Le Volocopter décollera de l’aérodrome de Pontoise

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Vous connaissez déjà ce VTOL, ou plutôt eVTOL puisqu’il est animé par une énergie électrique, (partiellement) traduit en français par « véhicule électrique à décollage vertical ». Je vous en parle depuis… 2013 ! (voir ici). Né en Allemagne, l’appareil de Volocopter poursuit son chemin avec des expérimentations menées dans plusieurs pays. La France s’y intéresse, puisque la Région Ile-de-France, en partenariat avec Aéroports de Paris (ADP), a décidé de l’accueillir sur l’aérodrome de Pontoise, au nord-ouest de Paris. La décision a été annoncée officiellement lors d’une conférence de presse en présence de Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile-de-France, Edward Arkwright, Directeur général exécutif du Groupe ADP et Catherine Guillouard, Président-directrice générale du Groupe RATP. Elle a été clôturée par Florian Reuter, le CEO de Volocopter, qui a présenté le Volocity, la version urbaine de son eVTOL.

L’ambition ?

Valérie Pécresse, Présidente de la Région Ile-de-France.

C’est, selon Valérie Pécresse, d’avoir « un démonstrateur pour les J.O. de 2024 » qui sera en mesure de capter l’attention de l’énorme audience de l’événement. Edward Arkwright d’ADP parie sur des transports évoluant vers « des énergies décarbonées », et « une aviation de basse altitude qui est aujourd’hui occupée par quelques drones ». Doit-on y voir une prochaine réduction de l’espace de vol alloué aux drones de loisir ? Non, puisque le terrain du jeu des eVTOL est essentiellement urbain, là où les drones de loisir sont déjà interdits de vol.

Vole, vole pas ?

Vous avez sans doute déjà vu des images du Volocopter en vol dans plusieurs pays. J’attendais avec impatience de voir les élus monter à bord pour une courte balade au-dessus du tarmac de l’aérodrome de Pontoise. Pourtant lors de cette présentation, le Volocopter était présent, mais en exposition statique avec une fausse animation de ses (énormes) moteurs brushless. Tant pis pour les sensations fortes… Il n’y aura pas même d’essais de tous les moteurs à vitesse réelle pour se faire une idée du bruit.

Acceptabilité ?

Catherine Guillouard, Président-directrice générale du Groupe RATP.

Et c’est dommage, de ne pas avoir eu idée du bruit généré, d’autant que Valérie Pécresse et Edward Arkwright ont insisté sur la nécessité de vols avec une enveloppe sonore réduite pour une meilleure acceptabilité du public et des riverains des plateformes de décollage et atterrissages. Car il faudra imaginer des « eVTOLports » pour assurer le trafic. D’autant aussi que l’aérodrome de Pontoise se trouve dans le parc naturel régional du Vexin. Catherine Guillouard, pour la RATP, explique que les eVTOL trouveront « des usages autour de l’urgence sanitaire, pour réaliser des points multimodaux afin de relier les aéroports et les gares, pour des usages d’affaires afin d’aller de grands pôles tertiaires à des pôles industriels. On pourrait aussi imaginer des usages plus touristiques et des usages de désenclavement du territoire. [] Ca ne remplacera jamais, évidemment, un RER, c’est complémentaire ».

Quand ?

Edward Arkwright, Directeur général exécutif du Groupe ADP.

Selon Edward Arkwright, « Volocopter est pour le moment le seul constructeur en cours de certification à l’EASA, l’Agence de l’Aéronautique Européenne. [] Cette certification garantit la sécurité des vols, un point non-négociable de tout objet volant ». Les tests seront donc menés sur l’aérodrome de Pontoise « dans une zone aéronautique réelle, en zone périurbaine, à 35 km seulement de Paris. [] Les tests commenceront en juin prochain, avec l’aide de l’Aviation Civile, d’Eurocontrol et de l’EASA, avec une perspective à 2024, date à laquelle nous pourrons montrer la réalité du partenariat ». Aucune promesse n’a été faite, mais on peut supposer que le but est de parvenir à mettre en place des eVTOL opérationnels pendant les Jeux Olympiques pour constituer une vitrine technologique.

Les caractéristiques ?

Florian Reuter, CEO de Volocopter.

