Archos – EHang GhostDrone 2.0, la preview

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dsc_0041-1200Le constructeur français Archos a lancé sa marque Connected Avenue. L’un des premiers produits commercialisés de manière exclusive en France, ce sera le GhostDrone 2.0 de EHang. Nous avons pu le prendre en mains pendant un petit vol d’essai, en attendant de le mettre à l’épreuve plus sérieusement. L’appareil est du gabarit du Phantom de DJI, de classe 350, avec un poids de 1,15 kilo en ordre de vol (avec sa batterie et ses hélices), avec une batterie 4S de 4500 mAh pour une autonomie de 25 minutes max. Nous reviendrons sur le détail des caractéristiques techniques de l’appareil lors de son test. Voici ce qu’il faut retenir du GhostDrone 2.0 à l’occasion de cette courte prise en mains…

Deux versions

dsc_0113-1200Les deux reposent sur le même appareil : structure, moteurs, hélices, ESC, capteurs, et sur le fait que le pilotage s’effectue à partir d’un smartphone. Les différences ? La version Aerial est équipée d’une caméra 4K / 24 fps de type GoPro dans une nacelle stabilisée en 3 axes et d’un petit boitier extendeur de connexion… et c’est tout. La version VR est livrée avec une caméra 4K / 30 fps associée à un émetteur vidéo 5,8 GHz de 25 mW. La visualisation du retour vidéo est en temps réel, avec une très faible latence. EHang fournit des lunettes d’immersion avec un récepteur 5,8 GHz Diversity, couplé à un système de headtracking. Vous pilotez l’appareil avec le smartphone, et vous orientez la caméra tout simplement en bougeant la tête.

En vol

Je me suis essayé à la version VR, qui est évidemment la plus séduisante des deux. Le pilotage avec un smartphone, ce n’est pas ma tasse de thé, difficile de convaincre un radiomodéliste accroché à sa radiocommande. dsc_0044-1200Pourtant je dois avouer que le contrôle de l’appareil se révèle d’une simplicité désarmante. Il suffit d’incliner le smartphone pour que le GhostDrone 2.0 fasse le même mouvement en l’air. Il n’y a aucune latence perceptible, contrairement à d’autres produits à piloter avec un smartphone que j’ai pu essayer précédemment. L’appareil se débrouille pour simplifier les ordres de vol, même s’il a tourné sur lui-même – c’est l’IOC des Phantom, ou le mode Headless. Gérer la caméra depuis les lunettes d’immersion requiert un peu d’habitude, et des mouvements très doux : la caméra enregistre ce que vous faites, y compris des mouvements brusques.

A suivre…

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Kevin Gordon, General Manager Europe pour EHang.

Par manque de place, je n’ai pas pu tester le retour automatique au point de départ – dynamique (c’est un retour vers le smartphone plutôt qu’un retour au point de décollage), ni le mode Follow me, ni les Waypoints, ou encore le retour automatique selon la distance et la charge de la batterie. Mis j’ai pu poser quelques questions à Kevin Gordon, le responsable européen de EHang. Un ancien de DJI !

Frédéric Botton : EHang va-t-il proposer une « vraie » radiocommande pour le GhostDrone 2.0 ?
Kevin Gordon : Non, ce n’est pas prévu. Je sais que vous êtes déçu, en tant que pilote confirmé, de ne pas pouvoir voler comme vous y êtes habitué. dsc_0109-1200Mais nous avons vraiment travaillé dur afin que l’application pour smartphone donne satisfaction pour tous les pilotes. Evidemment, les débutants sont notre cible principale ! Mais je vous ai vu piloter tout à l’heure, tout avait l’air de bien se passer !

FB : Sur quelles plates-formes fonctionne l’application ?
KG : Il y a une version pour iOS, une pour Android et une autre pour Windows. Le but est d’être compatible avec la grande majorité des appareils du marché.

FB : Il y a des fonctions de vol automatisées. La détection d’obstacles et l’évitement ne sont pas au programme ?
KG : Non. Ce que nous avons vu n’est pas satisfaisant, pas assez sûr pour que nous puissions l’intégrer sereinement. Je ne doute pas que la technologie va progresser, elle n’est simplement pas assez mûre.

dsc_0055-1200FB : Pratiquez-vous une garantie étendue comme aux Etats-Unis ?
KG : Oui ! Il y a la garantie de deux ans qui est imposée par la réglementation. A cela, nous ajoutons une garantie que nous appelons « 1 year no hassle », qui n’est pas encore traduite je crois. Le principe est simple : nous réparons le GhostDrone 2.0 ou nous le remplaçons sans condition si vous le crashez, quelle qu’en soit la raison.

