Drones et centrales nucléaires

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Ce lundi 24 novembre s’est tenue dans les locaux de l’Assemblée Nationale, une audition publique sur le thème « les drones et la sécurité des installations nucléaires », à l’initiative de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), présidé par le député Jean-Yves Le Déaut (PS). L’audition a consisté à réaliser un tour d’horizon de la situation. Dsc_0178-600Ce qu’il fallait en retenir ? Accrochez-vous : la séance, qui a duré près de 3 heures, était très formelle et institutionnelle. Pour ne pas dire un peu barbante…

Sortir d’un champ de vision

C’est le conseil donné par Patrick Lagadec, docteur d’Etat en sciences politiques et analyste. Son discours : il est temps d’abandonner l’idée simpliste d’une attaque avec des explosifs face à du béton. Les menaces nouvelles peuvent viser le personnel d’une centrale nucléaire plutôt que ses installations. Elles sont également susceptibles de d’entamer la crédibilité des opérateurs du nucléaire et la confiance accordée aux responsables des installations. Ou encore d’alimenter « un certain chaotique », c’est-à-dire faire de sorte de déstabiliser des institutions en introduisant des doutes et des interrogations auxquelles les pouvoirs publics n’offrent pas de réponses. Son intervention, très intéressante, a conclu que dans le cas des nouvelles technologies, après avoir étudié toutes les pistes classiques, il faut oser se poser la question « et si c’était autre chose ? ».

Les intervenants du monde du drone

Laurent Henry, vice-président de la FFAM, Stéphane Morelli, secrétaire de la FFAM et Francis Duruflé, vice-président de la FFAM
Laurent Henry, vice-président de la FFAM, Stéphane Morelli, secrétaire de la FPDC et Francis Duruflé, vice-président de la FPDC

Résumons les prises de paroles… Francis Duruflé, vice-président de la Fédération Professionnelle du Drone Civil (FPDC) et Stéphane Morelli, secrétaire, ont rappelé l’enjeu économique de la filière du drone civil, et la volonté de respect de la réglementation. Laurent Henry, vice-président de la Fédération Française d’AéroModélisme (FFAM), a indiqué œuvrer pour que la pratique pour les loisirs et la compétition soit encadrée, dans les clubs FFAM comme dans d’autres endroits. Patrick Oswald, directeur commercial France « air et sécurité » d’Airbus Defence & Space, a assuré que les technologies militaires étaient hors de portée de particuliers et d’organisations. Maxime Coffin, chef de la mission de l’aviation légère, générale et des hélicoptères à la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), a fait le point sur la réglementation en vigueur en France.

Détection des drones

Alexandre Garcia, professeur d’acoustique au CNAM
Alexandre Garcia, professeur d’acoustique au CNAM

Thierry Michal, direction technique général de l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA) a indiqué travailler sur des méthodes de détection des drones de petite taille et de structure non métallique, notamment avec des technologies acoustiques. Alexandre Garcia, professeur d’acoustique au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) a indiqué que des travaux dans ce sens avaient été conduits en partenariat avec des institutions et des sociétés françaises et allemandes. Mais il a aussi déploré que l’Allemagne n’ait finalement pas donné suite à ces travaux. Peter van Blyenburgh, président d’UVS International, a porté une attaque en règle contre la réglementation française sur les drones civils en assurant qu’elle était bien trop laxiste, bien trop légère, à des lieues de celles qui se préparaient dans les pays étrangers. Un message qui n’a pas vraiment trouvé un écho positif…

Les intervenants de la sécurité

Maxime Coffin, chef de la mission de l’aviation légère, générale et des hélicoptères à la DGAC
Maxime Coffin, chef de la mission de l’aviation légère, générale et des hélicoptères à la DGAC

Maxime Coffin a indiqué que la réglementation était opérationnelle, mais qu’elle n’empêcherait pas les contrevenants d’agir. Une affirmation très juste qui constituait une perche que… n’ont pas su saisir les responsables de la sécurité. Francis Rol Tanguy, secrétaire général, haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HDFS), le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air au ministère de la Défense, Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN), Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et Isabelle Jouette, directrice de la communication de porte-parole de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN) ont indiqué leurs missions respectives.

