Sécurité aérienne : partenariat Team BlackSheep et FLARM

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L’été dernier, j’étais dans les montagnes suisses, dans une zone autorisée au vol. J’avais placé le Mi Drone de Xiaomi que je testais en stationnaire à une centaine de mètres de hauteur, au-dessus des sapins. Un planeur a surgi de derrière les arbres pour passer à proximité du Mi Drone. La scène a duré moins de 3 secondes. Pas de visibilité, pas de bruit : je n’ai pas eu le temps de me lancer dans une manœuvre d’évitement. Ce jour-là, j’en ai été quitte pour une bonne suée pendant que je faisais redescendre rapidement la machine. Peut-on rêver à des outils qui permettent d’éviter ce genre de situation ? Oui !

La solution TBS – FLARM

TBS et l’équipementier FLARM ont annoncé un partenariat et une gamme d’outils disponibles fin juillet 2017. Quelques explications s’imposent. Dans l’aviation, deux standards sont très répandus, souvent obligatoires pour voler. Le TCAS très utilisé dans l’aviation commerciale et l’ADS-B. Mais ils ne sont pas adaptés à une aviation légère, qui a adopté un autre standard, le FLARM, imaginé par la société du même nom. On le doit à des ingénieurs suisses, qui ont travaillé sur le système dès 2004. Il est très répandu en Europe, avec un équipement proche de 100 % sur les planeurs. Il est en revanche moins diffusé aux Etats-Unis. Le principe ? Les émetteurs FLARM (de chez FLARM ou d’autres équipementiers) diffusent la position d’un appareil en se basant sur le GPS à bord. Les autres appareils à proximité sont prévenus s’ils disposent d’un équipement capable de recevoir les signaux FLARM.

Comment ça fonctionne ?

Le récepteur radio longue distance TBS Crossfire est capable d’émettre sur la fréquence de FLARM, avec le même protocole. Une particularité qui permet aux appareils équipés de Crossfire de diffuser les informations de position – c’est la solution « FLARM Pulse » proposée par TBS. Son avantage ? Elle est gratuite ! Son inconvénient ? Elle émet votre position, mais elle ne vous permet pas de recevoir celles d’autres appareils équipés de FLARM. C’est une première étape dans la sécurisation des vols, puisque vous devenez « visible » pour les planeurs équipés en FLARM.

Aller plus loin

La solution complète TBS et FLARM permet de recevoir les informations de position de tous les appareils équipés d’équipement compatible FLARM. C’est la « FLARM Aviation », commercialisée $349,96 par la Team BlackSheep. Les requis ? Il faut un récepteur Crossfire, un émetteur Crossfire, un TBS Core ou un TBS FPVision et un TBS GPS/Compass. Un équipement que l’on peut placer sur des frames multirotor de classe 350 ou plus, ou sur des ailes volantes. TBS commercialise aussi une version light appelée « FLARM Buddy », vendue $79,95. Elle permet aussi de recevoir les informations de position, mais uniquement en provenance d’autres drones équipés TBS, pas de l’aviation légère.

A l’écran ?

Les versions « FLARM Buddy » et « FLARM Aviation » incrustent à l’écran les informations en provenance d’appareils qui évoluent à proximité. De quoi réduire de manière très significative les risques de collision avec l’aviation légère. Certains parapentistes sont équipés d’outils FLARM en simple émission : ils apparaissent à l’écran. Voilà une excellente nouvelle pour l’amélioration de la sécurité et envisager, dans un futur plus ou moins proche, les vols long-range. Il reste bien sûr à trouver des solutions pour que les différents systèmes de signalement de position soient interconnectés, et que tous les appareils soient équipés. Nous n’y sommes pas encore, mais la compatibilité de FLARM avec un produit déjà commercialisé chez TBS, par simple mise à jour logicielle, est une excellente nouvelle !

One more thing

Les pages dédiées aux produits FLARM chez TBS indiquent un « TBS Crossfire Micro TX ». Un produit mystère, dont on n’avait pas encore entendu parler – seul l’imposant « TBS Crossfire TX » est pour l’instant disponible… Edit : le mystère n’en est plus un !

 

9 COMMENTAIRES

  1. Je suis persuadé que dans le futur on pourrait techniquement faire cohabiter nos machines avec ceux de l’aviation.. Faudra aussi faire cohabiter la législation pour nous permettre de voler ensemble.. Mais comme le législateur a toujours une guerre de retard, techniquement parlant, c’est loin d’être gagné 🙁

  2. On ne te remerciera jamais assez, Fred, pour nous avoir déniché un tel scoop !
    Ces dispositifs répondent pile poil à mes préoccupations. A nous, maintenant, d’essayer de promouvoir de tels outils par tous les moyens. Les tarifs, tels qu’annoncés, ne paraissent pas exorbitants pour les possesseurs de multirotors « haut de gamme ». C’est par là, à l’évidence, qu’il faut commencer sans attendre une quelconque règlementation qui, à mon sens, laissera toujours à désirer… en étant castratrice à l’excès. C’est surtout aux constructeurs et aux intégrateurs à donner le coup d’envoi. Mais, l’efficacité ne pourra être optimale, bien sûr, que lorsque un maximum d’objets volants (identifiés, cette fois) seront équipés. Et c’est bien là que le bât blesse. En attendant, il va falloir continuer à ouvrir les yeux dans la mesure de nos faibles moyens. Merci encore pour nous avoir ouvert de nouveaux horizons.

