Le Dakar 2018 vu des airs par Freeway Drone !

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Après avoir filmé depuis les airs le Tour de France et le WRC, depuis plusieurs années, Freeway Drone s’attaque au Dakar ! L’édition 2018, qui a traversé le Pérou, la Bolivie et l’Argentine pendant le mois de janvier, a été suivie au quotidien par 2,8 millions de personnes, à la télévision sur 70 chaines et sur des plateformes en ligne. Le tout a représenté 1200 heures de diffusion TV !

Le résultat de la 40e édition ?

Le classement final place sur le podium Matthias Walkner sur KTM (motos), Carlos Sainz et Lucas Cruz sur Peugeot (autos), Ignacio Casale sur Yamaha (quads), Eduard Nikolaev sur Kamaz (camions), Reinaldi et Gustavo Gugelmin sur Can-Am (SSV)… Une partie des images a été shootée depuis des drones. Une belle aventure, très éprouvante comme nous le raconte Michael Gisselere, de Freeway Drone…

Helicomicro : Quand avez-vous démarré les tournages ?
Michael Gisselere : Nous avons commencé à tourner le 3 janvier dernier à Lima, au Pérou. Il s’agissait de montrer les préparatifs et de réaliser des images cartes postales de la ville.

HM : Comment ont été décidés les sujets ?
MG : Le planning des tournages drones était établi avant d’arriver sur place par Amaury Sport Organisation, A.S.O. Il consistait à tourner une journée pour le direct de France TV, et le jour suivant pour A.S.O sur la course ou pour mettre en valeur le pays qui nous accueillait.

HM : Les demandes étaient-elles les mêmes ?
MG : Non. Lorsque nous tournions pour France TV, nous allions faire des images aériennes du bivouac car les hélicoptères étaient occupés sur la course. Nous avions aussi pour mission de mettre en avant la ville où nous nous trouvions pour valoriser le pays. Lors du direct, nous devions apporter des images aériennes en complément des caméras au sol. Pour la course, c’est l’A.S.O. qui décidait où nous devions aller nous mettre en place, avec des points GPS.

HM : Vous deviez monter les images sur place ? Ou était-ce réalisé par une autre équipe ?
MG : Je devais m’occuper de filmer la course, les cartes postales, le bivouac. J’avais deux chauffeurs à ma disposition et je devais livrer les rushs au car-régie avec un horaire imposé. Il y avait un camion sur place équipé de 12 bancs de montage Avid.

HM : Quel matériel avez-vous pris avec vous sur le Dakar ?
MG : J’ai choisi de prendre trois Inspire 2 de DJI, avec différentes optiques. Des 12 mm, des 45 mm, etc. Ces Inspire 2 étaient essentiellement utilisés pour la course en raison de leur vitesse de pointe élevée en mode Sport. Je dois dire qu’ils ont vraiment fait leurs preuves sur les départs en ligne ! J’ai réussi à garder dans mon cadre Sébastien Loeb ou Stéphane Peterhansel plus de 30 secondes !

HM : Vous aviez aussi des « gros porteurs » ?
MG : Oui, j’ai fait le choix de prendre du Freefly Alta pour le direct de France TV, et ceci pour deux raisons. La première, c’est que nos bivouacs étaient souvent situés sur des aéroports militaires ou civils, donc en pleine dans des NoFly Zones selon DJI. Le matériel de Freefly, lui, ne se bloque pas sur une NoFly Zone. Ensuite, France TV Sport voulait un signal broadcast. Or, après des essais techniques chez AMP Visual, nous nous sommes aperçus que l’Inspire 2 ne répondait pas au cahier des charges, notamment pour envoyer un signal 1080i.

HM : Vous avez donc utilisé un autre système vidéo ?
MG : Oui, j’ai équipé le Freefly d’une MoVi Pro et d’un Panasonic GH4 avec une sortie 1080i. Nous avions deux systèmes de retransmission. Le Connex d’une part, qui était souvent perturbé sur le bivouac, et un système de retransmission de AMP Visual d’autre part. Il était très performant et ne subissait aucune perturbation extérieure.

HM : Vous avez utilisé des filtres ou des accessoires en sus des caméras ?
MG : Oui, j’ai équipé les caméras de filtres neutres 16-32 ou 64 en fonction de l’environnement et de ce qu’on filmait.

HM : Vous avez filmé en quelle définition ? 4K ? Ou plus léger pour traiter plus vite ?
MG : Nous avons fait plusieurs essais en UltraHD et C4K, mais il fallait livrer et monter tellement vite qu’il était préférable de tourner en FullHD.

HM : Combien étiez-vous ?
MG : Nous étions deux sur place, un pilote et moi-même, et Christelle Bozzer au bureau qui s’occupait à distance de la logistique hôtels et autorisations de survols pour les trois pays que nous avons traversés.

