Elmo QBiC MS-1, le test

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Dsc_0037-600C’est une caméra au look un peu différent des incontournables Gopro et de leur cohorte de clones que nous avons pu évaluer avec un multirotor. A la différence des caméras sportives classiques, elle est de conception japonaise et non pas chinoise. Mais elle est fabriquée en Thaïlande. Le Japon étant la patrie des optiques de qualité, tous les espoirs sont permis ! Notez que la caméra nous a été prêtée par Elmo Europe. N’hésitez pas à nous indiquer si vous pensez que ce prêt a influencé notre jugement.

On met les formes

Blanche, avec une touche de couleur autour de l’objectif, la QBiC MS-1 arbore des formes très rondes. L’objectif, justement, est protégé par un cache en plastique amovible, puis une lentille transparente. C’est un premier point positif : en cas de choc dur – et cela peut arriver en baladant la caméra sur un multirotor -, l’objectif n’est pas en danger comme sur une Gopro. C’est la lentille qui encaisse le choc, et qui peut être changée. Il suffit de retirer les deux vis orange en façade pour la retirer. La largeur de la caméra est de 5,7 cm, la hauteur de 6,4 cm et l’épaisseur, objectif inclus, est de 4,1 cm. Le poids ? Dsc_0061-600La balance affiche 91,4 grammes.

Tour du propriétaire

Sur la façade avant, on trouve l’objectif protégé par sa lentille. La mention apposée sur le cerclage donne deux indications : 185° (l’angle de vision) et F2.0 (la focale). Au-dessus de l’objectif sont placées 3 diodes qui correspondent au Wifi, à la batterie et à l’enregistrement de vidéos. Sous l’appareil, on trouve un pas de vis pour placer la caméra sur un support photo classique. Figurent aussi deux encoches pour glisser une dragonne (non fournie) ou un fil (pas fourni, non plus) pour attacher le cache d’objectif. Sur le côté droit se trouvent le bouton pour lancer l’enregistrement d’une vidéo et celui pour activer ou désactiver le Wifi. Le bouton d’allumage et d’extinction de la caméra se trouve sur le côté haut, accompagné par celui pour la prise de vues (photos), et deux autres encoches. Sur le côté droit, rien d’apparent. Mais sous une trappe qui s’ôte avec l’ongle, on trouve un connecteur microUSB, un logement pour une carte mémoire MicroSD et un connecteur MicroHDMI. Sur la face arrière de la caméra ? Il n’y a rien, sinon le logo Elmo et la carte d’identité de la caméra (avec le numéro de série, le SSID du Wifi et sa clé).

Question de fixation

Dsc_0007-600La base de la caméra est bien plate – on pouvait en douter au vu des formes rondes qu’elle affiche -, ce qui permet de la faire reposer assez facilement sur un support. Le pas de vis rend les choses encore plus faciles si votre multirotor est doté d’un support type photo (c’est le cas du Flypro X400 de HobbyGaGa). Avec la caméra, Elmo ne fournit qu’un seul accessoire : un support pour fixer la MS-1 au dos d’un smartphone. Parfait pour partir filmer le monde à pied, mais sans intérêt pour les multirotors. Ceci dit, le constructeur vend d’autres accessoires, un peu comme Gopro, pour satisfaire tous les types d’usages d’une caméra sportive. Parmi eux, on trouve le « Adjustable Tilting Mount ». Il s’agit d’une base destinée à être fixée sur un support à 3 dents de Gopro. Parfait, par exemple, pour remplacer la caméra du Phantom FC40 de DJI ! Un point de détail : dans le cas du FC40, conservez la vis Gopro livrée par DJI, elle pèse 4,6 grammes, alors que celle livrée par Elmo atteint 10,2 grammes. Sinon l’ensemble composé par la caméra avec sa base Gopro et sa vis, la vis Gopro et son écrou (non fourni), pèse 113,7 grammes (soit un surpoids d’un peu plus de 22 grammes par rapport à la caméra nue). Le pack « Standard Camera Mount Kit » est composé de plusieurs bases dont certaines munies d’un autocollant puissant : il y a de quoi assurer une fixation solide sur la plupart des multirotors !

Le smartphone est-il indispensable ?