Manque de réponses

Général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air au ministère de la Défense
Général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air au ministère de la Défense

Et fait la preuve que chaque activité était cloisonnée, avec une volonté de partage de l’information affichée, mais pas vraiment opérationnelle. Quels moyens de détection ont été mis en œuvre pour tenter d’en savoir plus sur les survols de centrales nucléaires ? Pas de réponse à cette question. Quels sont les moyens d’intervention une fois un vol de drone détecté ? Cette question n’a pas même été évoquée ! Bernard Cazeneuve, le ministre de l’intérieur, avait pourtant assuré que la France disposait de « dispositifs de neutralisation de drones », en refusant d’en dire plus.

Le coup de comm’ de Greenpeace !

Yannick Rousselet, responsable des questions nucléaires Greenpeace France
Yannick Rousselet, responsable des questions nucléaires Greenpeace France

Yannick Rousselet, responsable des questions nucléaires chez Greenpeace France, avait été invité à cette audition publique – il était suivi par une caméra. L’occasion était trop belle pour passer à côté de cette opportunité : l’organisation a commandé un audit au sujet de la vulnérabilité des centrales nucléaires françaises aux intrusions et attaques de drones auprès du cabinet de consultants anglais Large & Associates. Le document dans son intégralité a été remis à une sélection de personnalités, hauts fonctionnaires et élus. Et une version « light » a été distribuée pendant l’audition, avec comme recommandation « de la conserver confidentielle ». Rappelons que cette audition publique était… ouverte à la presse !

Il y a quoi dans cet audit ?

John Large, Large & Associates
John Large, Large & Associates

L’étude indique que les 4 scénarios d’attaques de centrales nucléaires avec drones imaginés par Large & Associates se soldaient par des risques de rejets radioactifs majeurs. Greenpeace est, cela ne fait aucun doute, une organisation qui maîtrise l’art de la communication. Pourtant, la crédibilité de John Large, qui est venu en personne soutenir son audit, était satisfaisante jusqu’à ce qu’il assure que les drones civils pouvaient porter le poids d’une personne, porter une charge de 10 kilos tout en volant plus d’une heure, confondant les travaux en laboratoires et les drones en activité. Peu importe : le discours a suffi pour alimenter les arguments de Yannick Rousselet, qui entendait démontrer que la sécurité des centrales nucléaires n’était pas assurée. Que l’on soit sensible au discours de Greenpeace ou pas, l’impunité des survols est avérée.

Le manque de transparence

Francis Rol Tanguy, secrétaire général HDFS
Francis Rol Tanguy, secrétaire général HDFS

Certains des exemples de Yannick Rousselet, comme par exemple des vols au-dessus de centrales pendant plus d’une heure, ont été infirmés par le général de brigade de la gendarmerie nationale, sous-directeur de la Défense, de l’ordre public et de la protection civile, qui a affirmé que certains drones sont revenus survoler les centrales à plusieurs reprises, mais pour des durées très courtes. Il a aussi infirmé le fait que des hélicoptères aient pris des drones en chasse, assurant que les poursuites avaient été effectuées depuis le sol. Mais l’absence d’images diffusées et les informations parcellaires, parfois contradictoires, contribuent à laisser le doute s’installer durablement.

Ultime tentative

Denis Beaupin, vice-président de l’Assemblée Nationale
Denis Beaupin, vice-président de l’Assemblée Nationale

Denis Beaupin (EELV), vice-président de l’Assemblée Nationale, a tenté de poser une dernière fois les questions qui n’avaient pas obtenu de réponses. Mais en dehors de l’affirmation « la préoccupation est sérieuse », il n’a pas eu plus de succès. Francis Rol Tanguy a d’ailleurs conclu, visiblement irrité par l’audit commandé par Greenpeace, qu’il y avait une limite dans les échanges et qu’il importait de préserver la confidentialité. Francis Rol Tanguy a fini par indiquer que les survols de centrales nucléaires étaient probablement un mélange des genres, avec des événements organisés auxquels se sont ajoutés des actions d’individus probablement par goût du défi. « Un certain chaotique »…