HM : Quelles étaient les difficultés du tournage ?
MG : La principale difficulté, c’était le rythme que cela demande. Il fallait être en forme physiquement, car nous ne dormions pas beaucoup, nous étions sans cesse en déplacement. Les autres difficultés, c’était le sable et le vent, les points de décollage. Ensuite il a aussi fallu s’adapter à la vitesse des motos, des camions et des voitures, anticiper leurs arrivées, leurs départs avec des entrées de champ et sorties de champ. C’était un vrai exercice de style car ils n’ont pas tous les mêmes vitesses. Mais rien n’était fait au hasard car ça va tellement vite. J’ai veillé à caler mes plans à l’avance, je ne laissais pas de place à l’improvisation.

HM : Quels outils utilisiez-vous pour nettoyer le matériel ?
MG : Nous avions des soufflettes sur place, mais aussi un compresseur sur notre base.

HM : Il y a une réglementation à respecter là-bas ?
MG : Christelle et moi-même avons travaillé plus d’un mois avant le départ pour obtenir toutes nos autorisations. Il n’était pas envisageable de voler sans toutes les autorisations de l’aviation civile de chaque pays.

HM : Y avait-il des disparités sur l’obtention des autorisations ?
MG : Nous avons obtenu nos autorisations pour le Pérou assez vite grâce à un contact de Freeway sur place. En Argentine, par contre, c’était plus compliqué et Christelle a du gérer le dossier alors que nous étions déjà en train de voler au Pérou. Au départ, ils voulaient que notre pilote passe un examen théorique et pratique à Buenos Aires. Mais étant donné que nous avions obtenu notre licence de vol pour le Pérou, avec en plus toutes nos expériences en France, ils ont accepté de la valider. Nous avons été contrôlés tout de même, surtout dans les villes importantes comme Córdoba. Il fallait des NOTAM, ils ont été délivrés au fur et à mesure de la course. Fort heureusement, ce sont des pays partenaires du Dakar.

HM : Comment les drones ont-ils été perçus par les compétiteurs ?
MG : Je n’ai pas eu de retour particulier des compétiteurs, mais l’une des premières questions que j’ai posé en réunion de pré-production à Paris a été de savoir si je pouvais aller au contact et être dans le champ de vision des pilotes. Sur les premiers WRC, nous n’avions pas le droit d’être trop près. Depuis cela a changé. Au final, nous avons fait des plans très au contact des départs en ligne, et cela donne une vraie plus-value.

HM : Comment s’est passée la cohabitation avec les hélicoptères ?
MG : Il y a 10 hélicoptères sur le Dakar ! On ne peut pas faire n’importe quoi, voler n’importe comment et n’importe où. Il y a un coordinateur en liaison permanente avec les hélicos, c’est lui qui nous demandait d’aller sur un point GPS précis. Nous donnions notre altitude et nous arrivions à nous coordonner avec les hélicoptères sans problème et surtout sans danger. Une fois sur le tournage, j’allais quand même voir les pilotes hélicos pour leur donner des indications sur ce que nous allions faire, trajectoire et altitude. Il nous est même arrivé de passer sous un hélico. Mais à partir du moment où tout le monde sait ce qu’il fait et assure la sécurité des autres, il n’y a pas de problème.

HM : Vous êtes resté présent sur toute la durée de la course ?
MG : Oui, nous avons été présents avant le début de la course pour réceptionner et préparer notre matériel provenant du fret aérien. Ensuite le planning drones a été établi, en amont, lors de réunions préparatoires. Il a parfois été modifié une fois sur place en fonction de la météo et des aléas logistiques dus au déplacement du bivouac.

HM : C’était comment, physiquement parlant, éprouvant ?
MG : Oui, il fallait être affuté, préparé physiquement et même moralement car c’était assez dur. Surtout qu’il fallait tenir le rythme sur 20 jours non-stop, sans jour de repos. Il y avait beaucoup de trajets en avion, en bus ou en 4×4. Nous ne dormions pas beaucoup même si les transferts en bus étaient confortables, car nous avions des trajets de parfois plus de 10 heures, de nuit, pour aller d’un bivouac à un autre. Dans le bus, nous étions secoués dans tous les sens, difficile de fermer l’œil. Au petit matin, douche froide, café, préparation du matériel et direction la course dans le désert où il faisait très chaud, avec beaucoup de poussière et de sable. Il a fallu aussi gérer la logistique du matériel et aussi être très concentré sur la composition des plans que je voulais apporter.

Crédits photos : Freeway Drone

3 COMMENTAIRES

  1. Merci bcp Fred pour ce reportage.
    Tout le mérite et mon admiration revient à Freeway Drone et son équipe.
    Parce que pour Fr2, comment vous dire… J’ai zappé ! :-))

  2. Superbes images et une interview très intéressante. Bravo. Voler avec une dizaine d’hélico autour, il faut avoir les nerfs solides.

  3. pour avoir suivi le Dakar, les images de CORDOBA était vraiment magnifiques, on a souvent
    l’équipe pendant “le Bivouac” filmée par FR2 .
    dommage que France 2 et l’équipe des Sports se disperse de plus en plus a vouloir nous faire voir pleins de choses, finalement tous les reportages sont tronqué.

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