La caméra peut être pilotée avec les boutons mécaniques, mais les fonctions accessibles sont très basiques : allumer / éteindre, filmer / arrêter de filmer, etc. Pour accéder aux réglages, il faut impérativement connecter la caméra à un smartphone, iOS ou Android. L’application est disponible gratuitement, sur l’App Store d’Apple ou Google Play. IMG_0605Notez que nos tests ont été menés avec la version iOS du logiciel. Il suffit d’activer le Wifi, de se connecter au point d’accès créé par la caméra (avec le mot de passe 1234567890), puis de lancer l’application. L’interface est plutôt bien réalisée, intuitive et réactive. En quelques clics, on change la résolution des vidéos, l’angle de vue, la balance des blancs, on démarre et on arrête la prise de vues. Rien que du bon ? Oui… mais nous avons deux regrets tout de même. Le premier, c’est que la caméra perd de son intérêt si vous n’avez pas votre smartphone sous la main (ou si vous n’avez pas de smartphone iOS ou Android du tout). Le second, c’est que la caméra souffre des habituels soucis des appareils qui fonctionnent en Wifi : parfois la connexion est perdue, pour des raisons inexpliquées. Et dans ce cas, mieux vaut ne pas s’énerver : il faut couper le Wifi de la caméra et le rallumer, et dans le même temps arrêter l’application sur le smartphone et la relancer. Alors, le smartphone est-il indispensable pour profiter de la QBiC MS-1 ? Non : Elmo propose aussi une application pour les PC sous Windows (dotés d’un module Wifi). Pratique ! Dommage que cette application ne soit ni disponible sur Mac OS X, ni sur Linux.

Le Wifi ?

Dsc_0075-600Pour allumer la caméra, il faut une pression longue, de deux secondes environ, sur le bouton on / off. La caméra démarre automatiquement le Wifi – à moins que la caméra ait été éteinte avec le Wifi coupé, auquel cas il ne s’active pas automatiquement. Il suffit de connecter votre smartphone au point d’accès de la caméra, de lancer l’application et de choisir Live. Le flux vidéo est immédiatement affiché. Le rafraichissement est d’environ 10 images par seconde lorsque le smartphone est à proximité de la caméra. Mais au-delà de 10 mètres (ou 5 avec des obstacles), la fréquence des images est plus basse, et la connexion a tendance à être rompue assez facilement. La liaison Wifi est par conséquent destinée aux réglages, à la vérification de la pertinence des réglages, mais pas au cadrage à distance, et encore moins au pilotage en immersion.

Les caractéristiques

Le principal réglage concerne la résolution des vidéos. Vous avez le choix : 1920 x 1080 pixels en 60 images par seconde, 1920 x 1080 pixels en 30 images par seconde, 1280 x 720 pixels en 120 images par seconde, 1280 x 720 pixels en 60 images par seconde, 1280 x 720 pixels en 30 images par seconde, et 848 x 400 pixels en 240 images par seconde. IMG_0628Les modes en 60 images par seconde permettent d’obtenir une fluidité optimale. Ceux en 120 ou 240 images par seconde sont destinés à produire de beaux ralentis – ils sont dépourvus de piste sonore. Parmi les autres réglages, on trouve l’angle de vision : 185° (le plus grand), 165° et 135° (le plus petit). Bon point : les angles sont compatibles avec toutes les résolutions et nombres d’images par seconde. Il est également possible de choisir la balance de blancs et l’exposition, d’activer ou pas un mode WDR (Wide Dynamic Range). La liste des réglages est bien plus longue, nous avons retenu la possibilité de redresser les verticales, de mettre en place un mode anti-vibration, de faire pivoter l’image à 180°, de déterminer un intervalle de prises de vues (time lapse). Aucune option, en revanche, ne permet de choisir la résolution des photos. Bizarre ! En fait, cette résolution dépend de l’angle choisi. 185° donne des clichés de 2912 x 1640 pixels. 165°, c’est 2464 x 1384. Enfin 135° produit du 1920 x 1080 pixels.

En pratique ?

