FlyPro XEagle Sport, la preview

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DSC_0060-1200Le XEagle fait partie de ces multirotors que l’on ne pilote plus. Pas besoin de passer des heures à s’entrainer à voler en commandes inversées ni à acquérir des réflexes en béton pour un pilotage irréprochable. Non, le XEagle se débrouille tout seul en l’air. Il ne va jamais loin, sa laisse virtuelle est très courte, de quelques dizaines de mètres tout au plus… Flypro nous a proposé d’essayer un exemplaire de présérie du XEagle Sport. Voici le résultat des premiers vols d’un multirotor autonome prévu pour filmer des sportifs en action… Son poids ? 1286 grammes en ordre de vol…

Où est la radiocommande ?

DSC_0017-1200La réponse est simple : il n’y en a pas. L’électronique du XEagle est prévue pour qu’il soit en mesure de gérer son vol tout seul. Décollage, atterrissage et stationnaire sont pris en charge par le contrôleur de vol sans aucune intervention du pilote. Pilote qui n’en est plus un, du coup. Comment prend-on le contrôle de l’appareil ? Il est livré avec une montre assez imposante, mais qui tient au poignet. Elle permet de vérifier les données de télémétrie en temps réel : mode de vol, état de la batterie, autonomie de vol restante, hauteur, distance… Sur les côtés se trouvent les touches qui permettent de donner des ordres au XEagle.

Commandes basiques

DSC_0263-1200Pour décoller, il faut une pression longue sur « Take Off ». Si la position GPS est connue à la fois du multirotor et de la montre, les hélices se mettent à tourner et l’appareil se place en stationnaire à une dizaine de mètres de hauteur et quelques mètres en face de vous. Dans le cas contraire, il ne décolle pas. Pas de fix GPS, pas de vol. Pour le faire atterrir ? Il suffit d’appuyer sur la touche « Landing », il descend et se pose là où il est. Si vous faites une pression longue, l’appareil vient se poser à proximité de la montre, c’est un mode RTH (Return To Home). Si vous faites glisser la molette en haut à droite de la montre, vous contrôlez la hauteur à laquelle se positionne l’appareil. La cadran de la montre tourne : il permet d’indiquer au XEagle où se positionner : en face de vous, derrière, sur les côtés, aux trois-quarts arrière…

Caméra pour narcissiques

DSC_0402-1200La touche « Follow » indique au XEagle qu’il faut suivre la montre à la trace. La touche « Circle » lui intime l’ordre de décrire des cercles autour de la montre (de vous). Les deux se cumulent : l’appareil vous suit en décrivant des cercles ! La caméra, un modèle de conception similaire à une Gopro, est montée sur une nacelle stabilisée brushless sur 2 axes. L’électronique de bord se débrouille pour qu’elle pointe toujours en direction de la montre, au besoin en faisant tourner le XEagle sur lui-même (yaw). Une touche en haut de la montre permet de prendre un cliché avec une pression courte, ou de déclencher l’enregistrement d’une vidéo avec une pression longue. Lorsque la batterie faiblit, la montre vibre à plusieurs reprises. Les diodes sous l’appareil passent au jaune, signe qu’il est temps de se poser. Si la batterie devient vraiment trop faible, le XEagle se pose là où il est.

Et ça fonctionne ?

DSC_0283-1200Oui ! La caméra, qui filme en 2,7K à 30 images par seconde ou 1080p à 60 images par seconde, et même 120 images par seconde en 720p pour les ralentis, conserve le porteur de la montre dans le champ de l’image de manière satisfaisante, même si parfois il en sort et que le contrôleur de vol doit batailler pour repositionner le XEagle. Le suivi simple fonctionne bien, le vol en cercles aussi. L’appareil a un peu de mal à gérer correctement les deux simultanément, le résultat à l’image étant des redressements saccadés dont l’ampleur est un peu trop visible. Mais clairement, le vol du XEagle pour conserver la montre dans le champ de vision de la caméra serait un vrai challenge pour un pilote humain, car l’appareil effectue deux tâches simultanément : le pilotage et le cadrage. Parfois on voit le train d’atterrissage à l’image. Ce n’est pas encore parfait, mais cela permet de tourner de belles images quand on court, quand on pédale, quand on rame… L’autonomie promise par le constructeur est de 22 minutes, l’exemplaire de présérie est resté en vol 19 minutes avec sa batterie 3S 11,1V de 5200 mAh. Pas mal. Ce que je n’ai pas testé : s’il gère l’altitude de la montre pour vous suivre avec un dénivelé, quelle est la vitesse maximale qu’il peut atteindre.

Et la sécurité dans tout ça ?

