme pour nous auditer, je me revois encore dans le bureau avec le grand patron du groupe qui possédait cette école et un des hauts responsables de “l’auditeur” …. court extrait de conversation : “Cher Monsieur, nous ne sortons pas XXXXX,XX Francs pour se voir rétorquer à la porte de la norme ……. est-ce que nous nous comprenons bien ???” ……. Bien sûr, je vous reçois très clairement répondit “l’auditeur” …. !!!!!!
    Inutile de vous préciser que l’établissement fût “normé” avec les meilleures appréciations et un dossier en béton :)) :)) …

  6. Développer des normes internationales coûte beaucoup d’argent, il faut un modèle économique derrière pour que cela puisse être tenable dans le temps. Les milliers d’experts s’appuient sur des organismes de normalisation professionnels, qui versent des salaires.
    Les petits artisans peuvent librement s’inspirer du contenu d’une norme pour, soit se mettre en conformité avec et le clamer (publicité pour ses produits/services), soit aller au delà des exigences de la norme et innover pour se démarquer de ceux qui ne font “que” se conformer à la norme.
    Enfin, si on clique sur le bouton “preview” de la norme sur le site de l’ISO on a un bon aperçu qui permet de juger avant d’acheter, histoire d’être sûr que la norme est faite pour nous.

  7. Ok avec toi fpv 67!
    Des mecs qui sont payés à faire des normes pour faire chier les autres!
    Savez vous qu’il existe une norme pour définir ce qui est chaud et ce qui brûle???
    On marche sur la tête!!!!!

  8. Super intéressant comme article ,maintenant ,qui ne concerne pas 99% des télé-pilote , mais le problème est plus pour les télépilote qui voudront faire leur construction perso pour des besoins spécifiques (dans environs 5 ans) ,qui sur des petit marché , vont ce faire éclaté si ils n’achète pas le matos fait par des grosses boites . Pour l’historique https://www.youtube.com/watch?v=Svz0HV9SRVQ&list=PL6jnWXajpJV4e5xX_S4eUYjGi1jrPBwi0&index=4 , (perso j’ai pas pu faire la vidéo en entier en une fois ) . Par contre , Grosse question , quid du SORA ? j’ai rien trouver dessus .

  9. La France dans toute sa splendeur… Technocrate au temps perdu à un fric fou…S’ils étaient payées à leurs efficiences ils devraient faire un cheque à leurs employeurs touts les mois…IL n’y a pas d’autres sujets plus grave en france????? Après je concois qu’il faille raqueter le pilote du dimanche, les professionnels, vu le pognon que nous coute cet organisme…En france on a pas de pognon mais des idées, MAIS SURTOUT des idées pour piquer ( voler ) du pognon….Triste france

  10. @ Bilibibe ……. comme tu as raison ……. nos fonctionnaires (et surtout nos politiques, car les 1ers obéissent aux seconds) savent déployer une énergie hallucinante (on est proche de la fusion nucléaire) pour inventer des moyens, tous plus tordus les uns que les autres, afin de récolter toujours plus d’impôts, de taxes, etc ….. et de savoir comment on va pouvoir faire pour emmerder les petits entrepreneurs et leur mettre une pression de dingue car cette clientèle là ne peut pas mordre (et oui …. on est trop petits, pas assez menaçants) par contre elle est très nombreuse et tellement facile à “pomper” qu’on arrive, sans trop d’effort à récupérer un pognon de dingue (pour paraphraser sa Sainteté) …..
    Si cette énergie “intellectuelle” était canalisée vers l’étude de moyens pour favoriser un développement économique responsable, puissant et durable, nous serions sans plaisanteries aucune, une puissance à côté de laquelle les Américains, les Chinois et toutes les monarchies pétrolières du globe passeraient pour des nains économiques et technologiques invisibles …..

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