  3. Belle idée effectivement. Mais ça, sent un peu le placement de produits tbs. Ceci dit, il faudra bien un équipementier. Ou au moins un protocole commun, ce qui est partiellement le cas ici.

  4. Perso je crois qu’il serait plus simple de limiter la hauteur de vol des drones. En dessous de 100m (bien suffisant pour un modèle réduit) plus de risque de collision. Plus besoin de toute cette techno.

  5. Comme le signale Giocomaggi Frederic, la solution complète repose sur un assemblage de plusieurs composants nécessairement compatibles entre eux, et vraisemblablement protégés par une licence et des accords commerciaux :
    • TBS Crossfire TX or TBS Crossfire Micro TX
    • TBS Crossfire diversity receiver
    • TBS CORE PRO or TBS FPVision
    • TBS GPS/Compass
    TBS s’est pour l’instant bien positionné. Il commercialise aussi ses propres drones. Drones qui, à ma connaissance ne sont pas aussi répandus que les produits DJI. D’où la question qui tue : cette solution a-t-elle une chance de s’imposer sur le marché si DJI s’en trouve exclu ? Ou bien va-t-on devoir pâtir d’une guerre de standards ? DJI, avec sa réactivité légendaire devrait se positionner rapidement, non ? Sinon il est à craindre que la plupart d’entre nous restent en stand by, non ?

  6. Plus simple : Avoir un mini-radar sur-place et qui déclenche un beeper quand un petit avion entre dans la zone à définir (on peut dire 2km par exemple).

    Comme ça, pas de soucis de sur-charge et ça doit être plus fiable ^^. Exception en long-range mais c’est interdit donc…

  7. Le système adopté par TBS est celui de l’aviation ultra-légère, celle que des vols long-range risquent de rencontrer sur leur chemin : des ULM, des planeurs, des parapentistes, des hélicoptères. Ce n’est dans un but d’éviter les quasi-collisions (et les collisions) avec l’aviation commerciale, qui est équipée en TCAS, qui ont des domaines de vol différents. Le souci, c’est l’aviation civile légère qui est souvent équipée en ADS-B.

    Donc pour résumer :
    – Le long-range “passionné” est principalement concerné par les appareils équipés en FLARM, un peu en ADS-B, pas du tout en TCAS. Pas besoin d’une guerre des normes, ou alors ce sera simplement entre FLARM et ADS-B. Si les outils FLARM pouvaient permettre une cohabitation saine entre drones, hélicos, parapentes et ULM, ce serait parfait pour les pratiquants de toutes ces catégories. A noter que FLARM propose sa technologie à plusieurs équipementiers.
    – Les appareils de DJI “grand public” sont concernés par… les 3 normes. Pour eux, ce sera le plus difficile à gérer. DJI est parti sur une autre piste, celle de l’identification électronique via le wifi en 2,4 ou 5,8 GHz.

  8. Je suis juste halluciné de lire encore que les drones devraient voler en dessous de 100 mètres dans des commentaires. Je peux comprendre que certains voit très mal les drones comme une atteinte de liberté de vols dans l’espace aérien des vols de petits avions.
    Si on reprends geoportail on a des plafonds à respecter, c’est valable aussi pour les pilotes de petits avions de tourisme, ils ont un espace aérien à respecter.
    Ce dispositif pourquoi pas , mais j’e connais qui vont vite finir à la gendarmerie. Aussi bien les pilotes de drones que des pilotes d’avions de tourismes. Combien font les kekes au dessus des maisons pour montrer la maison au copain en frolant les toits et les hauteurs minimum à respecter.
    Je sais pas si vous avez vu le nombre de petit aérodromes en France, c’est hallucinant.
    Donc ce petit dispositif pourra nous dire exactement à quel altitude tous ces aéronefs passent au dessus des têtes de nos enfants.
    Une autre solution serait d’utiliser des applications comme Fligtradar 24 mais pour les drones et aéronefs de tourismes. Si on reprends l’idée de DJI avec une connections 4g, on pourrait connaître les positions de chaque aéronefs dans l’espace aérien. Sans connections, le plafond serait calé à une hauteur déterminé par la législation. Sauf que l’on peut toujours avoir un inconscient qui se retrouve sous les 100 mètres avec un avion rempli de kérosène …

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