Airbus Counter-UAV System

13
383

Comment éviter que des multirotors ne pénètrent un espace aérien interdit ? Le bon sens ne suffit évidemment pas. airbus-das-01Les constructeurs n’ont pas encore installé des protections virtuelles sérieuses dans le firmware de leurs appareils. Et quand bien même, il existe un nombre incalculable de solutions pour pratiquer des vols illégaux pour qui veut absolument le faire. Les projets d’Airbus Defence and Space (regroupement de Cassidian et Airbus Military) n’ont pas été retenus par l’état français, ce qui n’empêche pas l’industriel de poursuivre ses travaux. A l’occasion du salon DSEI 2015 qui s’est tenu à Londres, il a dévoilé un système de défense anti-drones destiné à « protéger les grandes installations et manifestations contre toute tentative d’intrusion ».

Ce que propose Airbus DS ?

Spexer 500
Spexer 500

Voici ce qu’explique Thomas Müller, directeur de l’unité Electronics chez Airbus Defence and Space : « Les incidents causés par des drones de petite taille en vente libre ont mis en évidence à l’échelle mondiale une lacune en matière de sécurité dans les installations sensibles telles que par exemple les casernes militaires, les aérodromes ou les centrales nucléaires. En tant que spécialistes dans le domaine de l’électronique de défense, nous disposons de la totalité des technologies et connaissances en matière d’intégration nécessaires pour réaliser un système de protection à intervention rapide, dont le taux de fausses alertes est extrêmement faible ». Un discours similaire à celui tenu par les politiques en France après les survols de centrales nucléaires fin 2014 et début 2015, qui s’est pourtant révélé faux. On peut tout de même avoir un peu plus confiance dans les capacités d’Airbus Defence and Space à proposer une solution efficace que dans les propos d’un ministre de l’Intérieur désemparé et tenu de communiquer coûte que coûte.

Ca consiste en quoi ?

Z:NightOwl
Z:NightOwl

La solution imaginée par Airbus Defence and Space repose sur plusieurs sources de données et plusieurs mécanismes pour réagir en cas de détection. L’identification des drones s’appuie sur un système radar, le Spexer 500, ainsi que sur des caméras infrarouges de modèle Z:NightOwl et sur des goniomètres MRD7 pour évaluer la position d’émetteurs d’ondes. L’outil est complété par des analyseurs de signaux de commandes et un brouilleur de la liaison avec le pilote VPJ-R6, qui promet d’identifier les fréquences utilisées par le drone et ne brouiller qu’elles, avec la technologie « SMART Responsive Jamming Technology ». Le Spexer 500 (à voir ici) peut détecter « des engins de 20 cm2 jusqu’à une distance de 2,5 km ». La caméra Z:NightOwl (à voir là) couplée à un télémètre laser peut identifier un objet jusqu’à une distance de 10 km, de jour comme de nuit. Il est aussi envisagé de classifier les radiocommandes pour maîtriser leurs fréquences et leur brouillage, ainsi que de « spoofer » (simuler et remplacer) les signaux GPS pour tromper les contrôleurs de vol en pilotage automatique et éventuellement prendre le contrôle de l’appareil.

Pfiouuuu…

« Le système d’Airbus Defence and Space a été soumis à des essais approfondis à l’usine d’Airbus Defence and Space et lors de présentations aux clients en Allemagne et en France », assure l’industriel. « En fonction de la configuration, des systèmes opérationnels seront livrables à partir du second semestre 2016 ». airbus-das-04Avec un tel outil, plus question pour les pilotes rebelles de passer au travers des mailles du filet d’Airbus DS. Mais qu’en pensent les potentiels clients de cette solution ? Les réactions sont rares et dispensées en « off ». La méfiance est de rigueur, pourtant certains se laissent aller à critiquer le manque d’automatisation du système d’Airbus DS et l’obligation de présence humaine pour la détection et l’identification, ce qui handicape la réactivité et engendre des coûts d’exploitation très élevés. Mais d’ici à la seconde moitié de 2016, date présumée de livraison, il reste encore du temps pour améliorer les outils du Counter-UAV System…

13 COMMENTAIRES

  1. Quel accident ? y’a plus d’accidents d’ULM et de petits avions de tourisme qui mettent en dangers nos familles que de drones .. mais la … chuuut.. Silence.

  2. C’est pas le Buzz du moment… Quand un ULM se crashera sur une centrale EDF ou autre, tkt, on laissera les multis tranquilles pour faire la chasse aux vilains ULMs !

    Bref, encore du blabla, ou vrai systéme qui fonctionne vraiment en vrai ?..

    Pour ma part ça ne me laisse ni chaud ni froid. Les multis sont la cible du moment (on peut en même temps le comprendre, un multi peut facilement être exploité a des fins criminels, transport de “bombe sale”, surveillance à des fins d’attentats, pourquoi pas du “sniper-Multi”). Ce qui en fait la terreur du moment, c’est que si balancer deux avions dans des tours requiert un minimum d’organisation, de préparation, et d’infrastructure, n’importe quel gugusse peut commander son multi, plus ou moins gros, plus ou moins autonome, pour une somme dérisoire (à ce niveau la).

