Les drones, DJI, les NFZ et la guerre en Ukraine…

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Les drones ont été invités dans le conflit entre la Russie et l’Ukraine par le ministère de la Défense ukrainien. Dans un post publié sur Facebook (voir ici), il a exhorté les possesseurs de drones à les placer au service de patrouilles de la ville de Kiev, comme pilotes opérationnels ou simplement en faisant don de leurs appareils. Le lien dans ce post n’est plus actif, et de nombreux appels à donation de drones s’appuient sur ce message Facebook. Difficile de savoir ce qu’il faut en penser. Les drones étaient déjà bien ancrés dans le ciel de l’Ukraine : les gardes-frontière ukrainiens avaient acquis 60 exemplaires de DJI Matrice 300 en décembre 2021 (voir ici). 

Le constructeur DJI…

Ces drones, ceux acquis par l’administration tout comme ceux qui pourraient être mis au service du gouvernement par des particuliers, sont principalement des appareils de marque DJI, puisqu’elle détient plus de 70 % du marché.

Où il est question de NFZ…

Le constructeur avait décidé d’un moratoire partiel dans le ciel de la Syrie et de l’Iraq, en 2017, pour réduire les risques d’attentats avec des explosifs fixés sur des drones de la marque. Les interdictions de vols étaient matérialisées par des NoFly Zones (NFZ) intégrées dans son système GEO (voir ici), qui empêchaient les drones DJI de décoller ou de pénétrer dans certaines zones.  

Et en Ukraine ?

La carte GEO des NoFly Zones de DJI compte quelques zones interdites en Ukraine. Elles protègent principalement certains aéroports et certains stades du pays. C’est le cas de l’aéroport de Gostomel où le gigantesque avion cargo Antonov-225 « Mriya » semble avoir été détruit dans son hangar (Antonov n’a pas encore apporté de confirmation de l’information au 28 février 2022). La carte des NFZ peut évidemment évoluer selon le bon vouloir de DJI. Le constructeur va-t-il laisser les NoFly Zones en l’état ? Ou décréter tout ou partie de l’Ukraine comme une grande zone interdite de vol ? Ou retirer complètement ses NoFly Zones ? Il sera intéressant de voir si le constructeur chinois prend position dans cette guerre où les sphères d’influence entre grandes puissances sont devenues particulièrement complexes.

Débloquer les NoFly Zones ?

Le spécialiste du déblocage des NoFly Zones de DJI, le chypriote NoLimit Dronez, a annoncé fournir son service gratuitement aux ukrainiens et aux russes ! En échange, NoLimit Dronez demande à ce que les images filmées avec l’aide de son service de déblocage des NoFly Zones soient partagées pour être librement diffusées. 

Et la concurrence ?

Les spécialistes concurrents de NoLimit Drones, Drone-Hacks.com et CopterSafe, n’ont pas annoncé de mesures équivalentes. Si Drone-Hacks est allemand, CopterSafe est… russe (mais ne semble ne plus proposer d’outils pour les drones récents).

Une arme à double-tranchant ?

Sur Twitter, faisant suite à l’annonce de NoLimit Dronez, plusieurs messages ont indiqué que l’armée russe disposait du système de détection des drones AeroScope de DJI (voir les explications ici). Cette information est probablement vraie – il n’est en revanche pas certain que l’armée ait déployé AeroScope sur le conflit en Ukraine. Mais si c’est le cas, les militaires russes sont en mesure de détecter les drones de DJI à plusieurs centaines de mètres de distance… et même de connaitre la position de leurs pilotes !

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5 COMMENTAIRES

  1. Il ne faut pas oublier aussi que depuis 2014, l’Ukraine a vu naitre de nombreuses entreprises dans le secteur des mini drones d’observations sur des bases plus ouverte que DJI avec une bonne expérience de terrain. Elles possèdent pour certaines leur propre technologie drone.
    Certaines de ces entreprises appellent sur les réseaux sociaux à leur fournir des composants du marché a la frontière

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