Le SPAD, la Garde Républicaine et la Gendarmerie

10
2006

Le journal de la Gendarmerie Nationale, l’Essor (réalisé de manière indépendante de l’institution et dont nous avions déjà parlé ici), a publié un post au sujet de la Section Protection Appui Drone (SPAD). Il s’agit d’une « composante de la Garde Républicaine » dont la mission est l’interdiction de survol de zones données par des drones. On y apprend que l’objectif principal de cette unité est la lutte antiterroriste, mais que les missions peuvent concerner les prises de vues non autorisées et le transport (illégal) d’objets. Les missions sont menées par des équipes de 3 gendarmes comprenant un chef de mission, un responsable de la détection et un responsable du brouillage. 

Les outils de détection ?

Crédit photo : l’Essor

Le post de l’essor indique que la détection repose sur un appareil enfermé dans une valise, qui repère 95 % des drones du marché dans un rayon de 15 kilomètres. Et que pour les 5 % les gendarmes « font confiance à leurs yeux ». La photo d’illustration montre une valise AeroScope de DJI (voir les détails ici). Intéressant… et optimiste : AeroScope détecte des drones dans un rayon de 5 kilomètres en environnement dégagé, et exclusivement les appareils de DJI qui représentent environ 75 % du marché. Edit : la portée a été corrigée dans l’article de l’Essor.

Les outils de brouillage ?

Crédit photo : l’Essor

Le post de l’Essor mentionne le Brouilleur Anti Drone (BAD), un fusil destiné à saturer les communications wifi, ainsi que Pistolet Anti Drone (PAD), une version plus mobile avec une portée de 1 kilomètre. Ce sont 280 « chasseurs de drones » qui opèrent dans la Gendarmerie, dans la SPAD et la Gendarmerie des Transports Aériens (GTA). Il est intéressant de noter les outils avec lesquels la Gendarmerie compte prendre en charge la menace terroriste, et de confronter cette vision avec celle de Communications & Systèmes et son système Boreades (voir ici). Le post de l’Essor est illustré par la vidéo d’une démonstration de brouillage exécutée à côté du manège de la Garde Républicaine, à Paris.

Source : l’essor
Crédit photo principale : Sirpa

10 COMMENTAIRES

  1. Scoop : La Garde Républicaine fait voler un drone au centre de Paris ; ont-il déposé un plan de vol ? Ont-ils les autorisations requises ? La qualification du pilote est-elle en règle ? Je ne vois pas l’immatriculation apposée sur la machine 🙂

  2. FPV 67 : extrait de la réglementation : Pour des opérations dirigées par le Préfet, ils peuvent très largement déroger aux règles …… tout simplement
    (et dans ces cas là, le Préfet est derrière ….)

  3. Et pour intercepter un drone qui effectue un vol entièrement autonome ????? il brouille quoi le pistolet “Wifi” ???? enfin, comme pour la méthode Coué …. l’essentiel c’est d’y croire !

  4. Je suis d’accord avec toi Laurent.
    Cette section interceptera au mieux des touristes venus prendre des plans aériens de Paris, à condition de se trouver au bon endroit au bon moment, sans quoi l’opérateur aura eu le temps de prendre ses vidéos et de repartir.
    Mais pas convaincu en revanche par le côté lutte antiterroriste. Personnellement le risque n’est pas le drone en lui même (coupures, bosse sur la tête ?) mais ce qu’il est capable d’emporter voire de larguer, même si la loi l’interdit…

  5. Le Préfet peut même ne rien à voir avec les vols de la garde républicaine, ceux-ci volant en CAM, et n’étant donc pas sous la coupe des arrêtés de 2015 (ni de la DGAC).

  6. Le DGGN , patron des gendarmes , est autorité aéronautique. Il fait voler des drones au même titre que des hélicoptères , ces deux moyens étant de plus en plus complémentaires.

    Les moyens présentés ne sont peut être pas les seuls détenus. Et il n’y a pas d’OPJ à la garde donc la plus value est vraisemblablement opérationnelle .. et pas contraventionnelle !

  7. C’est déjà pas mal que la Gendarmerie communique sur le sujet je trouve.
    A mon avis tout n’est pas dit, ce coup de comm leur permet d’avertir le grand public que certains sites sont protégés mais ils ne dévoilent sûrement pas tout leur attirail … Dans l’article ils parlent de détecter 95% du marché … si il y a juste la valise AéroScope on est en dessous, il doit y avoir autre chose.

    FPV67 : les gendarmes n’ont clairement pas les même contraintes que les civils pour voler et heureusement je pense. Ceci dit ta remarque est bonne, encore faut-il se renseigner sur les forces de l’ordre. Ici on parle de militaires, leurs droits sont sûrement bien plus grands que dans le civil (mais Laurent te répond à ce sujet)

    Zief : la lutte anti-terroriste me parait pourtant un bon argument. Il y a des exemples d’attaque surtout à l’étranger. Je pense que verbaliser un touriste pour des prises de vue ne doit pas les intéresser, mais protéger des mauvaises intentions faite par drone sûrement.

    On à bien l’habitude de critiquer nos forces de l’ordre. Je pense qu’un peu de réglementation ne fait pas de mal.

  8. Quand on voit que certain exécutants terroristes se tirent une balle dans le pied, font péter leur voiture en pleine cambrousse, oublient le changement d’heure, ou laissent leur papiers dans la bagnole (sic), on va pas leur demander d’assembler et régler un multi DIY, ni même entrer un plan de vol automatisé.

    Ils vont utiliser de l’engin dispo en magasin et le piloter à vue ou à distance de wifi! Donc les 95% voire même les 75% seront efficace.
    – De toute façon rien n’arrête qqu’un de motivé –

  9. @ Raoul : Les descriptions de “livraisons” sur des prisons qui m’ont été faites récemment par des gardiens montrent clairement que les appareils ne sont pas de chez DJI…

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