Dsc_0050-600La caméra répond au quart de tour lorsqu’elle est sollicitée, directement sur les boutons ou à distance depuis le smartphone. Les actions sont ponctuées par un son (qu’il est possible de régler, jusqu’à le couper). L’enregistrement est indiqué par une diode rouge. Chaque vidéo a une durée maximale de 29 minutes et 59 secondes. L’image est de qualité correcte, avec des couleurs respectueuses de la réalité, qui ne « poussent » pas trop certaines teintes. Mais le piqué n’est pas celui auquel nous ont habitué les caméras Gopro. Est-ce dû à une compression un peu forte ? Le résultat, c’est que l’image manque de détails et donne une impression de léger flou. Les photos suivent exactement le même schéma : l’image est belle, les couleurs très réussies, mais à y regarder de plus près, elles manquent de piqué. Il faut ajouter que, dans le mode très grand angle (185°), les bords droit et gauche de l’image sont un peu flous. En revanche, la fluidité est impressionnante dans les modes 60 images par seconde. Les modes ralentis à 120 images par seconde (0,25x) et 240 images par seconde (0,125x) sont extras pour décomposer les mouvements.

Points de détail (1)

DCIM100_ELMOLa caméra QBiC MS-1 se révèle très peu sensible aux vibrations : c’est un bon point pour l’embarquer sur un multirotor. Le stabilisateur numérique intégré n’améliore pas les vidéos – il ne les dégrade pas non plus. Nous n’avons pas noté de grande différence dans les vidéos avec le mode WDR activé ou pas. En simple retour vidéo, sans enregistrement, l’image reçue sur votre smartphones est en 800 x 480 pixels. Lorsque vous démarrez l’enregistrement d’une vidéo à distance, la résolution sur le smartphone est réduite à du 400 x 240 pixels, et le retour en temps réel… n’est plus du tout en temps réel : l’image est saccadée, pour atteindre difficilement 2 images par seconde. Pas question de piloter en immersion, donc, mais nous l’avons déjà vu. Dans les modes ralentis, le retour en temps réel est tout simplement désactivé – le processeur est probablement trop sollicité. Un point fort de la caméra : elle est capable de s’accommoder très rapidement, pour ne pas dire instantanément, des changements brusques de contraste (passer d’un vol face au soleil à une évolution en sous-bois).

Points de détail (2)

Si vous lancez le mode timelapse, c’est-à-dire la prise de vues à intervalles réguliers (idéale pour prendre des clichés pendant le vol), l’appareil coupe le Wifi – mais en ayant la délicatesse de vous demander la permission avant de le faire. Cela signifie que dans le cas d’un vol en multirotor, vous pouvez démarrer la prise en vue à tout moment, si bien sûr votre smartphone se trouve à proximité, quelques mètres au plus, de la caméra. IMG_0629En vol, la connexion Wifi a toutes les chances d’être rompue… et elle ne se remet pas en place automatiquement. Ce qui signifie que pour arrêter l’enregistrement de la vidéo, il faudra vous poser et appuyer sur le bouton Photo de la caméra. La batterie intégrée et non amovible (dommage) est une Lipo de 3,7V 1000 mAh. Le constructeur promet une autonomie de 1 heure et 45 minutes en 1080p 30 fps. En 1080p 60 fps et le Wifi activé, nous avons noté une autonomie de 58 minutes. Seulement ? Oui, mais ce n’est pas si mal. La recharge est assurée par un câble USB (fourni). Il faut être patient, elle dure 3 heures et 15 minutes. La fiche technique assure que la caméra est à la norme IPX4 : cela signifie qu’elle est capable de résister à des projections d’eau. Notez qu’il n’est pas possible de prendre des photos en timelapse (à intervalles réguliers) pendant l’enregistrement d’une vidéo. C’est l’un ou l’autre. Certaines fonctions ne sont pas accessibles en mode ralenti. Par exemple, il n’est pas possible d’activer la stabilisation logicielle ou la correction de déformation en mode 240 images par seconde. Mais au lieu de le préciser quand on tente de changer la valeur dans l’interface, le logiciel se borne à indiquer une erreur, sans plus de précision. Bon point en revanche : l’interface et le retour vidéo fonctionnent aussi bien en mode portrait qu’en paysage.

