DJI Mini 3 Pro : test de la batterie Plus, pour presque 10 minutes de vol supplémentaires

9
2507

Le Mini 3 Pro de DJI est livré en Europe avec la « batterie de vol intelligente », qui pèse environ 80 grammes. Elle est conçue pour que le poids du drone soit sous la barre des 250 grammes. C’est une 2S de 2453 mAh qui assure, selon DJI, une autonomie de 34 minutes. En pratique, la durée de vol réelle est de 24 minutes environ. On peut pousser jusqu’à presque 30 minutes, mais c’est en bataillant avec la fonction d’atterrissage automatique. Vous pouvez lire le détail de l’autonomie dans le test du Mini 3 Pro, ici.

La batterie Plus ?

DJI commercialise aussi la « batterie de vol intelligente Plus », un modèle 2S de 3850 mAh qui offre, selon le constructeur, 47 minutes de vol. Les deux batteries ont des dimensions absolument semblables. La seule manière visuelle de les distinguer, c’est la mention « Ultra light 249 g » sur la « batterie de vol intelligente », et aucune mention sur la « batterie de vol intelligente Plus ». Le poids est en revanche différent : la « batterie de vol intelligente Plus » pèse 120,3 grammes, ce qui porte le poids du Mini 3 Pro au décollage à 288 grammes.

Comportement en vol ?

Les réactions du Mini 3 Pro avec la « batterie de vol intelligente Plus » sont exactement les mêmes que celles avec la batterie classique. Le surpoids de 40 grammes environ modifie pas sa réactivité ni ses reprises, ni sa vitesse de pointe.

Autonomie ?

DJI indique que son autonomie max, 47 minutes environ, est obtenue en vol à vitesse constante. Dans la vraie vie, les vols avec manoeuvres diverses, montées et freinages, aboutissent à une autonomie comparable à celle des vols stationnaires. Une constatation qui permet de limiter les essais d’autonomie à des vols stationnaires. Le résultat ? L’autonomie est effectivement supérieure : l’appareil se pose automatiquement au bout de 32 minutes de vol. Pour mémoire, il se pose automatiquement au bout de 24 minutes avec la batterie standard. Il est possible de gagner encore 3 minutes de vol, pour parvenir à 35 minutes, mais c’est en forçant l’appareil à ne pas se poser. La « batterie de vol intelligente Plus » permet donc, au final, de profiter de 9 minutes de vol supplémentaires. Pas mal, même si les 47 minutes promises étaient un peu optimistes ! J’ai aussi réalisé un vol en extérieur, en cercles doux, qui s’apparente aux conditions de tests décrites par DJI : le résultat est semblable, l’appareil a demandé à se poser au bout de 33 minutes. 

La vidéo comparative entre la batterie Plus et la batterie standard

Après la vidéo, je fais le point sur la réglementation appliquée au Mini 3 Pro avec les deux batteries, et sur le prix de la batterie Plus…

Durée de charge ?

La batterie d’origine atteint une pleine charge en 1 heure environ avec un chargeur de 30W ou plus. La « batterie de vol intelligente Plus » demande plus de temps, entre 1h20 et 1h40 !

Le principal souci…

C’est que cette batterie n’est pas vendue en Europe. Il faut l’acheter à l’étranger, auprès d’un revendeur qui propose la livraison en Europe. Plusieurs vendeurs sur AliExpress ont cette batterie à leur catalogue mais, et j’en ai fait l’expérience, la livraison n’aboutit pas (et fort heureusement le site procède à un remboursement). J’ai fini par l’acheter auprès de la boutique Drone Nerds, aux Etats-Unis. Elle est affichée à $95, plus des frais de livraison de $35. Soit au final 121,09 € au moment où je l’ai achetée (le cours des monnaies est très variable).

Pourquoi n’est-elle pas en vente en Europe ?

Tout d’abord, il faut préciser que l’usage de la « batterie de vol intelligente Plus » n’est pas interdit en Europe. Les conditions d’usage en catégorie Ouverte sont simplement très légèrement différentes. Explications…

Jusqu’au 31 décembre 2023 :

  • Le Mini 3 Pro avec la batterie d’origine évolue en sous-catégorie A1 « limitée ». Cela lui permet de voler au-dessus de zones résidentielles, commerciales, récréatives ou industrielles, et de survoler des personnes. 
  • Le Mini 3 Pro avec la « batterie de vol intelligente Plus » évolue aussi en sous-catégorie A1 « limitée », ce qui lui permet de voler au-dessus de zones résidentielles, commerciales, récréatives ou industrielles. Mais puisqu’il pèse plus de 250 grammes, le survol des personnes doit être évité, et lorsqu’il survient, il doit être stoppé rapidement. Il faut par ailleurs suivre la formation et passer l’examen en ligne sur AlphaTango. 

Après le 1er janvier 2024 :

  • Le Mini 3 Pro avec la batterie d’origine évoluera en sous-catégorie A1. Cela lui permettra de voler au-dessus de bâtiments et de survoler des personnes. 
  • Le Mini 3 Pro avec la « batterie de vol intelligente Plus » évoluera en sous-catégorie A3, ce qui obligera à voler à au moins 150 mètres de distance de zones résidentielles, commerciales, récréatives ou industrielles. Par ailleurs, il devra voler loin de personnes, de telle sorte qu’elles ne soient jamais mises en danger. Il faudra aussi suivre la formation et passer l’examen en ligne sur AlphaTango.