37 COMMENTAIRES

  1. Vu en direct… Effectivement plutôt barbant… et surtout sans réponse à aucune question… Comme d’habitude (ça fait plus de 20 ans que ça dure), Peter van Blyenburgh a voulu tout compliquer… Je pense que la démocratisation des drones et leurs usages civils ne lui plaît qu’à moitié, lui qui a longtemps été le grand “pape” du domaine tant qu’ils restaient confinés aux militaires… Heureusement que Maxime Coffin a la tête sur les épaules, une vision claire des problèmes et un façon limpide de s’exprimer, compréhensible par les politiques, pour montrer que notre réglementation avait été réfléchie, même si elle reste encore améliorable.
    Quant à la FFAM, elle était dans son rôle. L’idée d’une notice rappelant les consignes de sécurité et les interdictions de survol est excellente, mais quid des kits achetés sur internet en Chine ??? Peut être que DJI (et quelques autres grandes marques), qui se montre concerné par la sécurité depuis longtemps, fera l’effort de la fournir d’office, mais les autres fabricants ?
    Je n’ai pas écouté la fin des débats, concernant la sureté des centrales, qui dépassait à mon avis le cadre qui nous intéresse directement, dans la mesure où si ces fameux drones constituent une menace réelle, ils ne peut en aucun cas s’agir de machines de loisir grand public, voire même professionnelle (charge d’emport trop faible, même sur un S1000)… Il me semble qu’il suffit de démontrer cela pour qu’on nous fiche la paix ;o)
    Cela dit, si ce sont des plaisantins irresponsables qui survolent les centrales, ils méritent d’être châtiés comme il convient : qu’on leur coupe les pouces ! ;o)

  2. Yo !

    En lisant ça, et suite aux affaires des survols de sites nucléaires.. on penserai que les lois vont se renforcer, s’alourdir autour de la pratique du drone.

    En réalité, on augmente les tolérances de charge (1er trimestre 2015), on supprime les DNC (tout le monde peut s’en attribuer), on tolère la pratique “loisir” …..

    Je ne comprend absolument pas pourquoi tout ce blabla si c’est pour au final faire des lois si souple…

    A+

  3. franchement, comme la vente d’arme, ou de véhicule !
    ils nous mettent des tracker, et lors de l’homologation ils nous attribuent un n° d’immatriculation (ils nous attribuent).

    ils tolèrent la pratique de drone que pour les pros ou alors en club FFAM.

    et voilà !

  4. Restreindre la pratique ainsi ne sert strictement à rien ! Une personne mal intentionnée n’aurait que faire de l’interdiction de vol hors domaine pro et clubs FFAM…
    Quant à un tracker ou un numéro d’immatriculation, c’est exactement la même chose : celui qui veut voler hors la loi va le faire sans l’un ni l’autre…
    Donc on compliquerait la vie à l’immense majorité des utilisateurs, pros et loisirs, pour quelques pratiquants qui ne s’embarrasseront surtout pas du respect de la loi et des obligations.

    Malheureusement, je suis persuadé que les solutions sont dans la détection des survols suffisamment à temps pour agir. Visiblement, elles restent à inventer !

  5. On se croit au temps des premiers trains qui roulaient dans nos campagnes et qui devaient rendre les vaches stériles ou impropres à produire du lait 🙂 🙂
    Je pense tout simplement que les politiques et certains professionnels vont bien devoir se faire à l’idée que toutes ces nouvelles technologies maintenant accessibles aux plus grand nombre, doivent être intégrées à notre vie de tous les jours ….
    Sinon, faudrait interdire la chasse et les armes qui peuvent tuer, interdire les voitures qui tuent sur nos routes et les avions qui tombent des nuages 🙂

    NON ! il y a une (r)évolution il faut faire avec et arrêter d’interdire tout et n’importe quoi dans l’ignorance totale des choses.

