Drones étrangers aux Etats-Unis : la critique d’un sénateur

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Sénateur Christopher Murphy. Crédit photo

Le sénateur nord-américain Christopher Murphy a envoyé une lettre à James Mattis, le secrétaire du Department Of Defense (DoD) aux Etats-Unis. Il y critique durement les drones conçus et fabriqués hors des Etats-Unis, plus particulièrement les appareils chinois, et demande leur interdiction totale le temps de procéder à des vérifications. Cette demande est-elle comparable à la décision récente de l’armée américaine qui a interdit l’usage des drones dans ses rangs ? (voir ici) Les arguments sont similaires, mais le sénateur cible tous les drones, y compris… et surtout ceux destinés au grand public !

Les arguments ?

Les drones sont des appareils qui mémorisent des données géographiques, des photos et des vidéos. DJI s’est défendu de stocker les informations sans l’accord des possesseurs d’appareils, notamment en s’appuyant sur un rapport indépendant publié aux Etats-Unis (voir ici). Un document qui ne semble pas avoir convaincu le sénateur Christopher Murphy : la plupart des utilisateurs acceptent d’envoyer leurs données sur les serveurs de DJI pour faciliter le suivi des vols et le partage des images. Le risque ? Comme les autres produits connectés, cette pratique permet d’établir des statistiques d’usage à grande échelle. On se souvient de la polémique des trackers fitness qui établissaient malgré eux des plans des bases militaires et de leur fréquentation.

America First?

Donal Trump. Crédit photo : Gage Skidmore

Ce sénateur est-il un fervent supporter de la politique économique du président républicain Donald Trump, qui entend privilégier l’industrie américaine ? Christopher Murphy appartient au camp démocrate, adversaire de Trump… pourtant son discours est sans ambiguïté : « la bourgeonnante industrie américaine des drones est actuellement en train de faire face au dumping de produits étrangers aux prix fixés artificiellement. Avec un peu d’aide, les fabricants américains sont prêts à satisfaire les requis du DoD. Nos adversaires trouveront toujours un intérêt dans la surveillance de nos infrastructures critiques, et sans une production sûre et locale de drones, nous continuerons à être vulnérables ».

Un appel entendu ?

La lettre de Christopher Murphy trouvera par conséquent une oreille attentive chez les partisans de la politique du président des Etats-Unis… et chez ses adversaires ! L’interdiction temporaire des drones chinois sur le sol nord-américain n’est donc pas impossible. Les appareils conçus dans d’autres pays, la France par exemple avec Parrot, seraient logés à la même enseigne…

Source : Homeland Preparedness News

11 COMMENTAIRES

  1. Les applis Android et iOS de DJI sont conçues par leur filiale de Palo Alto. Il y a donc plus à craindre des services d’espionnage américains que chinois. C’est d’autant plus vrai que la NSA s’est déjà servie de portes dérobées mises en place par des éditeurs tiers dans le passé.

  2. @ bzhman : Warning, le Solo a été en grande partie assemblé au Mexique… D’un point de vue trumpiste, la ligne est franchie :

  3. C’est peut être pour laisser le ciel libre aux drones Predator, pour mieux dégommer les latinos sans témoin? ok je sort

  4. Entre un DJI qui fonctionne et un Karma USA qui chute sans prévenir, je préfère le premier.
    Cette histoire de photos est une blague, combien d’autres appareils stockent des photos on sait pas forcément toujours où et en premier lieu nos smartphones.

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