En résumé ?

L’usage du Mini 3 Pro jusqu’au 31 décembre 2023 ne diffère que très peu avec la batterie classique et la batterie Plus. Mais il est plus restreint avec la batterie Plus à compter du 1er janvier 2024. Cette date correspond à la fin de la période de transition européenne (voir ici).

Rétroactivité…

Cette différence après le 1er janvier 2024 est-elle la seule raison pour laquelle DJI ne commercialise pas la batterie Plus en Europe ? Non. L’autre raison est un peu plus compliquée. Si le Mini 3 Pro était marqué CE avec une indication de classe C0, il pourrait d’ores et déjà évoluer en sous-catégorie A1 de moins de 250 grammes. Ce qui permettrait le survol de personnes et de zones résidentielles, commerciales, récréatives ou industrielles, et éviterait l’obligation de formation en ligne. A ce jour, le Mini 3 Pro ne dispose pas de l’indication de classe C0. Mais DJI travaille à une indication de classe rétroactive (comme il l’a fait pour le Mavic 3, voir ici). Pour y parvenir, il faut impérativement que l’appareil reste sous les 250 grammes. Or avec la possibilité d’acquérir la batterie Plus, DJI ne pourrait plus garantir ce seuil de masse, libellé Maximum Take-Off Mass (MTOM) dans les règlements européens.  

Faut-il l’acheter ?

Si vous avez besoin de ces 9 minutes d’autonomie supplémentaire, la « batterie de vol intelligente Plus » est intéressante. Reste que son prix est plus élevé, et qu’il faut se la procurer à l’étranger. Avant le 1er janvier 2024, elle ne modifie pour ainsi dire pas les conditions d’usage du Mini 3 Pro en Europe. Après cette date, elle contraindra le drone à un usage plus restreint au vu de la réglementation. Cela dit, en pratique, la différence de 40 grammes passera probablement inaperçue lors d’un contrôle. Mais attention, sans doute pas d’un rapport d’incident destiné à une assurance…

Article précédentBon plan : le DJI FPV Combo à 894 € sur Amazon
Article suivantAustralie : un drone de livraison provoque un panne de courant

9 COMMENTAIRES

  1. Sur mon F11sPRO (clone DJI) j’ai installé un connecteur standard pour recharger sur mon chargeur modelisme.

  2. “Le Mini 3 Pro avec la batterie d’origine évolue en sous-catégorie A1 « limitée ». Cela lui permet de voler au-dessus de zones résidentielles, commerciales, récréatives ou industrielles, et de survoler des personnes. ”

    En Europe, oui, mais pas en France, sauf pour la partie “personnes”, à rappeler je pense !

  3. @ RPfan : La notion de “zones résidentielles, commerciales, récréatives ou industrielles” est différente de celle de “sur l’espace public en agglomération”…

  4. D’où l’intérêt de préciser les choses car quelqu’un de bonne foi lisant cet article (ou la réglementation européenne) pensera en toute logique qu’il a le droit de voler avec son drone de moins de 250 grammes “au-dessus de zones résidentielles, commerciales, récréatives ou industrielles” et donc en ville. Ce n’est pas le cas, sauf au-dessus de son jardin (ou du jardin d’une personne à qui on a demandé l’autorisation), et encore pas trop haut.

  5. @ RPfan : Je comprends ta remarque ! Mais dans le cas du rappel à la réglementation sur le surpoids de la batterie, le seuil des 250 grammes concerne uniquement “les zones résidentielles, commerciales, récréatives ou industrielles”. Plus ou moins de 250g n’a pas d’impact sur les vols au-dessus de l’espace public en agglomération – d’où le fait que je n’en parle pas.

    Et puis, mais là c’est ma conviction et j’en parle rarement puisque ça ne changera rien, cette interdiction de vol “sur l’espace public en agglomération” héritée des textes de 2012 ne sert plus depuis les textes européens. Surtout qu’elle n’est toujours pas définie correctement notamment pour le terme “agglomération” (qui pioche selon le sens du vent, les guides, les DSAC, les forces de l’ordre, dans les cartes OACI, le code de la route, le cadastre, la forme des bâtiments)…

  6. “Et puis, mais là c’est ma conviction et j’en parle rarement puisque ça ne changera rien, cette interdiction de vol “sur l’espace public en agglomération” héritée des textes de 2012 ne sert plus depuis les textes européens.”

    C’est vrai que cette notion ne paraît pas très compatible avec la réglementation européenne. Malheureusement elle existe toujours et en France contrairement aux autres pays européens (le UK notamment) je pense qu’il ne faut pas s’aventurer à voler en ville/agglomération d’autant que c’est bien indiqué en rouge sur le Géoportail Drone. As-tu eu vent de confiscations/amendes pour des vols “en ville” avec un drone de moins de 250 grammes ?

  7. @ RPfan : Non, je n’ai pas connaissance de peines infligées pour des vols sur l’espace public en agglomération (ce qui ne signifie pas qu’il n’y en a pas eu : je n’ai simplement pas accès aux jugements sauf si les jugés décident de parler).

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.