    Si des “petits rigolos” survolent les centrales ils ont au moins eu un effet bénéfique (qui fait la joie de Greenpeace) c’est de montrer la perméabilité de la ‘soit disant sécurité’ autour des centrales si souvent mise en avant par nos dirigeants et c’est bien ça le cœur de leur embarra !

  6. “Laurent Henry, vice-président de la Fédération Française d’AéroModélisme (FFAM), a indiqué œuvrer pour que la pratique pour les loisirs et la compétition soit encadrée, dans les clubs FFAM comme dans d’autres endroits.”

    Et toujours le lobbying de la FFAM pour faire interdire l’aéromodélisme en dehors de sa structure. Ce qui permettrait aux personnes en place de ce faire une rente de situation.

  7. Non non, justement, le discours est très ouvert depuis un an maintenant, les responsables ont bien compris que la pratique des nouveaux modélistes ne se faisait plus sur un terrain dédié. Si j’en parle, c’est parce que Helicomicro a été sollicité par la FFAM pour des réflexions sur ce sujet. C’est très encourageant !

  8. Bonjour,
    Je réagis peu mais là, je me dois de le faire même si Fréd a déjà en parti répondu.
    Détrompez vous, nous ne cherchons pas à attirer tous le monde à la FFAM mais nous voulons défendre la pratique de l’aéromodélisme pour tous.
    Nous consultons régulièrement des gens hors fédé (comme Hélicomicro) pour savoir ce qu’ils attendent car la DGAC nous écoute et nous consulte.
    Le seul point que je veux souligner est qu’il est beaucoup plus simple de pousser les gens à se regrouper pour la pratique et de les pousser à déclarer leur activité sur des sites identifiés. Plus on est groupé et solidaire, plus on a des chances d’être écouté et entendu …
    Nous ne pouvons pas soutenir la pratique sauvage et à tout va mais je crois que nous ne sommes pas les seuls.
    Gardez en tête que nous défendons l’aéromodélisme sous toutes ses formes après sous l’égide de la FFAM ou pas … ce n’est pas le sujet et ça m’importe peu.
    Laurent Henry
    Vice président FFAM

  9. Ceux qui survolent les centrales sont déjà hors la loi et ils le savent, donc changer les lois pour eux, quel intérêt ? Quand l’alcoolémie au volant est passé de 0.8g/l a 0.5g/l ça n’a pas trop dérangé les alcooliques qui roulaient de toute manière déjà avec 2.0g/l…
    L’assouplissement va surtout dans le sens de ceux qui souhaitent faire des vidéos privées sans pour autant être d’office hors la loi.

  10. Intéressant ! Il faudrait glisser un petit mot sur la double commande, dont on espères pouvoir se passer dans les vols en immersion si le modèle est équipé d’un pilote automatique, à plus forte raison s’il s’agit d’un petit modèle d’avion en mousse, léger et plutôt inoffensif 🙂

  11. Ennui ? Allons, tout le monde voit bien que tu es en pleine réflexion sur la condition humaine et le devenir de l’aéromodélisme 😉

  12. Cette histoire de drone sert plutôt à détourner l’attention de ce qui est en train de se mettre en place : http://www.youtube.com/watch?v=YAFPZJpUF2w Imaginez : vous voulez vous introduire dans une propriété privée qui est hautement surveillée par ceux qui y habitent. Pour ce faire, pour ne pas vous faire repérer, vous allez par exemple jeter une pierre loin de l’endroit où vous voulez rentrer. Quand les gardes se rendront sur le lieu où ils ont entendu un bruit suspect (la pierre que vous ou un complice avez jetée), vous aurez le champ libre pour vous introduire en douce. Et le pire c’est que ça fonctionne…. A part une personne 😀 , tout le monde semble être appliqué sur ce problème de drone qui n’est pas LE réel problème auquel nous allons être confronté… d’ici peu 😉

