Le drone, c’est la santé !

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sur-la-route-face-1er-juin-Le projet de Benoit Pereira da Silva semble fou : il a décidé de partir en vacances tout en continuant à travailler… Non, le challenge ne consiste pas à confronter un Blackberry corporate à un réseau GSM trop faiblement maillé. Pas du tout. Le truc de Benoit, un jeune homme de 42 printemps, c’est de marcher tout en travaillant. Tout en surveillant sa santé en temps réel. Tout en se filmant en temps réel. Tout en passant dans les décors fantastiques des Cévennes et du Gévaudan ! Tout… cela mérite quelques explications…

Entrainement

Benoit est développeur de logiciels et consultant indépendant – on lui doit par exemple le logiciel « Se coucher moins bête » sur iOS pour Azurgate. Plutôt que de travailler assis derrière son écran, il a fait le pari de pratiquer une activité physique ! Plus facile à dire qu’à faire, évidemment. L’idée a fait son chemin pendant toute l’année 2013, pendant laquelle il s’est attelé à la réalisation d’un bureau un peu spécial : il s’utilise debout. Mieux que ça : il est conçu pour être utilisé en marchant. Délirant ? Pas du tout, Benoit travaille en marchant à 3 km/h, tous les jours depuis juillet 2013, sur un tapis roulant. Ce qui lui permet de totaliser 100 à 120 kilomètres de marche-bureau par semaine, pour un total qui dépasse les 5000 kilomètres depuis qu’il s’est lancé. deboggage-de-se-coucher-moins-bete-6-0-sur-un-tapis-roulant-1280La suite ? Abandonner le tapis roulant pendant une semaine et « aller au boulot » en extérieur…

Bureau mobile

Il a fallu inventer un concept de bureau qui soit portable. Benoit a mis au point un modèle en aluminium, suspendu à un sac à dos. Sur ce bureau, on trouve un ordinateur, un téléphone, et un système de monitoring des panneaux solaires. Car l’usage en extérieur ne permet évidemment pas de compter sur une prise de courant. Benoit tracte une petite remorque sur laquelle sont disposés des panneaux solaires qui doivent le rendre totalement autonome en énergie. Ce sont des panneaux de grande taille : 1,20 x 1,10 mètre pour une production de 200W (quand la météo le veut bien). Dans cette remorque se trouve aussi une tente et du matériel de camping.

Benoit est un geek

Il s’offre les services de technologies du Quantified Self, que l’on traduit en français par « l’auto-mesure ». Le principe ? A l’aide d’objets connectés, on peut surveiller le nombre de pas que l’on fait, la distance parcourue, les calories brûlées. frame-v5.005Ce n’est pas tout, côté high-tech. Ce qui rend ce challenge encore plus intéressant, c’est qu’il sera filmé par un drone. Pas question de piloter tout le temps, ce n’est pas possible en marchant. Pas question non plus de se reposer sur une technologie de « follow me » : cela ne fonctionne pas encore de manière satisfaisante, et il faut être en mesure de reprendre le contrôle de l’appareil à tout moment. Le drone est un Iris de 3DRobotics équipé d’une caméra Gopro 3+ BE. Le contrôleur de vol Pixhawk de ce multirotor repose sur un firmware APM:Copter, dont une des particularités réside dans sa faculté à être programmé et optimisé pour des usages très spécifiques. C’est un habitué de la communauté DIYDrones, Julien Dubois, qui a planché sur les modifications à apporter à l’Iris. Il a par exemple créé un mode « Cruise » spécialement destiné aux marcheurs. Le drone a son emplacement de rangement, sous le bureau mobile. Ses batteries sont rechargées avec l’aide des panneaux solaires !

Le challenge ?

frame-weight-mediumBenoit part ce lundi 18 août pour marcher et travailler toute la semaine en parcourant les Cévennes et le Gévaudan. Seul avec son bureau mobile high-tech ? Non ! Nino, son fils de 13 ans et demi va l’accompagner tout au long de son aventure. Ca tombe plutôt bien : Nino est un passionné de drones ! Mais qu’est-ce qui pousse Benoit à se lancer dans cette semaine de marche ? Il explique qu’il s’agit de « promouvoir l’activité physique auprès des technophiles sédentaires peu sensibles aux campagnes traditionnelles, d’encourager la pratique de l’auto-mesure pour obtenir des bénéfices sur la santé et le bien-être, de proposer une communication insolite sur des sujets sérieux ». Sans oublier de « mettre au point un vrai prototype de bureau nomade expérimental ». Et puis « pour marcher au grand air en pleine nature, pour jouer avec des drones et des caméras avec Nino »…

Sur les traces de Modestine

Le parcours envisagé par Benoit est celui entrepris par l’écrivain écossais Robert Louis Stephenson (auteur de « l’île au Trésor ») et son ânesse Modestine, qui sert de trame à son roman « Voyage avec un âne dans les Cévennes ». Mais à l’envers, en partant du sud pour remonter vers le nord. Avant chaque étape, Stephenson s’efforçait d’écrire un résumé de la journée précédente pour ne rien oublier. Benoit et Nino devraient procéder plus ou moins de la même manière, en profitant de l’ordinateur portable pour publier leurs expériences sur le blog dédié à l’aventure et sur les réseaux sociaux ! Le drone pourra être utilisé un peu partout sur le parcours, sauf dans les zones urbaines bien sûr, mais aussi dans le parc national des Cévennes. Comme il a été rappelé un peu durement à Benoit par un courrier, les parcs nationaux français sont interdits de survol à moins de 1000 mètres de hauteur. Les drones, qui sont cantonnés à moins de 150 mètres, ne peuvent pas prétendre à y décoller. Sauf autorisation spéciale – que Benoit n’a pas pu obtenir.