FB : A combien de crashs a-t-on droit ?
KG : Un seul ! Le but est tout de même de responsabiliser les pilotes, il n’est pas question de les encourager à voler de manière risquée. Le but de cette garantie est de vous permettre de voler sans le stress du crash. Je crois que c’est important, surtout quand on débute.

dsc_0048-1200FB : Les hélices placées à l’envers, ça a une influence ?
KG : Tout le monde ne s’accorde pas sur les conséquences des flux d’air hélices vers le haut et hélices vers le bas. Mais nous nous sommes aperçus que ce positionnement permettait de limiter l’entrée d’eau dans les moteurs. Ce n’est bien sûr pas une pratique que je recommande, mais nous avons volé sans souci sous une bruine et sous la pluie…

dsc_0099-1200FB : La batterie est de type propriétaire…
KG : C’est vrai, il faut passer par EHang et Archos pour se la procurer. Mais elle est spécialement prévue pour l’appareil, avec un bouton qui permet de connaître, à tout moment, l’état de la batterie. Ce n’est pas avec un système de diodes simples et peu efficaces, mais avec un petit écran LCD. Il indique la tension globale, mais aussi celle de chacune des 4 cellules. Cela permet de bien vérifier l’état de la batterie et de faire son suivi.

FB : Le GhostDrone 2.0 est-il livré avec des protections d’hélices ?
KG : Oui, elles sont dans la boite, mais il faut les monter si vous voulez les utiliser. Il y a 3 vis à installer. Dans la boite, on offre aussi un outil pour retirer les hélices. Les installer et les retirer se fait à la main, elles sont de type autobloquantes, mais si vous en cassez une, la préhension est plus difficile. Cet outil simplifie le démontage.

dsc_0118-1200FB : En parlant de démontage, est-il possible de retirer la caméra et le train d’atterrissage ?
KG : Oui, les deux se démontent assez facilement, ce qui facilite le transport. La caméra n’est pas indispensable pour voler, mais le train oui, il contient des antennes. J’ajoute que nous proposerons un sac à dos en accessoire optionnel.

FB : Le GhostDrone 2.0 fonctionne-t-il en intérieur ?
KG : Oui. En extérieur, nous préconisons de l’utiliser en mode GPS pour assurer sa stabilité et le fixer à une position. Vous décollez avec une pression sur une touche à l’écran, l’appareil se place à environ 10 mètres de hauteur, c’est réglable, et il attend. dsc_0025-1200Vous prenez la main pour le déplacer en inclinant le smartphone. Si vous appuyez sur l’icône Pause, il se fige là où il est. Vous pouvez désactiver le GPS, dans ce cas vous en êtes en mode Manuel. La gestion de la hauteur reste automatique, mais il dérive s’il y a du vent, par exemple. Ce mode permet d’aller beaucoup plus vite et justement de voler quand il y a un vent assez fort. Pas trop fort, bien sûr. Il permet aussi de décoller en intérieur, en l’absence de GPS. Dans ce cas, c’est vous qui gérez la hauteur, il ne décolle pas tout seul.

dsc_0103-1200FB : Il y a une couleur pour la version Aerial, et une autre pour la version VR ?
KG : Pas du tout, les deux versions sont proposées au choix en blanc et bleu, et en noir et rouge.

FB : Et les prix ?
KG : La version Aerial du GhostDrone 2.0 sera proposée à 549 €, et la version VR sera positionnée à 999 €.

ehang-184-01FB : Le EHang 184, cet engin habité par un passager que vous avez présenté au CES de Las Vegas début de 2016, c’était un coup marketing ?
KG : Cette annonce a généré un buzz important, ce n’est pas pour nous déplaire. Mais le prototype existe vraiment, EHang travaille sur des appareils aux formats très divers. Nous avons l’autorisation de procéder à des essais aux Etats-Unis. Mieux que cela, nous travaillons en collaboration avec l’état du Nevada. Je n’ai en revanche aucune information sur une hypothétique commercialisation…

D’autres photos

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A gauche, un pilote de EHang. A droite, Geoffray Sylvain, de aruco.com, co-organisateur du Paris Drone Festival.
A gauche, un pilote de EHang. A droite, Geoffray Sylvain, de aruco.com, co-organisateur du Paris Drone Festival.

7 COMMENTAIRES

  1. Avec tout ce qui va sortir dans les prochains temps, il va y avoir du déchet 🙂 et le législateur qui y met une couche avec 80gr … Vivement les soldes de février 🙂

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