Amazon et l’espace aérien

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Jeff Bezos, le patron d’Amazon, n’a pas abandonné l’idée de pratiquer des livraisons avec l’aide de drones, bien au contraire. Le géant de la distribution a participé à des travaux menés par la NASA aux Etats-Unis sur l’exploitation des drones civils. La proposition d’Amazon, faite par le confondateur d’Amazon Prime Air, Gur Kimchi, est la suivante : réserver 200 pieds de l’espace aérien aux drones civils, entre 200 et 400 pieds, et 100 pieds supplémentaires destinés à la sécurité entre 400 et 500 pieds. Gur KimchiAu-delà, c’est l’espace aérien utilisé par les aéronefs habités. En mètres, ça donne quoi ? Le couloir commence à 61 mètres de hauteur, jusqu’à 122 mètres, la couche réservée mesure donc 61 mètres. La couche de sécurité commence à 122 mètres pour atteindre le plafond de 152 mètres, avec une épaisseur de 30 mètres.

Précisions…

Quels seront les drones civils qui auront le droit d’utiliser cette couche de 61 mètres ? Ce seront ceux équipés d’outils de tracking GPS évolués capables de donner leur position en temps réel, et qui seront en mesure de la communiquer aux autres drones. Il leur faudra une connexion à Internet pour diffuser ces informations. Les outils logiciels à bord devront permettre de communiquer le plan de vol. Ils devront être équipés de capteurs pour assurer la détection d’obstacles, que ce soit des oiseaux, des bâtiments, des câbles… Le but est de créer une sorte d’autoroute de drones (une « dronetoroute » ?), où des machines pourront évoluer avec une gestion du trafic semblable à celle de l’aviation conventionnelle.

Mais alors ?

espace amazon-1200La DGAC a récemment proposé une limitation de la hauteur à 50 mètres pour les drones de loisirs et les drones civils. Difficile de savoir qui a piloté cette initiative, les bruits de couloir murmurent qu’il s’agit du ministère de l’Intérieur. Les propositions d’Amazon viennent d’être rendues publiques, mais elles avaient déjà évoquées lors du colloque « Drones civils, les opportunités et les risques ». Ce n’est donc pas une nouveauté pour les administrations. De là à en conclure que cette limite à 50 mètres n’a aucune justification sécuritaire, mais qu’elle est pilotée par de puissants industriels, Amazon en tête, pour s’accaparer une partie de l’espace aérien, il n’y a qu’un pas… facile à franchir. Un fabricant de drones à voilure fixe présent lors des discussions à la NASA, qui n’a pas désiré être cité, nous a rapporté cette réflexion d’un responsable d’Amazon : « Les 100 pieds de sécurité ne seront nécessaires que pendant la phase de mise au point des outils de détection des collisions. Ensuite, ils pourront être récupérés pour augmenter l’espace de vol ».

Et les autres ?

ptimeairfakedLes drones de loisirs seront cantonnés à 50 mètres de hauteur. Les dérogations seront peu probables, puisqu’elles seront de nature à perturber l’autoroute des drones. Les drones civils destinés à des travaux ponctuels et des missions légères seront également limités à 50 mètres de hauteur – le texte de la DGAC récemment dévoilé sans son accord va dans ce sens. Les dérogations seront probablement possibles, mais complexes à obtenir et sans doute réservées à des appareils capables de satisfaire aux mêmes exigences que ceux qui empruntent leur couloir de 200 pieds. Les points qui restent à être éclaircis ? Les autoroutes de drones devront comporter des zones de décollage et d’atterrissage, voire des points de livraison. Est-ce que ces endroits seront, eux-aussi, libellés « no fly zones » et interdits aux drones de loisirs et aux drones civils ? Nous répétons régulièrement qu’il convient d’être vigilant concernant les discussions sur l’espace aérien et la place qui sera laissée aux drones de loisirs (et aux drones civils qui ne font pas partie de l’industrie). C’est toujours le cas, et les propositions d’Amazon le démontrent.

12 COMMENTAIRES

  1. Petite coquille en début d’article : 152-122 = 30m et non pas 61 😉
    Comme 100 pieds = 30.5m ça paraît cohérent.

    Très bon article sinon, qui fait un peu froid dans le dos, j’ai du mal à imaginer des villes survolées de drones de livraison… (et quel plaisir de profiter de son balcon bercé par le bourdonnement des quadris ^^)

  2. Et petit à petit le voile se lève,
    dégageant pour certains l’horizon et retombant sur les autres pour les plonger dans l’ombre…..
    Voilà bien longtemps déja que les décisions des politiques ne viennent/suivent que le souffle de la pression des plus forts et les lobbys sont devenues les maitres.
    Les particuliers/peuples reprendront le pouvoir quand se seront eux qui mettront la pression la plus forte.

    Le vol en agglomération est interdit, à quoi en rase campagne cela sert d’interdire aux multis de loisirs et professionels le plafond des 150 m, le traffic d’Amazone ne ser

  3. oups trop vite envoyer
    le traffic d’amazone ne sera pas dense et celui ci disposera d’un dispositifs anti collision.
    C’est vraiment la devise Tout pour ma gueulle et rien pour les autres….

  4. Il ne faut pas se limiter à une seule dimension (hauteur), il y aura probablement, comme pour les aeronefs grandeur, des couloirs aériens car tout le monde n’aura pas envie d’avoir du trafic de drone au-dessus de sa tête. Et tout comme il y aura des ZIT, on pourra négocier des espaces réservés pour les appareils de loisirs… Si on arrive à se faire entendre : vous avez payé votre cotisation FFAM ? 😉

  5. Parce que la ffam sert à quelque chose. Elle voulais rendre la dernière réglementation plus souple et maintenant elle se bat pour garder celle en place . à ce rythme là elle se battra pour le droit de regarder des vidéos YouTube de drone à l etranger

  6. On interdit aux passionnés de voler à 50m et on va permettre un vol massif de drone connecté à internet qui se feront hacké en 5min et s ecraseront sur les villes .
    D un autre côté il y aura moyen de recevoir des commandes amazon gratuites

  7. Ça va être le retour de la piraterie !
    avec des équipes pirate qui vont intercepter les drones pour récupérer les livraisons…
    et au final la police de la pensée obligera la populace a oublier que les drone existe pour que les livraisons se fasse tranquillement …

  8. Amazon a beau faire du lobbying, ça ne change pas la donne, on en est encore à se demander qui sera reponsable de la voiture qui se conduit seule et on est incapable de lui donner plus de 150 km d’autonomie sans passer par un moteur à energie fossile, alors le drone cargo qui livre en 30 mn c’est pas pour demain, ni après demain, il serait plus réalisable d’affreter des GO FAST pour faire des livraisons !!! Attention il existe des machines techniquement capables de le faire, mais la législation se prendra les pieds dans l’imbroglio administratif, et ça n’a pas d’intéret réel sinon on livrerait déja en hélico. un pilote ça coute moins qu’un système embarqué .

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