    Ca me fait un peu rire, parce que auqnd les méchants du moment frapperont, ils n’auront pas besoin de ça pour faire du dégat.

    Mais ça fait flipper les gens, et ça détourne leur attention des vrais problèmes.

    Bref, bien sur qu’il faut de la sécurité, mais la cible est toujours la même… Qu’a prévu Airbus pour prendre le contrôle d’un ULM, par exemple, tiens, bardé de déchets d’uranium (bombe sale, de quoi contaminer une ville entière pour des siècles), qui irait se faire exploser au dessus d’une grande ville.

    Technologiquement, c’est très intéressant, tout ça, mais ce contexte devient lassant…

    Pour ma part, je fais des flips au dessus des arbres et des écureuils Franc-Comtois, ou je de beaux travellings entre des sapins et le long de cascades naturelles, selon la machine que j’utilise. Je ne me sens pour le coup nullement menacé dans la pratique de mon loisir/passion. 😉

  3. “S’averer faux”… non mais Fred enfin… si cela s’avère, c’est forcément vrai 🙂 (“s’avérer vrai” étant une lapalissade)
    “Il est aussi envisager” petite coquille aussi 😉
     
    Sinon sur la “solution” en question, outre les annonces techniquement improbables, celles techniquement réalisables seront probablement inefficaces contre un modele effectivement destiné à des actes malveillants (si on veut deposer une bombe dans la cour de l’elysee on evite probablement d’utiliser un Phantom…)
    Accessoirement, la solution d’Airbus ne fait pas partie des 3 propositions retenues par l’Etat… de la a imaginer que l’entrepreneur fait le buzz et gonfle un peu ses promesses dans l’espoir de fourguer le bébé à d’autres clients… 🙂

  4. Aibus Defence & Space = regroupement de Cassidian et d’Airbus Military, ET d’Astrium (lanceurs & satellites).

    100% OK avec Fabien, ca ressemble à une pub d’Airbus qui buzz pour mettre en avant ses produits.

    Par ailleurs, un peu de bon sens :
    – ‘spoofer’ ou brouiller le GPS ? Vraiment ? à proximité d’un aéroport !!!
    – brouiller la radio ? Vraiment ? Sur les mêmes fréquences que le Wifi !!!
    – surveiller sur 120° en champ libre (Spexer)? Vraiment ? pour surveiller des zones urbaines, bâtiments et installation à 360° ?
    – enfin et surtout, qui peut mettre plusieurs centaines de milliers d’euros dans des radar + gonio + laser + cameras + lunettes + brouilleur + traitement info + 1 humain h24, pour dézinguer un multirotor déjà en peine avec la gravité et ses lipos ?

  5. Et revoilà le fameux “marteau pilon pour écraser une mouche”.
    Sinon, pour balancer un explosif à distance, y’a une technologie plutôt économique, fiable, facilement transportable et qui a fait ses preuves depuis…. l’antiquité. Ca s’appelle une fronde.

  6. Bonjour! Une question que je me posais au sujet de la sécurité… les dizaines de parapentes qui volent sur les falaises de Trouville, sur la dune de Pyla et dans bien d’autres endroits, en toute légalité, alors que ce sont des zones où nos joujoux sont interdits pour des raisons de sécurité? On m’explique? Merci!

  7. @André,

    Les parapentistes volent sur des sites autorisés, et il en va de leur sécurité de l’interdiction des drones au même endroit au même moment. Cf. la derniere coupe Icare, très bien organisée par la ffvl et la ffam. Un accident de deltaplane, c’est déjà un de trop.

    Bons vols à tous,

  8. Bin peut être qu’un planneur ou autres multi dans la voile ou dans la figure d’un parapentiste cela pourrait faire de gros dégats.

    Euh, le plus dangereux c’est le multi ou le pain de plastic ?
    C’est peut être sur ce marché là qu’il faudrait controler la vente et que les polices en tout genre dépense leurs temps…..

    J’ai un couloir aérien prés de chez moi alors le jours ou ils installent leur brouilleur je déménage,un bi réacteur ça fait plus mal qu’un multi…

  9. @freebds. Je comprends parfaitement que parapente et quadri ne volent pas au même endroit.
    Je m’etonnait seulement que des secteurs similaires soient interdits aux multi ou autres modèles volants pour des raisons de sécurité qui ne sont plus invoquées quand il s’agit de parapente. A Trouville ou Arcachon, les parapentes volent à qq centaines de mètres des aérodromes, en pleine zone CTR

  10. @Fred

    Non pas toi 😉 mais Thomas Müller, directeur de l’unité Electronics chez Airbus Defence and Space : « Les incidents causés par des drones de petite taille en vente libre ….”

    incident, accident peu importe le terme employé, leurs idées c’est de faire passer les drones grand publique pour des dangers volant et avoir l’opinion publique dans la poche.

    Hormis une “star” qui a mis délibérément ses doigts dans les hélices d’un Dji en fonctionnement, on peut pas parler de dangers.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.