Canon EOS R5 C par Stéphane Couchoud : 8K RAW Light

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Pour montrer les possibilités du Canon EOS R5 C, Stéphane Couchoud est parti sur les sommets des Alpes. Il a monté l’appareil sur le cinelifter qu’il a conçu en collaboration avec Hexadrone, pour des prises de vues dynamiques dans un environnement difficile. Il a accepté de me raconter ce tournage court, mais costaud…

Helicomicro : Parle-nous de cette petite balade en montagne !
Stéphane Couchoud : Canon Europe m’a contacté pour essayer le nouveau boitier R5 C, une version dérivée du R5  avec ventilateur intégré, avec capteur non IBIS, c’est-à-dire non stabilisé. Il filme en 8K avec le codec RAW Light. C’est un vrai fichier Raw avec lequel on peut jouer en post-production avec Premiere Pro. On agit sur la température des couleurs, l’exposition, etc. 

HM : Donc tu as tourné en RAW Light ?
SC : Oui, j’ai tout tourné en 8K, en RAW Light, à 25 images par seconde, avec une petite optique légère, une 16 mm qui ne pèse pas très lourd. Au final, la caméra pèse 925 grammes ! 

HM : Et pour porter le R5 C ?
SC : J’ai tout installé sur le cinelifter RedBACK de Hexadrone. J’ai choisi d’appliquer une stabilisation légère pour garder le côté immersif. J’ai utilisé SteadXP, qui fonctionne parfaitement puisque le capteur du R5 C n’est pas stabilisé.

HM : Quelle est l’idée directrice de cette vidéo ?
SC : Il n’y a pas de storytelling précis, ce que je voulais, c’était montrer ce que donne le RAW 8K. La qualité qu’on obtient est énorme, je ne sais pas si le 8K RAW a déjà été fait en FPV, je ne crois pas, en tous cas je ne l’ai jamais vu. Le résultat est vraiment stylé ! Sur YouTube, il y a un mode de diffusion qui permet de voir les vidéos en 8K, j’invite à regarder dans ce mode parce qu’on profite de toute la définition. Dans cette vidéo, j’ai ajouté des pointes d’humour, parce que même si je tiens à faire de belles images, je ne veux pas me prendre au sérieux !  

HM : Des chiffres ?
SC : J’ai choisi un ratio cinéma 2,35:1, donc 8192 x 3484 pixels, 25 fps, et j’ai respecté 90° d’angle de shutter, donc j’avais un shutter à 1/100s. La vidéo pèse 47 gigas ! Chaque rush, c’est-à-dire le résultat de chaque vol, c’est une vingtaine de gigas. 

HM : Et la colorimétrie ?
SC : Je voulais un gros contraste avec la neige froide et des couleurs chaudes. J’ai fait un étalonnage spécifique, un peu orangé pour correspondre au soleil quand il est bas. Je l’ai fait avec mon pack de LUT, il y a clairement du travail en post-production. Pour faire correspondre la couleur quand le soleil est haut dans le ciel à celle quand il se couche, j’ai enlevé quelques Kelvin à la température pour que ça ne soit pas trop surréaliste. Mais j’ai essayé de garder sur toutes les images une température assez chaude pour rappeler la fin de journée.

HM : Tu as eu du temps pour le tournage ?
SC : Non, vraiment pas, ça a été fait dans l’urgence. Canon m’a passé la caméra pour 3 jours seulement, il s’agissait d’un sample. C’était très juste ! On a fait une petite demi journée de tournage, le but était d’aller shooter dans les montagnes là où on ne peut pas aller à pied !

HM : Les conditions avaient l’air extra !
SC : Ah, ça c’est très trompeur. C’est la haute montagne, même quand tout semble parfait, les conditions sont rudes. Il y avait un vent du nord bien fort, on le voit sur un plan, je suis de travers quand je passe sous l’hélico. Il y a aussi des ascendants, bref, ça souffle ! 

HM : Une autre contrainte ?
SC : Oui, c’est la perception de l’espace en montagne. Sur des spots habituels, on connait les distances. Mais en montagne, tout change et il faut gérer. Avec le gel qui vient se déposer sur les hélices, avec une autonomie que je limite à 3 minutes pour être safe, tout est plus compliqué. 