Autant le dire, la prise en main par un pilote est déconcertante puisqu’on assiste au vol en spectateur, avec un contrôle très basique du comportement de l’appareil. La bonne nouvelle, c’est que je n’ai pas expérimenté le moindre souci pendant la vingtaine de vols effectués avec le XEagle. La moins bonne ? En l’absence d’outil d’évitement des obstacles, c’est au pilote de l’appareil de gérer la sécurité de son vol. DSC_0474 2-1200Il faut évidemment tenir compte, à tous les instants, de la proximité d’obstacles et de s’en tenir éloigné. Il est indispensable de respecter les différents points de la réglementation de fin 2015 avec cet appareil, s’il est utilisé en France. Le XEagle ne dépasse pas les 50 mètres de hauteur, tout va bien. La protection de la vie privée est peu sensible avec cet appareil puisqu’il se borne à vous filmer. Il n’est pas question de voler en zone urbaine, ni au-dessus de personnes, ni bien sûr dans des zones sensibles. Ce sont des règles que l’on peut oublier un peu trop facilement quand on pratique un sport, puisqu’on se déplace beaucoup et rapidement. Si le XEagle suit par derrière, on le perd de vue. Théoriquement, cela n’est pas autorisé. A vous de le faire voler de telle manière que vous conserviez l’appareil en vue à tout moment, en tournant le cadran de la montre.

Il ne faut pas oublier

Il faut aussi que le vol ne présente aucun danger, une règle énoncée dans l’article 1.4 de l’Annexe I de l’arrêté relatif à la conception des aéronefs civil : « Les aéromodèles ne sont pas utilisés dans des conditions où il y aurait un risque pour les personnes et les biens au sol, y compris en cas de panne probable, en conservant une distance minimale de sécurité par rapport à ces personnes et ces biens au sol ». DSC_0053-1200Le vol est clairement « automatique », tel que défini par la réglementation de 2015. A-t-on le droit de le faire voler ? Oui, puisque l’article 1.3 de l’Annexe I du même arrêté indique que « lorsque l’aéromodèle évolue de façon automatique, le télépilote est en mesure à tout instant d’en reprendre le contrôle manuel. Toutefois, dans le cas d’un aéromodèle de masse inférieure ou égale à 2 kg, évoluant à une distance horizontale maximale de 200 mètres de ce télépilote et à une hauteur maximale de 50 mètres, la capacité de contrôle du télépilote peut être limitée à des commandes d’urgence ». C’est bien le cas, le XEagle ne s’éloigne jamais aussi loin et il offre des fonctions d’arrêt de vol. Un dernier point à respecter ? « Un télépilote ne peut pas faire évoluer un aéromodèle s’il est à bord d’un véhicule en déplacement ». Attention, il est très difficile de résister à la tentation de passer outre cette règle…

En conclusion ?

DSC_0249-1200Mes premiers essais avec le XEagle de Flypro sont très encourageants, l’appareil est doté de fonctions très basiques, adaptées à un usage sportif. Son comportement m’a semblé très sain, il a toujours répondu au quart de tour aux ordres de posé ou de retour. Bref je me suis senti en confiance, et ce n’était pas gagné. Il est évident que ce type d’appareils va requérir de sérieux efforts de formation et de pédagogie pour qu’on ne les retrouve pas sur les plages bondées en été ou sur les pistes de ski embouteillées en hiver. Mais finalement, vaut-il mieux un appareil autonome ou un appareil mal piloté ? Le Flypro est proposé en précommande sur la boutique HobbyGaga pour moins de 600 € (avec le port mais hors taxes), avec une livraison en juillet 2016. Le constructeur promet, par la suite, des accessoires comme une radiocommande, des outils de détection et d’évitement d’obstacles…

La vidéo

20 COMMENTAIRES

  1. Que grand ‘est un plaisir de voir Fred courir pour nous, afin de nous offrir cette superbe review/video test !
    On peut lui souhaiter ( pas le coureur ) un bel avenir à ce XEagle, car le rapport prix/prestation est tout à fait encourageant.
    En tout ca, à l’issue de cet article on se laisserai bien tenter…
    Ma banquiere ne te remercie pas 🙂

  2. Perso, je trouve ça inquiétant ce genre de drone autopiloté avec juste une montre. Déjà on est censé gardé le drone à vue et comme celui ci te follow par derriere, c’est un peu compliqué de courir, marcher, faire du vélo ou du ski en regardant tout le temps derrière soit. En plus, les protections d’hélices devraient être obligatoire pour ce genre d’appareil.

    Enfin bref, pour l’utilisateur lambda, ca va finir en une semaine dans un arbre, à l’envers sur un sol non plat à l’atterissage, ou au pire sur un autre skieur…

  3. @ Yannick : C’était aussi mon avis avant d’essayer la machine (et l’Hexo+ il y a quelques mois). J’ai changé d’avis, surtout parce qu’avant, je supposais que ce type de vol était problématique. En pratique, ça se passe très bien. Pour l’utilisateur lambda, c’est la possibilité de voler, alors qu’avec une radiocommande, c’est abandon immédiat après avoir essayé. Evidemment il y en aura qui vont finir dans les arbres, ou pire. Mais c’est un peu le lot de tout ceux qui font voler des trucs, un jour ou l’autre…

  4. Que ca finisse dans un arbre, ou un mauvais atterrissage, c’est pas bien grave, c’est plutôt au niveau de survol de tiers quand les gens utiliseront ça à la plage en été par exemple que ca risque d’être moins marrant pour les autres.