  13. très bon compte rendu, merci Fred.
    Concernant les vols au dessus de centrales, je trouve curieux qu’à l’ère de l’Android et de l’iPhone aucune photo même floue, ni aucun témoignage n’aient jamais vu le jour. Il est vrai que l’affaire a été très peu médiatisée et qu”elle n’intéresse personne 😉
    Autre chose me chagrine : j’ai compris que des ailes volantes étaient impliquées dans cette affaire de “survols de centrales”, et qu’aujourd’hui, aucun élément ne permet de mettre en avant une voilure tournante plutôt qu’une voilure fixe… Il se trouve que malgré cela, les images utilisées partout pour illustrer ces évènements ne montrent que des multirotors et pointent dont du doigt dans une direction bien précise qui n’est peut-être pas la bonne. Je trouve cela suspect.
    Ensuite, j’ai été assez choqué par la récupération qu’en a fait Greenpeace en maximisant (entre autres) les capacités d’emport et donc l’impact sécuritaire des drones sur des installations comme les centrales nucléaires.
    Pour finir, et comme je le dis depuis un moment à qui veut bien l’entendre, il est clair que ces vols de “drones” au dessus des centrales ont été repérés alors qu’il est très facile pour ces petites machines furtives et indétectables au radar de ne pas l’être. Je pense donc qu’il y a avait derrière ces actions une volonté évidente de faire du buzz.
    La question que l’on est en droit de se poser est la suivante : à qui profite le crime? Que veut-on prouver? Qui essaye-t-on de discréditer?

  14. le seul qui maîtrisait le sujet dans cette assemblée, c’était toi Fred, alors normal que tu t’ennuies à écouter toutes ces discutions sans réponses concrètes, ils n’y connaissent rien 😉

    Le drone n’a pas de beaux jours devant lui car depuis l’histoire des centrales, le plus DANGEREUX des deux est bien le drone,
    je m’explique: si demain des survols collectifs de stade de foot remplis, d’école remplies, d’aéroport remplis, de div

  15. erses manifestations, ect… à ce moment loà le drone deviendra l’ennemi public numéro1, alors à quand des drones avec des vrais portées de 50m maximal , pas comme ces constructeurs automobile qui nous fabriquent des véhicules qui roule à plus de 130km/h!?

  16. C’était une expérience de politique rentre-dedans, de langue de bois administrative, d’activisme au prix de quelques arrangements avec la vérité, de déploiement de parapluies (c’est pas à nous la responsabilité, c’est à d’autres).

    Pour les survols sauvages et à plusieurs, on est encore prémunis par le budget nécessaire. Mais effectivement, ça ne durera pas 🙁

  17. Je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui, lorsqu’on veut pratiquer une activité qui peut être potentiellement dangereuse (voiture, chasse, planeur), une formation minimale est nécéssaire, et pas pour les quad qui peuvent facilement pénétrer l’espace aérien.
    L’encadrement au sein d’un club FFAM ne se fait pas non plus puisque nos engin sont RTF et l’assistance électronique nous empêche de crasher la bête.
    Quelques heures de sensibilisation sur la règlementation ne ferait pas de mal.
    Ensuite, pour celui qui veut voler en pleine campagne, ce sésame devient obligatoire, gage qu’il est bien au fait des règlementations en cours.
    Après, pour les chauffards du quad, retrait du sésame amende et confiscation devrait vite les calmer.

  18. Une expérience politique ? C’est comme ça que ça commence ! Mais si tu continues, en 2017 je voterais pour toi 🙂

  19. j’ai bien compris.

    Bien sur le but affiché n’est pas l’adhésion obligatoire à la FFAM, même si dans les fait cela reviendra quasiment au même, au vu de l’emprise de votre organisation “reconnue d’utilité publique”, subventionné et donc très proche des services de l’état.

    Mais ce but est clairement l’interdiction de pratiquer hors d’une structure “officielle”.
    Ce qui implique que je ne puisse plus voler chez moi, et sans cotiser à une organisation, ce qui serait considéré comme une pratique “sauvage”.

    Je ne doute pas que vous ne soyez pas les seuls a défendre ce point de vue mais êtes vous représentatifs de l’ensemble des pratiquants ou de vos autorités de tutelle?
    Nous sommes dans un pays qui adore réglementer et tous contrôler et le buz actuel sur les drones est une occasion en or de mettre la main sur un loisir jusqu’ici relativement épargné.