HM : Et le froid ?
SC : Ah oui, évidemment, surtout avec le vent. J’avais des chaufferettes dans mes gants pour ne pas avoir les doigts gelés.  Mais le froid a attaqué mes pieds, et j’ai fini par mettre les chaufferettes dans mes chaussettes ! Quand on commence à claquer des dents, c’est galère. La neige est perturbante aussi, il suffit de raser une petite butte pour que la connexion lâche, sans doute à cause de l’humidité dans l’air. J’étais avec un retour vidéo DJI, avec un Vista et les antennes d’origine sur le casque. 

HM : Ce n’est pas un petit racer que tu pilotais…
SC : Tous les facteurs de risque sont démultipliés quand on vole en haute-montagne avec un cinelifter. Ca met une belle pression, parce qu’il n’était pas question de perdre ni le drone ni l’appareil photo, d’autant que c’était un sample !

HM : Il y a eu plusieurs endroits de tournage ?
SC : Oui, on a fait 4 spots en tout et on s’est posés à des endroits pas faciles. C’est le talent de Gilles, le pilote de Alpes Hélicoptères, avec qui j’ai déjà travaillé. Il se pose en tassant la neige avec les patins pour la stabilité. Mais dans 60 cm de neige, moi, j’ai toutes les peines à décoller avec le drone. J’ai été obligé de rester assis sur le patin de l’hélico, de jeter mon sac dans la neige, d’en décoller et de venir ré-atterrir dessus ! 

HM : Et en vol ?
SC : C’est hyper sport quand je suis dans l’hélico porte ouverte et que je fais des orbites autour. Quand l’hélico part à droite et le drone à gauche, c’est fou, le cerveau se met en PLS !

HM : Tu es parti avec du matériel spécifique ?
SC : J’avais pris une station de charge Ecoflow Delta Max et un chargeur de batteries. Ca me permet de charger 4 batteries en 1C, pour une charge en 1 heure. Ce sont des Tattu 4000 mAh, donc 4 fois 4A ce qui fait 16A d’un coup. Sur ces vols, j’ai fait 6 batteries seulement. Ca ne donne pas le droit à l’erreur…

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5 COMMENTAIRES

  1. Qu’est-ce qu’il m’énerve Stéphane Couchoud, à toujours faire de si top vidéos, toutes fluides, à la colorimétrie si juste, de faire comme si c’était tout facile alors que voler en montagne, c’est vite piégeux… et puis là, avec un truc d’1kg, faut avoir de topissimes réflexes et une parfaite connaissance de l’aéronef.
    Vraiment, bravo et merci!
    (je ne sais pas si c’est déjà le cas, mais il y a des besoins de pilotes de talent dans l’univers du cinéma…)

  2. .Bonjour. C’est bien ,c’est beau mais que néni ,la HAUTE montagne c’est pas la. En haute montagne il y a de la neige beaucoup de neige ici un peu, il n’y a pas d’arbres au dessus de 1800 mètres chez nous ici beaucoup même de la forêt . Le yéti se cache t’il au fond de l’image j’ai pas vu. 3 jours de tournage c’est bien mais q’en est il des lourdeurs administratives pour avoir les autorisations obligatoires, q’en est il de l’interdiction de vol et des déposent en hélicoptère en haute montagne. Donc bien, beau, difficile, mais ni trop reglo ni bien écolo. Mais que ne ferait-on pas pour la gloriole et le pognon.

    .

  3. @tintin : encore un jaloux ! La dépose n’est interdite qu’à des fins de loisir, et ça se gère, je l’ai fait tellement de fois à Metz-tessy. Et pour la haute montagne, tu ne dois pas y être souvent, ou alors faire preuve de mauvais foi ?

  4. Jalou jalou pas trop je vis en montagne 6 mois par an et je sais distinguer les divers étages montagnards moi: les arbres que tu vois sur les images maxi 1800m d’altitude , la ferme d’alpage entre 1600 1800 m mais peut être que pour toi la neige égale grande montagne. Pour les hélicos vol maxi 3500 m le reste a pettons sac au dos pour la sécurité baudriers cordes pas de mains dans les poches. Et 3 jours avec demande et réception des dossiers de vol et autorisations c’est pas en France. Pour la mauvaise fois c’est possible mais comme je ne crois plus au père noel les beaux contes c’est pour les guguss. Au fait 77 c’est un dep de montagne ou alors de très basse montagne non. Allez bises et bon contes l’ami

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