DragonflEye, les premiers essais

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Le DragonflEye est un projet mené conjointement par les chercheurs du Charles Stark Draper Laboratory et du Howard Hughes Medical Institute. Le but est de prendre le contrôle de libellules avec des composants électroniques. Comment ? En interfaçant directement l’électronique avec des cellules neuronales de l’animal. Elles sont stimulées par une lumière bleue qui fait réagir une protéine. La méthode est intrusive, impossible à réaliser avec de la fibre optique, au diamètre trop important. Les chercheurs ont développé une alternative, des « optrodes », une sorte de fibre optique miniaturisée et flexible pour réussir à activer certains neurones sans en perturber d’autres.

Une vidéo…

Les premiers essais ont fait appel à une modification génétique des libellules pour faciliter la réponse aux impulsions lumineuses. Du théorique, les chercheurs sont passés à l’étape suivante, l’interfaçage des optrodes avec les libellules. Une vidéo montre le résultat. L’équipe Draper a diffusé une vidéo montrant une libellule harnachée avec les composants électroniques. Elle indique qu’il s’agit d’un drone. Personne n’a de définition de ce mot qui soit en mesure de satisfaire tout le monde : ce sera encore pire avec le DragonflEye ! L’électronique est associée à un capteur solaire, sans doute pour montrer la capacité d’emport possible. Le court vol montré dans la vidéo ne fait pas état du contrôle de la libellule – ce sera pour plus tard.

Bioéthique ?

Il ne s’agit pas ici de bio mimétisme, c’est-à-dire l’inspiration du vivant pour créer ou améliorer des technologies. Les travaux sont destinés à prendre le contrôle d’un animal. Les chercheurs assurent que le but est de faciliter la pollinisation, de transformer les libellules en capteurs pour étudier les écosystèmes fragiles. Peut-on imaginer des usages moins positifs? Ou la reproduction de cette méthode sur l’homme ? Et d’ailleurs, la prise de contrôle « électronique » d’un organisme vivant sans son consentement est-elle acceptable ? Les chercheurs préfèrent expliquer que leurs travaux pourront, à terme, aboutir à des traitements et des thérapies pour les humains, plus efficaces avec moins d’effets secondaires. L’électronique du cyborg plutôt que la médicamentation…

Source : Draper 

 

14 COMMENTAIRES

  1. Et moi qui suis déjà content de pouvoir prendre le contrôle de mes modèles réduit avec de l’électronique 🙂
    Pauvres bébêtes 🙁

  2. Pas cool, on peux utiliser l’intelligence humaine pour d’autres avancées … enfin ce n’est que mon avis.
    Cela amène des questions d’éthique comme au sujet du clonage.
    Bon je retourne voler avec un lipo au lien de faire mon relou :p

  3. Effectivement là on asservit un animal inoffensif pour essayer de réparer nos conneries (disparition des abeilles pour la pollinisation, et encore ce n’est que le début). Quand est-ce que l’Homme comprendra que la planète n’est pas à son service, et que c’est à nous de nous mettre à son service ? Quand va-t’on arrêter cette colonisation et destruction galopante ? J’ai bien peur d’avoir ma petite idée…

  4. Lamentable (Peut-on imaginer des usages moins positifs?) j aimerais bien savoir qui finance les recherches, même si j ai ma petite idée 🙁

  5. Autant je suis adepte des avancées technologiques, autant là, pour moi, on ne va pas dans le bon sens.
    Encore un qui devait trouver ça amusant d’arracher les ailes des mouches…
    Vivement que l’on puisse faire pareil avec eux, on pourra peut-être en faire des gens plus respectueux de la vie.

  6. Ça fait + d’1 siècles maintenant que l’Homme implante des électrodes et autres truc dans les cerveaux des animaux, pour comprendre comment ça marche et tenter ainsi de mieux les manipuler.

    C’est pas nouveau…

  7. Patience : la DGAC et nos politiques vont légiférer, se réunir, créer des commissions, pondre des amendements pour interdire à ces pauvres bêtes de survoler nos villes, nos campagnes et nos centrales nucléaires 🙂

  8. Ca reste des insectes tout de même.
    Il ne faut pas voir le mal partout dès qu’on parle de nouvelles technologies.
    Ces travaux aboutiront à des avancées dans la miniaturisation, exemple de la fibre optique pour ne citer qu’elle.
    Bien entendu, il y a toujours des applications moins politiquement correcte qui en découleront c’est obligé, mais c’est le jeux ma pauv’ Lucette.
    On mange des poulets, on mange des steacks, alors ils peuvent bien sacrifier une douzaines de libellules.

  9. @Didier : c’est exactement ce à quoi j’ai immédiatement pensé… Et ça n’est pas une bonne nouvelle…

  10. De la souffrance … meme si ce ne sont que des insectes. Ont peut quand meme penser que ça doit faire souffrir ce genre de truc et meme si c est juste un insecte.
    Nous par rapport à l univers nous sommes egalement des insectes.
    Et si des géants existe dans notre univers, trouve un moyen de voyager jusqu a chez nous et nous font la meme chose ?
    Nous serions des insectes pour eux, ce ne serait pas tres grave alors ?
    Je parle pas libellule mais ça doit gronder ! Mdr

  11. Presque @Didier, dans Black Mirror sauf erreur de ma part ce ne sont pas de vraies abeilles non ? En tout cas ça m’a clairement fait penser à ça également et les dérives imaginables sont inquiétantes…

  12. Salut,
    Je suis pas particulièrement choqué, mais j’avais déjà vu le concept que j’avais trouvé incroyable à l’époque, tu gars qui colle des arduino sur des cafards, leur met des conducteurs dans les antennes et pilotent le cafard comme ça.
    Sur un cafard j’ai assez peu de scrupule d’autant que l’operation se fait sous anesthésie (il les congèle pour pas qu’ils ne bougent).

    En fait en y pensant, on mets bien des oeillères et des mors (?) à un cheval pour le faire aller ou on veut. On met des laisses aux chiens… Alors un cafard ou une libellule je vois pas vraiment de problème à lui coller un arduino sur le dos et des fils dans les oreilles.

  13. Les machins installés sur des insectes spécifiques pour les contrôler à distance, c’est pas nouveau et ça ne m’énerve pas vraiment.
    L’histoire d’horreur, la vraie de vraie, se résume dans cette phrase : “Les premiers essais ont fait appel à une MODIFICATION GÉNÉTIQUE des libellules pour faciliter la réponse aux impulsions lumineuses. ” Après les blattes et les libellules, au tour des abeilles et autres pollinisateurs, histoire de s’assurer que le miel continue de couler à flot dans les poches des producteurs et des compagnies pharmaceutiques, et ce sans avoir à corriger le problème à sa source (l’extinction des colonies d’abeilles précisément liée à la destruction des écosystèmes).
    Oubliez le triste sort des libellules et les cafards utilisés dans les tests. À + ou – court terme, toutes les bibittes, petites et grosses, en seront affectées quand l’être humain se croit mieux placé que dame nature pour diriger les choses.

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