Les oiseaux et les drones

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Les drones sont-ils dangereux pour la sécurité des appareils volants habités avec lesquels ils doivent partager l’espace aérien ? La question est ouverte et les spécialistes s’affrontent. A vrai, les spécialistes en question sont généralement des experts missionnés pour réaliser des études… uas-america-funddont les résultats sont à étudier avec précaution et du recul. C’est le cas, par exemple, d’une pétition pour une réglementation aux Etats-Unis, commandée par le groupement d’investisseurs UAS America Fund LLC et adressée mi-décembre 2014 à la Federal Aviation Transportation (FAA). Le but de cette pétition est de prouver que les drones ultralégers (moins de 3 livres, soit 1,4 kilogramme) sont sans danger pour le trafic aérien tant que certaines règles sont respectées : voler à vitesse réduite, à moins de 400 pieds (122 mètres) de hauteur et à plus de 5 milles nautiques (9,3 km) d’un aéroport.

Les oiseaux

cigogneL’étude repose principalement sur les incidents et accidents mettant en cause des oiseaux face à des appareils habités. Oiseaux que l’étude considère comme ce qu’il y a de plus proche d’un petit drone. Les chiffres proviennent de la base de données de la FAA, qui a recensé 151 305 incidents depuis les années 1990. 90 % d’entre eux étaient liés à des oiseaux de petite ou moyenne taille. Seuls 9 % des cas ont causé des dommages structurels aux aéronefs, et 0,15 % ont entrainé des accidents (mortels ou pas). Le tout est rapporté aux 10 milliards d’oiseaux que l’on trouve aux Etats-Unis. Cette étude est-elle valable ? On peut douter par exemple que l’ingestion d’un oiseau fait de chair et d’os par une turbine de réacteur (et on a à l’esprit les vidéos de tests de poulets congelés balancés sur des avions) aboutisse au même résultat que celle d’un drone de même poids constitué en partie de métal et de carbone solide.

Les propositions

UAS America Fund LLC a proposé des recommandations à la FAA pour différents types de drones, aussi bien pour les loisirs que pour les activités professionnelles ou la recherche, petits et gros (au-delà des 1,4 kg). Le tout est évidemment une usine à gaz, qu’il faut lire à tête reposée. Ce qu’on peut en dire, c’est qu’elle se révèle très proche de la réglementation française, avec quelques restrictions supplémentaires, notamment pour les vols de loisirs. microuav-market-tableComme par exemple une hauteur de 400 pieds (122 mètres) à comparer avec les 150 mètres en France, un poids maximal en ordre de vol de 3 livres (1,4 kg) à comparer avec les…  25 kg en France, la possibilité de voler hors agglomération et dans les agglomérations (ce qui est interdit en France, mais toléré par la DGAC dans sa notice). Dans le cas des vols en immersion (FPV), l’appareil doit comporter un système de retour automatique au point de décollage… or la plupart des FPV racers de classe 250 en sont dépourvus. Il faut aussi un système de contrôle de la descente (?) et semble-t-il un brevet de pilote spécialisé dans les drones (« UAS-specific »). L’intégralité des recommandations proposées à la FAA se trouve récapitulée dans le tableau (cliquer dessus pour zoomer). Il ne reste plus qu’à attendre pour savoir quel accueil la FAA va lui réserver…

Source : l’intégralité de la pétition se trouve ici.

2 COMMENTAIRES

  1. Le moindre objet ou oiseau qui heurterait le rotor de queue d’un hélicoptère léger aurait des conséquences sans doute fatales. L’oiseau a tendance à fuir l’aéronef et s’en éloigner.

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