Ce n’était pas le propos de cette présentation, très axée sur la politique et les choix industriels. Mais Florian Reuter de Volocopter nous a rapidement décrit la sécurité mise en place sur son appareil : « Lorsque vous regardez les caractéristiques, l’architecture est construite sur la notion de redondance. Un élément critique du véhicule peut lâcher, mais le reste du système est capable de compenser une panne. Par exemple, nous utilisons 18 moteurs et leurs unités de contrôle redondants que nous alimentons avec 9 pack de batteries, chacune alimentant leurs moteurs pour une redondance de haut niveau. Nous utilisons 3 différents contrôleurs de vol à bord. Si l’un d’entre eux tombe en panne, les autres prennent le relais. Ce n’est que le sommet de l’iceberg, qui montre la sûreté de l’architecture ».

Une courte vidéo

D’autres photos

10 COMMENTAIRES

  1. J’aime bien le bouton support. Quand tu es en vol et que tu vois les motors s’arrêter les uns après les autres c’est toujours utile ! En espérant qu’ils répondent : ” vous avez essayé de redémarrer pour voir ?” XD
    Merci a Fred de ne pas être tombé dans le faux journalisme et de ne pas parler de “Taxi volant”… Puisque ça sera une ligne régulière/navette … Pas un taxi

  2. “voir des elus monter à bord” ?

    C’est mal connaitre l’etat d’esprit d’un elu dont la “profession” consiste à laisser les autres prendre des risques !

  3. Le seul trucs ou je suis dubitatif ,c’est vraiment le problème énergétique de ces véhicules là .Autant prendre un hélico électrique (sa existe ). Le seul avantage de cette typologie reste le Mutimoteur et le cout de fabrication moins élevée a mon avis (moins de pièce mécanique ).Reste que l’avantage mécanique et contrebalancé par un besoin d’électronique accrue (le risque de l’électronique reste d’avoir des capteurs et une programmation béton ,voir le cas MAX ) ,et un faisceau électrique conséquent avec une tension et un ampérage conséquent .Pour le grand publique ,j’y crois pas du tout , mais pour certaine utilisation ,why not .

  4. Vu aux JT de France2 hier avec toujours cette énorme erreur de nommer ce genre du multi-rotors…Drones, par les journalistes (pas tous! hein!!).

    Par contre dés que le reportage a commencé, je reviens sur ce que tu a écris plus haut Fred …”Doit-on y voir une prochaine réduction de l’espace de vol alloué aux drones de loisir ?”

    Pour moi, c’est clair qu’il y a quand même une relation avec la réglementation Européennes restrictive concernant notre passion, ils veulent avoir un couloir pour exploiter leurs machines et ce sera a notre détriments, vus les incapables qui nous ont pondus les textes dernièrement.

  5. @ azbloc : Si tu parles de la réduction de 150 à 120 mètres, c’est peu probable. Les vols urbains ne changeront rien à ce que le loisir pourra faire, ou plutôt continuera à ne pas pouvoir faire. Ca c’est pour la France et quelques autres pays, d’autres vont forcément voir leur espace autorisé se réduire.
    Pour les vols urbains et extra-urbains, les travaux de l’EASA portent sur l’intégration des appareils sans pilote dans le trafic habité via un UTM, à la différence de l’usage v1.0 qui consistait à établir une ségrégation des deux trafics.
    En gros, si on doit s’inquiéter de quelque chose, c’est d’une interdiction totale à certains endroits, là où les appareils commerciaux évoluent en milieu contrôlé, et où les drones de loisir ne pourront pas aller par absence d’outils d’insertion dans le trafic.

  6. @ Bud FPV : L’aérodrome de Pontoise va accueillir d’autres projets de mobilité aérienne urbaine. Je ne connais pas tous ceux qui ont été retenus, mais il y a des solutions très différentes de celle de Volocopter et plus proches de celle que tu évoques.

  7. C’est un moyen de transport également intéressant pour les zones urbaines enclavées ainsi que les villes ayant de fortes dénivellations entre leur centre et la périphérie. Moins d’infrastructures lourdes et prenant de l’espace urbain comme un système de téléphérique ou de funiculaire comme il existe dans certaines villes en France et ailleurs dans le monde . L’intérêt aussi est pour les pays ou l’infrastructure routière est peu présente ( Pays d’Afrique et Inde ) ou voir très difficile à entretenir comme dans les zones de hautes montagnes (ex : Chili) . Après l’autonomie (comme d’ab pour ce genre de transport électrique) n’est que d’environ 35 minutes … Ce qui ne permet pas d’aller bien loin avec de bonnes conditions de sécurités mais bon pour des parcours limités et de petites distances c’est très intéressant.

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