    Après si chacun l’utilise de manière responsable, ca ira mais quand on voit deja les derives avec les drones avec radiocommande, à voir ce que ca donnera avec ce genre de multi.

    Wait and see…

  5. Pourquoi pas, mais vole tout seul 🙂 volera pas longtemps 🙁 car à ne pas maîtriser un peu la techno; celle si s’échouera au premier bug ! Mais c’est à tester comme joujou voir plus si affinité.

  6. Dans le futur, les pilotent FPV_Race seront recrutés parmi les sprinteurs 🙂
    Ça va être drôles les meetings du futur avec tous ces pilotes qui vont courir dans tous les sens pour être suivis par leurs machines en démo …
    Fred la prochaine fois prend un vélo pour tester la vitesse de réaction et avoir pitié de tes jambes 🙂 🙂

  7. @ Yannnick : Yes, comme je le disais dans le post, il va falloir de sérieux efforts de pédagogie, pour ce type d’appareil comme pour les autres…

  8. La question à la con : la montre donne t elle l’heure ?
    (nan je sais, ça parait bete, mais genre faut il remplacer sa montre ou pas…)

    A part ça: je suis vraiment sous le charme. C’est vraiment une avancée notable

    Merci Fred pour cet excellent test 🙂

  9. @ styloblanc : Nope, la montre ne donne pas l’heure. Mais elle donne l’autonomie restante, ce qui est finalement une information plus critique 🙂

  10. Salut Fred, excellent article comme d’habitude.
    Juste un truc, ‘Sur les côtés se trouvent les touches” ..? .

  11. Salut je fait du wake et je me demander si il était étanche car si il tombe dans le lac sa serrait un peut la loose

  12. Bonjour ,
    complètement debutant je cherche un drone pour usage en Islande (a priori pas de legislation actuellement)
    pour pouvoir filmer en prenant de la hauteur .
    Je n’irai pas filmer les cascades et les falaises à oiseaux ,juste permettre de donner une échelle à des paysages immense (je ne suis pas un fan su selfie!)
    l’usage reconnaissance avant de traverser une rivière à gué avant d’y engager ma voiture m’interesse si on peu regler un survol à une altitude de 3 metres maxi et dire au drone d’avancer devant moi (pied nu dans l’eau à 2°,pas mon truc)
    j’ai vu que filmer en conduisant est interdit ,bon je prendrai une auto-stoppeuse !
    Quel resistance au vent car presque pas de vent les 3 derniers mois mais normalement 30 km:h est courant voir 150 mais la il faut aller chercher un vrai hélico!
    j’ai une alim 220V :300W par onduleur je pense que la puissance suffit ou via allume cigare.
    Solidité du drone (jouet ou un peu sérieux?)
    Merci pour vos conseils.
    Francois

  13. @ François : Un Phantom de DJI est parfait pour ton usage. Il y en a d’ailleurs beaucoup qui volent en Islande…
    Tu pourras filmer les cascades, le point de vue à la verticale est vraiment impressionnant.
    Tu as raison pour les falaises à oiseaux. Il ne faut pas les déranger, et j’ai vu trop de drones aller filmer les bestioles à Látrabjarg… Le risque est d’ailleurs de perdre le drone, les oiseaux se défendent comme ils peuvent…
    Pour la reconnaissance des gués, je ne sais pas si un drone te sera très utile, il ne permet pas de sonder la profondeur ni d’évaluer le débit…
    Filmer en conduisant est interdit en France, mais autorisé en Islande ! D’ailleurs, c’est particulièrement sympa à faire. Avec la fonction de tracking du Phantom 4, tu désignes ta voiture à l’écran, le drone te suit.
    La résistance au vent est correcte, mais il est évident qu’un Phantom ne tient pas face de fortes bourrasques. J’ai vu un Phantom 3 partir loin et ne pas revenir au-dessus du Víti (celui du Krafla).
    Pas de souci pour charger des batteries en voiture sur allume-cigare, mais il vaut mieux rouler au cas où…
    Un Phantom est solide, mais un crash est un crash ! Ce sont généralement les hélices puis la caméra qui souffrent. Mais en volant avec prudence et en évitant les situations à risque, tu peux très bien ne jamais expérimenter de crash !

  14. Bonjour, je suis très intéresser par ce drone mais je souhaiterais savoir si le pilotage depuis la montre était simple, ou du moin pas trop dur, et s’il existe a se jour une radiocommande pour exprimer tout le potentiel de ce drone!!! S’il en existe une pouvez vous me dire ou la trouver et surtout a quel prix!!!
    sinon très bon test!!

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