Points de détail (3)

La fonction qui permet de redresser les images est particulièrement intéressante dans le cas des prises des vues en très grand angle. Et elle fonctionne plutôt bien ! Mais l’angle, justement, en prend un coup quand elle est activée. Regrettons qu’il n’y ait pas de sortie analogique pour utiliser la caméra pour pratiquer des vols en immersion ! Nous avons réalisé nos essais avec un Flypro X400 de HobbyGaGa et un Phantom 1 de DJI, tous deux pilotés avec une radiocommande 2,4 GHz – la même fréquence que le Wifi -, ainsi qu’un Phantom FC40. La caméra doit à l’évidence produire un flux dense, puisque les deux premiers multirotors ont montré des hésitations en vol, comme si les ordres ne leur parvenaient plus, pendant quelques microsecondes. Une fois le Wifi désactivé, tout est rentré dans l’ordre. Vous n’y couperez pas : si votre multirotor est doté d’une partie radio en 2,4 GHz, il faudra faire une croix sur l’usage du Wifi en vol. Avec un Phantom FC40, dont la partie radio est 5,8 GHz, nous n’avons en revanche pas noté le moindre souci. Cette caméra est définitivement parfaite pour remplacer celle fournie avec le Phantom FC40 !

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Sans correction des déformations, et avec…

Faut-il l’acheter ?

Dsc_0005-600Pourquoi pas ! Ce n’est pas la meilleure caméra que nous ayons eu entre les mains, en raison du manque de piqué des images, mais elle se révèle efficace et plutôt bien adaptée à un usage en multirotor, notamment parce qu’elle s’accommode bien des vibrations. Elle offre des fonctions séduisantes pour pratiquer d’autres activités, avec ses ralentis impressionnants par exemple. Nous avons tout particulièrement apprécié la lentille transparente qui protège l’objectif – elle devrait assurer une durée de vie très correcte à la caméra même en étant malmenée à bord d’un multirotor. L’angle de vision de 185° est le plus grand qu’il nous ait été donné d’essayer sur une caméra sportive. Reste que le prix est assez élevé : comptez 250 € (hors port mais avec taxes). Comptez 18 € supplémentaires si vous voulez le « Adjustable Tilting Mount » pour la fixer sur un support Gopro, ou 35 € pour les bases autocollantes. La caméra est fournie avec un guide démarrage rapide et un manuel, tous deux multilangues, français y compris. Petits. Mais alors vraiment petits : 5,5 x 7,5 x 0,8 cm. Il faut de bons yeux et être sérieusement concentré pour les lire. Le guide de démarrage est proposé en téléchargement multilangue, mais pas le manuel, uniquement en anglais et en japonais (voir ici). Mais la mise à disposition de la version française n’est probablement qu’une question de temps.

Le site de la caméra QBiC MS-1 de Elmo se trouve ici. Il est possible d’y acheter la caméra en ligne.

Les vidéos

Essai comparatif d’une caméra elmo qbic ms-1 face à une LDLC Touch C1, en 1920 x 1080 pixels.

Un vol en extérieur filmé par une caméra QBiC MS-1 de Elmo en 1920 x 1080 pixels 60 images par seconde, à bord d’un Flypro X400 de HobbyGaGa.

Quelques sauts de puce pour essayer les différentes résolutions et nombres d’images par seconde, à bord d’un Flypro X400 de HobbyGaGa.

Une animation en timelapse avec un intervalle de 5 secondes entre chaque photo

Le mode 0,125x, à 240 images par secondes filmées en 848 x 400 pixels. Il faut beaucoup de lumière pour que ce mode ralenti soit d’une qualité correcte. Featuring Polka, 3 ans (pour les connaisseurs, la langue passée sur les babines et les baillements sont des signes d’apaisement. En gros, elle n’est pas super contente. Normal, les croquettes tardaient à arriver).

D’autres photos et captures d’écrans

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L’accessoire « Adjustable Tilting Mount »
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L’accessoire « Standard Camera Mount Kit »
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Le support pour smartphones, fourni avec la QBiC MS-1

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Angle 185°
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Angle 165°
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Angle 135°

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Le logiciel de réglage de la caméra en version PC

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4 COMMENTAIRES

  1. Caméra visiblement d’assez bonne qualité, mais,pas vraiment,t prévu pour les vols avec un multirotor…. Car 2 défauts quasi indispensable:
    -le poids (beaucoup plus q’une GoPro dernière génération)
    -et surtout l’impossibilité de faire du FPV par manque de connexion auxiliaire

    Dommage car elle avait une bonne tête cette caméra.

  2. Le truc de la camera, c est qu avec la mobius et la go pro dure de faire mieux… donc ceux qui vont arriver a nous donner les qualites video de la gopro 3 avec le poids de la mobius peuvent deja se frotter les mains… mais c est pas pour demain

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