    Mais il faudrait aussi envisager que des personnes normalement constituées puissent respecter une réglementation sans devoir être chaperonnées par une organisation.

  20. Tant que les multirotors seront vendus à la Fnac ou au supermarché du coin comme de vulgaires cerfs volants, l’utilisateur lambda ne se demandera même pas s’il y a des lois ou des règles…
    Les modélistes qui pratiquent en club depuis des années ont conscience du risque, et connaissance des lois, et vont donc en être respectueux, donc pourquoi les obliger en plus à faire une formation ? D’ailleurs chaque club FFAM à déjà son règlement propre, mais une fois de plus, que faire de ceux qui se lancent en autodidacte, que ce soit en sécurité dans un champ perdu… ou depuis leur balcon a Manhattan !!
    Une formation pour piloter un multirotor au terrain du club ne va être qu’une contrainte de plus pour les pratiquants et n’empêchera en rien le survol de centrales, de la défense ou de la tour Eiffel… Quand aux pros, il y a déjà toute une batterie de formation.

  21. “Peut être que DJI (et quelques autres grandes marques), qui se montre concerné par la sécurité depuis longtemps, fera l’effort de la fournir d’office, mais les autres fabricants ?”

    Celui qui n’achète pas DJI ou Parrot mais se tourne vers des marques plus confidentielles fait déjà partie d’un public averti. Il sait qu’il y a une règlementation et connait les risques et ferait probablement attention même sans règlementation quelconque (il suffit de voir comment se comportent 99% des pilotes expérimentés dans des pays à règlementation plus souple).

    Il n’a rien a voir avec le type qui a reçu son Parrot pour noel, qui est tout excité, déballe l’engin de sa boite sans avoir conscience qu’un drone peut avoir une interaction avec un avion, une voiture, un piéton ou autre.

    L’idée d’informer est bonne je pense. 99% des pilotes de drones, débutants ou non, ne souhaitent pas provoquer d’accidents. Ils ne se fichent pas de la sécurité .. pourvu qu’ils en connaissent les règles élémentaires.

  22. Je souris à l’idée d’imaginer Greenpeace survoler des centrales avec des multirotors ou ailes volantes,..

    Créant ainsi la vague de polémique sur laquelle ils se délectent de pouvoir surfer aujourd’hui.

    Un crime presque parfait! ( rire)

  23. C’est justement ce qui est prévu dans le projet de nouvelle réglementation.
    Par contre ce que j’en ai compris c’est qu’il faut toujours un pilote à côté capable de reprendre le contrôle à vu.

  24. Troublante, cette vidéo !
    OUI, c’est la technique de Majax : orienter les regards vers la main droite, tandis que la gauche fait l’entourloupe…

  25. Hmm. Il faut aussi aller faire un petit tour sur les sites consacrés aux Ovnis (je ne les connaissais pas, mais je les vois passer, ils linkent vers Helicomicro pour affirmer que les drones n’y sont pour rien dans les survols). Ca fait autant de théories impressionnantes et argumentées que de posts sur ces sites.
    Et tout le monde semble persuadé d’avoir LA clé des survols, c’est vraiment amusant !
    Le pire, c’est que le mystère étant si complet, le doute persistera lorsque les auteurs des survols seront démasqués (s’ils le sont un jour), les théories alternatives auront la vie dure “on nous ment”…

  26. Je ne connais rien aux générateurs, je ne sais donc pas si leur destruction permettrait de faire tomber tout le réseau français, voire européen.
    En revanche, je suis un peu étonné des efforts qu’il faudrait déployer pour savoir où sont ces générateurs et comment ils se présentent alors qu’ils figurent sur les cartes Google de la plupart des centrales.
    Et puis c’est un intervenant de Bourdin, qui aime bien les trucs un peu secrets / conspiration. Le gars est présenté comme un “écolo pro-centrales nucléaires”, avec des études prestigieuses, mais qui a échoué lorsqu’il s’est présenté comme maire. Ca pose déjà une partie du décor.
    Cela dit, comme les générateurs et moi ça fait deux, je ne ferme la porte à aucune théorie même si celle-la me semble un peu capillotractée…

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