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Les sponsors

BPdS-marche-avec-un-drone-20140812-1Des marques ont choisi d’aider Benoit dans sa marche. C’est le cas de Withings, une société spécialisée dans l’auto-mesure… et ce sont des français. Peut-être connaissez-vous leur balance connectée en Wifi, leur capteur Pulse O2 à porter, leur cardio fréquencemètre, leur tensiomètre ou leur future montre Activité ? Le multirotor Iris a été fourni par Escadrone, une société spécialisée dans l’imagerie aérienne, basée en Isère.

Suivre l’aventure ?

Ca se passe sur le site walkingworking.com/md2014, sur twitter @bpereiradasilva, sur Google+ ! Et vous pouvez même vous inquiéter de la santé de Benoit, ici. Il ne reste plus qu’à espérer que la météo soit clémente, la high-tech n’appréciant que modérément l’humidité. Et à souhaiter bonne marche aux deux courageux !

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13 COMMENTAIRES

  1. Bonjour FRED
    on en apprend toujours:

    “les parcs nationaux français sont interdits de survol à moins de 1000 mètres de hauteur”
    je vole chez mes beaux-parents dans le parc des cevennes a la plus grande joie des habitants et du garde du parc……

    j’ai tjs avec moi (au cas ou!)photos de mes zones de vol imprimées sur “aip drones” et rien n’apparait sur ces parcs…???!!!
    je devais diffuser aux gens du village une belle vidéo enfin montée mais vais me faire tout petit…….
    méfiance .
    et encore merci pour ton travail
    cordialement

  2. Je sais, mais voilà, ça fait partie des interdictions. La restriction n’apparait pas sur AIP Drones parce qu’elle ne fait pas partie des deux arrêtés de 2012.

    Evidemment, faire simple, en France, est un peu… compliqué 🙂 🙂 Donc la piste pour retrouver cette restriction commence ici : http://www.parcsnationaux.fr/Decouvrir-Visiter-Partager/Les-dix-parcs-nationaux-francais/Missions/La-reglementation
    Mais comme chaque parc national a sa propre réglementation, il faut aller consulter le PDF correspondant. Pour les Cévennes, c’est celui-là : http://www.cevennes-parcnational.fr/content/download/16827/213215/file/D%C3%A9cret%20r%C3%A9vis%C3%A9%20Parc%20National%20des%20C%C3%A9vennes.pdf
    Et dedans, l’article 15 dit : “Art. 15. − I. – Sauf autorisation du directeur de l’établissement public du parc, le survol du coeur du parc à
    une hauteur inférieure à mille mètres du sol des aéronefs motorisés est interdit.”. Comme la hauteur au sol ne doit pas dépasser 150 mètres pour nous, pas de survol…

    Donc oui, je te conseille de ne pas diffuser cette vidéo sous peine de te voir reproché de faire de belles images. Et de demander l’autorisation officiellement dans le même temps. Dans le cas où à l’évidence aucune marmotte ne sera dérangée, je suis partisan de multiplier les demandes jusqu’à accord (puisque le refus est quasi-inévitable). Ou plus subtilement de joindre des requêtes de villageois “on voudrait voir notre village d’en haut”…

  3. La question de la faune n’est pas la seule; imagines si ton multi tombe et prends feu provoquant un incendie de foret …

  4. “imagines si ton multi tombe et prends feu provoquant un incendie de foret …”
    Euh, et si on arrêtait un peu le délire du principe de précaution ? Il y a sûrement 1000 fois plus de probabilités qu’un imbécile mette le feu en jetant un mégot.
    Sur le même sujet de la parano ambiante, je n’ai pas arrêté de lire ici ou là que les drones allaient pulluler cet été sur les plages, que c’était un vrai problème de sécurité publique, blablabla…
    Cet été j’ai passé 15 jours de vacances sur différentes plages, dans les Landes puis sur la Côte d’Azur. Quelques temps auparavant j’étais sur la côte portugaise et en Californie. Durant tous ces séjours, je n’ai pas vu UN SEUL drone.
    Par contre des cerf-volants et même des mecs en kite-surf qui tr frôlent, là c’est par dizaines. Il est où le danger ?

  5. je confirme ce que vous dites, 15 jours au bord de la méditerranée ( Languedoc-Roussillon)et pas un drone dans le ciel, c’est assez rassurant pour l’instant.

    Pour infos,le Sept à huit sur TF1 de ce soir ,nous rappelle encore que de décoller de son jardin peut nous coûter jusqu’à 75.000€ d’amende!

  6. Je pense que c’est parce que le temps est pourri qu’il n’y a pas de drone qui sur volent sur les plage en France… 🙂

    Je suis d’accord avec toi concernant les regles de précaution…

  7. Belle initiative.
    Mais j’ai un doute sérieux quant à la productivité età la qualité d’un développement logiciel réalisé de cette manière.
    Mes développeurs disent que je suis “old school”. Ils ont certainement raison.

  8. Justement, la productivité et la qualité du travail font partie des conclusions que Benoit apportera après l’expérience. Il a déjà publié des choses très intéressantes sur le taux d’erreurs / bugs…

  9. Il est tout à fait possible de produire des logiciels de qualité en marchant… Sur un tapis roulant. Je m’y emploie tous les jours et je ne suis pas un cas isolé. En extérieur, c’est plus délicat, mais pas du tout impossible et je le prouverai à terme. La marche avec un drone est une expérience “un peu radicale”, et j’en ai retiré pas mal de pistes d’optimisation. Nous en reparlerons.

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